{"id":6999,"date":"2010-07-04T12:45:19","date_gmt":"2010-07-04T10:45:19","guid":{"rendered":""},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"2290","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/2290\/","title":{"rendered":"C\u00e9lestin Tawamba : Je suspends un investissement de 2 milliards de francs"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><span class=\"13aria\"> <i>Face &agrave; une concurrence d&eacute;loyale dans le secteur des p&acirc;tes  alimentaires, le pr&eacute;sident de l&rsquo;Association des producteurs camerounais,  par ailleurs pr&eacute;sident du conseil d&rsquo;administration des soci&eacute;t&eacute;s La  Pasta Sa et Panzani Sa, vient de suspendre le montage au Cameroun d&rsquo;une  usine de fabrication de la semoule de bl&eacute; dur. Dans cet entrtien avec  Mutations, il fait le tour des difficult&eacute;s et revient sur les  suggestions que l&rsquo;association a d&eacute;j&agrave; soumises au gouvernement,  pour en  sortir.<\/i><\/p>\n<p><img decoding=\"async\" data-expand=\"600\" class=\"lazyload\" border=\"0\" align=\"left\" src=\"data:image\/svg+xml;charset=utf-8,%3Csvg xmlns%3D'http%3A%2F%2Fwww.w3.org%2F2000%2Fsvg' viewBox%3D'0 0 1 1'%2F%3E\" data-src=\"http:\/\/www.quotidienmutations.info\/images\/tawamba-celestin.gif\" alt=\"\" \/><b>Pour emp&ecirc;cher la faillite des unit&eacute;s locales  de fabrication des p&acirc;tes alimentaires, vous avez multipli&eacute; les d&eacute;marches  aupr&egrave;s de certains membres du gouvernement, pour attirer leur  attention. Peut-on dire qu&rsquo;il y a p&eacute;ril aujourd&rsquo;hui pour les entreprises  camerounaises de fabrication de p&acirc;tes alimentaires? <\/b><br \/>\nOui. Il y a  v&eacute;ritablement p&eacute;ril. On n&rsquo;est pas loin de fermer l&rsquo;ensemble de nos  entreprises dans le secteur des p&acirc;tes alimentaires. D&eacute;j&agrave;, il y en a une  qui a ferm&eacute;. Sur les 5, il ne reste que 4 aujourd&rsquo;hui. Cette entreprise a  ferm&eacute; parce que le secteur des p&acirc;tes alimentaire est en sous activit&eacute;.  Il tourne &agrave; peine &agrave; 30 ou 40 % de sa capacit&eacute; de production. Et vous  savez que si une usine tourne &agrave; 40%, elle est tr&egrave;s en de&ccedil;&agrave; de son seuil  de rentabilit&eacute;. Cela se passe depuis un certain nombre d&rsquo;ann&eacute;es. Et  c&rsquo;est essentiellement d&ucirc; aux importations massives des p&acirc;tes  alimentaires qui arrivent au Cameroun. Aujourd&rsquo;hui, les p&acirc;tes  alimentaires import&eacute;es repr&eacute;sentent en termes de volume environ 60% des  parts de march&eacute; ; et en termes de r&eacute;f&eacute;rences 85% des parts de march&eacute;.  Vous comprenez que face &agrave; une situation comme celle l&agrave;, nous serons  oblig&eacute;s de fermer et sacrifier les milliers d&rsquo;emplois que constitue ce  secteur d&rsquo;activit&eacute;. <\/p>\n<p><b>Vous parlez de milliers d&rsquo;emplois &agrave;  prot&eacute;ger. Quel est le niveau d&rsquo;investissement et de production des  entreprises de production des p&acirc;tes alimentaires? <\/b><br \/>\nLe secteur des  p&acirc;tes alimentaires c&rsquo;est 45 000 tonnes de capacit&eacute; de production par  an. Cette production peut alimenter le Cameroun et toute l&rsquo;Afrique  centrale. C&rsquo;est 15 milliards de francs Cfa d&rsquo;investissement. Donc, c&rsquo;est  quand m&ecirc;me un secteur majeur. C&rsquo;est quatre unit&eacute;s aujourd&rsquo;hui, cela  fait presque le S&eacute;n&eacute;gal, la C&ocirc;te d&rsquo;Ivoire, et le B&eacute;nin r&eacute;unis, en termes  de nombre d&rsquo;unit&eacute;s de production. Le Cameroun qui est v&eacute;ritablement un  pays d&rsquo;entrepreneurs a pris le risque d&rsquo;investir dans ce secteur. Mais  comme toujours nous avons l&rsquo;impression que les pouvoirs publics ne sont  pas conscients, et sont les premiers destructeurs. <\/p>\n<p><b>Le  probl&egrave;me, selon vous, c&rsquo;est le gouvernement? <\/b><br \/>\nLe gouvernement  laisse faire et ce n&rsquo;est pas normal. C&rsquo;est-&agrave;-dire que celui qui laisse  faire le mal est celui qu&rsquo;on doit condamner le plus. Ce mal c&rsquo;est  d&rsquo;abord ce laxisme, le fait que tout et n&rsquo;importe quoi entre au Cameroun  sans respecter les normes minimales. La plupart de ces p&acirc;tes ne sont  pas faites &agrave; base de 100%   bl&eacute; dur, comme le stipulent nos normes. Les  p&acirc;tes import&eacute;es aujourd&rsquo;hui sont un m&eacute;lange de bl&eacute; tendre et bl&eacute; dur.  Mais il se trouve que ces p&acirc;tes l&agrave; lors de la fabrication ont subi un  chauffage important, un degr&eacute; de temp&eacute;rature qui fait que l&rsquo;amidon a &eacute;t&eacute;  compl&egrave;tement consum&eacute;. Donc, il est impossible au niveau des contr&ocirc;les  post production, de v&eacute;rifier qu&rsquo;il y a effectivement de l&rsquo;amidon dans  ces p&acirc;tes. Cette diff&eacute;rence peut d&eacute;j&agrave; se constater au niveau du prix. <br \/>\nDu  moment que vous avez des p&acirc;tes qui arrivent au Cameroun avec un prix  inf&eacute;rieur &agrave; notre prix d&rsquo;achat de la semoule 100% bl&eacute; dur, venant des  m&ecirc;mes origines, cela suppose qu&rsquo;il y a un probl&egrave;me au niveau de la  qualit&eacute; du produit et m&ecirc;me de celui du respect des normes d&rsquo;&eacute;tiquetage.  Vous avez des p&acirc;tes dont l&rsquo;&eacute;tiquetage est en Chinois, en Turc, en Arabe,  qui ne respectent pas les normes d&rsquo;&eacute;tiquetage. Tout cela entre au  Cameroun. On a mis en place une Agence de normalisation qui doit  d&eacute;livrer un certificat de conformit&eacute;. Mais il se trouve que cette  agence, qui devrait r&eacute;guler et veiller &agrave; ce les produits fabriqu&eacute;s au  Cameroun aient une place, fait plut&ocirc;t la promotion des industries  &eacute;trang&egrave;res; parce qu&rsquo;elle d&eacute;livre &agrave; tout va des lettres de d&eacute;rogations,  n&rsquo;ayant pas d&rsquo;outils pour lui permettre de v&eacute;rifier la conformit&eacute; des  produits. Elle donne des lettres de d&eacute;rogation qui sont ill&eacute;gales. Et  enfin, il y a la douane qui est une v&eacute;ritable tare de ce pays. N&rsquo;ayant  pas les moyens, on a mis en place des valeurs de r&eacute;f&eacute;rence depuis 2006,  qu&rsquo;on devait r&eacute;viser tous les six mois. <br \/>\nCela fait trois ans que nous  demandons la r&eacute;vision des valeurs de r&eacute;f&eacute;rence, on ne daigne m&ecirc;me pas  r&eacute;pondre &agrave; nos correspondances. Nous demandons donc ces r&eacute;visions parce  que ces valeurs de r&eacute;f&eacute;rences n&rsquo;ont plus les effets escompt&eacute;s. L&rsquo;effet  de la valeur de r&eacute;f&eacute;rence, c&rsquo;&eacute;tait simplement pour r&eacute;tablir la  comp&eacute;titivit&eacute; qu&rsquo;il y a entre les prix de l&rsquo;importation et ceux de la  production locale. L&rsquo;Etat ne r&eacute;pond pas &agrave; nos correspondances, ne nous  re&ccedil;oit pas. C&rsquo;est tout simplement un genre de m&eacute;pris.<\/p>\n<p><b>Est-ce  qu&rsquo;il y a seulement eu un probl&egrave;me de normes? N&rsquo;y a t-il pas aussi la  question de la subvention de l&rsquo;agriculture dans les pays d&rsquo;origine de  ces p&acirc;tes l&agrave;? <\/b><br \/>\nOui, naturellement. En Turquie,  c&rsquo;est connu de  tout le monde, que l&rsquo;Etat subventionne lourdement les agriculteurs.  Parlant des p&acirc;tes notamment, l&rsquo;Etat finance les entreprises. Parce que  c&rsquo;est un grand bassin de production de bl&eacute;. Nous avons d&rsquo;ailleurs montr&eacute;  &agrave; l&rsquo;Etat des justificatifs de la subvention par l&rsquo;Etat turc de la  production et de la vente en exportation des p&acirc;tes alimentaires. Malgr&eacute;  cela, ils sont sourds. <\/p>\n<p><b>Peut-on avoir une id&eacute;e des diff&eacute;rentes  propositions que vous avez faites &agrave; l&rsquo;administration pour apporter un  d&eacute;but de solution &agrave; la crise qui secoue le secteur? <\/b><br \/>\nLes  propositions que nous avons toujours faites c&rsquo;est : premi&egrave;rement,  veiller au respect de la qualit&eacute; des p&acirc;tes. Parce que les p&acirc;tes qui sont  produites au Cameroun sont de qualit&eacute; sup&eacute;rieure et respectent les  normes. Deuxi&egrave;mement, relever la valeur de l&rsquo;assurance  qui est  indispensable pour r&eacute;tablir la comp&eacute;titivit&eacute; de notre produit. Parce que  face &agrave; la lib&eacute;ralisation il y a eu une liste de produits qui sont  exclus de cela. Les p&acirc;tes alimentaires sont de ces produits l&agrave;. Elles  doivent donc b&eacute;n&eacute;ficier d&rsquo;un regard de l&rsquo;Etat. Il faut donc suspendre  ces lettres de d&eacute;rogation, qui sont ill&eacute;gales ; et instaurer un  v&eacute;ritable contr&ocirc;le pour avoir des certificats de conformit&eacute; ; que la  douane sache que les p&acirc;tes qui arrivent dans des v&eacute;hicules et dans les  containers ou encore des r&eacute;frig&eacute;rateurs, sont de la contrebande et ne  doivent par cons&eacute;quent pas &ecirc;tre mises sur le march&eacute;. Une bonne partie  des p&acirc;tes alimentaire passe par ces voies, avec la complicit&eacute; de la  douane. Il faut enfin relever la valeur de r&eacute;f&eacute;rence qui va permettre de  r&eacute;tablir la comp&eacute;titivit&eacute; de nos produits.<\/p>\n<p><b>A vous &eacute;couter, a  l&rsquo;impression que vous sugg&eacute;rez une esp&egrave;ce de protectionnisme. N&rsquo;est-ce  pas contraire &agrave; l&rsquo;esprit des textes de l&rsquo;Omc?<\/b><br \/>\nIl n&rsquo;y a aucun  probl&egrave;me avec la r&eacute;glementation internationale. Car, lorsqu&rsquo;il est  prouv&eacute; qu&rsquo;il y a une subvention sur un produit, l&rsquo;Etat qui re&ccedil;oit ce  produit a la possibilit&eacute; d&rsquo;admettre un droit compensatoire. &Ccedil;a peut &ecirc;tre  soit des taxes compensatoires (nous avons introduit un dossier &agrave; ce  sujet au niveau de la cellule anti dumping du minist&egrave;re du Commerce qui  est en train de travailler dessus); ou alors mettre en place une valeur  de r&eacute;f&eacute;rence qui permet de r&eacute;tablir la comp&eacute;titivit&eacute;. Nous recherchons  l&rsquo;&eacute;quit&eacute;, mais il n&rsquo;est pas question de faire du protectionnisme. Il  s&rsquo;agit tout simplement de r&eacute;tablir l&rsquo;&eacute;quit&eacute; et la comp&eacute;titivit&eacute; de nos  produits, avec ceux qui ont un certain nombre d&rsquo;avantages que je  qualifierais d&rsquo;injustes, parce qu&rsquo;ils sont subventionn&eacute;s. <\/p>\n<p><b>Si  vos suggestions ne trouvent pas une oreille attentive de la part du  gouvernement; &agrave; quoi devrait-on s&rsquo;attendre dans les jours &agrave; venir?<\/b><br \/>\nLe  groupe &laquo;La Pasta&raquo; qui vient de suspendre un investissement de 2  milliards de Fcfa pour monter une usine neuve qui devait fabriquer la  semoule de bl&eacute; dur. Elle devait g&eacute;n&eacute;rer 100 nouveaux emplois. Si rien  n&rsquo;est fait, nous serons dans l&rsquo;obligation de fermer tout le pan  d&rsquo;activit&eacute; de fabrication de p&acirc;tes alimentaires au Cameroun. Ce pan  d&rsquo;activit&eacute; qui, depuis 6 ans, perd de l&rsquo;argent. C&rsquo;est une des raisons  pour lesquelles &laquo;Panzani&raquo; a d&ucirc; partir du Cameroun, nous serons oblig&eacute;s  de fermer cette activit&eacute; et bien entendu compresser environ 400  personnes qui travaillent dans ce secteur. <\/p>\n<p><i>Propos recueillis  par Lazare Kolyang<\/i> <\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Face &agrave; une concurrence d&eacute;loyale dans le secteur des p&acirc;tes alimentaires, le pr&eacute;sident de l&rsquo;Association des producteurs camerounais, par ailleurs pr&eacute;sident du conseil d&rsquo;administration des soci&eacute;t&eacute;s La Pasta Sa et Panzani Sa, vient de suspendre le montage au Cameroun d&rsquo;une usine de fabrication de la semoule de bl&eacute; dur. 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