{"id":6733,"date":"2009-04-27T19:42:31","date_gmt":"2009-04-27T17:42:31","guid":{"rendered":""},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"2018","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/2018\/","title":{"rendered":"Jean Pierre Biyiti Bi Essam ; \u201c La proc\u00e9dure judiciaire contre moi n\u2019est pas encore d\u00e9clench\u00e9e \u201d"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p class=\"surtitre\">Jean Pierre Biyiti Bi Essam, ministre de la Communication <\/p>\n<p class=\"texte\" align=\"justify\"><span class=\"Style3\"><span class=\"Style32 Style43\"><em><\/em><\/span><\/p>\n<p>Le ministre de la Communication, Jean Pierre Biyiti Bi Essam est au-devant de l&rsquo;actualit&eacute; depuis la r&eacute;cente visite du Pape Beno&icirc;t XVI au Cameroun du 17 au 20 mars dernier. Apr&egrave;s plusieurs articles parus dans la presse d&eacute;voilant une gestion peu orthodoxe des fonds allou&eacute;s par la pr&eacute;sidence de la R&eacute;publique pour la couverture m&eacute;diatique de ce grand &eacute;v&eacute;nement, il a &eacute;t&eacute; entendu jeudi dernier chez le procureur de la R&eacute;publique pr&egrave;s le Tribunal de grande instance de Yaound&eacute;. Il d&eacute;f&eacute;rait ainsi &agrave; une convocation de la police judiciaire. Son audition aurait dur&eacute; trois bonnes heures d&rsquo;horloge. Il &eacute;tait appel&eacute; &agrave; r&eacute;pondre de la gestion de ces fonds, dont une partie, 130 millions Fcfa, a &eacute;t&eacute; vir&eacute;e dans son compte personnel &agrave; la Soci&eacute;t&eacute; g&eacute;n&eacute;rale des Banques du Cameroun. Ce qui est interdit par la loi. Du coup, des soup&ccedil;ons de d&eacute;tournement p&egrave;sent sur le Mincom, et certains de ses collaborateurs qui sont intervenus dans cette op&eacute;ration. Beaucoup parmi eux ont &eacute;galement &eacute;t&eacute; entendus &agrave; la police judiciaire, o&ugrave; ils ont &eacute;t&eacute; appel&eacute;s &agrave; expliquer cet acte qualifi&eacute; de d&eacute;lictuel. Mais pour Jean Pierre Biyiti Bi Essam, que nous avons rencontr&eacute; hier, &agrave; sa r&eacute;sidence du Camp Sic Mendong, il s&rsquo;agit juste d&rsquo;une faute de gestion. Il attribue la cabale actuelle &agrave; ses d&eacute;tracteurs qui seraient oppos&eacute;s &agrave; sa gestion par trop rigoureuse des activit&eacute;s du minist&egrave;re. Il &eacute;voque le climat actuel au Mincom, l&egrave;ve un pan de voile sur sa personne. De m&ecirc;me qu&rsquo;il r&eacute;sume sa feuille de route pour 2009, qu&rsquo;il entend r&eacute;aliser si le chef de l&rsquo;Etat lui renouvelle sa haute confiance, en d&eacute;pit du mauvais vent qui souffle autour de lui actuellement. <\/p>\n<p><strong>Monsieur le ministre, vous habitez le camp Sic Mendong, dans un cadre &eacute;troit et modeste. Est-ce digne d&rsquo;une R&eacute;publique ?<\/strong><br \/>Il n&rsquo;y a pas de mal &agrave; cela. Je suis arriv&eacute; ici il y a une vingtaine d&rsquo;ann&eacute;es. Et je me plais toujours &agrave; dire que lorsqu&rsquo;il y&rsquo;aura un maire &agrave; Mendong, je serai le premier &agrave; l&rsquo;&ecirc;tre. Je suis arriv&eacute; ici en 1990. Il n&rsquo;y avait pas encore grand monde dans ce quartier. Dans le grand immeuble d&rsquo;en face, il n&rsquo;y avait m&ecirc;me pas un chat. Votre question se pose effectivement par d&rsquo;autres personnes. Deux semaines apr&egrave;s mon entr&eacute;e au gouvernement, on a dit &agrave; mon &eacute;pouse &agrave; la sortie du culte qu&rsquo;on a appris que nous habitons d&eacute;j&agrave; Bastos. Mon &eacute;pouse a rassur&eacute; son interlocuteur, en lui disant que nous sommes toujours &agrave; Mendong. Je n&rsquo;ai pas voulu que ma fonction de ministre me change. J&rsquo;ai gard&eacute; tous mes num&eacute;ros de t&eacute;l&eacute;phone. Je ne peux pas fuir le peuple. Au contraire, je dois rester parmi ce peuple pour le sentir. Parce que je suis &agrave; son service.<\/p>\n<p><strong>Vous &ecirc;tes au devant de la sc&egrave;ne &agrave; cause d&rsquo;une affaire de gestion des fonds allou&eacute;s par la pr&eacute;sidence de la R&eacute;publique pour la couverture m&eacute;diatique de la r&eacute;cente visite du Pape au Cameroun. Il y a eu beaucoup de contradictions et de pol&eacute;miques sur le montant total de ces fonds. Quelle &eacute;tait la somme exacte de l&rsquo;enveloppe re&ccedil;ue par vos services et quel usage en avez-vous fait ?<\/strong><br \/>Je ne sais pas pourquoi on tient compte de tous ces montants que des gens non qualifi&eacute;s balancent dans la presse depuis si longtemps. La premi&egrave;re fois que la question m&rsquo;a &eacute;t&eacute; pos&eacute;e, c&rsquo;&eacute;tait au cours d&rsquo;une &eacute;mission &agrave; Canal 2, lorsque j&rsquo;&eacute;tais en tourn&eacute;e &agrave; Douala. J&rsquo;ai dit et je le r&eacute;p&egrave;te, que le chef de l&rsquo;Etat a ordonn&eacute; le d&eacute;blocage de 770 (sept cent soixante dix) millions Fcfa pour la pr&eacute;paration de la couverture de la visite du Pape au Cameroun. Cet argent est parvenu en quatre tranches au ministre de la Communication que je suis, et qui devait le r&eacute;partir. La premi&egrave;re tranche est arriv&eacute;e jeudi 26 f&eacute;vrier 2009 en milieu d&rsquo;apr&egrave;s-midi. C&rsquo;&eacute;tait 250 millions Fcfa, qui me sont arriv&eacute;s dans un sac port&eacute; par deux ou trois gaillards. La deuxi&egrave;me tranche, toujours de 250 millions Fcfa, est arriv&eacute;e le lendemain. La troisi&egrave;me tranche, 200 millions Fcfa, est arriv&eacute;e le 4 mars 2009. La quatri&egrave;me et derni&egrave;re tranche, exclusivement consacr&eacute;e &agrave; la location des &eacute;crans g&eacute;ants, est arriv&eacute;e une semaine avant l&rsquo;arriv&eacute;e du Pape. C&rsquo;est-&agrave;-dire le 10 mars. Elle &eacute;tait de 70 millions Fcfa. Lorsqu&rsquo;on fait le total, on est &agrave; 770 Fcfa millions.<\/p>\n<p><strong>Comment avez-vous r&eacute;parti cet argent ?<\/strong><br \/>La Crtv a re&ccedil;u 450 millions Fcfa. La Camtel qui devait nous aider au niveau de l&rsquo;apport de la fibre optique a re&ccedil;u 140 millions Fcfa. La Sopecam, soci&eacute;t&eacute; &eacute;ditrice de Cameroon Tribune, a re&ccedil;u 40 millions Fcfa. Le minist&egrave;re de la Communication a re&ccedil;u 140 millions Fcfa dont les 70 millions Fcfa que je signalais tout &agrave; l&rsquo;heure, et qui constitue la cagnotte r&eacute;serv&eacute;e &agrave; la location des &eacute;crans g&eacute;ants. Voil&agrave;, il n&rsquo;y a pas d&rsquo;autre v&eacute;rit&eacute;. La v&eacute;rit&eacute; de ce chiffre ne peut sortir que de ma bouche. Je l&rsquo;ai d&eacute;j&agrave; sortie mille et une fois, mais on revient toujours sur la m&ecirc;me question. <\/p>\n<p><strong>On constate que la presse dite priv&eacute;e n&rsquo;a rien re&ccedil;u de ces fonds pourtant destin&eacute;s &agrave; la couverture m&eacute;diatique de la visite papale. Doit-on comprendre que cette presse n&rsquo;est pas prise en consid&eacute;ration par celui qui a ordonn&eacute; le d&eacute;blocage de cette allocation sp&eacute;ciale, et par vous-m&ecirc;me, ministre de la Communication ?<\/strong><br \/>Ce qui a &eacute;t&eacute; fait avec ces fonds a servi aussi bien &agrave; la presse &agrave; capitaux priv&eacute;s qu&rsquo;&agrave; la presse &agrave; capitaux publics. Le centre de presse public n&rsquo;&eacute;tait pas interdit &agrave; la presse priv&eacute;e. Au contraire ! Le d&icirc;ner de presse &eacute;tait ouvert &agrave; tous les m&eacute;dias. Je dirai m&ecirc;me que le Cameroun tout entier en a profit&eacute;. J&rsquo;entends certaines langues dire que la visite du Pape nous a co&ucirc;t&eacute; trop cher. Quand vous recevez quelqu&rsquo;un, vous fa&icirc;tes quand m&ecirc;me attention. Vous voyez si vous n&rsquo;avez pas des verres d&eacute;pareill&eacute;s, etc. Et quand vous achetez ces verres, votre invit&eacute; ne va pas les emporter avec lui &agrave; la fin de la visite. &Ccedil;a reste votre patrimoine. <\/p>\n<p><strong>Revenons en aux m&eacute;dias &agrave; capitaux priv&eacute;s qui ont &eacute;t&eacute; l&eacute;s&eacute;s dans votre r&eacute;partition. Pourquoi n&rsquo;ont-ils pas aussi b&eacute;n&eacute;fici&eacute; de l&rsquo;argent en esp&egrave;ces, au m&ecirc;me titre que les m&eacute;dias &agrave; capitaux publics, pour assurer une couverture optimale de cet &eacute;v&eacute;nement d&rsquo;envergure ? Pensez-vous qu&rsquo;ils n&rsquo;en avaient pas besoin ?<\/strong><br \/>Ce que je dois vous dire, c&rsquo;est que &agrave; cette &eacute;poque, nous avions beaucoup de mal d&eacute;j&agrave;&hellip;Vous vous rendez compte que c&rsquo;est le 26 f&eacute;vrier que la premi&egrave;re tranche est arriv&eacute;e. Cela se passe un mois de f&eacute;vrier d&rsquo;une ann&eacute;e qui n&rsquo;est pas bissextile. C&rsquo;est-&agrave;-dire que ce mois n&rsquo;a que 28 jours. Donc, on &eacute;tait tr&egrave;s en retard. Cela dit, j&rsquo;ai d&eacute;j&agrave; fait mon mea culpa &agrave; la presse &agrave; capitaux priv&eacute;s, en lui expliquant que dans quelques jours, nous allons encore distribuer l&rsquo;aide &agrave; la presse priv&eacute;e. J&rsquo;ai mis la pression sur mes collaborateurs pour mettre en route ce dossier-l&agrave;. <\/p>\n<p>On aimerait quand m&ecirc;me savoir si vous avez tenu compte des besoins de cette presse priv&eacute;e dans le budget de couverture que vous avez soumis &agrave; la pr&eacute;sidence de la R&eacute;publique et qui a abouti au d&eacute;blocage des fonds querell&eacute;s. <br \/>Absolument. Mais ce que j&rsquo;ai demand&eacute;, je ne l&rsquo;ai pas obtenu. En plus, ce que j&rsquo;ai re&ccedil;u est arriv&eacute;, au compte goutte, &agrave; la derni&egrave;re minute. <\/p>\n<p><strong>Si ce n&rsquo;est pas indiscret, peut-on savoir combien vous avez demand&eacute; pour la couverture m&eacute;diatique de la visite papale, et quelle proportion vous entendiez r&eacute;server aux m&eacute;dias &agrave; capitaux priv&eacute;s ?<\/strong><br \/>J&rsquo;ai demand&eacute; un milliard Fcfa. S&rsquo;agissant de la part de la presse priv&eacute;e, je dirais que ce d&eacute;bat est derri&egrave;re nous et il serait inutile d&rsquo;en reparler. Nous en tirons toutes les le&ccedil;ons possibles. Regardons devant nous. Mais je dis &agrave; la presse publique et priv&eacute;e que je suis votre tuteur. J&rsquo;ai aussi des griefs vis-&agrave;-vis de vous. La fa&ccedil;on dont vous me traitez ne montre pas que vous me consid&eacute;rez comme votre tuteur. Vous me traitez avec une brutalit&eacute; inimaginable. Jamais dans ce pays, je n&rsquo;ai vu une campagne de presse de cette nature contre un ministre en exercice. Et c&rsquo;est votre ministre que vous jetez en p&acirc;ture comme &ccedil;a, pour des faits non av&eacute;r&eacute;s. <\/p>\n<p><strong>Il se trouve pourtant que vous avez fait d&eacute;poser 130 millions des 140 millions Fcfa que vous avez r&eacute;serv&eacute;s au minist&egrave;re de la Communication dans votre compte personnel &agrave; la Sgbc. Ce qui est condamn&eacute; par la loi. D&rsquo;o&ugrave; le soup&ccedil;on de d&eacute;tournement de fonds publics qui p&egrave;se sur vous. Comment en &ecirc;tes-vous arriv&eacute; l&agrave; ?<\/strong><br \/>Je vous refais le film de l&rsquo;op&eacute;ration. Nous sommes le 26 f&eacute;vrier 2009. Dans la matin&eacute;e, je participe &agrave; un Conseil de cabinet pr&eacute;sid&eacute; par le Premier ministre, chef du gouvernement. Le principal sujet &agrave; l&rsquo;ordre du jour, c&rsquo;est l&rsquo;ins&eacute;curit&eacute; dans les &eacute;difices publics. A cette &eacute;poque, on venait d&rsquo;assister au cambriolage op&eacute;r&eacute; &agrave; la D&eacute;l&eacute;gation g&eacute;n&eacute;rale &agrave; la S&ucirc;ret&eacute; nationale, qui est un &eacute;difice gard&eacute; par la police. On venait aussi d&rsquo;assister &agrave; un cambriolage au minist&egrave;re de la D&eacute;fense. Et le gouvernement s&rsquo;est donc r&eacute;uni autour de ces probl&egrave;mes d&rsquo;ins&eacute;curit&eacute; dans les &eacute;difices publics. Dans l&rsquo;apr&egrave;s-midi de ce jour-l&agrave;, j&rsquo;attendais un ch&eacute;quier du tr&eacute;sor, avec lequel je devais tirer des ch&egrave;ques &agrave; remettre aux diff&eacute;rents acteurs, les m&eacute;dias publics, Camtel et autres. Au lieu de ce ch&eacute;quier du tr&eacute;sor, c&rsquo;est un sac d&rsquo;argent contenant 250 millions Fcfa, que trois gaillards font entrer dans mon bureau. Nous sommes en fin d&rsquo;apr&egrave;s-midi du jeudi, 26 f&eacute;vrier 2009. Qu&rsquo;est-ce que je fais ? J&rsquo;appelle ceux qui ont une part dans cet argent, c&rsquo;est-&agrave;-dire, la Crtv, la Camtel et la Sopecam, de venir rapidement. Cet argent n&rsquo;a pas s&eacute;journ&eacute; plus de 30 minutes dans mon bureau. J&rsquo;ai d&rsquo;ailleurs demand&eacute; &agrave; mes collaborateurs qui me l&rsquo;ont apport&eacute;, si on les a vus entrer dans mon bureau avec un sac aussi gros. A titre anecdotique, le ministre d&eacute;l&eacute;gu&eacute; aux Finances m&rsquo;a pass&eacute; un coup de fil pour s&rsquo;assurer que cet argent m&rsquo;est parvenu. Puis il m&rsquo;a dit : &ldquo; Tu vois donc que, quand les gens disent qu&rsquo;on a mis un milliard dans la malle arri&egrave;re d&rsquo;une voiture, ce n&rsquo;est pas tout &agrave; fait &ccedil;a &rdquo;. &Ccedil;a dit ce que &ccedil;a dit. Mais moi, je suis paniqu&eacute;, dans le contexte que je vous ai d&eacute;crit, par tant d&rsquo;argent dans mon bureau. Ma volont&eacute; est de faire sortir cet argent rapidement, et de le s&eacute;curiser. Pour la partie de cet argent qui doit &ecirc;tre g&eacute;r&eacute;e par le minist&egrave;re de la Communication, je me demande o&ugrave; je dois la garder. J&rsquo;appelle mon banquier, qui s&rsquo;appelle M. Hamidou. C&rsquo;est le responsable adjoint de la Sgbc March&eacute;. Chacun peut aller le voir pour v&eacute;rifier mes d&eacute;clarations. Je lui ai dit de me trouver un coffre-fort avec deux cl&eacute;s, dont l&rsquo;une pour mon Dag, et l&rsquo;autre pour eux l&agrave;-bas &agrave; la banque. Ainsi, on pourra s&eacute;curiser les 70 millions Fcfa qu&rsquo;on venait de m&rsquo;apporter. Il me r&eacute;pond que la Sgbc n&rsquo;offre pas ce service-l&agrave;. Cette banque a l&rsquo;avantage de se situer non loin de mon cabinet minist&eacute;riel. Il me propose de mettre cet argent dans mon compte bancaire, &agrave; condition que je lui en dise l&rsquo;origine et la destination. L&agrave;, il est question d&rsquo;en apporter les justificatifs. <\/p>\n<p><strong>En dehors de votre compte personnel, n&rsquo;y avait-il pas possibilit&eacute; de virer cet argent dans un compte neutre, &agrave; d&eacute;faut de celui du minist&egrave;re de la Communication?<\/strong><br \/>J&rsquo;en profite pour rappeler aux Camerounais que depuis 2005, il est interdit aux d&eacute;partements minist&eacute;riels d&rsquo;ouvrir des comptes dans les banques commerciales. Je suis bien plac&eacute; pour le savoir parce que j&rsquo;&eacute;tais secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral de minist&egrave;re &agrave; cette &eacute;poque-l&agrave;. Alors, o&ugrave; diable voulait-on que j&rsquo;aille mettre cet argent-l&agrave; ? Si je voulais le d&eacute;tourner, je serais all&eacute; cacher cet argent chez moi au village. Est-ce que la seule fa&ccedil;on de d&eacute;tourner de l&rsquo;argent, c&rsquo;est d&rsquo;aller le mettre &agrave; la banque ? Et, ce n&rsquo;est m&ecirc;me pas moi qui ai effectu&eacute; cette op&eacute;ration. J&rsquo;ai envoy&eacute; mon directeur des affaires g&eacute;n&eacute;rales, madame Ndzi&eacute; Chantal qui s&rsquo;occupe des affaires financi&egrave;res. A ce moment-l&agrave;, la difficult&eacute; que j&rsquo;ai est la suivante : la lettre qui accompagne cet argent n&rsquo;est pas encore dans mes services. Je le fais savoir au banquier qui me r&eacute;pond que je justifierai plus tard. Je lui dis, je te donne ma parole d&rsquo;honneur, que c&rsquo;est de l&rsquo;argent qui va servir au Pape. La mention qui est mise sur le bordereau de versement, c&rsquo;est &ldquo; versement par lui-m&ecirc;me &rdquo;. Pourquoi ? Parce qu&rsquo;il sait que je vais justifier, mais je ne l&rsquo;ai pas encore fait. Le seul patron du banquier, c&rsquo;est Thomas. Il veut voir de ses yeux les justificatifs avant de mettre autre chose. Et quand vous voyez le deuxi&egrave;me versement [60 millions de Cfa, Ndlr] qui intervient le 10 mars, il est mentionn&eacute; &ldquo; versement pour l&rsquo;arriv&eacute;e du Pape &rdquo;. C&rsquo;est &eacute;crit. Je vais le publier. D&rsquo;ailleurs, j&rsquo;ai d&eacute;cid&eacute; de publier mes relev&eacute;s bancaires. Les gens cassent la t&ecirc;te aux Camerounais pour une affaire qui n&rsquo;en est pas une. <\/p>\n<p>Ce qui suscite tous ces commentaires, c&rsquo;est d&eacute;j&agrave; le fait de mettre de l&rsquo;argent public dans un compte priv&eacute;. C&rsquo;est un d&eacute;lit ! <br \/>J&rsquo;ai mis de l&rsquo;argent public dans un compte priv&eacute; ? Oui ! Mais cet argent public dans mon compte priv&eacute; porte la marque p&eacute;remptoire que c&rsquo;est de l&rsquo;argent public, parce que c&rsquo;est &eacute;crit, &ldquo; versement pour l&rsquo;arriv&eacute;e du Pape &rdquo;. &Ccedil;a veut dire quoi ? S&rsquo;il arrivait que je meure ce jour-l&agrave;, mes ayants-droit n&rsquo;auraient pas pu r&eacute;cup&eacute;rer cet argent. Ils auraient eu &agrave; en expliquer la provenance.<\/p>\n<p><strong>Cet argument n&rsquo;est pas valable pour la premi&egrave;re partie du versement qui portait provisoirement la mention &ldquo; versement par moi-m&ecirc;me &rdquo; ! <\/strong><br \/>Pas du tout ! Parce que j&rsquo;avais promis les justificatifs au banquier qui les attendait. Depuis un certain nombre d&rsquo;ann&eacute;es, il est impossible de mettre plus de 5 millions Fcfa &agrave; la banque sans en justifier l&rsquo;origine. Donc, le banquier savait que je venais avec les justificatifs. Et, verbalement, je lui avais d&eacute;j&agrave; dit d&rsquo;o&ugrave; venait cet argent et &agrave; quoi cela allait servir.<\/p>\n<p>Peut-on savoir comment vous avez utilis&eacute; ces 130 millions Fcfa vir&eacute;s dans votre compte ?<br \/>J&rsquo;ai le compte d&rsquo;emploi que vous pouvez consulter si vous le voulez.<\/p>\n<p><strong>Avec pratiquement la moiti&eacute; de cet argent, vous aurez accord&eacute; un march&eacute; de livraison des &eacute;crans g&eacute;ants &agrave; une soci&eacute;t&eacute; gabonaise. Mais pour beaucoup, il s&rsquo;agirait d&rsquo;une soci&eacute;t&eacute; fictive. Car, dans le m&ecirc;me temps, une soci&eacute;t&eacute; camerounaise affirme avoir gagn&eacute; ce march&eacute;, pour un montant d&eacute;risoire ; tr&egrave;s en de&ccedil;&agrave; de la somme qui est avanc&eacute;e par vos collaborateurs, qui auraient fait de la surfacturation, avec votre complicit&eacute;. Qui a finalement gagn&eacute; le march&eacute; des &eacute;crans g&eacute;ants et pour quel montant ?<\/strong><br \/>J&rsquo;ai lu dans un journal la photocopie d&rsquo;une facture, d&rsquo;une certaine soci&eacute;t&eacute; de droit camerounais [Gic Afric Images, dirig&eacute; par un Camerounais du nom de Jo&euml;l Ewonde, Ndlr]. Cela n&rsquo;a rien &agrave; y voir. L&agrave; &eacute;galement, je vais publier mes correspondances avec ma hi&eacute;rarchie, relatives &agrave; ces &eacute;crans g&eacute;ants. Vous verrez que le 7 mars 2009, j&rsquo;ai &eacute;crit &agrave; ma hi&eacute;rarchie pour lui faire part des n&eacute;gociations avec la firme allemande CI Vid&eacute;o Rental Gmbh, qui est pr&ecirc;te &agrave; nous placer deux &eacute;crans g&eacute;ants contre 350 912 000 Fcfa. Je trouve le chiffre assez fort. Mais, c&rsquo;est la derni&egrave;re proposition des Allemands. Quelques jours apr&egrave;s, par l&rsquo;entremise de l&rsquo;une de mes connaissances, l&rsquo;artiste Seba Georges (maintenant, je suis pr&ecirc;t &agrave; me d&eacute;v&ecirc;tir, parce que les gens disent trop de b&ecirc;tises sur Biyiti), me dit qu&rsquo;&agrave; Libreville, il y a une soci&eacute;t&eacute; qui fait dans la location de la sonorisation et des &eacute;crans g&eacute;ants. Je vais t&rsquo;aider &agrave; entrer en contact avec eux. Et il appelle effectivement un monsieur Manyanga avec qui j&rsquo;entre en contact. Et ce monsieur Manyanga me dit qu&rsquo;il peut me fournir 4 &eacute;crans g&eacute;ants &agrave; 70 millions Fcfa tout compris, et m&ecirc;me le transport par avion. Nous sommes &agrave; une semaine de l&rsquo;arriv&eacute;e du Pape. Il faut faire vite. Les gens ne se repr&eacute;sentent pas le contexte dans l&rsquo;obligation de r&eacute;sultat. C&rsquo;est la guerre. Je dois la gagner. J&rsquo;&eacute;cris donc &agrave; ma hi&eacute;rarchie le 9 mars pour lui pr&eacute;senter cette proposition qui vient du Gabon, et qui est tr&egrave;s abordable. D&rsquo;autant plus que le Gabon n&rsquo;est pas tr&egrave;s loin, par rapport aux &eacute;crans qui viendraient d&rsquo;Allemagne. Et M. Manyanga exige 50% de son d&ucirc; pour s&rsquo;engager. L&rsquo;argent est disponible dans mon compte. Je consulte mon banquier pour lui faire un transfert d&rsquo;argent. Il me pr&eacute;sente les formalit&eacute;s &agrave; remplir et je constate que je ne peux pas y arriver. Monsieur Manyanga est dispos&eacute; &agrave; venir chercher son argent ici au Cameroun. Mais les 50% qu&rsquo;il exige, repr&eacute;sentent 35 millions Fcfa, c&rsquo;est beaucoup d&rsquo;argent. J&rsquo;appelle l&rsquo;ambassadeur du Cameroun au Gabon, qui me d&eacute;conseille cette d&eacute;marche consistant &agrave; donner de l&rsquo;argent &agrave; quelqu&rsquo;un dont je ne connais pas la soci&eacute;t&eacute;. Il me demande de mettre un de mes collaborateurs en mission au Gabon pour voir sur place ce que fait cette soci&eacute;t&eacute;. J&rsquo;envisage donc une op&eacute;ration kamikaze. C&rsquo;est-&agrave;-dire, on prend de l&rsquo;argent dans un sac, on apporte &ccedil;a chez ces gens l&agrave; ; ils nous mettent les &eacute;crans g&eacute;ants dans l&rsquo;avion et on en finit. <\/p>\n<p><strong>Le collaborateur que vous choisissez pour cette mission n&rsquo;aurait pas le profil, selon certains cadres de votre minist&egrave;re, qui estiment que vous avez fait confiance &agrave; quelqu&rsquo;un que vous pouvez facilement manipuler et embarquer dans des transactions pas transparentes. Qu&rsquo;en dites-vous ?<\/strong><br \/>Quand l&rsquo;ambassadeur me demande de lui donner le nom de mon collaborateur qui arrive au Gabon pour cette mission-l&agrave;, je pense d&rsquo;abord &agrave; Monsieur Kaptch&eacute; Simo, qui est le chef de service du budget, et donc, habitu&eacute; aux affaires d&rsquo;argent. Mais celui-ci n&rsquo;a pas de passeport. J&rsquo;ai un autre collaborateur, un gars tr&egrave;s s&eacute;rieux, Coco Simo &agrave; qui je confie cette mission, puisqu&rsquo;il a un passeport valide. Pour faire vite, l&rsquo;ambassadeur du Cameroun au Gabon lui ach&egrave;te un billet d&rsquo;avion en pr&eacute;paid. Quant &agrave; moi, je vais prendre 35 millions Fcfa &agrave; la banque. On peut suivre &ccedil;a &agrave; la trace sur mon compte bancaire. Etant donn&eacute; que ce voyage n&rsquo;&eacute;tait pas pr&eacute;vu dans le budget, je demande &agrave; mon directeur des affaires g&eacute;n&eacute;rales de prendre sur une caisse d&rsquo;avance, je crois de la m&eacute;diascopie, 500 mille Fcfa et de les donner &agrave; M. Coco comme frais de mission ; de lui remettre ensuite 240 mille Fcfa pour le remboursement du billet d&rsquo;avion &agrave; l&rsquo;ambassadeur du Cameroun &agrave; Libreville ; de donner 100 mille Fcfa &agrave; mon chauffeur parce que j&rsquo;ai mis ma propre voiture en route ; de donner 100 mille Fcfa &agrave; mon garde de corps. Tout cela constitue les frais de missions et j&rsquo;y ajoute les frais de risques. Je lui demande aussi de d&eacute;bloquer 60 mille Fcfa comme forfait carburant. C&rsquo;est ainsi que dans la soir&eacute;e, la voiture prend la route de Douala o&ugrave; le d&eacute;part du vol &eacute;tait pr&eacute;vu. Et quelques jours apr&egrave;s, les &eacute;crans g&eacute;ants &eacute;taient d&eacute;barqu&eacute;s &agrave; l&rsquo;a&eacute;roport. Ensuite, j&rsquo;ai d&eacute;livr&eacute; 14 accr&eacute;ditations aux techniciens gabonais conduits par M. Manyanga lui-m&ecirc;me. J&rsquo;ai demand&eacute; ces accr&eacute;ditations le 14 mars 2009 &agrave; ma hi&eacute;rarchie, pour qu&rsquo;ils puissent faire sereinement leur travail qui s&rsquo;est achev&eacute; le 20 mars 2009. Ce jour l&agrave;, M. Manyanga a per&ccedil;u son reliquat de 35 millions Fcfa. Lors de la d&eacute;charge, j&rsquo;exige qu&rsquo;il me laisse la photocopie de son passeport. Ce qu&rsquo;il fait. Voil&agrave; donc comment j&rsquo;ai g&eacute;r&eacute; cet argent. Mais &agrave; &eacute;couter ce qu&rsquo;on raconte &agrave; propos, je n&rsquo;en crois pas mes oreilles.<\/p>\n<p><strong>Vous avez &eacute;t&eacute; auditionn&eacute; par le directeur de la police judiciaire &agrave; Yaound&eacute; et par le procureur de la R&eacute;publique pr&egrave;s le tribunal de grande instance du Mfoundi. Que vous reproche-t-on ?<\/strong><br \/>On me demande pourquoi j&rsquo;ai mis de l&rsquo;argent public dans un compte priv&eacute;. Et j&rsquo;explique. C&rsquo;est la principale question jusque-l&agrave;. Mais je voudrais retourner cette question &agrave; mes accusateurs, dites-moi o&ugrave; je devais mettre cet argent ? Vous vouliez que je mette cet argent chez moi &agrave; Mendong, qui n&rsquo;est pas suffisamment gard&eacute;, pour qu&rsquo;on vienne trucider mes enfants avant de le voler ? Dans ce cas, on aurait m&ecirc;me dit que j&rsquo;ai d&eacute;tourn&eacute; de l&rsquo;argent en simulant un coup de vol. Au minist&egrave;re o&ugrave; je n&rsquo;ai pas de coffre-fort, ce n&rsquo;&eacute;tait pas prudent non plus, dans un contexte d&rsquo;ins&eacute;curit&eacute; g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;e des &eacute;difices publics. Moi je suis ministre. C&rsquo;est-&agrave;-dire, je prends mes responsabilit&eacute;s. Et si le chef de l&rsquo;Etat avait pens&eacute; que j&rsquo;&eacute;tais une mauviette, il ne m&rsquo;aurait pas mis l&agrave;. J&rsquo;ai pris ma d&eacute;cision. Je pense que c&rsquo;est celle que je devais prendre &agrave; ce moment-l&agrave;. La seule question qui vaille aujourd&rsquo;hui la peine d&rsquo;&ecirc;tre pos&eacute;e, c&rsquo;est de savoir, qu&rsquo;est-ce que Biyiti a fait de cet argent ?<\/p>\n<p><strong>Pouvez-vous parier que le solde de votre compte avant le virement des fonds publics est rest&eacute; le m&ecirc;me apr&egrave;s le d&eacute;part du Pape ? N&rsquo;y avez-vous pas retenu une somme pour vous-m&ecirc;me. Autrement dit, pouvez-vous affirmer que vous n&rsquo;avez pas port&eacute; le doigt &agrave; la bouche en g&eacute;rant ces fonds ?<\/strong><br \/>Cet argent est entr&eacute; dans mon compte et en est ressorti dans un intervalle de trois semaines. J&rsquo;ai 4 comptes bancaires. J&rsquo;en publie les num&eacute;ros demain (ce lundi 27 avril 2009). Dans les quatre comptes bancaires, il y avait dix millions cent trente-deux mille six cent vingt cinq (10 132 625) Fcfa. Apr&egrave;s le d&eacute;part du pape, il y avait dans ces comptes 10 306 020 francs Cfa (dix millions trois cent six mille vingt). Le Pape ne m&rsquo;a pas enrichi. Il n&rsquo;y a aucun argent que j&rsquo;ai distrait. Je vais m&ecirc;me vous faire une confidence. Seuls ma femme, mon garde de corps et mon chauffeur savent que du 14 au 18 mars 2009, j&rsquo;ai pris une chambre au Hilton &agrave; mes frais pour &ecirc;tre plus pr&ecirc;t des th&eacute;&acirc;tres o&ugrave; j&rsquo;avais &agrave; travailler, du centre de presse au Bois Sainte Anastasie en passant par mon bureau. J&rsquo;ai demand&eacute; au Hilton de me produire la facture. Elle est de six cent trente-quatre mille (634 000) Fcfa. Je l&rsquo;ai et je vais la publier. Le jour o&ugrave; j&rsquo;avais constat&eacute; que la sonorisation de la Crtv qu&rsquo;on est all&eacute;e acheter en Italie est d&eacute;j&agrave; l&agrave;, j&rsquo;&eacute;tais tellement content que j&rsquo;ai donn&eacute; 70 000 Fcfa aux techniciens qui essayaient ces &eacute;quipements &agrave; la Crtv. C&rsquo;&eacute;tait un samedi. Dois-je mettre cet argent dans les d&eacute;penses publiques li&eacute;es &agrave; la couverture de la visite du Pape ? Je suis le ministre de la Communication. Je peux faire des choses. Je n&rsquo;attends pas l&rsquo;argent du Pape pour agir. Le chef de l&rsquo;Etat me donne un budget de six milliards Fcfa que je g&egrave;re rigoureusement. Est-ce compr&eacute;hensible que j&rsquo;attende l&rsquo;argent du Pape pour me remplir les poches comme certains le pr&eacute;tendent ? Les gens sont entrain de monter de toutes pi&egrave;ces une machination grossi&egrave;re. <\/p>\n<p><strong>Certains de vos collaborateurs que nous avons rencontr&eacute;s avant cet entretien disent que vous &ecirc;tes tr&egrave;s z&eacute;l&eacute; et que vous les traitez avec du m&eacute;pris. Est-ce un jugement trop dur ? Vous-y reconnaissez-vous ? <\/strong><br \/>Dans le z&egrave;le oui ! Mais, le m&eacute;pris, non ! Trois fois non !!! Je suis un homme qui respecte les autres. Vous avez s&eacute;lectionn&eacute; les personnes vers qui vous diriger. Je crois qu&rsquo;il y en a d&rsquo;autres aussi qui appr&eacute;cient ce que je fais &agrave; sa juste valeur. Ils sont contents de la d&eacute;cision que j&rsquo;ai prise [les r&eacute;centes nominations au Mincom, Ndlr]. Mais devant leurs chefs, ils n&rsquo;osent pas se prononcer. J&rsquo;aime que les choses avancent. Je suis aussi pour l&rsquo;&eacute;quit&eacute;, la justice. <\/p>\n<p><strong>Il se dit que vous avez tir&eacute; un ancien cadre du minist&egrave;re de sa retraite pour venir g&eacute;rer ces fonds destin&eacute;s &agrave; la couverture m&eacute;diatique de la visite du Pape, alors qu&rsquo;au minist&egrave;re il y a bien des personnes comp&eacute;tentes pour cela. Qu&rsquo;en est-il exactement ?<\/strong><br \/>Voil&agrave; un exemple patent de la d&eacute;sinformation qui s&eacute;vit au minist&egrave;re. Avant que je n&rsquo;arrive au minist&egrave;re de la Communication, il avait &eacute;t&eacute; nomm&eacute; par mes pr&eacute;d&eacute;cesseurs, directeur des m&eacute;dias priv&eacute;s et de la publicit&eacute;. L&rsquo;ann&eacute;e derni&egrave;re, il a &eacute;t&eacute; atteint par la limite d&rsquo;&acirc;ge. Il n&rsquo;est pas seul dans ce cas. D&rsquo;autres directeurs dans les services centraux et dans les centres de presse sont atteints par la limite d&rsquo;&acirc;ge. J&rsquo;ai fait des propositions pour le remplacement de tous les collaborateurs atteints par la limite d&rsquo;&acirc;ge. Ces propositions de nomination ont &eacute;t&eacute; transmises le 5 janvier 2009 dans les services du Premier ministre pour visa. Je peux vous dire que, s&rsquo;agissant des d&eacute;crets, c&rsquo;est le Premier ministre qui les signe. Avant de le faire, il les envoie pour visa &agrave; la Pr&eacute;sidence. En ce qui concerne les textes que je suis habilet&eacute; &agrave; signer, les services du Premier ministre mettent un visa et me les renvoient. C&rsquo;est le cas pas exemple des arr&ecirc;t&eacute;s de nomination des directeurs et des chefs de service. Et ces arr&ecirc;t&eacute;s qui ont d&eacute;j&agrave; re&ccedil;u le visa des services du Premier ministre ont &eacute;t&eacute; publi&eacute;s, dans l&rsquo;attente de la signature des autres textes. Vous vous rappelez qu&rsquo;il y a quelques semaines, votre journal a titr&eacute; &agrave; la Une : &ldquo; Les nominations de Biyiti Bi Essam rejet&eacute;es &agrave; la pr&eacute;sidence de la R&eacute;publique &rdquo;. Je ne le savais pas. Je sais que c&rsquo;est encore &agrave; l&rsquo;&eacute;tude l&agrave;-bas. Je n&rsquo;ai donc pas ressuscit&eacute; Mvotto Obonou. Mais je voudrais que l&rsquo;on retienne qu&rsquo;il n&rsquo;est pas le seul directeur des services centraux atteint par la limite d&rsquo;&acirc;ge. Seulement, le d&eacute;cret pr&eacute;sidentiel devant le remplacer est encore attendu. On a d&rsquo;ailleurs dit que c&rsquo;est lui qui a g&eacute;r&eacute; les fonds du Pape. Lorsque vous regardez la r&eacute;partition qui en a &eacute;t&eacute; faite, o&ugrave; appara&icirc;t le nom de ce monsieur ?<\/p>\n<p><strong>Comment appr&eacute;ciez-vous la proc&eacute;dure judiciaire en cours contre vous ?<\/strong><br \/>Elle est pr&eacute;matur&eacute;e. Voil&agrave; ce que je dirais tout simplement. D&rsquo;ailleurs, la proc&eacute;dure judiciaire n&rsquo;est pas encore d&eacute;clench&eacute;e. Actuellement, on est encore dans les auditions et les enqu&ecirc;tes pr&eacute;liminaires au niveau de la police judiciaire.<\/p>\n<p><strong>Vous &eacute;tiez d&eacute;j&agrave; devant le procureur. A votre avis, qu&rsquo;est-ce qui a manqu&eacute; jusqu&rsquo;ici dans la mise en place de ce feuilleton. Croyez-vous qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une judiciarisation pr&eacute;coce d&rsquo;une affaire qui aurait due &ecirc;tre d&rsquo;abord administrative ?<\/strong><br \/>Je ne suis pas juriste. Mais en toute logique, j&rsquo;aurais imagin&eacute; que mes patrons me servent une demande d&rsquo;explications, en me demandant pourquoi j&rsquo;ai mis de l&rsquo;argent public dans un compte priv&eacute;. Je leur aurais expliqu&eacute; ce qui s&rsquo;est pass&eacute;, comme je viens de le faire avec vous, et ils auraient d&eacute;cid&eacute; de la suite &agrave; donner &agrave; cette affaire, qui, de mon point de vue, est une faute administrative. C&rsquo;est une faute de gestion qui, en aucun cas, ne peut &ecirc;tre assimil&eacute; &agrave; un d&eacute;lit ou &agrave; une intention d&eacute;lictuelle. Si la loi dit qu&rsquo;il ne faille pas mettre de l&rsquo;argent public dans un compte priv&eacute;, vous savez qu&rsquo;il y a la loi, mais il y a aussi l&rsquo;esprit de cette loi. Et l&agrave;, l&rsquo;esprit de cette loi, c&rsquo;est que cet argent doit &ecirc;tre conserv&eacute; pour servir l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t public. Et je d&eacute;montre que c&rsquo;est ce que j&rsquo;ai fait. On se croirait dans une com&eacute;die de Moli&egrave;re o&ugrave; on se trouve &agrave; expliquer une histoire o&ugrave; on n&rsquo;a mis que sa bonne volont&eacute;. <\/p>\n<p><strong>Vous parlez d&rsquo;une machination. Selon vous, que vous reprocheraient vos d&eacute;tracteurs, si vous en avez, tels que vous le laissez croire ?<\/strong><br \/>On me reproche beaucoup de choses. D&rsquo;aucuns trouvent que je suis trop rigoureux. Je vais vous raconter une anecdote. Quand je suis arriv&eacute; au minist&egrave;re de la Communication en septembre 2007, nous &eacute;tions en fin d&rsquo;exercice budg&eacute;taire. J&rsquo;ai pris la d&eacute;cision de responsabiliser tous mes directeurs. J&rsquo;ai donn&eacute; la signature comme on dit, &agrave; tous mes directeurs. En g&eacute;n&eacute;ral, on n&rsquo;a pas le souci du r&eacute;sultat dans les services publics. Or, je suis quelqu&rsquo;un qui a le souci du r&eacute;sultat. A la fin de l&rsquo;ann&eacute;e, je les ai appel&eacute;s, pour leur demander ce qu&rsquo;ils ont fait de la signature que je leur ai d&eacute;l&eacute;gu&eacute;e. Il n&rsquo;y avait pas de r&eacute;sultats. Je m&rsquo;en fous de la gloire. J&rsquo;ai &eacute;t&eacute; nomm&eacute; par d&eacute;cret du chef de l&rsquo;Etat. Je leur ai retir&eacute; cette signature. Ce qui n&rsquo;a pas &eacute;t&eacute; du go&ucirc;t de beaucoup.<\/p>\n<p><strong>Quel est votre &eacute;tat d&rsquo;esprit apr&egrave;s votre audition durant plus de 3 heures de temps &agrave; la direction de la police judiciaire, et ensuite, chez le procureur ?<\/strong><br \/>Je suis toujours &agrave; rechercher le crime que j&rsquo;ai commis. Si le chef de l&rsquo;Etat conserve la haute confiance qu&rsquo;il a plac&eacute;e en moi, je serai encore l&agrave;, et pr&eacute;sent &agrave; mon bureau aux m&ecirc;mes jours et heures que d&rsquo;habitude. <\/p>\n<p><strong>Vous &ecirc;tes visiblement &eacute;branl&eacute; par cette affaire. Pourtant nous avons lu dans un journal de la place que vous &eacute;tiez serein, malgr&eacute; tout. Le journaliste reprenait vos propos !<\/strong><br \/>Tout &agrave; fait, je suis serein. Je n&rsquo;ai tu&eacute; personne. J&rsquo;ai peut-&ecirc;tre commis une faute de gestion en allant mettre de l&rsquo;argent public dans un compte priv&eacute;. Mais j&rsquo;ai expliqu&eacute; ce que j&rsquo;ai fait de cet argent, et les gens ont vu les r&eacute;sultats. Je suis serein. Maintenant, il faut reconna&icirc;tre que je suis justiciable. Et si la Justice de mon pays estime que j&rsquo;ai commis un d&eacute;lit, je suis l&agrave;. Je suis un citoyen ordinaire.<\/p>\n<p><strong>Pas tout &agrave; fait, monsieur le ministre. Vous avez une dizaine de t&eacute;l&eacute;phones portables pour vous tout seul. C&rsquo;est assez extraordinaire &ccedil;a ! Est-ce un signe ext&eacute;rieur de richesse ?<\/strong> <br \/>J&rsquo;ai &eacute;t&eacute; secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral du minist&egrave;re des Postes et t&eacute;l&eacute;communications, et de temps en temps, les op&eacute;rateurs de t&eacute;l&eacute;phonie m&rsquo;en offraient. Ce n&rsquo;est pas un signe ext&eacute;rieur de richesse. C&rsquo;est simplement que j&rsquo;aime &ccedil;a. <\/p>\n<p><strong>Vous auriez pu en offrir &agrave; votre tour, pour &eacute;viter d&rsquo;&ecirc;tre encombr&eacute; de la sorte. Au fait, comment utilisez-vous tout &ccedil;a ?<\/strong><br \/>J&rsquo;en ai offert. Mais laissez-moi aussi faire ce qui me pla&icirc;t. Je ne sais pas qui &ccedil;a d&eacute;range que j&rsquo;aie trois, quatre, cinq t&eacute;l&eacute;phones et m&ecirc;me plus, comme c&rsquo;est le cas en ce moment. <\/p>\n<p><strong>&Ccedil;a ne vous perturbe pas dans votre travail quotidien ?<\/strong><br \/>Ils ne sonnent pas tous au m&ecirc;me moment. Depuis que vous &ecirc;tes l&agrave;, &ccedil;a a sonn&eacute; combien de fois ?<\/p>\n<p><strong>Plus d&rsquo;une dizaine de fois en moins d&rsquo;une heure. Ce n&rsquo;est pas beaucoup ?<\/strong><br \/>Ah non ! (Rire). Le t&eacute;l&eacute;phone est un outil de travail et de distraction. Parmi mes t&eacute;l&eacute;phones, il y en a un qui a sa t&eacute;l&eacute;vision. Je dois vous avouer que je suis tr&egrave;s amoureux des nouvelles technologies. Je voudrais &ecirc;tre quelqu&rsquo;un qui vit pleinement la soci&eacute;t&eacute; de l&rsquo;information. Et je peux vous dire que la premi&egrave;re d&eacute;cision que j&rsquo;ai prise en arrivant au minist&egrave;re de la Communication, c&rsquo;&eacute;tait d&rsquo;y mettre la fibre optique. Et j&rsquo;ai d&eacute;j&agrave; demand&eacute; &agrave; la direction g&eacute;n&eacute;rale de Camtel de mettre la fibre optique &agrave; la maison de la communication que je vous invite &agrave; visiter. <\/p>\n<p><strong>Quelle est l&rsquo;attitude de vos proches depuis le d&eacute;clenchement de cette affaire de fonds destin&eacute;s &agrave; la visite papale ?<\/strong> <br \/>Je re&ccedil;ois d&rsquo;eux beaucoup d&rsquo;encouragements. Mon e-mail est plein de messages. Je re&ccedil;ois aussi beaucoup de Sms. C&rsquo;est un r&eacute;confort. Je peux vous en lire un. &ldquo; Bonjour ! Je t&rsquo;envoie ce Sms pour un soutien moral. Je sais tout de m&ecirc;me que, tu es aussi intelligent que Pythagore. (&hellip;) Tiens bon. &rdquo;.<\/p>\n<p><strong>Que disent vos coll&egrave;gues du gouvernement ? <\/strong><br \/>Il y&rsquo;en a qui me demandent ce qui se passe. Puis, ils sourient. Vous savez, chacun se retrouve chez le coiffeur. (Rires)<\/p>\n<p><strong>Quelle est votre feuille de route pour les mois &agrave; venir ?<\/strong><br \/>Je vais vous la faire tenir. D&eacute;j&agrave;, je peux dire en r&eacute;sum&eacute; que nous allons inaugurer tr&egrave;s prochainement le centre de presse qui est un bijou architectural. Nous allons &eacute;galement acc&eacute;l&eacute;rer le d&eacute;blocage de l&rsquo;aide publique &agrave; la communication priv&eacute;e.<\/p>\n<p><strong>Le montant de cette aide est jug&eacute; minable par certains patrons de presse qui l&rsquo;ont toujours boud&eacute;e. Ils se plaignent aussi de la r&eacute;partition complaisante de cette modeste enveloppe qui fait la part belle &agrave; ces titres qui apparaissent de fa&ccedil;on sporadique dans les kiosques, et surtout, &agrave; l&rsquo;approche du partage de cet argent. <\/strong><br \/>C&rsquo;est vrai que l&rsquo;aide publique &agrave; la presse fait l&rsquo;objet de critiques diverses. C&rsquo;est tr&egrave;s important que vous voyiez un peu ma feuille de route, qui pr&eacute;voit la r&eacute;vision &agrave; la hausse de cette enveloppe pour l&rsquo;ann&eacute;e 2009. Nous entendons aussi &ecirc;tre plus rigoureux dans la s&eacute;lection des b&eacute;n&eacute;ficiaires. Je discute beaucoup avec la presse priv&eacute;e pour qui j&rsquo;ai de la consid&eacute;ration. D&rsquo;o&ugrave; ma r&eacute;cente tourn&eacute;e aupr&egrave;s de ces entreprises &agrave; Douala. Je pense tr&egrave;s s&eacute;rieusement &agrave; d&rsquo;autres formes de financement des activit&eacute;s m&eacute;diatiques, notamment la mise sur pied d&rsquo;un fonds de d&eacute;veloppement des activit&eacute;s m&eacute;diatiques. J&rsquo;en ai discut&eacute; avec ces patrons de presse priv&eacute;e lors de ma tourn&eacute;e. La publicit&eacute; et bien d&rsquo;autres activit&eacute;s g&eacute;n&egrave;rent beaucoup de revenus. Nous pensons qu&rsquo;au lieu que tous ces revenus y compris les taxes qui sont g&eacute;n&eacute;r&eacute;es, soient totalement mis dans la caisse unique de l&rsquo;Etat, il convient qu&rsquo;on ait une partie pour aider &agrave; soutenir le d&eacute;veloppement de ces m&eacute;dias.<\/p>\n<p><strong>Un v&oelig;u ou dernier mot pour conclure cette interview, monsieur le Ministre ?<\/strong><br \/>Je souhaite que cette campagne, ce lynchage, qui a &eacute;t&eacute; d&eacute;clench&eacute; pour une raison que je ne connais pas, prenne fin. Et que nous nous remettions au travail. Nous sommes l&agrave; pour apporter notre contribution &agrave; l&rsquo;&oelig;uvre de redressement du Cameroun. Nous sommes en train de sortir d&rsquo;une crise qui a dur&eacute; pr&egrave;s de vingt ans. Il y&rsquo;en a une autre qui est l&agrave; en ce moment. Nous devons perdre le moins de temps possible &agrave; faire de fausses querelles. Ce qui m&rsquo;inqui&egrave;te, c&rsquo;est que parfois, certains Camerounais pensent qu&rsquo;on peut d&eacute;velopper le pays sans travailler. Et cette frange de la population, qui pense qu&rsquo;on peut se d&eacute;velopper en dormant, est assez importante. C&rsquo;est ce qui nous vaut aujourd&rsquo;hui d&rsquo;attendre que les Tha&iuml;landais nous envoient le riz alors que nous avons des terres, des mar&eacute;cages. Je dis tr&ecirc;ve de balivernes. Remettons nous au travail !<br \/><\/span>&nbsp;<\/p>\n<p class=\"author\">Par Entretien avec Marie-No&euml;lle Guichi <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Jean Pierre Biyiti Bi Essam, ministre de la Communication Le ministre de la Communication, Jean Pierre Biyiti Bi Essam est au-devant de l&rsquo;actualit&eacute; depuis la r&eacute;cente visite du Pape Beno&icirc;t XVI au Cameroun du 17 au 20 mars dernier. Apr&egrave;s plusieurs articles parus dans la presse d&eacute;voilant une gestion peu orthodoxe des fonds allou&eacute;s par [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[],"tags":[],"adace-sponsor":[],"class_list":["post-6733","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry"],"acf":[],"wps_subtitle":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6733","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6733"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6733\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6733"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6733"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6733"},{"taxonomy":"adace-sponsor","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/adace-sponsor?post=6733"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}