{"id":6989,"date":"2010-05-24T12:49:05","date_gmt":"2010-05-24T10:49:05","guid":{"rendered":""},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"2280","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/2280\/","title":{"rendered":"\u00abJ&rsquo;en ai rien \u00e0 faire du cinquantenaire de l\u2019ind\u00e9pendance du Cameroun. On n&rsquo;a m\u00eame pas d&rsquo;eau potable!\u00bb"},"content":{"rendered":"\n\n\n<div class=\"mna-image\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" data-expand=\"600\" class=\"lazyload\" width=\"590\" height=\"380\" alt=\"Des Camerounais avec des chemises en l'honneur du pr&eacute;sident Paul\nBiya, le jour des festivit&eacute;s des 50 ans d'accession &agrave; l'ind&eacute;pendance du\npays, le jeudi 20 mai &agrave; Yaound&eacute;, la capitale.\" src=\"data:image\/svg+xml;charset=utf-8,%3Csvg xmlns%3D'http%3A%2F%2Fwww.w3.org%2F2000%2Fsvg' viewBox%3D'0 0 590 380'%2F%3E\" data-src=\"http:\/\/cache.20minutes.fr\/img\/photos\/20mn\/2010-05\/2010-05-20\/article_cameroun.jpg\" \/><\/p>\n<p>Des Camerounais avec des chemises en l&rsquo;honneur du pr&eacute;sident  Paul Biya, le jour des festivit&eacute;s des 50 ans d&rsquo;accession &agrave;  l&rsquo;ind&eacute;pendance du pays, le jeudi 20 mai &agrave; Yaound&eacute;, la capitale. <span class=\"mna-image-credits\">S. POUZET \/ 20 MINUTES<\/p>\n<p><\/span><\/p>\n<h2>REPORTAGE &#8211; Le Cameroun comm&eacute;more, ce jeudi, les cinquante ans de  son ind&eacute;pendance &agrave; l&rsquo;occasion de la f&ecirc;te nationale. Les festivit&eacute;s, tr&egrave;s  officielles, laissent un go&ucirc;t amer &agrave; la population.<\/h2>\n<p><span style=\"color: rgb(51, 102, 255);\"><strong>De notre envoy&eacute;e sp&eacute;ciale au  cameroun<\/strong><\/span><\/p>\n<p>La sc&egrave;ne semble r&eacute;sumer &agrave; elle seule l&rsquo;ambiance de la comm&eacute;moration  organis&eacute;e par le Cameroun pour les cinquante ans de son ind&eacute;pendance, c&eacute;l&eacute;br&eacute;s  aujourd&rsquo;hui &agrave; l&rsquo;occasion de la f&ecirc;te nationale. Une quarantaine de  badauds sont mass&eacute;s au-dessus d&rsquo;un terrain vague o&ugrave; s&rsquo;amoncellent  papiers et d&eacute;tritus, &agrave; Yaound&eacute;, la capitale. En face se dresse le  Hilton, l&rsquo;h&ocirc;tel de luxe o&ugrave; logent les personnalit&eacute;s &eacute;trang&egrave;res invit&eacute;es  pour l&rsquo;occasion.En contrebas se d&eacute;roule le d&eacute;fil&eacute;. Certains sont venus  par curiosit&eacute;, d&rsquo;autres parce que &laquo;c&rsquo;est important&raquo;. Mais tous se  sentent mis &agrave; l&rsquo;&eacute;cart de cet anniversaire symbolique, que la plupart des  habitants suivront &agrave; la t&eacute;l&eacute;vision.<\/p>\n<p>Dans le groupe, Patrice Njeng, 30 ans, venu avec son fils pour voir  les chars et &laquo;v&eacute;rifier si mon arm&eacute;e est assez solide pour nous d&eacute;fendre  en cas d&rsquo;attaque&raquo;. Il ne s&rsquo;attardera pas pour autant. Car pour lui,  &laquo;cette comm&eacute;moration est l&agrave; pour montrer &agrave; la communaut&eacute; internationale  qu&rsquo;il y a la paix et la s&eacute;curit&eacute;, alors qu&rsquo;&agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur du pays cela ne  tourne pas bien&raquo;. Cinquante ans apr&egrave;s l&rsquo;ind&eacute;pendance du Cameroun, la  &laquo;paix&raquo; vant&eacute;e sur les banderoles dans la ville est bien r&eacute;elle, mais la  &laquo;prosp&eacute;rit&eacute;&raquo; reste encore &eacute;trang&egrave;re &agrave; la population.<\/p>\n<p>La preuve, affirme Patrice Njeng: impossible de trouver du travail  malgr&eacute; son dipl&ocirc;me en biologie animale. &laquo;On m&rsquo;a dit que ce n&rsquo;est pas de  la faute du pr&eacute;sident (Paul Biya, au pouvoir depuis 1982) mais de son  entourage.&raquo; Il n&rsquo;emp&ecirc;che, &laquo;un ch&ocirc;meur ne peut pas applaudir un homme &agrave;  la t&ecirc;te de son pays. Tant qu&rsquo;il restera au pouvoir, les riches resteront  riches et les pauvres resteront pauvres&raquo;. Il se dit d&rsquo;autant plus  &laquo;d&eacute;sesp&eacute;r&eacute;&raquo; que Paul Biya a modifi&eacute; la Constitution pour pouvoir se  repr&eacute;senter &agrave; la pr&eacute;sidentielle en 2011. &laquo;On pi&eacute;tine la d&eacute;mocratie,  ici&raquo;, affirme-t-il calmement en observant le d&eacute;fil&eacute;.<\/p>\n<h3>&laquo;Il n&rsquo;y a pas de d&eacute;mocratie&raquo;<\/h3>\n<p>Autour de lui, des dizaines d&rsquo;habitants marchent d&rsquo;un pas press&eacute;.  Toutes les rues alentour ont &eacute;t&eacute; ferm&eacute;es &agrave; la circulation jusqu&rsquo;&agrave;  l&rsquo;a&eacute;roport. Quand une voiture du cort&egrave;ge pr&eacute;sidentiel passe, tout le  monde s&rsquo;immobilise imm&eacute;diatement. Une consigne des militaires. Un signe  de t&ecirc;te, puis ils reprennent leur marche. Charles Tchoula, 71 ans, s&rsquo;en  agace: &laquo;Vous avez d&eacute;j&agrave; vu un endroit o&ugrave; on s&rsquo;arr&ecirc;te quand le pr&eacute;sident  passe, vous?&raquo; Il marche depuis une heure &agrave; cause des routes bloqu&eacute;es.  &laquo;Hier c&rsquo;&eacute;tait d&eacute;j&agrave; le cas, et l&agrave; je subis le m&ecirc;me sort. A chaque fois  c&rsquo;est pareil&raquo;.<\/p>\n<p>Lui ne s&rsquo;arr&ecirc;tera pas pour entr&rsquo;apercevoir le d&eacute;fil&eacute; avec le reste du  groupe. &laquo;J&rsquo;en ai rien &agrave; faire du cinquantenaire, l&acirc;che le vieil homme.  On n&rsquo;a m&ecirc;me pas d&rsquo;eau potable! Cinquante ans apr&egrave;s! M&ecirc;me pas de  toilettes publiques, et regardez nos rues&hellip;&raquo; Il avait 21 ans quand le  Cameroun est devenu ind&eacute;pendant. Mais d&eacute;j&agrave; &agrave; cette &eacute;poque, &laquo;mes espoirs  se sont envol&eacute;s quand j&rsquo;ai vu que ceux qui ont lutt&eacute; pour  l&rsquo;ind&eacute;pendance, les membres du parti UPC, ont &eacute;t&eacute; mis &agrave; l&rsquo;&eacute;cart&raquo;. Pour  lui, &laquo;le Cameroun n&rsquo;est pas ind&eacute;pendant. Nous sommes encore au Franc  CFA, nous n&rsquo;avons m&ecirc;me pas notre propre monnaie. Et il existe 350 partis  politiques. Que voulez-vous faire avec &ccedil;a? C&rsquo;est absurde et le signe  qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de d&eacute;mocratie. Alors forc&eacute;ment le bilan du  cinquantenaire est plus n&eacute;gatif que positif.&raquo; La France? &laquo;Ce n&rsquo;est pas  de sa faute si le pays est dans cet &eacute;tat mais celle des valets qui sont  au pouvoir ici. La Fran&ccedil;afrique n&rsquo;a pas disparu avec Sarkozy,  contrairement &agrave; ce qu&rsquo;il dit. Il est all&eacute; voir (l&rsquo;ex-pr&eacute;sident du Gabon)  Omar Bongo quand il &eacute;tait &agrave; peine investi &agrave; la pr&eacute;sidence.&raquo;<\/p>\n<h3>C&eacute;l&eacute;brations &agrave; un niveau tr&egrave;s officiel<\/h3>\n<p>Le long des rues, derri&egrave;re les immeubles, on aper&ccedil;oit parfois la  tribune pr&eacute;sidentielle. Pour ce cinquantenaire c&eacute;l&eacute;br&eacute; &agrave; un niveau tr&egrave;s  officiel, le pr&eacute;sident Biya a demand&eacute; &agrave; EuroRSCG de faire venir des  personnalit&eacute;s &eacute;trang&egrave;res pour participer &agrave; une conf&eacute;rence internationale  sur l&rsquo;avenir du continent. Parmi eux, des chefs d&rsquo;Etat africains, deux  prix Nobel  de la Paix, deux anciens Premiers ministres fran&ccedil;ais, Alain Jupp&eacute;  et Michel  Rocard, et le ministre &agrave; la Coop&eacute;ration, Alain Joyandet. Alain Jupp&eacute;  reconna&icirc;t que le bilan est &laquo;contrast&eacute;. Il y a eu des &eacute;checs, mais pas  seulement &agrave; cause de la France&raquo;. Cinquante ans apr&egrave;s, ce bilan laisse un  go&ucirc;t amer aux Camerounais, qui se sentent d&eacute;laiss&eacute;s par le pouvoir. A  l&rsquo;image des comm&eacute;morations, qu&rsquo;ils observent de loin faute d&rsquo;avoir &eacute;t&eacute;  invit&eacute;s &agrave; y participer.<\/p>\n<p><\/p>\n<div class=\"mna-signature\" id=\"mna-signature\">A Yaound&eacute;, Faustine Vincent<\/div>\n<p><span class=\"mna-image-credits\"><br \/>\n<\/span><\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Des Camerounais avec des chemises en l&rsquo;honneur du pr&eacute;sident Paul Biya, le jour des festivit&eacute;s des 50 ans d&rsquo;accession &agrave; l&rsquo;ind&eacute;pendance du pays, le jeudi 20 mai &agrave; Yaound&eacute;, la capitale. S. 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