{"id":6699,"date":"2009-04-06T13:19:57","date_gmt":"2009-04-06T11:19:57","guid":{"rendered":""},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"1984","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/1984\/","title":{"rendered":"Il y a 25 ans, le coup d&rsquo;Etat manqu\u00e9"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p><strong><font color=\"#000000\">Evocation  :    Des putschistes et leurs destins<\/font><\/strong><\/p>\n<p><span class=\"13aria\"> <em><strong>Il y a 25 ans, le coup d&rsquo;Etat manqu&eacute;<\/strong><br \/>La nuit du 05 au 06 avril 1984 avait &eacute;t&eacute; bizarre pour les habitants de Yaound&eacute;. Des coups de feu inhabituels avaient perturb&eacute; leur sommeil et les avaient laiss&eacute; dans une perplexit&eacute; qui allait s&rsquo;expliquer le matin. Des douilles de balles qui venaient souvent se &quot;perdre &quot; dans la v&eacute;randa de certaines r&eacute;sidences, une musique militaire sur les ondes de &quot; radio Cameroun &quot;, puis un message lu de mani&egrave;re saccad&eacute;e qui annon&ccedil;ait la prise du pouvoir par le mouvement &quot; J&rsquo;OSE &quot;, apr&egrave;s avoir constat&eacute; l&rsquo;Etat de d&eacute;labrement du pays et &quot; la situation path&eacute;tique de l&rsquo;&eacute;tat de gestion du Cameroun &quot;.<br \/>Les appr&eacute;hensions de la nuit se confirmaient &agrave; mesure que commen&ccedil;ait l&rsquo;angoisse des lendemains incertains. <\/p>\n<p>Une longue journ&eacute;e du 06 avril d&rsquo;o&ugrave; peu d&rsquo;informations filtr&egrave;rent, en dehors de rumeurs indiquant que le coup d&rsquo;Etat n&rsquo;avait pas tout &agrave; fait r&eacute;ussi et que des soldats loyalistes appel&eacute;s en renfort de divers coins du pays, organisaient la r&eacute;sistance et allaient finir par retourner la situation, permettant au chef de l&rsquo;Etat, v&eacute;ritable miracul&eacute;, de s&rsquo;adresser &agrave; la nation au soir du 07 avril, en sa qualit&eacute; de pr&eacute;sident de la R&eacute;publique.<br \/>Tout a probablement &eacute;t&eacute; dit sur cette affaire. Des livres commis, comme celui du regrett&eacute; Henri Bandolo, La flamme et la fum&eacute;e, dont le chapitre &agrave; cet &eacute;pisode douloureux de notre histoire est path&eacute;tique. Cela fait 25 ans que ces &eacute;v&eacute;nements se sont produits. Un quart de si&egrave;cle. Occasion pour Mutations de faire une nouvelle plong&eacute;e dans l&rsquo;histoire et, surtout, s&rsquo;interroger sur ce que sont devenus quelques uns de ses acteurs.<\/em><\/p>\n<p>La tentative du coup d&rsquo;Etat de 1984 a consacr&eacute; des trajectoires divergentes aux acteurs du putsch.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" data-expand=\"600\" class=\"lazyload\" border=\"1\" align=\"left\" src=\"data:image\/svg+xml;charset=utf-8,%3Csvg xmlns%3D'http%3A%2F%2Fwww.w3.org%2F2000%2Fsvg' viewBox%3D'0 0 1 1'%2F%3E\" data-src=\"http:\/\/www.quotidienmutations.info\/images\/char.gif\" alt=\"\" \/> Cela fait bien 25 ans que des officiers de la garde r&eacute;publicaine et des &eacute;l&eacute;ments des forces de l&rsquo;ordre d&eacute;cident au regard &quot; d&rsquo;une situation de gestion path&eacute;tique de l&rsquo;Etat du Cameroun &quot;, de renverser le r&eacute;gime de Paul Biya, successeur constitutionnel d&rsquo;Ahmadou Ahidjo. Les &eacute;v&egrave;nements s&rsquo;encha&icirc;nent au petit matin du 06 avril 1984. La journ&eacute;e est sanglante. De nombreuses vies sont emport&eacute;es. Des officiers loyalistes organisent la riposte et r&eacute;ussissent &agrave; d&eacute;jouer le coup d&rsquo;Etat ourdi par des militaires dont on dit qu&rsquo;ils sont des originaires du Grand Nord Cameroun. Mais le pr&eacute;sident Biya dans son adresse &agrave; la nation relativise la port&eacute;e des accusations en indiquant que, &quot;la responsabilit&eacute; du coup d&rsquo;Etat manqu&eacute; est celle d&rsquo;une minorit&eacute; d&rsquo;ambitieux assoiff&eacute;s de pouvoir et non celle de telle ou telle province, encore moins celle des Camerounais de telle ou telle religion&hellip; &quot;<\/p>\n<p>Mais la suite des &eacute;v&egrave;nements est aux antipodes du discours pr&eacute;sidentiel. De nombreux officiers de l&rsquo;arm&eacute;e, des hauts responsables de l&rsquo;administration originaires de la partie septentrionale du Cameroun sont interpell&eacute;s. Le d&eacute;lit de facies est au menu. Des proc&egrave;s kafka&iuml;en pour ceux qui ont cette chance d&rsquo;&ecirc;tre jug&eacute;s s&rsquo;en suivent, avec des condamnations &agrave; mort en s&eacute;rie, des confiscations de biens &agrave; n&rsquo;en pas finir. Trente et deux officiers sont ainsi ex&eacute;cut&eacute;s &agrave; Mbalmayo le 1er mai 1984. Quinze jours plus tard, huit autres sont ex&eacute;cut&eacute;s &agrave; Mfou. Un sort que cinq autres subiront le 09 ao&ucirc;t 1984 &agrave; Yaound&eacute;. Nombre d&rsquo;officiers et de cadres sont aussi mis en d&eacute;tention dans des maisons d&rsquo;arr&ecirc;t. Une vingtaine d&rsquo;entre eux y trouveront la mort, du fait des conditions de d&eacute;tention insupportables.<\/p>\n<p><strong>Cauchemar <\/strong><br \/>Et ce n&rsquo;est que le 17 janvier 1991, qu&rsquo;une loi d&rsquo;amnistie des &quot;putschistes&quot; est promulgu&eacute;e par le Chef de l&rsquo;Etat. Des certificats de lev&eacute;e d&rsquo;&eacute;crou sont remis &agrave; tous les d&eacute;tenus de la tentative de coup d&rsquo;Etat. Commence alors pour ces nombreux cadres, une nouvelle vie. Celle de la reconstruction apr&egrave;s pr&egrave;s de huit ans de d&eacute;tention dans une ambiance de grande grande.<br \/>Bouba Sambo, commissaire de police &agrave; la retraite et qui a fait partie des amnisti&eacute;s confie que &quot; lorsque je suis sorti de prison. Je ne savais pas o&ugrave; aller. Puisqu&rsquo;&agrave; Wum o&ugrave; j&rsquo;&eacute;tais en poste au moment de mon arrestation, ma maison avait &eacute;t&eacute; mise &agrave; sac. Je suis rentr&eacute; sur Garoua, d&rsquo;o&ugrave; je suis originaire. Et j&rsquo;ai eu de la peine &agrave; reconna&icirc;tre mes enfants. Eux-m&ecirc;mes ne me reconnaissaient plus. C&rsquo;&eacute;tait path&eacute;tique. Mais avec le temps, on a essay&eacute; de nous ajuster.&quot; Comme lui, nombreux sont ceux qui ont eu de la peine &agrave; r&eacute;int&eacute;grer leur environnement familial. Faute d&rsquo;avoir donn&eacute; des nouvelles pour certains, les &eacute;pouses se sont remari&eacute;es&hellip; Un v&eacute;ritable cauchemar pour ces personnes qui disent n&rsquo;avoir servi que la R&eacute;publique et qui sont malheureusement oblig&eacute;s de colmater les br&egrave;ches pour se refaire une vie.<\/p>\n<p>A ces nombreuses familles d&eacute;structur&eacute;es du fait d&rsquo;une s&eacute;paration brusque, il a fallu g&eacute;rer l&rsquo;insertion dans la soci&eacute;t&eacute; ainsi que commente fort opportun&eacute;ment Boubakari Bello inspecteur de police au moment de son arrestation ; devenu aujourd&rsquo;hui homme d&rsquo;affaires prosp&egrave;re &agrave; Maroua. Le r&eacute;cit de ces mutations est &agrave; tout le moins d&eacute;tonnant. Dans ce contexte, nombre de &quot;putschistes&quot;, pour sauver leur avenir d&eacute;cident de s&rsquo;incruster dans le monde des affaires, avec pour la plupart un heureux &eacute;pilogue.<br \/>Pour quelques uns, l&rsquo;aubaine d&rsquo;une r&eacute;int&eacute;gration &eacute;tait un pain b&eacute;ni pour ces cadres rest&eacute;s sans horizons. Quatorze officiers devraient selon la loi d&rsquo;amnistie r&eacute;int&eacute;grer l&rsquo;arm&eacute;e camerounaise. Un privil&egrave;ge que n&rsquo;ont finalement eu que les colonels Ngoura Belladji, Ousmanou Daouda et le chef d&rsquo;escadron Abdoulaye Massel. Les autres ayant &eacute;t&eacute; mis r&eacute;troactivement &agrave; la retraite seulement en 2000, sans reconstitution de leurs carri&egrave;res. Bouba Sambo, officier de police a pour sa part, a &eacute;t&eacute; r&eacute;int&eacute;gr&eacute; dans les cadres de la police nationale. Alors m&ecirc;me que faute d&rsquo;avoir une activit&eacute; p&eacute;renne, il s&rsquo;&eacute;tait engag&eacute; en 1992 dans les rangs de l&rsquo;Union nationale pour la d&eacute;mocratie et le progr&egrave;s. Une formation politique qu&rsquo;il est contraint de quitter en 1996, lorsqu&rsquo;il est rappel&eacute; pour servir au GMI du Nord. <\/p>\n<p><strong>Frustrations <\/strong><br \/>L&rsquo;engagement politique est somme toute une passerelle pour plusieurs d&rsquo;entre eux. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;ils participent &agrave; la gestation de plusieurs formations politiques. Ils se muent ainsi en tribuns, en z&eacute;lateurs de la haine contre le pr&eacute;sident Biya, du moins au d&eacute;but des ann&eacute;es 1990. Ce d&rsquo;autant que pour la plupart aujourd&rsquo;hui, ils ont rejoint les rangs du parti le Rdpc. Une posture que n&rsquo;ont pas adopt&eacute;e de nombreuses personnes rest&eacute;es dans l&rsquo;anonymat depuis leur sortie de prison en 1991. L&rsquo;&eacute;treinte des familles affect&eacute;es par ces &eacute;v&egrave;nements est vraisemblablement loin d&rsquo;avoir &eacute;t&eacute; restaur&eacute;, en d&eacute;pit des initiatives d&rsquo;ouverture faites par le gouvernement. Les frustrations entretenues, les s&eacute;quelles ind&eacute;l&eacute;biles permettent-elles aujourd&rsquo;hui de tourner la page de cet &eacute;pisode tragique de l&rsquo;histoire de notre pays ? Dakol&eacute; Da&iuml;ssala qui a &eacute;t&eacute; fait prisonnier indique que, &quot;l&rsquo;histoire d&rsquo;une nation est g&eacute;n&eacute;ralement un tissu de malheurs subis ou surmont&eacute;s. Dans ce cadre triomphent royalement les nations qui les surmontent et tombent dans la d&eacute;cadence toutes celles qui les subissent sans volont&eacute; d&rsquo;aboutir et d&rsquo;avenir.&quot; A-t-on donc suffisamment tir&eacute; les le&ccedil;ons de ce nuage sombre de l&rsquo;histoire du Cameroun ? Les protagonistes ont-ils tir&eacute; un trait sur cette affaire ?<\/p>\n<p><em>Dieudonn&eacute; Ga&iuml;ba&iuml;<\/em> <\/span>  <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Evocation : Des putschistes et leurs destins Il y a 25 ans, le coup d&rsquo;Etat manqu&eacute;La nuit du 05 au 06 avril 1984 avait &eacute;t&eacute; bizarre pour les habitants de Yaound&eacute;. Des coups de feu inhabituels avaient perturb&eacute; leur sommeil et les avaient laiss&eacute; dans une perplexit&eacute; qui allait s&rsquo;expliquer le matin. 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