{"id":630,"date":"2007-08-16T19:00:31","date_gmt":"2007-08-16T17:00:31","guid":{"rendered":""},"modified":"2007-08-16T19:00:31","modified_gmt":"2007-08-16T17:00:31","slug":"630","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/630\/","title":{"rendered":"Musique : Une longue complainte dans le Sahel"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p>Le 1er album de Amina Poulloh donne une autre dimension au folklore du Grand Nord.<br \/>\nEug\u00e8ne Dipanda  &#8211; Sur l&rsquo;affiche d&eacute;j&agrave;, on imagine ais&eacute;ment le contenu de l&rsquo;&oelig;uvre. Le d&eacute;sert subsaharien en toile de fond, l&rsquo;artiste pose dans une tenue adapt&eacute;e au climat et laissant d&eacute;couvrir la partie sup&eacute;rieure de son buste. La calebasse qu&rsquo;elle tient entre ses mains, ainsi que les bijoux, (bracelets, colliers et boucles d&rsquo;oreilles) qu&rsquo;elle arbore fi&egrave;rement, renvoient l&rsquo;image de ces femmes charmantes venues droit du Sahel. Amina Poulloh est en effet une Peulh originaire de la province de l&rsquo;Extr&ecirc;me-Nord du Cameroun. A la fois percussionniste, styliste-mod&eacute;liste et com&eacute;dienne, son tout premier album intitul&eacute; &quot;Riskou&quot; (La r&eacute;ussite), laisse &eacute;clore une autre facette de cette artiste pluridimensionnelle.<\/p>\n<p>&quot;Riskou&quot; a atterrit dans les bacs il y a seulement quelques semaines. Un cocktail de huit titres que le m&eacute;lomane pourrait &eacute;couter sans discontinuer, tant le fond musical est doucereux et un brin m&eacute;lancolique. Amina Poulloh chante en foulfould&eacute; en haoussa, en fran&ccedil;ais et en anglais. Mais, on n&rsquo;a pas forc&eacute;ment besoin de comprendre ce qu&rsquo;elle dit pour appr&eacute;cier. On imagine simplement la profondeur du message, au fond de cette voix sournoise, qui cache un talent longtemps &eacute;touff&eacute;, rappelant &agrave; plus d&rsquo;un &eacute;gard les timbres plus affirm&eacute;s de Coumba Gawlo ou encore de Oumou Sangar&eacute;. Des aptitudes amplement relev&eacute;es par l&rsquo;usage abondant du Garaya (guitare) et du Kalangou (tam-tam), dont les musiciens Ibro Y&eacute;ro, Eric Bass et Yakoubou s&rsquo;en chargent dans les principales chansons qui composent l&rsquo;oeuvre.<\/p>\n<p>Que dire alors des th&egrave;mes abord&eacute;s ? Pour sa premi&egrave;re empreinte musicale, Amina Poulloh a choisi, d&rsquo;une mani&egrave;re g&eacute;n&eacute;rale, de s&rsquo;int&eacute;resser aux questions sociales. Dans le titre &eacute;ponyme de l&rsquo;album, par exemple, elle indique clairement que &quot;Riskou doum Allah houhata&quot; (la R&eacute;ussite est un don de Dieu). &quot;La r&eacute;ussite, la chance viennent de Dieu. Il ne sert donc &agrave; rien de s&rsquo;adonner &agrave; des rites mystiques et d&eacute;penser d&rsquo;&eacute;normes sommes d&rsquo;argent chez les marabouts pour esp&eacute;rer avoir la r&eacute;ussite ou la chance. La patience et l&rsquo;imploration finissent toujours par payer&quot;, chante-t-elle dans sa langue maternelle. La chanson &quot;Djanguainne l&rsquo;&eacute;cole&quot; (Allons &agrave; l&rsquo;&eacute;cole) r&eacute;v&egrave;le par ailleurs le c&ocirc;t&eacute; engag&eacute;e de la chanteuse sur des sujets majeurs concernant la communaut&eacute; dont elle est originaire. &quot;Chers parents, encouragez vos filles &agrave; aller &agrave; l&rsquo;&eacute;cole, &agrave; se former, &agrave; s&rsquo;ouvrir sur le monde&quot;, supplie-t-elle notamment.<br \/>Dans les lamentations de l&rsquo;artiste, il est &eacute;galement &eacute;voqu&eacute; le mal du si&egrave;cle, le sida, qui n&rsquo;arr&ecirc;te de d&eacute;cimer jeunes et vieux. Dans &quot;Gnawou djamanourou&quot; (le sida) Amina Poulloh fait un constat : &quot;Chaque &eacute;poque ses merveilles mais aussi ses malheurs.<\/p>\n<p>Aujourd&rsquo;hui en plus de la pauvret&eacute; et de nos nombreuses difficult&eacute;s de subsistance, nous sommes confront&eacute;s &agrave; une maladie grave et dangereuse, le Sida&quot;. Conseil de la chanteuse : &quot;Pour barrer la route &agrave; cette maladie, abstenons-nous. Le Sida n&rsquo;est jamais loin&quot;&#8230; Entre deux exhortations, elle passe un savon aux contrefacteurs des &oelig;uvres de l&rsquo;esprit. &quot;Il faut acheter les cassettes non pirat&eacute;es. Pour que prosp&egrave;re la musique camerounaise, pour que les artistes vivent d&eacute;cemment du fruit de leur travail, il faut acheter les cassettes originales&quot;, s&rsquo;&eacute;crie-t-elle en substance dans &quot;Tchodenne cassettedji boddi&quot; (Stop &agrave; la piraterie). En somme &quot;Riskou&quot; est un album agr&eacute;able &agrave; l&rsquo;&eacute;coute d&rsquo;un bout &agrave; l&rsquo;autre. On y ressent la touche de sp&eacute;cialistes de l&rsquo;arrangement comme Tom Yom&rsquo;s et Nkono T&eacute;l&egrave;s ; alors que Scorpion Kabamba, un authentique dinosaure des studios, s&rsquo;est charg&eacute; d&rsquo;une partie de la programmation. Un assemblage d&rsquo;hommes-orchestres, dont le doigt&eacute; devrait faciliter l&rsquo;adoption de l&rsquo;&oelig;uvre par les m&eacute;lomanes, et principalement les amateurs des rythmes sah&eacute;liens.<\/p>\n<p><strong>Rep&egrave;res <\/strong><br \/>Album : Riskou<br \/>Auteur compositeur : Amina Poulloh (Na&iuml;mou Aminatou Bouba dans le civil)<br \/>Date de sortie : Juillet 2007<br \/>Nombre de titres : Huit<br \/>Production : Alhadji Kadri Yaya<br \/>R&eacute;alisation : Tom Yom&rsquo;s<br \/>A &eacute;couter : Riskou doum Allah houhata, Gnawou djamanourou, Djanguainne l&rsquo;&eacute;cole, Guorko indodo&hellip;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le 1er album de Amina Poulloh donne une autre dimension au folklore du Grand Nord. Eug\u00e8ne Dipanda &#8211; Sur l&rsquo;affiche d&eacute;j&agrave;, on imagine ais&eacute;ment le contenu de l&rsquo;&oelig;uvre. 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