{"id":6926,"date":"2009-11-16T17:31:36","date_gmt":"2009-11-16T16:31:36","guid":{"rendered":""},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"2211","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/2211\/","title":{"rendered":"Trois Camerounais illuminent la biennale de Bamako"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p><span class=\"cap\" title=\"I\"><span>I<\/span><\/span>ls sont trois Camerounais, tous artistes photographes professionnels. La direction artistique des Rencontres africaines de photographie de Bamako a sectionn&eacute; leurs &oelig;uvres parmi les quelque 5 mille travaux re&ccedil;us pour faire partie de la section officielle de Bamako 2009. Ang&egrave;le Etoundi Essomba, la quarantaine r&eacute;volue est certainement la plus exp&eacute;riment&eacute;e de tous. Cette grande dame de la photographie contemporaine qui fait pratiquement le tour du monde &agrave; travers des expositions photographiques les plus courues est venue pr&eacute;senter dans la capitale malienne une s&eacute;rie de photographies sur le th&egrave;me de la femme qu&rsquo;elle d&eacute;veloppe depuis quelques ann&eacute;es.<\/p>\n<p>En fait, il s&rsquo;agit d&rsquo;un travail inspir&eacute; de deux voyages effectu&eacute;s par l&rsquo;artiste en 2006 et 2007 &agrave; Zanzibar. On y voit dans la premi&egrave;re image neuf femmes envelopp&eacute;es de robes noires suspendues sur des pierres qui forment l&rsquo;entr&eacute;e d&rsquo;une grotte. Elles ont le m&ecirc;me regard, et sur chaque visage, on lie une certaine m&eacute;lancolie, davantage un stress de vivre. Dans les deux images qui suivent la mise en sc&egrave;ne du travail de Ang&egrave;le Etoundi Essomba, on retrouve les m&ecirc;mes femmes. Cette fois, elles ont le dos tourn&eacute; et regardent l&rsquo;horizon dans le lointain de la mer dont la couleur ici est verte. Avant de s&rsquo;asseoir sur la plage, toujours tout de blanc v&ecirc;tus, dans une attitude d&rsquo;&eacute;coute silence d&rsquo;un &ecirc;tre transcendant qui leur parle non seulement de&nbsp; vive&nbsp; voix, mais &eacute;galement de c&oelig;ur &agrave; c&oelig;ur. Les autres photos sont des monos, une dame qui porte une robe noire avec un int&eacute;rieur rouge et qui marche sur la plage.<\/p>\n<p>Le message de l&rsquo;artiste tend &agrave; faire comprendre que&nbsp;&laquo;&nbsp;<em>la femme est la matrice du monde. C&rsquo;est elle qui est la gardienne de notre identit&eacute;, c&rsquo;est elle qui transmet les valeurs culturelles et les connaissances traditionnelles et c&rsquo;est elle qui sert de pont entre la tradition et la modernit&eacute;<\/em> &raquo;, explique Ang&egrave;le Etoundi Essomba. Bref, un hymne de c&eacute;l&eacute;bration de la dignit&eacute; de la femme, de sa vitalit&eacute;, de sa dignit&eacute; de m&egrave;re qui donne la vie, et mer qui prend la vie. On se bouscule pratiquement au Palais de la culture de Bamako depuis samedi dernier que les Rencontres africaines de photographie ont d&eacute;marr&eacute; au pays de Amadou Toumani Tour&eacute;.<\/p>\n<p>Le deuxi&egrave;me Camerounais dont l&rsquo;&oelig;uvre fait mouche en ce moment &agrave; Bamako est Guy Wouete. L&rsquo;artiste qui avait d&eacute;j&agrave; fait sensation &agrave; la derni&egrave;re Biennale de l&rsquo;art contemporain de Dakar au S&eacute;n&eacute;gal est venu dans la capitale malienne avec une &oelig;uvre vid&eacute;o intitul&eacute;e &laquo;&nbsp;Volcano&nbsp;&raquo;. Contrairement &agrave; Ang&egrave;le Etoundi Essomba dont l&rsquo;&oelig;uvre est beaucoup complexe pour les nombreux visiteurs de l&rsquo;exposition panafricaine, Guy Wouete, a choisi de dire les choses cr&ucirc;ment. La critique nig&eacute;rienne de l&rsquo;art contemporain, Bisi Silva, qui &eacute;tait litt&eacute;ralement s&eacute;duite entre autres par le talent de l&rsquo;artiste le lui a un peu reproch&eacute;. Mais Guy Wouete est rest&eacute; dans sa d&eacute;marche&nbsp;: <em>&laquo; Je n&rsquo;ai pas voulu faire dans l&rsquo;intellectualisme. Je suis un artiste et je traite d&rsquo;un sujet grave<\/em> &raquo; lance-t-il pendant l&rsquo;&eacute;change que nous avons eu au Mus&eacute;e national du Mali ce 10 novembre 2009 en apr&egrave;s-midi.<\/p>\n<p>Sur la vid&eacute;o d&eacute;file des images de la t&ecirc;te d&rsquo;un homme&nbsp; couch&eacute; et regardant le ciel. D&rsquo;abord le visage en question est serein. Puis subitement, il se met &agrave; sortir de sa bouche du feu et des laves tel un volcan qui dormait, et qui est subitement entr&eacute; en activit&eacute;. &laquo;&nbsp;<em>Je m&rsquo;interroge sur la guerre, le d&eacute;sastre humanitaire auquel elle a conduit et ses graves cons&eacute;quences sur la nature, sur les questions d&rsquo;int&eacute;gralit&eacute; et d&rsquo;absence de d&eacute;mocratie dans les gouvernements de nos pays du Sud. Je pense &agrave; mon pays le Cameroun. Et je dis qu&rsquo;il faut se m&eacute;fier des pays dits en paix comme le n&ocirc;tre. Car les jeunes sont en train de partir parce que les vieux &agrave; la fois, corrompus et qui ont une attitude pr&eacute;datrice ne veulent pas partir. Il faut donc faire attention<\/em>.&nbsp;&raquo;<\/p>\n<p>Le m&ecirc;me sujet est trait&eacute; par Balthelemy Toguo (voir interview). Depuis qu&rsquo;il est arriv&eacute;, &agrave; Bamako venant de France pour les Rencontres photographiques, on l&rsquo;appelle &laquo;&nbsp;Monsieur le Pr&eacute;sident &raquo;. Cela fait suite &agrave; son travail constitu&eacute; de trois photographies o&ugrave; il met en orbite le comportement de certains leaders africains sur l&rsquo;exploitation de la for&ecirc;t et la mauvaise gouvernance de leur pays qui conduit des milliers de jeunes &agrave; l&rsquo;exil. Un travail tr&egrave;s appr&eacute;ci&eacute;, au regard de la popularit&eacute; dont jouit ce fils de Bandjoun dans les coulisses du festival consacr&eacute; &agrave; la photographie.<\/p>\n<p>Rendu &agrave; son quatri&egrave;me jour, les Rencontres africaines de la photographie de Bamako vont d&eacute;voiler ce 11 novembre les diff&eacute;rentes r&eacute;compenses. En attendant, hier 10 novembre, Paul Kagam&eacute;, pr&eacute;sident de la R&eacute;publique du Rwanda qui a effectu&eacute; pendant deux jours une visite d&rsquo;Etat au Mali a v&eacute;cu (il est vrai &agrave; distance) cette f&ecirc;te de la photographie africaine. Son homologue Amadou Toumani Tour&eacute; lui a certainement fait go&ucirc;ter dans le luxueux salon de l&rsquo;h&ocirc;tel La&iuml;co Amiti&eacute; o&ugrave; il a r&eacute;sid&eacute;, et o&ugrave; se d&eacute;roule aussi une exposition, le bonheur que procure une photographie artistiquement bien travaill&eacute;e.<\/p>\n<p><span>jean.francois.channon<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ils sont trois Camerounais, tous artistes photographes professionnels. La direction artistique des Rencontres africaines de photographie de Bamako a sectionn&eacute; leurs &oelig;uvres parmi les quelque 5 mille travaux re&ccedil;us pour faire partie de la section officielle de Bamako 2009. 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