{"id":6396,"date":"2008-11-26T11:52:31","date_gmt":"2008-11-26T10:52:31","guid":{"rendered":""},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"1678","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/1678\/","title":{"rendered":"Dans les couloirs du commerce du sexe \u00e0 Melen"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p><span class=\"surtitre\"><a class=\"titre\"><br \/><\/a><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\" class=\"texte\"><span class=\"Style3\"><span class=\"Style32 Style43\"><em> La prostitution a fait son nid dans les quartiers Melen et alentours. Les populations riveraines se plaignent de l&rsquo;impact de cette activit&eacute; sur leur prog&eacute;niture. <\/em><\/span><\/p>\n<p>  \t\t\t\t\t\t\t\t<strong>Mini ferme, par ici la &ldquo; chair fra&icirc;che &rdquo;<\/strong><\/p>\n<p> Il est 22h30 ce vendredi 21 novembre 2008. Cramponn&eacute; &agrave; l&rsquo;arri&egrave;re de la Toyota Corolla qui le conduit au lieu dit &ldquo; Total Melen &rdquo;, le reporter a du mal &agrave; supporter le froid cr&eacute;pusculaire qui souffle en ce d&eacute;but de week-end sur Yaound&eacute;. Aussit&ocirc;t sorti du v&eacute;hicule, j&rsquo;emprunte &agrave; pied le tron&ccedil;on qui va de &ldquo; Total Melen &rdquo; au lieu dit &ldquo; Carrefour H&ocirc;tel Feuguiff &rdquo;. Certains d&eacute;bits de boissons sont encore ouverts. Quelques &ldquo; couche-tard &rdquo; s&rsquo;y racontent les histoires de la semaine autour d&rsquo;un verre. <br \/> Sous un air de bikutsi &agrave; la mode, poissons &agrave; la braise ou r&ocirc;ti de poulet agr&eacute;mentent les conversations. A mesure que j&rsquo;avance, ma curiosit&eacute; est captiv&eacute;e par une sc&egrave;ne insolite &agrave; cette heure de la nuit. Sur les bords de la route, des silhouettes de femmes, &agrave; moiti&eacute; nues, cigarette &agrave; la main, se dessinent dans la p&eacute;nombre. &ldquo; Coyotes ; nguess ; bordels &rdquo;. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;on les appelle dans ce milieu. N&eacute;gligemment adoss&eacute;es soit &agrave; un v&eacute;hicule gar&eacute;, soit sur un poteau &eacute;lectrique, ou devant une &eacute;choppe, ces femmes, jeunes filles, filles enceintes, grosses, &eacute;lanc&eacute;es, vieilles, petites, noires, brunes ou albinos, etc. cherchent des clients. <br \/> Pour attirer l&rsquo;attention des passants, elles n&rsquo;h&eacute;sitent pas &agrave; siffler les potentiels clients. &ldquo; Market is so strong tonight ! &rdquo;, s&rsquo;exclame l&rsquo;une d&rsquo;elles, la quarantaine environ. &ldquo; Je vois que tu es nouveau dans le coin ou alors tu veux me pi&eacute;ger ? C&rsquo;est l&rsquo;heure de pointe ! C&rsquo;est leur journ&eacute;e qui commence maintenant &rdquo;, me lance narquois un vendeur de cigarettes. J&rsquo;ai voulu comprendre pourquoi il y a tant de filles ce soir &agrave; cet endroit. <br \/> J&rsquo;ai &agrave; peine obtenu cette r&eacute;ponse qu&rsquo;une fille de joie m&rsquo;aborde. &ldquo; Chaud gars ! On part ? C&rsquo;est moins cher. Je ferais tout ce que tu veux. Je suis tout &agrave; toi. Regardes &rdquo;, vante-t-elle tout en d&eacute;ballant d&rsquo;une main son soutien-gorge, pour me laisser admirer sa forte poitrine. L&rsquo;autre main soul&egrave;ve ce qui lui tient lieu de jupe. &ldquo; Membre ne panique pas. Fais comme un homme. C&rsquo;est du bon &rdquo;, me lance en guise d&rsquo;encouragement, un de ces &ldquo; gros bras &rdquo; charg&eacute; d&rsquo;assurer la s&eacute;curit&eacute; des prostitu&eacute;es. <br \/> Par souci d&rsquo;en savoir un peu plus sur ces filles de nuits, je d&eacute;cide de suivre ma compagne du soir. Ashola me conduit dans un couloir obscur &agrave; l&rsquo;arri&egrave;re d&rsquo;un &eacute;tablissement financier situ&eacute; &agrave; un jet de pierre de l&rsquo; &ldquo; h&ocirc;tel positif &rdquo;. La peur au ventre, j&rsquo;avance. Cinquante m&egrave;tres plus loin, la porte d&rsquo;une petite chambre s&rsquo;ouvre devant nous. C&rsquo;est une chambre de passe. Un lit, une garde-robe de fortune, un r&eacute;chaud &agrave; p&eacute;trole et un tapis, constituent le mobilier de la pi&egrave;ce. &ldquo; Tu as une belle chambre hein ! &rdquo; lui dis-je cherchant maladroitement &agrave; &eacute;tablir la conversation. &ldquo; Pardon laisse-moi tes bavardages l&agrave;. Fais vite. Ne me perds plus le temps. Tu n&rsquo;es pas le seul client &rdquo; me lance-t-elle d&rsquo;un air empress&eacute;.<\/p>\n<p> <strong>Etudiantes en qu&ecirc;te de &ldquo; gagne-pain &rdquo;<\/strong><\/p>\n<p> La sc&egrave;ne que je vis depuis mon arriv&eacute;e &agrave; Mini Ferme a tout l&rsquo;air d&rsquo;un film policier. Un jeune homme vient de reconna&icirc;tre sa petite amie parmi les &ldquo; vendeuses de sexe &rdquo;. Cette derni&egrave;re lui aurait pourtant affirm&eacute; qu&rsquo;elle est &eacute;tudiante en facult&eacute; de sciences &agrave; l&rsquo;Universit&eacute; de Yaound&eacute; II. Telle une furie, le bonhomme s&rsquo;&eacute;jecte de son v&eacute;hicule et atterrit sur l&rsquo;infortun&eacute;e. S&rsquo;ensuit une bastonnade que la cop&rsquo;s n&rsquo;oubliera sans doute jamais. Ses coll&egrave;gues savourent l&rsquo;instant. Des &eacute;clats de rires et des applaudissements fusent. &ldquo; &Ccedil;a va t&rsquo;apprendre &agrave; venir discuter le territoire ici avec nous &rdquo;, lui lancent-elles avec m&eacute;pris. <br \/> Selon des informations recueillies sur place, la majorit&eacute; des filles de nuit exer&ccedil;ant &agrave; Melen sont des &eacute;tudiantes. Elles suivent des cours en journ&eacute;e et se transforment en &ldquo; call girl &rdquo; le soir venu. &ldquo; Le dehors est tr&egrave;s dur et ce n&rsquo;est pas tout le monde qui a la chance de trouver du travail aujourd&rsquo;hui. On essaye de joindre les deux bouts en nous offrant dans la rue. Certes des gens nous traitent de tous les noms, mais ce que cela nous rapporte nous aide beaucoup. C&rsquo;est mieux que rien &rdquo;, justifie Clarisse B, &eacute;tudiante en facult&eacute; des Lettres modernes fran&ccedil;aises &agrave; l&rsquo;Universit&eacute; de Yaound&eacute; I. Comme elle, de nombreuses &eacute;tudiantes vendent leur corps pour &ldquo; survivre &rdquo;. &ldquo; Je ne travaille pas ici tous les jours. C&rsquo;est de vendredi &agrave; dimanche soir, que je suis en route parce que c&rsquo;est le week-end que le pointage paye vraiment &rdquo;, explique Clarisse.<br \/> La client&egrave;le de ces prostitu&eacute;es est constitu&eacute;e en majorit&eacute; de &ldquo; conducteurs de camions, des joueurs de football, des hommes en tenue, des inconnus et m&ecirc;me des hommes mari&eacute;s &rdquo;, t&eacute;moigne Ashola, prostitu&eacute;e depuis bient&ocirc;t dix ans. Les prix varient selon les exigences du client. Elles sont pr&ecirc;tes &agrave; tout pourvu que ce dernier &ldquo; paye bien. Les prix varient de 500 Fcfa &agrave; 5 000Fcfa. Que voulez-vous ? Le plaisir a un prix &rdquo;, soutient Ashola l&rsquo;air d&eacute;contract&eacute;. Et de pr&eacute;ciser, &ldquo; seuls nos clients r&eacute;guliers ont la priorit&eacute;. Il est difficile pour nous de rentrer avec un inconnu chez lui. Sauf s&rsquo;il paye avant de nous embarquer. Parce que la plupart du temps, ils finissent avec nous et ne nous payent pas &rdquo;.<\/p>\n<p> <strong> Impact n&eacute;faste sur les populations riveraines<\/strong><\/p>\n<p> Les populations de Mini Ferme et ses environs ont le sommeil l&eacute;ger. A cause notamment &ldquo; de la musique tonitruante qui fuse des bars et autres bo&icirc;tes de nuits sept jours sur sept. Le coin &eacute;tant en permanence bruyant, avec la vente du sexe que cela comporte, il devient difficile de fermer l&rsquo;&oelig;il de toute la nuit &rdquo;, se lamente Ernest Kengne, un commer&ccedil;ant. Certains riverains auraient d&eacute;j&agrave; d&eacute;pos&eacute; des plaintes aupr&egrave;s des autorit&eacute;s administratives. Malgr&eacute; la d&eacute;cision du pr&eacute;fet du Mfoundi -selon laquelle les bars et autres d&eacute;bits de boissons devraient fermer &agrave; partir de vingt trois heures- &ldquo; Rien n&rsquo;est fait jusqu&rsquo;ici. Les g&eacute;rants de bars n&rsquo;en font qu&rsquo;&agrave; leur t&ecirc;te. Ils ferment quand ils veulent &rdquo;, regrette Ernest. <br \/> En plus du facteur bruit, l&rsquo;ins&eacute;curit&eacute; a &eacute;galement &eacute;lu domicile &agrave; Melen. &ldquo; Partout o&ugrave; il y a les prostitu&eacute;es, les malfrats et les bandits de grands chemins ne manquent pas. C&rsquo;est dire combien nos vies sont en danger &rdquo;, d&eacute;plore Mireille Ekounda, m&eacute;nag&egrave;re. Plus grave, &ldquo; nos pauvres enfants qui vivent au quotidien cette prostitution ne finiront-ils pas par s&rsquo;y jeter ? &rdquo;, s&rsquo;inqui&egrave;te cette m&egrave;re de famille soucieuse de l&rsquo;avenir de sa prog&eacute;niture. <\/span>&nbsp;<\/p>\n<p class=\"author\">Par  Christian TCHAPMI (Stagiaire)  <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La prostitution a fait son nid dans les quartiers Melen et alentours. Les populations riveraines se plaignent de l&rsquo;impact de cette activit&eacute; sur leur prog&eacute;niture. Mini ferme, par ici la &ldquo; chair fra&icirc;che &rdquo; Il est 22h30 ce vendredi 21 novembre 2008. Cramponn&eacute; &agrave; l&rsquo;arri&egrave;re de la Toyota Corolla qui le conduit au lieu dit [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[],"tags":[],"adace-sponsor":[],"class_list":["post-6396","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry"],"acf":[],"wps_subtitle":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6396","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6396"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6396\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6396"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6396"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6396"},{"taxonomy":"adace-sponsor","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/adace-sponsor?post=6396"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}