{"id":6439,"date":"2008-12-11T12:03:27","date_gmt":"2008-12-11T11:03:27","guid":{"rendered":""},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"1721","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/1721\/","title":{"rendered":"Yaound\u00e9 : Bernard Njonga arr\u00eat\u00e9 par la police"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p><strong><font color=\"#000000\"><br \/><\/font><\/strong><\/p>\n<hr size=\"1\" color=\"#bbbbbb\" \/> <em>Le pr&eacute;sident de l&rsquo;Acdic a pass&eacute; la nuit au commissariat central N&deg;1 en compagnie de cinq de ses membres qui voulaient manifester &agrave; leur si&egrave;ge hier.<br \/><em><strong> Parfait Tabapsi <\/strong><\/em><\/em><\/p>\n<hr size=\"1\" color=\"#eeffee\" \/> <img decoding=\"async\" data-expand=\"600\" class=\"lazyload\" align=\"left\" src=\"data:image\/svg+xml;charset=utf-8,%3Csvg xmlns%3D'http%3A%2F%2Fwww.w3.org%2F2000%2Fsvg' viewBox%3D'0 0 1 1'%2F%3E\" data-src=\"http:\/\/www.quotidienmutations.info\/mutations\/images\/njonga.gif\" alt=\"\" \/> Bernard Njonga, le pr&eacute;sident de l&rsquo;Association citoyenne de d&eacute;fense des int&eacute;r&ecirc;ts collectifs (Acdic) n&rsquo;oubliera pas de si t&ocirc;t la journ&eacute;e d&rsquo;hier, mercredi 10 d&eacute;cembre 2008. Journ&eacute;e au cours de laquelle il a &eacute;t&eacute; interpell&eacute; par les agents du Groupement mobile d&rsquo;intervention (Gmi) alors qu&rsquo;il s&rsquo;appr&ecirc;tait &agrave; faire un sit-in en son si&egrave;ge de Yaound&eacute;. Une interpellation suivie d&rsquo;une arrestation avec quelques-uns de ses collaborateurs et membres et qui les aura men&eacute; au commissariat central N&deg;1 de Yaound&eacute;. O&ugrave; il doit certainement se rem&eacute;morer la journ&eacute;e pass&eacute;e hier, histoire sans doute de trouver les motifs qui auraient concouru &agrave; son arrestation.<br \/>Car avant ce moment fatidique de 10h 20, il n&rsquo;aura pas fait l&rsquo;&eacute;conomie de ses efforts en vue de calmer la foule de paysans accouru de tous les recoins du pays suite &agrave; l&rsquo;appel de son Ong &agrave; manifester sur le d&eacute;tournement de deux milliards du projet ma&iuml;s &quot;par des Gics fant&ocirc;mes&quot;. Une foule au milieu de laquelle on pouvait reconna&icirc;tre les membres de l&rsquo;Association de d&eacute;fense des int&eacute;r&ecirc;ts des &eacute;tudiants du Cameroun (Addec) venu offrir leur solidarit&eacute; &agrave; cette revendication finalement citoyenne.<\/p>\n<p>D&egrave;s les premi&egrave;res heures de cette journ&eacute;e o&ugrave; l&rsquo;on c&eacute;l&eacute;brait partout sur l&rsquo;&eacute;tendue de la plan&egrave;te le 60&egrave; anniversaire de la d&eacute;claration universelle des droits de l&rsquo;homme, de nombreux leaders paysans avaient pris d&rsquo;assaut les alentours de la b&acirc;tisse de l&rsquo;Acdic sis en face du Lion&rsquo;s club &agrave; la &quot;Rue Ceper&quot; au quartier Elig-Essono &agrave; Yaound&eacute;. Dans la foule, les esprits &eacute;taient calmes m&ecirc;me si d&rsquo;aucuns s&rsquo;impatientaient de voir enfin &quot;les choses commencer &agrave; l&rsquo;heure pr&eacute;vue&quot;, c&rsquo;est-&agrave;-dire 7h30. L&rsquo;un d&rsquo;eux l&acirc;chait m&ecirc;me &agrave; notre micro &quot;je suis venu de l&rsquo;Ouest pour apporter ma contribution &agrave; cette lutte. Nous manifestons pour sauver notre agriculture, marquer notre ras-le-bol &agrave; propos des d&eacute;tournements des financements accord&eacute;s aux Gics fictifs, demander que ces financements aillent l&agrave; o&ugrave; ils devraient aller, aviser les fonctionnaires v&eacute;reux de leur responsabilit&eacute;&hellip;&quot;<\/p>\n<p><strong>Un confr&egrave;re blanc<\/strong><br \/>De contribution, il &eacute;tait question pour ces leaders de se joindre &agrave; l&rsquo;Acdic afin de porter le message de cette derni&egrave;re qui &eacute;tait un &quot;appel &agrave; la manifestation citoyenne contre les d&eacute;tournements et la corruption au Minader (Minist&egrave;re de l&rsquo;Agriculture et du d&eacute;veloppement rural Ndlr) et contre la crise du ma&iuml;s&quot;. Une crise qui puise sa source dans le fait que &quot;depuis 2006, on n&rsquo;autorise plus les importations de d&eacute;coupe de poulets congel&eacute;s au Cameroun. Et les producteurs, grands comme petits, qui avaient abandonn&eacute; leurs fermes ont repris le chemin des poulaillers (&hellip;) Mieux encore, les pouvoirs publics ont accord&eacute; deux fois des subventions aux &eacute;leveurs : 1,2 milliards et 41 millions de Fcfa pour les soutenir et les encourager &agrave; satisfaire la demande sur les march&eacute;s en qualit&eacute; et en quantit&eacute;, surtout pendant les f&ecirc;tes de fin d&rsquo;ann&eacute;e&quot;.<br \/>Et pour donner plus de profondeur &agrave; leurs messages de soutien, ils ont recouru aux pancartes. O&ugrave; ils prennent en grippe les fonctionnaires du Minader ; o&ugrave; ils r&eacute;clament plus de transparence et d&rsquo;&eacute;quit&eacute;. Ils lui demandent aussi de stopper la distraction des fonds. Bref, sur ces pancartes, ils &eacute;crivent que &quot;les fonctionnaires bouffent et les paysans &eacute;touffent.&quot; Des pancartes qui, en ce d&eacute;but de matin&eacute;e, ont &eacute;t&eacute; confin&eacute;es dans le garage de l&rsquo;enceinte de l&rsquo;Acdic o&ugrave; les rayons de soleil leur donnent plus d&rsquo;&eacute;clat. En attendant le d&eacute;but de la manifestation donc, ils d&eacute;ambulent dans l&rsquo;environnement imm&eacute;diat comme des &eacute;coliers qui attendent le coup de sifflet qui sonnera l&rsquo;hallali de la r&eacute;cr&eacute;ation.<\/p>\n<p>Cela dure jusqu&rsquo;&agrave; neuf heures lorsque le pr&eacute;sident Njonga ressort de son bureau flanqu&eacute; des commissaires du central N&deg;1. Ils y &eacute;taient depuis au moins un quart d&rsquo;heure, &agrave; l&rsquo;abri des regards. Que s&rsquo;y sont-ils dit ? Impossible de le savoir. Toujours est-il qu&rsquo;apr&egrave;s les avoir raccompagn&eacute; &agrave; leurs voitures situ&eacute;es en contrebas et de l&rsquo;autre c&ocirc;t&eacute; de cette voie qui conduit &agrave; la direction de la police, M. Njonga peut confier &agrave; la presse : &quot;je crois que chacun est l&agrave; pour faire son travail. Au cours de nos entretiens, je leur ai expliqu&eacute; le bien fond&eacute; de notre manifestation qui se veut pacifique. Il nous a seulement &eacute;t&eacute; recommand&eacute; de ne pas franchir la voie publique.&quot; Sur l&rsquo;interdiction de la manifestation, il sera plus laconique, disant que &quot;l&rsquo;interdiction est &eacute;crite et, pour l&rsquo;instant, je n&rsquo;ai rien re&ccedil;u comme document de la part des autorit&eacute;s.&quot; <br \/>Il n&rsquo;en dira alors pas plus. Convaincu sans doute de ce que la manifestation doit avoir lieu puisqu&rsquo;il faut &quot;sauver les acquis de la campagne contre les poulets congel&eacute;s import&eacute;s, soutenir les producteurs, demander la mise en &oelig;uvre du renforcement des programmes de recherche &agrave; l&rsquo;Irad (Institut des recherches agricoles pour le d&eacute;veloppement, Ndlr) sur les vari&eacute;t&eacute;s de ma&iuml;s, cr&eacute;er les centres de promotion de la ma&iuml;siculture dans les autres r&eacute;gions, accorder les subventions et les primes directes &agrave; la production&quot;.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" data-expand=\"600\" class=\"lazyload\" align=\"left\" src=\"data:image\/svg+xml;charset=utf-8,%3Csvg xmlns%3D'http%3A%2F%2Fwww.w3.org%2F2000%2Fsvg' viewBox%3D'0 0 1 1'%2F%3E\" data-src=\"http:\/\/www.quotidienmutations.info\/mutations\/images\/nono-theo.gif\" alt=\"\" \/>Quelques minutes apr&egrave;s, la foule grossie est pri&eacute;e par Bernard Njonga, &agrave; travers un m&eacute;gaphone, de rejoindre l&rsquo;int&eacute;rieur de l&rsquo;Acdic. Ici, la foule prend place en silence pendant que celui-ci continue de parlementer avec les agents des forces de l&rsquo;ordre visiblement d&eacute;termin&eacute;s &agrave; emp&ecirc;cher toute manifestation. Des &eacute;clats de voix sans cons&eacute;quence fusent m&ecirc;me. Entre temps, une haie de policiers est form&eacute;e et bloque l&rsquo;entr&eacute;e qui m&egrave;ne au quartier. Quelques habitants du coin seront surpris de subir les questions des agents qui insistent pour savoir s&rsquo;ils viennent pour la manifestation. Mais tout se passe plut&ocirc;t dans le calme, m&ecirc;me si la tension semble perceptible de part et d&rsquo;autre. Comme on peut le voir avec cette commissaire de police qui s&rsquo;agite inlassablement pour faire passer des ordres qui ne varient pas : &quot;tous les manifestants doivent regagner l&rsquo;int&eacute;rieur&quot;, vocif&egrave;re-t-elle &agrave; l&rsquo;endroit de ses oblig&eacute;s et m&ecirc;me des curieux accourus.<br \/>Au passage, le reporter de Mutations est somm&eacute; de d&eacute;guerpir des lieux par celle-l&agrave; qui pr&eacute;tend lui enseigner les cours de journalisme, surtout en ce qui concerne la couverture des &eacute;v&eacute;nements programm&eacute;s. Malgr&eacute; la t&eacute;m&eacute;rit&eacute; de ce dernier, elle n&rsquo;en d&eacute;mord pas. Demandant &agrave; ses agents de faire place nette. Pourtant, un confr&egrave;re de couleur blanche, camera au poing, filme sans &ecirc;tre inqui&eacute;t&eacute; le moins du monde. On apprendra plus tard qu&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;un journaliste de la cha&icirc;ne europ&eacute;enne Euronews.<\/p>\n<p><strong>Chants, col&egrave;re et arrestations<\/strong><br \/>Dans le ciel, le soleil brille de plus belle, m&ecirc;me si la temp&eacute;rature est encore supportable. On en est l&agrave; lorsqu&rsquo;un camion du Gmi arrive pour se garer pr&egrave;s les locaux du Lion&rsquo;s club situ&eacute; &agrave; quelques pas du lieu des manifestations. D&eacute;versant une vingtaine de policiers casqu&eacute;s qui rejoint le contingent de la m&ecirc;me taille pr&eacute;sent depuis les aurores. Ils sont tous arm&eacute;s de matraques. D&eacute;j&agrave;, les manifestants ont pris place sur la route pentue qui passe devant l&rsquo;Acdic. On entend des chants dont les paroles sont inintelligibles de loin. Une fanfare s&#8217;emploie pendant que les pancartes sont brandies. Il est 10h 20 et l&rsquo;on craint d&eacute;j&agrave; le pire. Tant des invectives et de petites &eacute;chauffour&eacute;es sont en train de na&icirc;tre entre les manifestants et les policiers. La col&egrave;re monte. Les agents du Gmi s&rsquo;avancent vers la foule en chants et l&rsquo;irr&eacute;parable survient.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" data-expand=\"600\" class=\"lazyload\" align=\"left\" src=\"data:image\/svg+xml;charset=utf-8,%3Csvg xmlns%3D'http%3A%2F%2Fwww.w3.org%2F2000%2Fsvg' viewBox%3D'0 0 1 1'%2F%3E\" data-src=\"http:\/\/www.quotidienmutations.info\/mutations\/images\/bernard_embarque.gif\" alt=\"\" \/>Echanges de parole entre les deux camps et une rixe na&icirc;t. Bernard Njonga est pris &agrave; partie et &agrave; la ceinture par les policiers qui le tra&icirc;nent vers leur camion. En descendant, deux, peut-&ecirc;tre trois, policiers se retrouvent par terre. Le leader associatif est secou&eacute; ainsi que l&rsquo;un de ses collaborateurs. La route travers&eacute;e, il lui est demand&eacute; de &quot;monter dans le camion&quot;. D&eacute;j&agrave;, d&rsquo;autres collaborateurs arrivent &agrave; la hauteur de la voiture. Et dans une brutalit&eacute; inqualifiable, Th&eacute;ophile Nono, ing&eacute;nieur agronome et leader paysan bas&eacute; &agrave; Bafoussam, est frapp&eacute; au niveau du cr&acirc;ne par une matraque. Le sang lui gicle de la t&ecirc;te et il se renverse sur la chauss&eacute;e, en proie aux douleurs qui lui arrachent des cris. Un autre leader paysan arr&ecirc;t&eacute; et qui a d&eacute;j&agrave; pris place dans le camion conna&icirc;t un sort similaire. Malgr&eacute; ses plaintes en vue d&rsquo;&ecirc;tre autoris&eacute; &agrave; aller se faire soigner, Franklin Mowha venu de Bagant&eacute; essuiera un &eacute;chec.<br \/>Dans les minutes qui suivent, le camion se met en position d&eacute;part, avec &agrave; son bord ses occupants de d&eacute;part et neuf manifestants. Direction le commissariat central n&deg;1. Dans l&rsquo;espace aussi, le reste des manifestants qui chantaient bruyamment a &eacute;t&eacute; dispers&eacute; et s&rsquo;est diss&eacute;min&eacute; dans le quartier. <\/p>\n<p>Les pancartes sont confisqu&eacute;es sans autre forme de proc&egrave;s. La circulation a aussi repris normalement. Mais les policiers continuent d&rsquo;occuper les lieux. Au cas o&ugrave;&hellip; Trois quarts d&rsquo;heure plus tard, Franklin Mowha sera autoris&eacute; &agrave; suivre des soins et rejoindra Th&eacute;ophile Nono &agrave; la &quot;Clinique du docteur Ze Meka&quot; en contrebas du si&egrave;ge de l&rsquo;Acdic. O&ugrave; il d&eacute;couvrira que son compagnon a d&eacute;j&agrave; &eacute;t&eacute; sutur&eacute; &agrave; la t&ecirc;te et a retrouv&eacute; ses esprits malgr&eacute; les filets de sang qui lui embuent encore le visage. Il lui donnera par la m&ecirc;me occasion les nouvelles de M. Njonga et des compagnons qui continuent d&rsquo;&ecirc;tre d&eacute;tenus. On apprendra tard le soir que deux autres manifestants ont &eacute;t&eacute; lib&eacute;r&eacute;s. Et que M. Njonga a &eacute;t&eacute; enferm&eacute; avec cinq autres camarades dans une cellule du commissariat central N&deg;1. O&ugrave; ils m&eacute;ditent sur la conduite &agrave; tenir au cours de la visite de l&rsquo;ambassadeur des Etats-Unis que des sources concordantes annoncent pour ce matin.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le pr&eacute;sident de l&rsquo;Acdic a pass&eacute; la nuit au commissariat central N&deg;1 en compagnie de cinq de ses membres qui voulaient manifester &agrave; leur si&egrave;ge hier. Parfait Tabapsi Bernard Njonga, le pr&eacute;sident de l&rsquo;Association citoyenne de d&eacute;fense des int&eacute;r&ecirc;ts collectifs (Acdic) n&rsquo;oubliera pas de si t&ocirc;t la journ&eacute;e d&rsquo;hier, mercredi 10 d&eacute;cembre 2008. 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