{"id":6952,"date":"2010-03-03T13:28:05","date_gmt":"2010-03-03T12:28:05","guid":{"rendered":""},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"2243","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/2243\/","title":{"rendered":"Yaound\u00e9 : Le jazz n&rsquo;a pas dit son dernier mot"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><span class=\"13aria\"> Aujourd&rsquo;hui essouffl&eacute;, il a pourtant connu son heure de gloire gr&acirc;ce au  talent des instrumentistes et &agrave; l&rsquo;encadrement des &eacute;trangers.<\/p>\n<p>Du  17 au 20 f&eacute;vrier dernier, L&rsquo;Awal&eacute; Jazz Festiva a tenu promesse. Pour la  deuxi&egrave;me ann&eacute;e cons&eacute;cutive en effet, L&rsquo;Awal&eacute; jazz festival est all&eacute; &agrave; la  rencontre d&rsquo;un public sevr&eacute; depuis quelques ann&eacute;es de pareil  rendez-vous depuis les derniers spasmes de &quot;Jazz sans fronti&egrave;res&quot; dont  l&rsquo;hallali avait &eacute;t&eacute; sonn&eacute; en 2007 &agrave; la suite d&rsquo;un fiasco fort  retentissant li&eacute; &agrave; l&rsquo;absence de la vedette am&eacute;ricaine Earl Klugh  pourtant annonc&eacute; &agrave; Yaound&eacute;. Avec ce nouveau projet, les m&eacute;lomanes de  jazz se sont, au cours de ces soir&eacute;es multiples au restaurant L&rsquo;Awal&eacute;  sis au quartier Hippodrome, mis &agrave; r&ecirc;ver. Surtout pour les plus &acirc;g&eacute;s qui  ne manquent pas &agrave; la premi&egrave;re occasion de fouiller dans la nostalgie qui  les travaille au quotidien pour se retrouver en ces ann&eacute;es 1970 o&ugrave; la  jazz avait droit de cit&eacute; &agrave; Yaound&eacute;. C&rsquo;est en effet au d&eacute;but de cette  d&eacute;cennie-l&agrave; et avec l&rsquo;inauguration quelques ann&eacute;es plus t&ocirc;t de l&rsquo;H&ocirc;tel  Mont-F&eacute;b&eacute; que tout a commenc&eacute;.<\/p>\n<p>Cela gr&acirc;ce &agrave; l&rsquo;orchestre mis en  place et qui comprenait pas moins de 17 membres. Le batteur Steve Ndzana  qui en &eacute;tait se souvient: &quot;C&rsquo;&eacute;tait un grand moment car il est celui qui  a permis de poser les fondamentaux &agrave; travers des instrumentistes qui  allaient plus tard &ecirc;tre reconnus comme la premi&egrave;re g&eacute;n&eacute;ration de jazzmen  de Yaound&eacute;&quot;. C&rsquo;est ainsi que, bien apr&egrave;s Douala qui avait d&eacute;j&agrave; vu des  stars naissantes comme Daniel Ndoumb&eacute; Eyango et Titi avec son orchestre  &quot;Les atomes&quot; donner le l&agrave; dans des espaces comme La jungle, de nouveaux  noms allaient appara&icirc;tre au firmament du jazz camerounais. On parle  alors de Roger Minala qui allait plus tard cr&eacute;er Vall&eacute;e bar qui a donn&eacute;  son nom au Carrefour Vall&eacute;e au quartier Nlongkack; de Francis Kingu&eacute;  d&rsquo;Adala Gildo, du saxophoniste Ringo, du trompettiste Ted Mekoulou, des  organistes Simon Timbane dit Fraz et Charles Tina et William Medou  Ava&rsquo;a, du guitariste Baba Moussa ou encore de Jean-Pierre Nghonda.<\/p>\n<p>Des  figures qui allaient pour se d&eacute;ployer, trouver d&rsquo;autres espaces  d&rsquo;expression. C&rsquo;est ainsi que sous la houlette de Jerry Prillaman, des  work shops et autres jam sessions seront organis&eacute;s par le Centre  culturel am&eacute;ricain. C&rsquo;est alors le temps b&eacute;ni de la Rue Narvick. Nous  sommes l&agrave; en 1975 et deux ans durant, le jazz va d&eacute;voiler toutes ses  facettes dans cet espace o&ugrave; Adala Gildo fa&ccedil;onne nombre de talents  d&rsquo;avenir. Une fi&egrave;vre que ne va pas arr&ecirc;ter les travaux de r&eacute;am&eacute;nagement  de l&rsquo;espace survenus en 1977 et qui va obliger les instrumentistes &agrave;  migrer vers le Goethe Institut tout proche (&agrave; c&ocirc;t&eacute; de l&rsquo;actuel minist&egrave;re  du Contr&ocirc;le sup&eacute;rieur de l&rsquo;Etat). Les jam sessions vont donc se  poursuivre sous la houlette de Dieter K&ouml;ster avec les pics tous les  mardis soirs. &quot;C&rsquo;&eacute;tait une belle &eacute;poque car ce f&ucirc;t l&rsquo;occasion pour moi  et les autres musiciens de faire la connaissance de grands noms du jazz  allemand comme Reiner von Essen du Ballet House de Munich, Volker  Krieger et bien d&rsquo;autres&quot;, se souvient M. Gildo.<\/p>\n<p><b>&quot;Sous les  manguiers&quot;<\/b><br \/>\nUn point de vue que confirme Steve Ndzana pour qui &quot;il  n&rsquo;y avait aucune raison de rechigner &agrave; aller apprendre aupr&egrave;s d&rsquo;eux.  Pour moi qui ait beaucoup voyag&eacute;, ce n&rsquo;est qu&rsquo;ici &agrave; Yaound&eacute; que j&rsquo;ai eu  l&rsquo;occasion de c&ocirc;toyer les plus grands qui venaient toujours partager  avec nous ce feeling envahissant qui avait embras&eacute; nos coeurs et nos  membres&quot;. De cette &eacute;poque allait d&rsquo;ailleurs na&icirc;tre le fameux &quot;Manifeste  de jazz made in Cameroon&quot; con&ccedil;u &quot;pour inciter la cr&eacute;ation de nos  artistes qui pouvaient alors puiser dans le jazz envahissant des  ressorts pour mieux valoriser notre musique traditionnelle&quot;, se souvient  M. Gildo. Ce qui a d&rsquo;ailleurs fortement influenc&eacute; le batteur Brice  Wassy et son K&ugrave; jazz. Durant cette p&eacute;riode, de jeunes loups comme  Jean-Paul Lietcheu dont le talent va commencer &agrave; percer au lendemain du  d&eacute;m&eacute;nagement du Goethe Institut &agrave; l&rsquo;Avenue du pr&eacute;sident Kennedy vont  entrer dans la danse. <\/p>\n<p>Un d&eacute;m&eacute;nagement qui ne va cependant pas  plomber le mouvement qui va &eacute;lire domicile au Centre culturel fran&ccedil;ais  sous la conduite d&rsquo;un certain Guy Moret, fra&icirc;chement d&eacute;barqu&eacute;  &agrave;  Yaound&eacute;. Avec Steve Ndzana, il va imaginer le concept &quot;Jazz sous les  manguiers&quot;. Le deuxi&egrave;me s&rsquo;en souvient: &quot;A son arriv&eacute;e, il a tout de  suite manifest&eacute; son envie pour le jazz et nous avons commenc&eacute; &agrave; voir  comment on pouvait r&eacute;aliser cette envie. C&rsquo;est ainsi que la formule de  d&eacute;part &eacute;tait de constituer un orchestre au Ccf. Rapidement, je me suis  charg&eacute; de r&eacute;unir des membres. Il croyait tellement &agrave; ce projet qu&rsquo;il a  d&eacute;cid&eacute; de faire venir un instrumentiste de Douala une fois par semaine  pour r&eacute;p&eacute;ter avec nous&quot;. <\/p>\n<p>Un beau projet dont le nom de d&eacute;part  &eacute;tait &quot;Jazz exp&eacute;rience&quot; qui allait cependant faire long feu, le groupe  n&rsquo;ayant jamais r&eacute;ussi &agrave; se r&eacute;unir au complet.<br \/>\nPour Adala Gildo  cependant, la naissance de ce festival a pour point de d&eacute;part &quot;un  concert que nous avons donn&eacute; &agrave; l&rsquo;Universit&eacute; de Yaound&eacute; gr&acirc;ce &agrave;  l&rsquo;entregent de Guy Moret et &agrave; la disponibilit&eacute; du chancelier Joseph  Owona qui a adh&eacute;r&eacute; tout de suite. Au sortir de ce qui f&ucirc;t une r&eacute;ussite,  nous sommes entr&eacute;s en r&eacute;union au Goethe Institut avec les directeurs des  centres culturels &eacute;trangers, David Ndachi Tagne et moi. Puis, nous  sommes all&eacute;s au minist&egrave;re de l&rsquo;Information et de la Culture o&ugrave; je  travaillais et avons &eacute;t&eacute; re&ccedil;u par son secr&eacute;taire d&rsquo;Etat Rapha&euml;l Onamb&eacute;l&eacute;  avec qui nous avons discut&eacute; d&rsquo;un projet de festival. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs  lui qui a donn&eacute; le nom de Jazz sous les manguiers, une sorte de  transformation de Jazz sous les Pommiers ou sous les Platanes qui  avaient cours en France&quot;.<\/p>\n<p><b>&quot;Jazz sans fronti&egrave;res&quot;<\/b><br \/>\nC&rsquo;est  ainsi que quatre ans durant, le jazz va avoir sa messe &agrave; Yaound&eacute;.  Jusqu&rsquo;&agrave; ce que le colonel Teyang en h&eacute;rite du projet &quot;suite &agrave; un  forcing&quot; selon M. Ndzana. Forcing qui va &eacute;loigner les membres originels  qui ne se reconnaissent plus sous ce nouveau concept. Les derni&egrave;res  &eacute;ditions sont donc p&eacute;nibles et finissent par dispara&icirc;tre. Il faut  attendre le tournant des ann&eacute;es 2000 pour voir &quot;Jazz sans fronti&egrave;res&quot;  entrer en sc&egrave;ne avant lui aussi de d&eacute;c&eacute;der quelques &eacute;ditions seulement  plus loin. Suivra une travers&eacute;e du d&eacute;sert jusqu&rsquo;&agrave; ce nouveau concept de  L&rsquo;Awal&eacute; qui fait dire &agrave; Jean-Paul Lietcheu que &quot;c&rsquo;est un signal d&rsquo;un  probable retour en selle de ce courant musical, car les musiciens sont  encore l&agrave;. Il faut seulement que les organisateurs de spectacles qui  avaient disparus de la sc&egrave;ne reviennent.&quot;<\/p>\n<p>Un optimisme que ne  partage point Steve Ndzana pour qui &quot;le jazz reste avant tout une  musique scientifique. Ce qui a tu&eacute; le jazz c&rsquo;est cette intrusion de non  professionnels dans le milieu avec leur adoubement par un certain  public. Du coup, la nouvelle g&eacute;n&eacute;ration a pens&eacute; que le travail de fond  comme celui de l&rsquo;&eacute;criture des partitions &eacute;tait superflu. R&eacute;sultat, la  sc&egrave;ne jazzistique est pauvre. C&rsquo;est pourquoi je dis aux jeunes qui sont  dans le milieu de travailler, rien ne s&rsquo;obtient sans travail. L&rsquo;Etat  doit aussi penser &agrave; cr&eacute;er des conservatoires pour faire p&eacute;renniser un  art pour lequel les Camerounais ont des pr&eacute;disposition&quot;. Un v&oelig;u qui doit  habiter de nouveaux jeunes talents comme Henri Ngassa, le dernier d&rsquo;une  lign&eacute;e qui a d&eacute;j&agrave; donn&eacute; deux pr&eacute;c&eacute;dents trompettistes dont le p&egrave;re  Ignace qui fit les beaux jours de l&rsquo;orchestre de la police et le jeune  Terence qui coule des jours heureux au pays de Goethe. Tout comme le  saxophoniste Kayou qui a d&eacute;pos&eacute; ses valises en France il y a quelques  ann&eacute;es o&ugrave; il a retrouv&eacute; de glorieux devancier comme Jean-Jacques Elangu&eacute;  ou Jimmy Mvondo.<\/p>\n<p><i>Parfait Tabapsi<\/i> <\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Aujourd&rsquo;hui essouffl&eacute;, il a pourtant connu son heure de gloire gr&acirc;ce au talent des instrumentistes et &agrave; l&rsquo;encadrement des &eacute;trangers. Du 17 au 20 f&eacute;vrier dernier, L&rsquo;Awal&eacute; Jazz Festiva a tenu promesse. 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