{"id":6963,"date":"2010-03-16T14:10:58","date_gmt":"2010-03-16T13:10:58","guid":{"rendered":""},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"2254","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/2254\/","title":{"rendered":"Le Cameroun ne veut plus du riz import\u00e9"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p><span class=\"cap\" title=\"S\"><span>S<\/span><\/span>elon l&rsquo;Institut national de la statistique, le Cameroun produisait 80% de la consommation nationale du riz en 1975. En 2007, ce pays est oblig&eacute; d&rsquo;importer pr&egrave;s de 90% de ses besoins en riz. C&rsquo;est que, les soci&eacute;t&eacute;s nationales qui produisaient du riz ont fait faillite depuis des lustres. Ce sont&nbsp;: la Soci&eacute;t&eacute; d&rsquo;expansion et de modernisation de la riziculture de Yagoua (SEMRY), la Soci&eacute;t&eacute; de d&eacute;veloppement de la riziculture dans la plaine des Mbo (SODERIM) dans la r&eacute;gion de l&rsquo;Ouest, l&rsquo;Upper Wun valley development authority (l&rsquo;UNVDA) au Nord-Ouest. M&ecirc;me les riziculteurs priv&eacute;s ont disparu de la circulation, depuis la lib&eacute;ralisation et le retrait de l&rsquo;Etat&nbsp;du secteur de l&rsquo;agriculture, suivi de la suppression des subventions aux producteurs. Un retrait impos&eacute; par les institutions de Bretton Woods avec leur plan d&rsquo;ajustement structurel lanc&eacute; dans les ann&eacute;es 90, dit-on, pour sortir de la crise &eacute;conomique. Aujourd&rsquo;hui, la SEMRY, sans moyens, tente de maintenir dans les champs, les riziculteurs de Maga et de Yagoua dans le Mayo-Danay. Mais les r&eacute;sultats sont tr&egrave;s maigres. Le directeur de la SEMRY, Marc Samatana, a avou&eacute; au cours de la rencontre de vendredi dernier &agrave; Yaound&eacute;, qu&rsquo;en 2009, 70&nbsp;000 tonnes seulement de riz ont &eacute;t&eacute; produites par ces riziculteurs qu&rsquo;il encadre. Avec ce maigre butin, il reste nostalgique de l&rsquo;ann&eacute;e 1985 o&ugrave; la SEMRY , &agrave; elle seule, avait r&eacute;colt&eacute; 110 000 tonnes de riz. Aujourd&rsquo;hui, il en est &agrave; r&ecirc;ver de 120&nbsp;000 tonnes de riz &agrave; l&rsquo;horizon 2012, dans un pays o&ugrave; les besoins de consommation en la mati&egrave;re sont estim&eacute;s &agrave; 400&nbsp;000 tonnes par an. Qui comblera le gap&nbsp;?<\/p>\n<p><strong>Les chinois encore pr&eacute;sents&nbsp;!<\/strong><\/p>\n<p>A c&ocirc;t&eacute; de la SEMRY, soci&eacute;t&eacute; &agrave; capitaux publics, dont les deux usines de transformation de Yagoua et de Maga (transf&eacute;r&eacute;e plus tard &agrave; Kousseri) sont ferm&eacute;es depuis 1994, confinant la transformation locale du riz &agrave; moins de 1%, l&rsquo;entreprise chinoise Iko s&rsquo;investit dans ce domaine porteur, en envahissant l&rsquo;espace n&eacute;glig&eacute; par les nationaux. A Nanga Eboko, dans le d&eacute;partement de la Haute-Sanaga o&ugrave; elle s&rsquo;est install&eacute;e depuis 2008, Iko, encore en phase d&rsquo;exp&eacute;rimentation, produit, transforme et commercialise sur place une partie de son riz. En 2009, sur une superficie de 15 hectares , elle a produit 45 tonnes de riz commercialis&eacute; dans la Haute-Sanaga &agrave; 250 FCfa et 300 FCfa le kilogramme. Tandis que dans les autres localit&eacute;s du pays, le m&ecirc;me riz, import&eacute;, co&ucirc;te &nbsp;au moins 400 FCfa le kilogramme. Ses &laquo;&nbsp;pr&eacute;visions pour cette ann&eacute;e 2010 s&rsquo;&eacute;l&egrave;vent &agrave; une superficie de 200 hectares , soit une production de 6000 tonnes qui correspond &agrave; 12&nbsp;000 sacs de riz de 50 kilogrammes&nbsp;&raquo;, soutient le d&eacute;l&eacute;gu&eacute; d&eacute;partemental du Mincommerce dans la Haute-Sanaga , Bipane Abanda Denis. Ce dernier souligne que cette entreprise chinoise devrait &eacute;tendre ses cultures sur 6000 hectares, d&rsquo;apr&egrave;s le protocole d&rsquo;accord sign&eacute; avec le Cameroun.<\/p>\n<p>Au cours de sa concertation avec les op&eacute;rateurs de la fili&egrave;re riz, le 12 mars 2010 &agrave; Yaound&eacute;, le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana a souhait&eacute; que les nationaux suivent l&rsquo;exemple chinois, en investissant dans la culture du riz qui leur rapportera sans doute gros. Il d&eacute;plore une production nationale &laquo;&nbsp;r&eacute;siduelle par rapport aux importations&nbsp;&raquo;. Le Mincommerce affirme ainsi que le Cameroun importe 500&nbsp;000 tonnes de riz par an. Pourtant, si les op&eacute;rateurs &eacute;conomiques mettent la main &agrave; la p&acirc;te, cette quantit&eacute;, voire plus, peut bien &ecirc;tre produite au pays. Parce que &laquo;&nbsp;ce pays regorge des atouts&nbsp;naturels&raquo;, d&eacute;clare-t-il, faisant allusion aux vastes surfaces cultivables, malheureusement encore en friche.<\/p>\n<p><strong>Les nationaux dans l&rsquo;op&eacute;ration&nbsp;?<\/strong><\/p>\n<p>Rien qu&rsquo;&agrave; Lagdo, on parle de 40&nbsp;000 hectares cultivables pour le riz. Il y&rsquo;en a &eacute;galement &agrave; Ndop, &agrave; Santchou etc. Au total, il y&rsquo;a, apprend-on, 240 000 ha de surface arables pour la culture du riz au Cameroun. Mais &agrave; ce jour, moins de 10% de cette surface sont cultiv&eacute;s, d&rsquo;apr&egrave;s le directeur de la SEMRY , qui affirme que les p&eacute;rim&egrave;tres de cette soci&eacute;t&eacute; situ&eacute;e dans la r&eacute;gion de l&rsquo;Extr&ecirc;me-Nord peuvent permettre l&rsquo;exploitation de 13 500 ha par an. &nbsp;Ce qui est encore rendu difficile par des probl&egrave;mes de v&eacute;tust&eacute; des appareils de la SEMRY et de manque du mat&eacute;riel. R&eacute;sultat, le peu de paddy (riz non d&eacute;cortiqu&eacute;) produit &agrave; Maga et Yagoua n&rsquo;est pas consomm&eacute; par les Camerounais, parce qu&rsquo;il n&rsquo;est transform&eacute; et commercialis&eacute; localement qu&rsquo;&agrave; moins de 1%. Il est presque enti&egrave;rement export&eacute; au Nigeria voisin, par manque de d&eacute;cortiqueuse. &laquo;&nbsp;Il y&rsquo;a quelques temps, c&rsquo;est m&ecirc;me la France qui achetait notre riz paddy parce qu&rsquo;il est naturel (sans OGM, Ndlr), et a un bon go&ucirc;t. Pendant ce temps, les Camerounais mangeaient du riz chinois, parce que notre riz n&rsquo;est pas transform&eacute; au pays&nbsp;&raquo;, &nbsp;regrette Marc Samatana qui souhaite que les op&eacute;rateurs &eacute;conomiques nationaux se mettent ensemble pour r&eacute;ouvrir, en client&egrave;le priv&eacute;e, &nbsp;les usines de Yagoua et de Kousseri, ferm&eacute;es depuis longtemps &agrave; cause de la sous-production locale. Quelques uns parmi le peu d&rsquo;op&eacute;rateurs qui ont r&eacute;pondu pr&eacute;sents &agrave; la rencontre de vendredi dernier, se sont dits tent&eacute;s par l&rsquo;affaire. La compagnie SOACAM par exemple a promis pr&eacute;senter son projet au gouvernement dans un d&eacute;lai d&rsquo;un mois, apr&egrave;s une &eacute;tude de faisabilit&eacute; bien men&eacute;e. Reste &agrave; passer de la promesse aux actes.<\/p>\n<p>\n<span>marie.noelle.guichi <\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Selon l&rsquo;Institut national de la statistique, le Cameroun produisait 80% de la consommation nationale du riz en 1975. En 2007, ce pays est oblig&eacute; d&rsquo;importer pr&egrave;s de 90% de ses besoins en riz. C&rsquo;est que, les soci&eacute;t&eacute;s nationales qui produisaient du riz ont fait faillite depuis des lustres. 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