{"id":6763,"date":"2009-05-14T10:37:43","date_gmt":"2009-05-14T08:37:43","guid":{"rendered":""},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"2048","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/2048\/","title":{"rendered":"Diagnostic : Le pi\u00e8ge du braconnage"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p><\/p>\n<p><span class=\"13aria\"> Il para&icirc;t que la lutte contre les pr&eacute;dateurs de la faune se porte bien au Cameroun. En t&eacute;moigne ces nombreuses frappes dans les milieux du braconnage dont les pr&eacute;sum&eacute;s auteurs sont souvent brandis comme de v&eacute;ritables troph&eacute;es de guerre. En voil&agrave; donc un combat qui a fini par porter ses fruits. Du moins si l&rsquo;on en croit la communication officielle qui est faite &agrave; ce sujet. Il y a quelques ann&eacute;es, lorsque le gouvernement lan&ccedil;ait la guerre contre le braconnage au nom de la conservation de la nature, bien nombreux sont ceux qui n&rsquo;y voyaient qu&rsquo;une autre forme de gesticulation aux allures de conformisme &eacute;cologiste dont l&rsquo;objectif n&rsquo;&eacute;tait que d&rsquo;honorer quelques conventions internationales sign&eacute;es par le Cameroun. <\/p>\n<p>C&rsquo;est vrai que la strat&eacute;gie de d&eacute;fense des richesses biologiques au Cameroun a mis du temps pour prendre corps. C&rsquo;est d&rsquo;abord par la loi de 94 portant r&eacute;gime des for&ecirc;ts et de la faune que l&rsquo;Etat camerounais a sembl&eacute; prendre &agrave; bras le corps l&rsquo;&eacute;pineuse question de la conservation des ressources fauniques nationales. Mais ce n&rsquo;est que dix ans plus tard que les actions de lutte les plus vigoureuses ont commenc&eacute; &agrave; ce d&eacute;ployer sur le terrain, avec la formation des &eacute;cogardes, la r&eacute;glementation effective de l&rsquo;exploitation de la faune et des aires prot&eacute;g&eacute;es par une r&eacute;gulation de l&rsquo;activit&eacute; de chasse&hellip; Et depuis quelques ann&eacute;es, on nous fait dire, par des actions encore plus dissuasives, que l&rsquo;heure est d&eacute;sormais &agrave; la r&eacute;pression. Bien que les proc&egrave;s pour d&eacute;tention de troph&eacute;es et autres d&eacute;pouilles d&rsquo;animaux ne soient pas l&eacute;gion aupr&egrave;s de nos juridictions, il nous est arriv&eacute; quelques fois d&rsquo;entendre le ministre de la faune et certaines Ong sp&eacute;cialis&eacute;es se r&eacute;jouir de l&rsquo;arrestation de quelques cargaisons &quot;d&rsquo;esp&egrave;ces en voie de disparition&quot;. Quelquefois aussi, c&rsquo;&eacute;tait assorti de sanctions &agrave; l&rsquo;encontre des contrevenants dont on se rend compte, apr&egrave;s coup, qu&rsquo;il ne s&rsquo;agissait en r&eacute;alit&eacute; que de quelques lampistes op&eacute;rant au lance-pierre et &agrave; la fl&egrave;che empoisonn&eacute;e, plut&ocirc;t que de vrais braconniers op&eacute;rant &agrave; la carabine et au magnum. <\/p>\n<p>En clair la confusion est souvent bien grande entre chasseurs et braconniers, les premiers servant d&rsquo;alibi aux seconds. Car ce n&rsquo;est que parce que la chasse existe que le braconnage existe &eacute;galement. Il semble qu&rsquo;on a fini par oublier que la chasse &eacute;tait une activit&eacute; r&eacute;glement&eacute;e au Cameroun, qui malheureusement n&rsquo;a pas beaucoup d&rsquo;adeptes chez les nationaux. Les contraintes l&eacute;gales de cette activit&eacute; justifieraient-elles le repli vers la d&eacute;linquance ? Toujours est-il que le braconnage est pr&eacute;sent&eacute; aujourd&rsquo;hui comme l&rsquo;un des principaux maux qui minent l&rsquo;&eacute;quilibre de nos &eacute;cosyst&egrave;mes naturels. Mais si l&rsquo;activit&eacute; en elle-m&ecirc;me prosp&egrave;re, c&rsquo;est que ses acteurs y trouvent un certain int&eacute;r&ecirc;t et que les pr&eacute;dateurs de la faune sont bien plus importants que les trois pel&eacute;s et deux tondus r&eacute;guli&egrave;rement pr&eacute;sent&eacute;s &agrave; la face du monde. Au sens de la loi camerounaise, est braconnier toute personne qui chasse en p&eacute;riode fermeture, m&egrave;ne son activit&eacute; dans une zone de chasse sans autorisation du gestionnaire de la zone, op&egrave;re au moyen d&rsquo;engins ou armes prohib&eacute;es, abat un animal int&eacute;gralement prot&eacute;g&eacute;, circule avec la viande de brousse sans certificat d&rsquo;origine, vend la viande de brousse sans certificat&hellip;<\/p>\n<p>On voit bien dans cette description qui sont les coupables d&eacute;sign&eacute;s de l&rsquo;extermination qui s&rsquo;op&egrave;re &agrave; l&rsquo;ombre des for&ecirc;ts et savanes aux d&eacute;pens de la faune. Sauf que, dans la r&eacute;partition des p&eacute;nalit&eacute;s et autres sanctions, on a souvent escamot&eacute; (volontairement ?) une cat&eacute;gorie de responsables parmi les plus importants de la cha&icirc;ne des acteurs du braconnage : ce sont les complices. Ici se recrute notamment la faune nombreuse des autorit&eacute;s officielles qui fournissent armes et munitions aux braconniers, des agents des forces de l&rsquo;ordre ou de l&rsquo;administration des eaux et for&ecirc;ts qui collaborent avec les d&eacute;linquants de tous bords, les transporteurs qui relaient la fraude, les restaurateurs qui nourrissent le commerce illicite des esp&egrave;ces animales et, surtout, certaines hautes personnalit&eacute;s qui, tapis dans l&rsquo;ombre, sont les vrais commanditaires du braconnage dont ils vivent des retomb&eacute;es. A titre d&rsquo;illustration, un &eacute;l&eacute;phant abattu ill&eacute;galement peut rapporter jusqu&rsquo;&agrave; 2.000.000 Fcfa &agrave; son trafiquant. Mais il aura fallu, pour venir &agrave; bout d&rsquo;un &eacute;l&eacute;phant, poss&eacute;der des armes appropri&eacute;es&#8230; Ces armes, on sait qui les d&eacute;tient et qui en sont les fournisseurs. C&rsquo;est peut-&ecirc;tre l&agrave; un indicateur pertinent de l&agrave; o&ugrave; il faudrait aller chercher les vrais braconniers.<\/p>\n<p><em> Par Roger A. Taakam <\/em> <\/span>  <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il para&icirc;t que la lutte contre les pr&eacute;dateurs de la faune se porte bien au Cameroun. En t&eacute;moigne ces nombreuses frappes dans les milieux du braconnage dont les pr&eacute;sum&eacute;s auteurs sont souvent brandis comme de v&eacute;ritables troph&eacute;es de guerre. En voil&agrave; donc un combat qui a fini par porter ses fruits. 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