{"id":6332,"date":"2008-10-30T09:47:11","date_gmt":"2008-10-30T08:47:11","guid":{"rendered":""},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"1614","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/1614\/","title":{"rendered":"Un Bamil\u00e9k\u00e9 r\u00e9pond \u00e0 \u00ab Jeune Afrique \u00bb"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p class=\"surtitre\">  Apr&egrave;s son grand reportage&hellip; <\/p>\n<p><span class=\"surtitre\"><a class=\"titre\"> <\/a><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\" class=\"texte\"><span class=\"Style3\"><span class=\"Style32 Style43\"><em>   <\/em><\/span><\/p>\n<p> &laquo; C&rsquo;est une v&eacute;rit&eacute; d&rsquo;&eacute;vidence qu&rsquo;une nation est faite d&rsquo;identit&eacute;s qui ne deviennent antagonistes que lorsqu&rsquo;elles sont ni&eacute;es. &raquo; Ainsi peut-on r&eacute;sumer l&rsquo;introduction d&rsquo;un reportage publi&eacute; sur le Cameroun par l&rsquo;hebdomadaire Jeune Afrique (&eacute;dition du 27 juillet au 02 ao&ucirc;t 2008) sous le titre &laquo; Cameroun : bienvenue chez les Bamil&eacute;k&eacute;s &raquo;. Un reportage que j&rsquo;ai lu avec suffisamment d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t pour reconna&icirc;tre le bien-fond&eacute; de l&rsquo;affirmation. Surtout si cette nation est le fruit &ndash; heureux ou malheureux &ndash; d&rsquo;une construction colonialiste. Malheureusement, le reportage de l&rsquo;envoy&eacute;e sp&eacute;ciale de Jeune Afrique ne m&rsquo;a pas laiss&eacute; sur ma faim, mais sur ma col&egrave;re, par sa tonalit&eacute; plut&ocirc;t tendancieuse, me sugg&eacute;rant la r&eacute;flexion que j&rsquo;invite &agrave; partager les Camerounais qui l&rsquo;ont lu.<br \/> Pour ce qui est de la nation camerounaise, &agrave; moins de vouloir lier le mouvement migratoire des peuples d&rsquo;Afrique au fait du colonialisme occidental, on ne peut r&eacute;duire &agrave; un demi-si&egrave;cle sans &eacute;dulcorer l&rsquo;histoire, l&rsquo;int&eacute;gration de la tradition, du mode de vie et de l&rsquo;histoire des Bamil&eacute;k&eacute;s dans celles de l&rsquo;ensemble du Cameroun. Il est ind&eacute;niable que la colonisation a trouv&eacute; sur place au Cameroun, au milieu d&rsquo;autres communaut&eacute;s camerounaises ceux qui, par simple &eacute;tiquetage, sont devenus &laquo; les Bamil&eacute;k&eacute;s &raquo;.<br \/> En l&rsquo;occurrence, quand Mme Muriel Devey, l&rsquo;auteur du grand reportage, parle du dynamisme bamil&eacute;k&eacute; qui &laquo; suscite de nombreux fantasmes &raquo;, elle ne dit qu&rsquo;en moins bien ce que le monde sait et pense d&eacute;j&agrave; du dynamisme bamil&eacute;k&eacute; et des &laquo; soup&ccedil;ons d&rsquo;h&eacute;g&eacute;monisme &raquo; dont il est l&rsquo;objet, et cela depuis les &eacute;crits c&eacute;l&egrave;bres du colonel Lamberton. Cet officier fran&ccedil;ais qui a particip&eacute; au commandement des troupes fran&ccedil;aises ayant massacr&eacute; les Bamil&eacute;k&eacute;s au Cameroun de 1959 &agrave; 1964 (sous pr&eacute;texte de lutter contre la r&eacute;bellion et le terrorisme), a d&eacute;fini les Bamil&eacute;k&eacute;s dans la Revue fran&ccedil;aise de la D&eacute;fense, comme &laquo; un caillou dans la chaussure &raquo; du Cameroun.<br \/> En r&eacute;alit&eacute;, ce n&rsquo;est pas la m&eacute;connaissance de l&rsquo;histoire du peuple bamil&eacute;k&eacute; que l&rsquo;on peut reprocher &agrave; Muriel Devey. Ce serait plut&ocirc;t sa pr&eacute;tention &agrave; faire d&eacute;couvrir au monde un peuple dont l&rsquo;origine du nom semble lacunaire dans ses &eacute;crits. L&rsquo;envoy&eacute;e sp&eacute;ciale de Jeune Afrique sugg&egrave;rerait-elle que le Bamil&eacute;k&eacute; n&rsquo;est pas Camerounais &agrave; part enti&egrave;re, mais enti&egrave;rement &agrave; part au Cameroun ? Et qu&rsquo;il faudrait peut-&ecirc;tre fragiliser un peu son fameux dynamisme &agrave; l&rsquo;origine des &laquo; soup&ccedil;ons d&rsquo;h&eacute;g&eacute;monisme &raquo; ?<\/p>\n<p> <strong>Pourquoi les gens nombreux ?<\/strong><br \/> Dans un contexte socio-politique o&ugrave; l&rsquo;expression d&eacute;mocratique est biais&eacute;e, pensez-vous qu&rsquo;il soit innocent de convoquer le &laquo; Medumba &raquo; pour expliquer que bamil&eacute;k&eacute; veut dire &laquo; les gens nombreux &raquo; ? Certes, on pourrait croire &agrave; une faiblesse d&rsquo;investigation. Mais dans quelle langue peut-on manquer de bon sens au point de d&eacute;signer une communaut&eacute; par le poids de son nombre ? Comment les Bangangt&eacute;s d&eacute;signeraient-ils les Chinois en Medumba ? En l&rsquo;absence des chiffres officiels du recensement g&eacute;n&eacute;ral de la population, quelle est l&rsquo;&eacute;vidence que les bamil&eacute;k&eacute; soient &laquo; les gens (les plus) nombreux &raquo; au Cameroun ? <br \/> Le fait par ailleurs de vouloir identifier les Bamil&eacute;k&eacute;s seulement par leur nombre et le repli sur leurs traditions &ndash; &laquo; c&rsquo;est ce qui fonde l&rsquo;identit&eacute; bamil&eacute;k&eacute; &raquo;, affirme le reportage, ne me semble pas plus innocent, non plus que de dire qu&rsquo;en fait le Bamil&eacute;k&eacute; ne s&rsquo;accepte pas comme tel, et &laquo; se pr&eacute;sente plut&ocirc;t comme Bangangt&eacute;, Bandjoun, Dschang, ou Bafoussam&hellip; le nom de sa chefferie d&rsquo;origine &raquo;&#8230;<br \/> Si Mme Devey a pu faire un crochet dans la ville touristique de Dschang, aux sources du mot bamil&eacute;k&eacute;, des patriarches l&rsquo;auraient &eacute;difi&eacute;e sur les origines du mot, du moins dans son &eacute;tymologie la plus popularis&eacute;e&hellip; Elle aurait compris que si &laquo; nos anc&ecirc;tres les Gaulois &raquo; avaient pris la peine d&rsquo;&eacute;tudier le peuple qu&rsquo;ils venaient soumettre, les Bamil&eacute;k&eacute; n&rsquo;auraient pas figur&eacute; dans le livre d&rsquo;&eacute;tat-civil seulement comme les gens d&rsquo;un lieu, mais comme descendants des Tikars&hellip;<br \/> Malheureusement, je ne suis pas historien, et souhaite simplement faire comprendre &agrave; l&rsquo;envoy&eacute;e sp&eacute;ciale de Jeune Afrique que le mot bamil&eacute;k&eacute; n&rsquo;est pas une identification socio-antropologique, mais une &eacute;tiquette bas&eacute;e sur un espace g&eacute;ographique. C&rsquo;est comme si on d&eacute;baptisait tous les peuples du Sahara pour les &eacute;tiqueter sah&eacute;liens&hellip; Parce que je ne suis pas historien, je ne puis expliquer &agrave; Muriel ni pourquoi, ni comment, ni &agrave; quel moment de l&rsquo;histoire toutes les tribus dites &laquo; Bamil&eacute;k&eacute; &raquo;, descendues du peuple Tikar de l&rsquo;Adamaoua&hellip; ont &eacute;t&eacute; priv&eacute;s de toute autre forme d&rsquo;identification sp&eacute;cifique que leur appartenance au lieu g&eacute;ographique o&ugrave; on les croit originaires.<br \/> C&rsquo;est un fait que le syst&egrave;me colonial fran&ccedil;ais n&rsquo;a jamais dig&eacute;r&eacute; la gouvernance monarchique bamil&eacute;k&eacute; qu&rsquo;il a rebaptis&eacute; &laquo; chefferie traditionnelle &raquo;, par rapport naturellement &agrave; la &laquo; chefferie moderne &raquo; caporalis&eacute;e qu&rsquo;&eacute;taient les cellules d&rsquo;administration coloniale. La monarchie bamil&eacute;k&eacute; repr&eacute;sentait &agrave; ses yeux un facteur d&rsquo;ordre socio-culturel hostile &agrave; la p&eacute;n&eacute;tration culturelle coloniale, avant de devenir plus tard un obstacle potentiel &agrave; la domination de certains int&eacute;r&ecirc;ts &eacute;conomiques occidentaux.<\/p>\n<p> <strong>De roi &agrave; &laquo; chef traditionnel &raquo;<\/strong><br \/> Cette d&eacute;construction structurelle peut &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute;e comme une cause, voire la cause lointaine et programm&eacute;e de la lente &eacute;rosion philosophique et structurelle des royaumes bamil&eacute;k&eacute;s, dont l&rsquo;autorit&eacute; traditionnelle se trouve actuellement quasiment ali&eacute;n&eacute;e &agrave; l&rsquo;administration d&rsquo;Etat et aux partis politiques, pour des raisons de s&eacute;curit&eacute; mat&eacute;rielles &eacute;videntes&hellip; Rien d&rsquo;&eacute;tonnant par cons&eacute;quent &agrave; ce que nos rois &ndash; rebaptis&eacute;s &laquo; chefs traditionnels &raquo; &#8211; soient plut&ocirc;t rassur&eacute;s d&rsquo;&ecirc;tre des auxiliaires de l&rsquo;administration &laquo; vendus aux puissances d&rsquo;argent &raquo; comme l&rsquo;affirme l&rsquo;envoy&eacute;e de JA. Il est d&eacute;plorable que la soci&eacute;t&eacute; bamil&eacute;k&eacute;e perde ses rep&egrave;res &agrave; travers le long processus de d&eacute;racinement cultuelle qui lui a &eacute;t&eacute; impos&eacute; et qui, aujourd&rsquo;hui, semble viser l&rsquo;extinction de ses &laquo; chefferies traditionnelles &raquo; sous le pr&eacute;texte mal imagin&eacute; &laquo; d&rsquo;incompatibilit&eacute; des monarchies avec la d&eacute;mocratie &raquo;.<br \/> Heureusement, l&rsquo;&oelig;uvre coloniale de d&eacute;construction du dynamisme bamil&eacute;k&eacute; &ndash; qui n&rsquo;a r&eacute;ussi que partiellement &ndash; n&rsquo;a pas encore pu isoler les Bamil&eacute;k&eacute;s de ou dans la nation camerounaise. Le Bamil&eacute;k&eacute; camerounais que je suis, en d&eacute;pit de tous les efforts politiciens des h&eacute;ritiers de Lamberton &agrave; faire de lui un &eacute;tranger au Cameroun, est parfaitement conscient de la r&eacute;alit&eacute; incontournable d&rsquo;une nation camerounaise &agrave; b&acirc;tir, avec tous ceux qui partagent son territoire et son destin par le droit du sol et du sang.<br \/> En tant qu&rsquo;ing&eacute;nieur et entrepreneur en b&acirc;timent et travaux publics, je suis &agrave; l&rsquo;aise pour expliquer comment les Camerounais veulent construire leur nation forte et prosp&egrave;re, et en faire un ouvrage en b&eacute;ton arm&eacute;. Pour construire un ouvrage en b&eacute;ton arm&eacute;, les mat&eacute;riaux &agrave; utiliser sont : gravier, sable, ciment et eau (tribus) ; ensuite, il faut un moule que nous appelons coffrage (territoire), puis les moyens techniques qui vont de la truelle du ma&ccedil;on au vibreur, en passant par la pelle de l&rsquo;ouvrier, la brouette, la b&eacute;tonni&egrave;re, les &eacute;chafaudages, etc&hellip; (la politique) et enfin, les ressources humaines qui vont de l&rsquo;architecte au man&oelig;uvre du chantier, sans parler du second &oelig;uvre compl&eacute;mentaire pour l&rsquo;embellissement de l&rsquo;ouvrage. Pris &agrave; part, aucun des ces &eacute;l&eacute;ments pourtant tous indispensables ne construirait l&rsquo;ouvrage. Mais, si un seul en est isol&eacute; et marginalis&eacute; ou absent, l&rsquo;ouvrage porte en lui le germe de son effondrement. Vous aurez compris que pour moi, le Cameroun est aujourd&rsquo;hui &agrave; l&rsquo;image de cet ouvrage en b&eacute;ton arm&eacute;, que tous ses fils, de toutes les ethnies et cultures doivent servir &agrave; construire.<br \/> De qui Jeune Afrique tient-il le mandat de semer de la zizanie dans les mat&eacute;riaux divers, mais tous utiles dont l&rsquo;ajustement divin de la nature a dot&eacute; les dirigeants b&acirc;tisseurs du Cameroun? Voici ce que l&rsquo;article affirme : &laquo; S&rsquo;ils s&rsquo;&eacute;taient content&eacute;s de rester dans leurs montagnes &agrave; cultiver leurs traditions et leurs champs, tout irait pour le mieux. Mais voil&agrave;, ils sont all&eacute;s s&rsquo;installer partout, en particulier dans les grandes villes, o&ugrave; ils contr&ocirc;lent de larges activit&eacute;s &ndash; professions lib&eacute;rales, industries, commerces, taxis et autres. De quoi irriter les &laquo; autochtones &raquo;, qui vivent souvent leur pr&eacute;sence comme une invasion &raquo;. <br \/> Si la nation camerounaise profonde &eacute;tait dupe des strat&eacute;gies client&eacute;listes des politiques, qu&rsquo;est-ce que ces phrases entra&icirc;neraient dans les villes comme Douala, sinon de l&rsquo;animosit&eacute; inter-ethnique et des tentations de haine, alors que cette quasi m&eacute;gapole doit pr&eacute;figurer l&rsquo;int&eacute;gration nationale ?<br \/> &laquo; Conjugu&eacute;e &agrave; leur sens des affaires, qui expliquerait, entre autres leur mobilit&eacute; &ndash; &laquo; Ils vont l&agrave; o&ugrave; il y a de l&rsquo;argent &agrave; gagner &raquo;, ironise Max -, leur solidarit&eacute; effraie. &laquo; S&rsquo;ils ont le pouvoir politique, ils donneront tous les postes &agrave; leurs fr&egrave;res &raquo;. Je conviendrai que les opinions sont libres si Max, Eug&egrave;ne, Jean-paul et autres&hellip; dont les propos meublent le reportage existent r&eacute;ellement. Mais nul commentaire du journal ne prend de distance &agrave; l&rsquo;&eacute;gard de l&rsquo;affirmation selon laquelle le pouvoir politique chez les Bamil&eacute;k&eacute;s ne servirait qu&rsquo;&agrave; donner des postes&hellip; Des postes de profit sans doute, puisque s&rsquo;il s&rsquo;agissait de postes de responsabilit&eacute;s, ils iraient au m&eacute;rite dont la fraternit&eacute; n&rsquo;est pas le d&eacute;terminant. <\/p>\n<p> <strong>Gouvernance bamil&eacute;k&eacute;e<\/strong><br \/> Dans le syst&egrave;me politique bamil&eacute;k&eacute;, les normes de gouvernance interdisent au roi de gouverner avec les princes. Il ne peut attribuer des fonctions gouvernantes (ou administratives) qu&rsquo;aux notables du peuple. C&rsquo;est donc une contre-v&eacute;rit&eacute; d&rsquo;insinuer que la d&eacute;mocratie signifierait pour les Bamil&eacute;k&eacute; une distribution joyeuse de pr&eacute;bendes tribales&hellip; Par ailleurs, ce n&rsquo;est pas parce qu&rsquo;on veut absolument d&eacute;signer les Bamil&eacute;k&eacute;s &agrave; la vindicte des autres qu&rsquo;il faut leur pr&ecirc;ter globalement l&rsquo;intention de revendiquer le martyr de la lutte &laquo; farouche &raquo; pour l&rsquo;ind&eacute;pendance. Lutte &agrave; laquelle chacun ne pouvait &agrave; l&rsquo;&eacute;poque sacrifier que les moyens dont il disposait et selon son niveau de conscience de la domination coloniale.<br \/> Le fait pour un citoyen de ne pas adh&eacute;rer &agrave; un parti politique ne traduit pas forc&eacute;ment une &laquo; marginalisation du champ politique &raquo;. C&rsquo;est par contre un moyen s&ucirc;r de ne pas tribaliser la politique lorsque d&rsquo;aventure il est en face d&rsquo;un parti politique bas&eacute; sur l&rsquo;ethnie. Pourquoi le poids &eacute;lectoral d&rsquo;un parti politique devrait-il d&eacute;pendre de l&rsquo;ethnie de son leader ? Pourquoi au point que Mme Devey a pu trouver un certain Beno&icirc;t &ndash; qui peut &ecirc;tre n&rsquo;importe qui &ndash; pour affirmer qu&rsquo; &laquo; un bami peut donc difficilement &eacute;merger comme leader politique &raquo;, et ne peut que &laquo; animer un parti, le financer &raquo; sans pouvoir en prendre t&ecirc;te ?<br \/> En d&eacute;finitive, sur le plan politique, du moins, Mme Devey est venue au Cameroun pour donner &agrave; voir au monde qu&rsquo;en fait, ces Bamil&eacute;k&eacute;s dont on parle tant, ne sont que des manchots politiques, incapables de cr&eacute;er un parti politique bamil&eacute;k&eacute;, parce que la chefferie les en emp&ecirc;che, et donc oblig&eacute;s de squatter sous le parapluie de l&rsquo;Udc de Ndam Njoya, ou du Sdf de l&rsquo;Anglophone John Fru Ndi, s&rsquo;ils sont oppos&eacute;s au r&eacute;gime en place. <\/p>\n<p> <strong>Divisionnisme&hellip;<\/strong><br \/> Le r&eacute;f&eacute;rent lointain de cette vision occidentale du Cameroun ne peut &ecirc;tre que l&rsquo;enseignement du mar&eacute;chal Lyautey, le pacificateur de coloniale m&eacute;moire qui disait : &laquo; S&rsquo;il y a des m&oelig;urs et des coutumes &agrave; respecter, il y a aussi des haines et des rivalit&eacute;s qu&rsquo;il faut d&eacute;m&ecirc;ler et utiliser &agrave; notre profit, en opposant les unes aux autres, en s&rsquo;appuyant sur les unes pour mieux vaincre les autres&hellip; &raquo;<br \/> Non seulement le reportage de Muriel Devey va tout &agrave; fait dans ce sens, comme si elle en avait re&ccedil;u mission, mais aussi elle &eacute;tonne finalement par la vision globalement r&eacute;ductrice qu&rsquo;elle a des bamil&eacute;k&eacute;s paradoxalement pr&eacute;sent&eacute;s en m&ecirc;me temps comme &eacute;pouvantail dangereux. Les Bamil&eacute;k&eacute;s n&rsquo;ont pas de parti qui compte, selon Mme Devey, alors ils se sont battu pour avoir quelques si&egrave;ges dans les partis des autres&hellip; aux l&eacute;gislatives 2004 (5 au Rdpc, 15 au Sdf et 5 &agrave; l&rsquo;Udc). Outre que ces statistiques sont inexactes ou d&eacute;pass&eacute;es, elles sugg&egrave;rent d&eacute;j&agrave; que les Bamil&eacute;k&eacute;s veulent envahir les partis des autres &ndash; et si le Rdpc gagne la majorit&eacute; des municipales &agrave; l&rsquo;Ouest, il faut en d&eacute;duire que, non seulement tous les &eacute;lus sont Bamil&eacute;k&eacute;s, mais ils &laquo; ont &eacute;t&eacute; plus chanceux &raquo;.<br \/> Mais qu&rsquo;est-ce que &ecirc;tre chanceux pour les &eacute;lus du Rdpc qui, en juillet 2007, ont remport&eacute; 20 si&egrave;ges sur 25 dans la province de l&rsquo;Ouest, contre 4 pour l&rsquo;UDC et seulement 1 pour le Sdf ? Si l&rsquo;envoy&eacute;e sp&eacute;ciale de Jeune Afrique veut convaincre ses lecteurs que l&rsquo;Udc et le Sdf sont la bou&eacute;e de sauvetage politique des Bamil&eacute;k&eacute;s, il faudra bien qu&rsquo;elle explique comment depuis le m&ecirc;me mois de juillet 2007, le Rdpc g&egrave;re dans la province que tout le monde dit &laquo; bamil&eacute;k&eacute;e &raquo;, 29 municipalit&eacute;s sur 40, contre 8 pour l&rsquo;Udc et seulement 3 pour le Sdf.<br \/> Les Bamil&eacute;k&eacute;s ont cinq portes feuilles dans le gouvernement qui sont &laquo; la caution Bamil&eacute;k&eacute; d&rsquo;un r&eacute;gime qui ne peut pas totalement les marginaliser &raquo;, affirme Muriel Devey qui poursuit : &laquo; Si les affaires restent leur domaine de pr&eacute;dilection, c&rsquo;est gr&acirc;ce au pr&eacute;sident Ahidjo qui encouragea la formation d&rsquo;une bourgeoisie dans (leur) communaut&eacute; en &eacute;change de l&rsquo;abandon de la lutte dans le maquis de l&rsquo;UPC &raquo;.<br \/> Il n&rsquo;est pas imaginable qu&rsquo;un journal v&eacute;hicule de telles contre-v&eacute;rit&eacute;s sur le Cameroun, allant jusqu&rsquo;&agrave; insinuer que des personnages embl&eacute;matiques de la frange conservatrice du pays, comme les Andr&eacute; Sohaing, Kadji Defosso et Victor Fotso &ndash; qui sont au demeurant respectables et respect&eacute;s pour ce qu&rsquo;ils p&egrave;sent dans l&rsquo;&eacute;conomie nationale &ndash; aient pu s&rsquo;impliquer dans les maquis de l&rsquo;Upc, jusqu&rsquo;&agrave; trahir cette derni&egrave;re, contre leur embourgeoisement. On ne tordrait pas autrement le cou &agrave; l&rsquo;histoire ! <\/p>\n<p> <strong>Une esp&egrave;ce in&eacute;dite<\/strong><br \/> Je n&rsquo;insisterai pas sur la propension qui n&rsquo;est pas exclusive &agrave; Jeune Afrique, &agrave; consid&eacute;rer que les op&eacute;rateurs &eacute;conomiques ou les &eacute;lites d&rsquo;origine bamil&eacute;k&eacute;, qui ont r&eacute;ussi dans leurs affaires, dans la politique, la culture ou la presse, le doivent au fait d&rsquo;&ecirc;tre Bamil&eacute;k&eacute; et qu&rsquo;ils repr&eacute;sentent du coup tous les Bamil&eacute;k&eacute;s dans leurs succ&egrave;s et leurs &eacute;checs. Ils seraient ainsi des &laquo; t&ecirc;tes d&rsquo;affiche &raquo; de la communaut&eacute; bamil&eacute;k&eacute;. Laquelle p&acirc;tirait naturellement en toutes circonstance de leurs turpitudes au tribunal de l&rsquo;opinion publique.<br \/> En r&eacute;sum&eacute;, et tout comptes faits, les Bamil&eacute;k&eacute;s que l&rsquo;envoy&eacute;e sp&eacute;ciale de Jeune Afrique fait d&eacute;couvrir &agrave; ses lecteurs apparaissent comme une esp&egrave;ce in&eacute;dite au Cameroun, accept&eacute;e comme un mal n&eacute;cessaire et frapp&eacute;e d&rsquo;incapacit&eacute; politique.<\/p>\n<p> Les Bamil&eacute;k&eacute;s du Cameroun ont besoin des autres communaut&eacute;s, comme celles-ci ont besoin des Bamil&eacute;k&eacute;s pour construire une nation indivisible et prosp&egrave;re pour tous ses fils. Certes, si par Bamil&eacute;k&eacute; on entend les populations de la province de l&rsquo;Ouest, il faut convenir qu&rsquo;elles ont des frustrations. Mais, toutes proportions gard&eacute;es, toutes les populations de toutes les provinces du Cameroun souffrent du d&eacute;ficit de l&rsquo;offre politique qui, il faut le reconna&icirc;tre, n&rsquo;est pas &agrave; la hauteur de leur contribution &agrave; la croissance.<br \/> Muriel Devey semble avoir pris le parti de la d&eacute;construction, s&rsquo;effor&ccedil;ant de r&eacute;veiller chez les Camerounais les germes de rejet r&eacute;ciproque qui sont malheureusement latents. Or, je l&rsquo;affirme, ce qui nous aidera &agrave; construire une nation camerounaise soud&eacute;e et prosp&egrave;re, ce n&rsquo;est pas l&rsquo;exasp&eacute;ration des particularismes et le repli identitaire, mais la promotion de ce que nos communaut&eacute;s ethnico-tribales ont de semblable et de compl&eacute;mentaire.<\/p>\n<p> <strong> * Ing&eacute;nieur civil polytechnicien, <br \/> Maire de Bamendjou <br \/> e-mail : mairiebamendjou@yahoo.fr<\/strong><br \/> <\/span>&nbsp;<\/p>\n<p>Par  Par Emmanuel MUKAM*<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Apr&egrave;s son grand reportage&hellip; &laquo; C&rsquo;est une v&eacute;rit&eacute; d&rsquo;&eacute;vidence qu&rsquo;une nation est faite d&rsquo;identit&eacute;s qui ne deviennent antagonistes que lorsqu&rsquo;elles sont ni&eacute;es. &raquo; Ainsi peut-on r&eacute;sumer l&rsquo;introduction d&rsquo;un reportage publi&eacute; sur le Cameroun par l&rsquo;hebdomadaire Jeune Afrique (&eacute;dition du 27 juillet au 02 ao&ucirc;t 2008) sous le titre &laquo; Cameroun : bienvenue chez les Bamil&eacute;k&eacute;s [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[],"tags":[],"adace-sponsor":[],"class_list":["post-6332","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry"],"acf":[],"wps_subtitle":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6332","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6332"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6332\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6332"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6332"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6332"},{"taxonomy":"adace-sponsor","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/adace-sponsor?post=6332"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}