{"id":7059,"date":"2011-06-08T14:13:18","date_gmt":"2011-06-08T12:13:18","guid":{"rendered":""},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"2350","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/2350\/","title":{"rendered":"Col\u00e8res: Emeutes au stade Ahmadou Ahidjo \/ Un supporter tu\u00e9 par balle"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b><i>Plusieurs voitures cass&eacute;es, des policiers bless&eacute;s et des  manifestants molest&eacute;s pendant l&rsquo;affrontement qui a oppos&eacute; des milliers  de jeunes aux forces de l&rsquo;ordre &agrave; l&rsquo;issue du match Cameroun &ndash; S&eacute;n&eacute;gal.<\/i><\/b><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div class=\"image_wrapper\"><img decoding=\"async\" data-expand=\"600\" class=\"lazyload\" width=\"400\" align=\"left\" src=\"data:image\/svg+xml;charset=utf-8,%3Csvg xmlns%3D'http%3A%2F%2Fwww.w3.org%2F2000%2Fsvg' viewBox%3D'0 0 400 1'%2F%3E\" data-src=\"http:\/\/www.cameroun24.net\/images\/news\/morts_couche_sol430.jpg\" alt=\"\" \/><\/div>\n<p>Les forces de police et de gendarmerie ont eu chaud samedi, peu apr&egrave;s le  match nul des Lions Indomptables contre ceux de la T&eacute;ranga.<\/p>\n<p>Imm&eacute;diatement &agrave; la fin de la rencontre, plusieurs milliers de jeunes ont  investi l&rsquo;esplanade du stade Ahmadou Ahidjo pour manifester leur col&egrave;re  apr&egrave;s cette performance des Lions qui a quasiment scell&eacute; leur  &eacute;limination de la Can Gabon et Guin&eacute;e &eacute;quatoriale 2012.<\/p>\n<p>&laquo; Eto&rsquo;o mouilleur, Eto&rsquo;o mouilleur &raquo;, scandent ces jeunes, visiblement  remont&eacute;s contre le capitaine des Lions Indomptables, coupable, &agrave; leurs  yeux, d&rsquo;avoir manqu&eacute; un p&eacute;nalty en toute fin de rencontre. Des bandes de  jeunes ont violemment d&eacute;shabill&eacute; tous les supporters, hommes comme  femmes, qui se trouvaient dans les parages, v&ecirc;tus d&rsquo;un maillot &agrave;  l&rsquo;effigie d&rsquo;Eto&rsquo;o. Des maillots ensuite d&eacute;chir&eacute;s par la foule.<\/p>\n<p>Les Lions Indomptables, eux, sont encore &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur du stade. Les  manifestants menacent d&rsquo;y entrer pour les d&eacute;loger, mais la police et la  gendarmerie forment un cordon de s&eacute;curit&eacute; assez dissuasif. Le grand bus  des Lions Indomptables, lui, a &eacute;t&eacute; mis &agrave; l&rsquo;abri. Les dirigeants de la  F&eacute;cafoot ont senti le roussi.<\/p>\n<p>Aux environs de 18h15, une pluie de pierres s&rsquo;abat sur les forces de  l&rsquo;ordre. La police r&eacute;plique. Quatre camions anti&eacute;meute charg&eacute;s d&rsquo;eau se  mettent aux trousses des manifestants. Ils sont pulv&eacute;ris&eacute;s, mais se  mettent &agrave; l&rsquo;abri et reviennent encore plus d&eacute;termin&eacute;s. Encore des  pierres et toutes sortes de projectiles qu&rsquo;ils ramassent. Les v&eacute;hicules  qui tentent de passer sont pris pour cibles par ces jeunes. Des  pare-brises d&rsquo;une dizaine de voitures sont caillass&eacute;s, des policiers  bless&eacute;s. En riposte, quelques jeunes manifestants sont arr&ecirc;t&eacute;s et  molest&eacute;s.<\/p>\n<p>La nuit est tomb&eacute;e. La grogne des jeunes n&rsquo;arr&ecirc;te pas. Ils sont de plus  en plus nombreux et excit&eacute;s. L&rsquo;affrontement entre ces jeunes et les  forces de police a lieu maintenant dans la p&eacute;nombre. Toute l&rsquo;esplanade  du stade omnisports, de la station Texaco jusqu&rsquo;&agrave; la Mobil, n&rsquo;a pas  d&rsquo;&eacute;clairage public. Dans le noir, la t&acirc;che de la police n&rsquo;est que plus  compliqu&eacute;e. Surtout qu&rsquo;il n&rsquo;y a plus d&rsquo;eau dans les camions anti&eacute;meute  de la police.<\/p>\n<p>Marabouts<\/p>\n<p><\/p>\n<p>Ces camions, dans la p&eacute;nombre, pourchassent des jeunes qui risquent  d&rsquo;&ecirc;tre &eacute;cras&eacute;s &agrave; tout moment. Mais rien n&rsquo;y fait. Comme s&rsquo;ils s&rsquo;&eacute;taient  pass&eacute; le mot, les manifestants, qui sont visiblement &acirc;g&eacute;s de 15 &agrave; 23  ans, n&rsquo;en d&eacute;mordent point. Ils continuent de jeter des pierres sur les  forces de l&rsquo;ordre qui sont oblig&eacute;es de fuir pour se retrancher dans le  stade, &agrave; l&rsquo;abri des projectiles.<\/p>\n<p><\/p>\n<p>Les policiers, face &agrave; la furie des manifestants, sont oblig&eacute;s de sortir  les grands moyens. Avec le renfort de la gendarmerie, plusieurs tirs de  bombes lacrymog&egrave;nes retentissent dans le ciel. Le nuage de fum&eacute;e que  provoque ces bombe couvre toute l&rsquo;esplanade de Mfandena, th&eacute;&acirc;tre des  &eacute;meutes. L&rsquo;odeur est pestilentielle et, surtout, le gaz pique les yeux  de ceux qui sont sur les lieux. Les insurg&eacute;s, eux, replient. Ils se  r&eacute;fugient derri&egrave;re des b&acirc;timents environnant le stade, le temps que  l&rsquo;odeur se dissipe et les voil&agrave; de retour. Avec des cailloux. Les  &eacute;chauffour&eacute;es recommencent de plus belle.<\/p>\n<p>Aux environs de 19h30, ils allument des pneus autour desquels ils sont  r&eacute;unis. Ils apprennent que les Lions Indomptables ont quitt&eacute; le stade,  discr&egrave;tement, selon certaines sources, dans un bus de la police. Le  parcours a &eacute;t&eacute; d&eacute;tourn&eacute;, question de fuir la furie des supporters. Au  lieu de passer par Elig Edzoa o&ugrave; l&rsquo;ambiance est elle aussi tr&egrave;s tendue,  les Lions sont pass&eacute;s par Essos pour rejoindre, hu&eacute;s, leur h&ocirc;tel.<\/p>\n<p>Ainsi s&rsquo;est achev&eacute;e une journ&eacute;e qui avait mal commenc&eacute;e. Un peu comme le  8 octobre 2005, lorsque le Cameroun se faisait &eacute;liminer de la Coupe du  Monde 2006 par l&rsquo;Egypte (1-1) avec un p&eacute;nalty manqu&eacute; de Pierre Wom&eacute; en  fin de match. Ce matin-l&agrave;, il avait plu des cordes &agrave; Yaound&eacute;. Samedi  matin, quelques heures avant le match contre le S&eacute;n&eacute;gal, le ciel de  Yaound&eacute; a pleur&eacute;. Une grande pluie que les plus optimistes ont qualifi&eacute;e  de b&eacute;n&eacute;diction pour Samuel Eto&rsquo;o et ses co&eacute;quipiers. Pour les adeptes  d&rsquo;une certaine mystique par contre, cette pluie est un mauvais signe. &laquo;  La pluie a essuy&eacute; tout le travail que les marabouts ont fait. C&rsquo;est  mauvais. Je ne sens pas ce match &raquo;, a confi&eacute; un adepte de ces pratiques  peu cart&eacute;siennes qui font le quotidien des Lions Indomptables.<\/p>\n<p>\n<em><strong><br \/>\nJean-Bruno Tagne<\/strong><\/em><\/p>\n<p>\n<strong>Un supporter tu&eacute; par balle<\/strong><br \/>\n<em><br \/>\nApr&egrave;s le match Cameroun-S&eacute;n&eacute;gal au stade Ahmadou Ahidjo de Yaound&eacute;  samedi dernier, ils ont &eacute;t&eacute; les victimes d&rsquo;une patrouille mixte de  gendarmes et policiers.<\/em><\/p>\n<p>L&rsquo;&eacute;moi qui habite les habitants du quartier Elig-Edzoa des environs de  la station-service Mrs ce dimanche 5 mai 2011 est d&ucirc; &agrave; une sc&egrave;ne  macabre. Au r&eacute;veil, certains parmi eux sont tomb&eacute;s sur le cadavre de  Serge Alain Youmbi, un &eacute;tudiant tu&eacute; par balle pendant les &eacute;meutes qui  ont suivi le match nul entre le Cameroun et le S&eacute;n&eacute;gal (0-0) samedi  dernier au stade Ahmadou Ahidjo.<\/p>\n<p><\/p>\n<p>Qu&rsquo;ont-ils vu ? Le cadavre d&rsquo;un jeune homme gisant sur le sol. Son  poignet droit porte un brassard aux couleurs du drapeau s&eacute;n&eacute;galais. Il  est v&ecirc;tu d&rsquo;un Tee-shirt et d&rsquo;un pantalon bleus. Son visage et ses l&egrave;vres  sont tum&eacute;fi&eacute;s, d&rsquo;o&ugrave; on peut voir un caillot de sang noir&acirc;tre. &laquo; Ce  n&rsquo;est pas un habitant de notre quartier, je l&rsquo;ai vu hier pendant que les  gens lan&ccedil;aient des pierres sur tous les v&eacute;hicules qui passaient. Quand  les policiers sont arriv&eacute;s &agrave; bord des camions anti-&eacute;meute, tout le monde  courrait. Policiers et gendarmes se sont mis &agrave; tirer sur la foule.  C&rsquo;est alors que ce jeune homme est entr&eacute; ici en criant sauvez-moi,  sauvez-moi ! &raquo;, raconte Germain Ngoah, qui habite pr&egrave;s du lieu o&ugrave; le  cadavre a &eacute;t&eacute; retrouv&eacute;. Serge Alain Youmbi n&rsquo;a pas pu &ecirc;tre sauv&eacute;, le  jeune homme de 20 ans a succomb&eacute; apr&egrave;s la balle qu&rsquo;il a re&ccedil;ue au thorax.<\/p>\n<p>Hier matin, quand les gendarmes sont arriv&eacute;s sur les lieux, la foule  entourait le cadavre. Tandis que certains cherchaient &agrave; l&rsquo;identifier,  d&rsquo;autres curieux s&rsquo;en rapprochaient pour le voir, malgr&eacute; le refus des  gendarmes. Personne n&rsquo;a pu l&rsquo;identifier. C&rsquo;est autour de 9 h 30 mn, que  des membres de sa famille, en compagnie de policiers, se sont rendus sur  les lieux et ont emmen&eacute; la d&eacute;pouille &agrave; la morgue. &laquo; Nous verrons, nous  allons chercher une morgue et nous verrons apr&egrave;s &raquo;, a confi&eacute; un homme  pr&eacute;sent&eacute; comme le fr&egrave;re de la victime. Ce dernier a par ailleurs fait  savoir que son fr&egrave;re &laquo; est un homme tranquille, qui ne cherche pas de  probl&egrave;mes &raquo;.<\/p>\n<p>Selon certaines sources que nous n&rsquo;avons pas pu confirmer, Serge Alain  Youmbi n&rsquo;est pas le seul &agrave; &ecirc;tre tomb&eacute; sous les balles des forces de  l&rsquo;ordre qui r&eacute;primaient les &eacute;meutes de samedi dernier.<\/p>\n<p><em><strong>Ateba Biwol&eacute;<\/strong><\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Plusieurs voitures cass&eacute;es, des policiers bless&eacute;s et des manifestants molest&eacute;s pendant l&rsquo;affrontement qui a oppos&eacute; des milliers de jeunes aux forces de l&rsquo;ordre &agrave; l&rsquo;issue du match Cameroun &ndash; S&eacute;n&eacute;gal. &nbsp; Les forces de police et de gendarmerie ont eu chaud samedi, peu apr&egrave;s le match nul des Lions Indomptables contre ceux de la [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[],"tags":[],"adace-sponsor":[],"class_list":["post-7059","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry"],"acf":[],"wps_subtitle":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7059","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7059"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7059\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7059"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7059"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7059"},{"taxonomy":"adace-sponsor","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/adace-sponsor?post=7059"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}