{"id":7189,"date":"2013-08-23T19:27:14","date_gmt":"2013-08-23T17:27:14","guid":{"rendered":""},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"2481","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/2481\/","title":{"rendered":"Cameroun : Kribi ou l&rsquo;industrialisation d&rsquo;une cit\u00e9 baln\u00e9aire"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p>D&eacute;bouch&eacute; de l&rsquo;ol&eacute;oduc Tchad-Cameroun et futur p&ocirc;le portuaire, la cit&eacute;  baln&eacute;aire de Kribi s&rsquo;industrialise &agrave; vue d&rsquo;oeil. Y perdra-t-elle son  &acirc;me ?<\/p>\n<p>Kribi a tant d&rsquo;histoires &agrave; raconter qu&rsquo;un seul Mayi &ndash;&nbsp;le  festival de la ville&nbsp;&ndash; n&rsquo;y suffirait pas. Chaque ann&eacute;e, d&eacute;but mai, cette  ville intimement li&eacute;e &agrave; l&rsquo;oc&eacute;an Atlantique chante et danse sur ses  plages de sable blond pour &eacute;voquer son pass&eacute; tourment&eacute;. Son &eacute;pisode le  plus douloureux remonte &agrave; la Premi&egrave;re Guerre mondiale, lorsque, en 1914,  les populations batangas sont prises entre deux feux dans la bataille  qui oppose les forces coloniales allemandes &agrave; un corps exp&eacute;ditionnaire  franco-britannique. Pour r&eacute;duire les pertes civiles, les Batangas sont  &eacute;vacu&eacute;s manu militari et install&eacute;s &agrave; Moliko (Sud-Ouest), sur les flancs  du mont Cameroun. Le Mayi (de l&rsquo;anglais <i>May<\/i>) comm&eacute;more le retour,  le 9&nbsp;mai 1916, de ces d&eacute;plac&eacute;s sur leur terre natale apr&egrave;s la fin des  hostilit&eacute;s. Cette histoire montre qu&rsquo;&agrave; Kribi la modernit&eacute; n&rsquo;efface pas  le pass&eacute;. La ville essaie de pr&eacute;server son identit&eacute; dans le vertige de  l&rsquo;industrialisation &agrave; marche forc&eacute;e.<\/p>\n<div style=\"overflow: hidden; color: rgb(0, 0, 0); background-color: rgb(255, 255, 255); text-align: left; text-decoration: none; border: medium none;\"><\/p>\n<p><b>Chamailleries<\/b><\/p>\n<p>Situ&eacute;e dans l&rsquo;extr&ecirc;me sud du littoral  camerounais, &agrave; 200&nbsp;km de Douala, la cit&eacute; baln&eacute;aire ne ressemble en effet  plus du tout &agrave; ce qu&rsquo;elle &eacute;tait jusqu&rsquo;&agrave; la fin des ann&eacute;es 1990&thinsp;: un  paradis &eacute;cologique, avec ses fleuves aux eaux poissonneuses, ses chutes  spectaculaires se d&eacute;versant dans la mer, ses b&acirc;tisses majestueuses  h&eacute;rit&eacute;es de la colonisation allemande&hellip; Les d&eacute;tracteurs du tourisme de  masse appr&eacute;ciaient sa tranquillit&eacute;. Des c&eacute;l&eacute;brit&eacute;s de passage s&rsquo;y  r&eacute;fugiaient le temps d&rsquo;une belle parenth&egrave;se. Ce havre de paix ne  bruissait alors que des chamailleries opposant ses habitants bantous aux  autochtones pygm&eacute;es. Aujourd&rsquo;hui, effray&eacute;s par la fr&eacute;n&eacute;sie  urbanistique, ces derniers ont d&eacute;plac&eacute; leurs campements dans la for&ecirc;t,  plus pr&egrave;s de la nature.<\/p>\n<p>C&rsquo;est au d&eacute;but des ann&eacute;es 2000 que la  ville a vu d&eacute;barquer des ouvriers du b&acirc;timent et du secteur p&eacute;trolier,  avec leurs engins, leur argent, leurs besoins&hellip; Kribi, qui n&rsquo;avait rien  demand&eacute;, est depuis 2003 le d&eacute;bouch&eacute; d&rsquo;un ol&eacute;oduc transportant le  p&eacute;trole puis&eacute; dans le sud du Tchad. Le brut se d&eacute;verse dans les cuves  des tankers amarr&eacute;s &agrave; 12&nbsp;km de ses c&ocirc;tes. Par deux fois, une alerte &agrave; la  pollution a fait planer le spectre d&rsquo;une mar&eacute;e noire. Rien de grave  pour l&rsquo;instant, mais les temps ont chang&eacute;. Avant, on invoquait les  divinit&eacute;s marines pour que les filets des p&ecirc;cheurs batangas ou mab&eacute;as  ram&egrave;nent beaucoup de poisson. Aujourd&rsquo;hui, on prie pour que le mazout ne  se d&eacute;verse pas sur les c&ocirc;tes, polluant un &eacute;cosyst&egrave;me encore assez  pr&eacute;serv&eacute;.<\/p>\n<p>Pour le malheur des artisans p&ecirc;cheurs et des  plaisanciers, il est pr&eacute;vu de transformer la station baln&eacute;aire en  m&eacute;tropole industrielle. Les chantiers s&rsquo;encha&icirc;nent. Une fois le pipeline  termin&eacute;, les ouvriers sont rest&eacute;s, leurs engins aussi. Au sud de la  ville, &agrave; Lolab&eacute;, les titanesques travaux du port en eau profonde  d&eacute;marrent. Les terrassiers aplatissent les sols et arrachent la for&ecirc;t  environnante pour d&eacute;gager les espaces n&eacute;cessaires, tandis que des  ing&eacute;nieurs et ouvriers chinois d&eacute;versent des tonnes de remblai dans la  mer pour construire la digue de protection et les quais.<\/p>\n<div style=\"overflow: hidden; color: rgb(0, 0, 0); background-color: rgb(255, 255, 255); text-align: left; text-decoration: none; border: medium none;\">\n<p><b>Passion<\/b><\/p>\n<p>Le groupe fran&ccedil;ais GDF Suez et le gouvernement  camerounais b&acirc;tissent une usine de liqu&eacute;faction de gaz naturel, qui doit  &ecirc;tre livr&eacute;e &agrave; la fin 2014. Avec une capacit&eacute; de production annuelle de  3,5&nbsp;millions de tonnes de gaz naturel liqu&eacute;fi&eacute; (GNL), elle  approvisionnera les march&eacute;s &agrave; l&rsquo;export tout en satisfaisant la demande  int&eacute;rieure, &agrave; commencer par celle de la centrale &eacute;lectrique construite &agrave;  l&rsquo;entr&eacute;e de la ville, qui depuis d&eacute;but mai fournit entre 100 et 216&nbsp;MWh  selon la demande.<\/p>\n<p>Des routes sont en cours de construction, une  voie de chemin de fer et une usine d&rsquo;aluminium sont en projet&hellip; Quant &agrave;  la population, selon les pr&eacute;visions, elle devrait augmenter de  100&thinsp;000&nbsp;personnes dans les prochaines ann&eacute;es du seul fait de l&rsquo;activit&eacute;  du port. La ville va-t-elle y perdre son &acirc;me&thinsp;? Pas s&ucirc;r. Cette ann&eacute;e, le  th&egrave;me du festival du Mayi &eacute;tait &laquo;&nbsp;Kribi, notre passion&nbsp;&raquo;. On y a  beaucoup parl&eacute; de culture et d&rsquo;avenir. Ce qui est de bon augure.<\/p>\n<div style=\"overflow: hidden; color: rgb(0, 0, 0); background-color: rgb(255, 255, 255); text-align: left; text-decoration: none; border: medium none;\">\nLire l&rsquo;article sur Jeuneafrique.com : <a href=\"http:\/\/economie.jeuneafrique.com\/dossiers-2\/528-dossier-urbanisme-quelles-villes-demain-\/18558-cameroun-kribi-ou-lindustrialisation-dune-cite-balneaire.html#ixzz2coXmKpsb\" style=\"color: #003399;\" target=\"_blank\">Cameroun : Kribi ou l&rsquo;industrialisation d&rsquo;une cit&eacute; baln&eacute;aire<\/a>  <\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D&eacute;bouch&eacute; de l&rsquo;ol&eacute;oduc Tchad-Cameroun et futur p&ocirc;le portuaire, la cit&eacute; baln&eacute;aire de Kribi s&rsquo;industrialise &agrave; vue d&rsquo;oeil. Y perdra-t-elle son &acirc;me ? Kribi a tant d&rsquo;histoires &agrave; raconter qu&rsquo;un seul Mayi &ndash;&nbsp;le festival de la ville&nbsp;&ndash; n&rsquo;y suffirait pas. 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