{"id":7122,"date":"2013-01-10T13:02:41","date_gmt":"2013-01-10T12:02:41","guid":{"rendered":""},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"2413","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/2413\/","title":{"rendered":"La diaspora africaine : l\u2019or gris du continent"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p>&nbsp;<strong>Si la contribution financi&egrave;re de la diaspora africaine est  bien connue sur le continent (24 milliards $ en 2012), on oublie trop  souvent qu&rsquo;elle constitue aussi une in&eacute;puisable ressource strat&eacute;gique &agrave;  l&rsquo;heure o&ugrave; l&rsquo;Afrique en a le plus besoin. Le d&eacute;fi ? Faire une place et  motiver le retour de cette mine d&rsquo;or grise sur le continent.<\/strong><\/p>\n<p>On peut &agrave; juste titre dire que la diaspora africaine est la 6<sup>e<\/sup> r&eacute;gion &eacute;conomique du continent noir, son 55<sup>e<\/sup>  pays. Forte de ses 30 millions d&rsquo;individus, son apport &eacute;conomique  direct repr&eacute;sente 2,5% du PIB continental. C&rsquo;est sans doute beaucoup  plus si on comptabilise tous les flux mon&eacute;taires qui passent par les  r&eacute;seaux informels. Mais sa plus grande valeur est ailleurs, dans les  cerveaux et la mati&egrave;re grise de ces millions de filles et fils de la  patrie. Le savoir et le savoir-faire de la diaspora sont inestimables,  d&rsquo;o&ugrave; l&rsquo;importance de favoriser leur retour pour contribuer au  d&eacute;veloppement du pays.<\/p>\n<p>Transferts de fonds, cr&eacute;ation d&rsquo;entreprises, investissements divers,  innovations technologiques et culturelles, les champs sur lesquels ces  expatri&eacute;s peuvent intervenir sont nombreux. Mais quand on examine la  situation africaine, certains chiffres frappent&nbsp;: l&rsquo;Afrique d&eacute;pense  annuellement 4 milliards $ pour l&rsquo;utilisation d&rsquo;environ 150&nbsp;000 experts  occidentaux dans divers domaines. Dans cette simple affirmation se  trouve tout le ridicule de la situation. L&rsquo;expertise de la diaspora  africaine ne pourrait-elle pas se substituer &agrave; l&rsquo;aide et la coop&eacute;ration  occidentales ? Poser la question, c&rsquo;est y r&eacute;pondre.<\/p>\n<p><strong>Pessimisme &agrave; l&rsquo;africaine<\/strong><\/p>\n<p>Pour les investisseurs &eacute;trangers, l&rsquo;Afrique n&rsquo;a jamais &eacute;t&eacute; aussi  s&eacute;duisante. Toutes les &eacute;tudes &agrave; cet effet le confirment&nbsp;: croissance  positive g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;e, climat d&rsquo;affaires am&eacute;lior&eacute;, &eacute;mergence d&rsquo;une classe  moyenne avide de consommation. Pourtant, la diaspora du continent tarde  &agrave; se laisser charmer. Une enqu&ecirc;te men&eacute;e par la firme d&rsquo;intelligence  &eacute;conomique et strat&eacute;gique Knowdys aupr&egrave;s de 56 entrepreneurs africains  bas&eacute;s &agrave; Paris, Londres et New York le confirme.<\/p>\n<p>Habitu&eacute;s &agrave; la transparence occidentale, les entrepreneurs de la  diaspora voient d&rsquo;abord, peut-&ecirc;tre &agrave; juste titre, les probl&egrave;mes qu&rsquo;on  rencontre encore en Afrique. Risques plus &eacute;lev&eacute;s, obstacles plus  nombreux, transactions financi&egrave;res plus co&ucirc;teuses ou longueur des  proc&eacute;dures, sont autant de raisons qui les poussent &agrave; ne pas venir  investir dans leurs pays d&rsquo;origine. Les &frac34; des entrepreneurs interview&eacute;s  par Knowdys consid&egrave;rent que l&rsquo;acc&egrave;s au cr&eacute;dit en Afrique est encore  limit&eacute;, que les taux d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t y sont trop &eacute;lev&eacute;s, et que les droits de  propri&eacute;t&eacute; des investisseurs sont peu prot&eacute;g&eacute;s par rapport au reste du  monde.<\/p>\n<p>Malgr&eacute; ces critiques l&eacute;gitimes, de multiples investisseurs &eacute;trangers  trouvent n&eacute;anmoins les atouts de l&rsquo;Afrique assez int&eacute;ressants pour oser  courir un certain risque. En 2010, plus de 55 milliards $  d&rsquo;investissements directs &eacute;trangers sont entr&eacute;s sur le continent, soit  cinq fois plus que 10 ans auparavant. La diaspora serait-elle donc la  derni&egrave;re &agrave; croire au potentiel actuel et futur de l&rsquo;Afrique ? Chose  certaine, une remise en cause s&eacute;rieuse est ici de mise pour comprendre  pourquoi ces Africains d&rsquo;ailleurs h&eacute;sitent encore &agrave; se lancer vers le  continent au milliard d&rsquo;&ecirc;tres humains.<\/p>\n<p><strong>R&eacute;cup&eacute;rer les cerveaux <\/strong><\/p>\n<p>Dans toute soci&eacute;t&eacute;, la prosp&eacute;rit&eacute; &eacute;conomique passe d&rsquo;abord par  l&rsquo;&eacute;ducation, la connaissance et le savoir. On estime qu&rsquo;environ 23&nbsp;000  universitaires quittent chaque ann&eacute;e l&rsquo;Afrique, un co&ucirc;t qu&rsquo;on &eacute;value &agrave;  environ 4 milliards $. Cet exode des cerveaux peut toutefois avoir des  aspects positifs dans la mesure o&ugrave; le continent les r&eacute;cup&egrave;re une fois  leur formation compl&eacute;t&eacute;e. Chercheur &agrave; l&rsquo;Universit&eacute; de Cape Town, Mercy  Brown propose de regarder l&rsquo;avantage comparatif de ce flux intellectuel.<\/p>\n<p>&laquo;&nbsp;Il faut voir l&rsquo;exode des cerveaux comme un avantage &agrave; exploiter.  Les expatri&eacute;s hautement qualifi&eacute;s constituent un bassin de sp&eacute;cialistes  dont le pays d&rsquo;origine peut tirer profit. Le d&eacute;fi consiste donc &agrave;  recruter ces cerveaux.&nbsp;&raquo; D&rsquo;apr&egrave;s l&rsquo;organisation internationale des  migrations(OIM),&nbsp; plus de 300&nbsp;000 sp&eacute;cialistes africains habitent &agrave;  l&rsquo;ext&eacute;rieur de l&rsquo;Afrique, une mine d&rsquo;or pour tout pays qui souhaite  poursuivre sa croissance et son d&eacute;veloppement. Les leaders africains ne  peuvent plus ignorer cette donn&eacute;e et doivent tout faire pour courtiser  cette mati&egrave;re grise qui fait le bonheur d&rsquo;autres nations.<\/p>\n<p>Il existe plusieurs avantages au retour des cerveaux africains. En  premier lieu, l&rsquo;&eacute;tablissement d&rsquo;un pont entre la diaspora et les pays  d&rsquo;origine. Ce pont facilite non seulement le transfert des  connaissances, mais g&eacute;n&egrave;re aussi un &laquo;&nbsp;tourisme de la diaspora&nbsp;&raquo; qui  am&egrave;ne avec lui des centaines de millions de dollars dans l&rsquo;&eacute;conomie  locale. Ensuite, la reconnaissance du savoir-faire africain ne peut  qu&rsquo;encourager d&rsquo;autres expatri&eacute;s &agrave; les imiter. Ce faisant, l&rsquo;&eacute;conomie en  b&eacute;n&eacute;ficie, mais le syst&egrave;me d&rsquo;&eacute;ducation aussi. On vient donc de jeter  les premi&egrave;res bases d&rsquo;une prosp&eacute;rit&eacute; cr&eacute;&eacute;e par les Africains, et pour  les Africains. Ces transferts ne se font plus Nord-Sud, mais plut&ocirc;t de  la diaspora vers l&rsquo;Afrique.<\/p>\n<p>Les secteurs en manque de main d&rsquo;&oelig;uvre qualifi&eacute;e sont nombreux. Dans  un rapport publi&eacute; en octobre 2012, le cabinet de recrutement Robert  Walters parlait m&ecirc;me d&rsquo;un &laquo;&nbsp;manque criant&nbsp;&raquo; dans les t&eacute;l&eacute;communications,  l&rsquo;extraction mini&egrave;re, les produits de grande consommation, la  distribution, l&rsquo;agroalimentaire, les banques et la finance. Cette  p&eacute;nurie est d&rsquo;autant plus criante que les secteurs &eacute;num&eacute;r&eacute;s sont en  pleine croissance. Le cabinet insiste donc sur &laquo;&nbsp;le retour des membres  de la diaspora pour aider &agrave; combler cette p&eacute;nurie&nbsp;&raquo;.<\/p>\n<p>Si l&rsquo;or gris peut certes jouer un r&ocirc;le de lobbyiste pour l&rsquo;Afrique  aupr&egrave;s des pays d&rsquo;adoption, son apport peut &ecirc;tre encore plus grand sur  le continent d&rsquo;origine. Mais pour convaincre cette diaspora de rentrer  chez elle, les diff&eacute;rents &Eacute;tats devront &ecirc;tre en mesure de lui offrir des  conditions et un contexte &agrave; la mesure des capacit&eacute;s, moyens et  exp&eacute;riences qu&rsquo;elle rec&egrave;le.<\/p>\n<p>Dirigeants africains, j&rsquo;esp&egrave;re que vous avez pris bonne note, car l&rsquo;avenir de votre continent en d&eacute;pend.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><span class=\"createdate\">Vendredi, 30 Novembre 2012 \/ &nbsp;<\/span> \t \t\t\t<span class=\"createby\"> \t\t\tJean-Nicolas Saucier &nbsp;<br \/>\nafriqueexpansion.com<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp;Si la contribution financi&egrave;re de la diaspora africaine est bien connue sur le continent (24 milliards $ en 2012), on oublie trop souvent qu&rsquo;elle constitue aussi une in&eacute;puisable ressource strat&eacute;gique &agrave; l&rsquo;heure o&ugrave; l&rsquo;Afrique en a le plus besoin. Le d&eacute;fi ? 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