{"id":70,"date":"2006-07-05T12:56:38","date_gmt":"2006-07-05T10:56:38","guid":{"rendered":""},"modified":"2006-07-05T12:56:38","modified_gmt":"2006-07-05T10:56:38","slug":"70","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/70\/","title":{"rendered":"Necrologie : Protais Asseng quitte la sc\u00e8ne"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p>Le c\u00e9l\u00e8bre dramaturge s\u2019est \u00e9teint le 30 juin dernier \u00e0 Nanga Eboko, laissant une oeuvre dense.<br \/>\nVenant Mboua  &#8211; <\/p>\n<hr size=\"1\" \/> C&rsquo;est par un communiqu\u00e9 de la Sociladra (soci\u00e9t\u00e9 civile des droits de la litt\u00e9rature et des arts dramatiques), sign\u00e9 le 3 juillet dernier, que la presse a appris le d\u00e9c&egrave;s de Asseng Protais, dramaturge de renom d\u00e9couvert au d\u00e9but des ann\u00e9es 70. Pour l&rsquo;heure, Jacobin Yarro, administrateur &agrave; la Sociladra et metteur en sc&egrave;ne attitr\u00e9 des nombreuses pi&egrave;ces du d\u00e9funt, s&rsquo;en tient au coup de fil qu&rsquo;il a re&ccedil;u de l&rsquo;\u00e9pouse de Protais Asseng quelques heures apr&egrave;s le d\u00e9c&egrave;s. Il est donc difficile de savoir de quelle maladie souffrait l&rsquo;auteur de &quot;L&rsquo;Homme femme&quot;, pi&egrave;ce \u00e9crite en 1983, qui remportera le grand prix du concours th\u00e9&acirc;tral organis\u00e9 par Radio France international (Rfi). Selon Jacobin Yarro, les obs&egrave;ques du dramaturge auront lieu jeudi et vendredi prochains, dans sa ville natale de Nanga Eboko, o&ugrave; il r\u00e9sidait depuis pr&egrave;s d&rsquo;une d\u00e9cennie, apr&egrave;s son retour des Etats-Unis d&rsquo;Am\u00e9rique.<\/p>\n<p>La vie de cet homme &agrave; l&rsquo;humour f\u00e9roce se d\u00e9cline en pointill\u00e9s : elle a \u00e9t\u00e9 faite de r\u00e9ussites et de gal&egrave;res. Il y a d&rsquo;abord cette \u00e9poque de 1969 &agrave; 1983, au cours de laquelle il \u00e9crit 10 pi&egrave;ces de th\u00e9&acirc;tre, dont pas moins de cinq ont \u00e9t\u00e9 prim\u00e9es au niveau international. Jacobin Yarro tombera sous le charme des cr\u00e9ations litt\u00e9raires d&rsquo;Asseng. Il prend un r\u00e9el plaisir &agrave; interpr\u00e9ter : &quot;Trop c&rsquo;est trop&quot;, sur les planches et &agrave; la t\u00e9l\u00e9vision; &quot;L&rsquo;homme femme&quot;; et &quot;Bokassa Ier&quot;, pi&egrave;ce avec laquelle il remporte le grand prix des rencontres th\u00e9&acirc;trales de Yaound\u00e9 en 1991.<br \/>Pendant son s\u00e9jour au pays de l&rsquo;Oncle Sam, Protais Asseng d\u00e9nonce le plagiat de son oeuvre, &quot;Trop c&rsquo;est trop&quot;, par l&rsquo;acteur de cin\u00e9ma Arnold Schwarzenegger et la maison de production Universal pictures, dans le film intitul\u00e9 &quot;Junior&quot;. Lequel film pr\u00e9sente un homme enceinte, exactement comme dans &quot;Trop c&rsquo;est trop&quot; de Asseng, une pi&egrave;ce jou\u00e9e au Cameroun et &agrave; l&rsquo;Alliance fran&ccedil;aise de New-York, bien avant le tournage du film de l&rsquo;actuel gouverneur de Californie.<\/p>\n<p><strong>Politique<\/strong><br \/>Cependant, la voix du dramaturge camerounais n&rsquo;a aucun relais face &agrave; ces adversaires am\u00e9ricains. Il ne lui restera plus qu&rsquo;&agrave; pleurnicher dans les colonnes des journaux camerounais et africains. C&rsquo;est dans cette ambiance que le Collectif des cr\u00e9ateurs d&rsquo;arts dramatiques (Cocrad), dirig\u00e9 par son ami Jacobin Yarro, organise en novembre 1996 un festival de th\u00e9&acirc;tre d\u00e9di\u00e9 enti&egrave;rement &agrave; la dramaturgie de Protais Asseng. Ce dernier arrive alors au Cameroun et red\u00e9couvre la joie de discuter avec les com\u00e9diens camerounais. Il d\u00e9couvre surtout un pays en pleine d\u00e9mocratisation. Et prend imm\u00e9diatement parti pour le changement. Au cours d&rsquo;une conf\u00e9rence de presse qu&rsquo;il donne au Centre culturel fran&ccedil;ais de Yaound\u00e9, il consid&egrave;re que si le chauffeur du v\u00e9hicule Cameroun conduit mal, il y a lieu de le changer.<\/p>\n<p>Il mettra en forme cette image en militant dans un parti de l&rsquo;opposition, l&rsquo;Undp en l&rsquo;occurrence, qui \u00e9merge encore dans la Haute Sanaga, son terroir. Aux l\u00e9gislatives de 1997, sans v\u00e9ritable campagne, il fait 14% et inqui&egrave;te l&rsquo;establishment Rdpc local. Plus tard, cet ancien directeur d&rsquo;entreprise &agrave; Yaound\u00e9 est contact\u00e9 pour travailler comme m\u00e9diateur entre les populations et la Cotco, dans le cadre de la construction du pipeline Tchad-Cameroun. Apr&egrave;s plusieurs s\u00e9ances de formation &agrave; Yaound\u00e9, il apparaissait comme le profil id\u00e9al du travailleur dans ce projet am\u00e9ricano-africain.<\/p>\n<p>Mais, il sera surpris d&rsquo;apprendre qu&rsquo;il n&rsquo;est pas retenu au terme de la formation. Dans le m&ecirc;me temps, des responsables de l&rsquo;administration l&rsquo;approchent pour lui demander de choisir entre le pouvoir et l&rsquo;opposition. Sous de nombreuses pressions, il adh&egrave;re alors au Rdpc et enterre, de fait, son action politique. Ces derni&egrave;res ann\u00e9es, le dramaturge, \u00e9mouss\u00e9 physiquement et financi&egrave;rement, passait sa retraite &agrave; la mairie de Nanga Eboko. A 60 ans, paup\u00e9ris\u00e9, Protais Asseng s&rsquo;en va dans l&rsquo;anonymat, comme de nombreux hommes de culture du Cameroun. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le c\u00e9l\u00e8bre dramaturge s\u2019est \u00e9teint le 30 juin dernier \u00e0 Nanga Eboko, laissant une oeuvre dense. 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