{"id":7577,"date":"2007-09-17T10:42:08","date_gmt":"2007-09-17T08:42:08","guid":{"rendered":""},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"434","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/434\/","title":{"rendered":"Emeutes \u00e0 Yaound\u00e9"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p class=\"texte\" align=\"justify\"><span class=\"Style3\"><strong><font color=\"#666666\"><span class=\"Style32 Style43\"><em>Des conducteurs de moto-taxi ont arros&eacute; de pierres les services de la voirie municipale. La r&eacute;plique des forces de l&rsquo;ordre a &eacute;t&eacute; brutale. <\/em><\/span><\/p>\n<p><\/font>Intifada &agrave; Yaound&eacute;<\/strong><\/p>\n<p>Des conducteurs de moto-taxi ont tent&eacute; d&rsquo;imposer leur loi vendredi dernier &agrave; Yaound&eacute;. Mais, mal leur en a pris. Ils ont &eacute;t&eacute; tabass&eacute;s. Cinq d&rsquo;entre eux sont en outre interpell&eacute;s par les forces de l&rsquo;ordre. Quelques agents de la Communaut&eacute; urbaine de Yaound&eacute; (Cuy) ont &eacute;t&eacute; bless&eacute;s et des policiers brutalis&eacute;s. L&rsquo;on enregistre des pare-brise cass&eacute;s. Une dizaine de motos sont saisies. Et des toitures perc&eacute;es. Le violent film s&rsquo;est d&eacute;roul&eacute; &agrave; Yaound&eacute;. Sur des sites diff&eacute;rents, en deux &eacute;pisodes.<br \/>Peu avant 11h, les v&eacute;hicules en provenance des axes Olezoa et de H&ocirc;pital militaire ne peuvent rejoindre la Poste centrale. Le bouchon s&rsquo;&eacute;tire vers le carrefour Olezoa et le monument de la R&eacute;unification. La route est barr&eacute;e en contrebas de l&rsquo;immeuble si&egrave;ge de l&rsquo;Office du sport militaire en Afrique (Osma). Des bancs, des morceaux de m&eacute;taux, des mottes de terre et des plants de fleurs en p&eacute;pini&egrave;re servent de barricades. Ceux qui ont barr&eacute; la voie ne s&rsquo;en contentent pas. Ils arrosent les locaux des services de la voirie municipale (Svm) de pierres. <br \/>&ldquo; Ce sont des benskinneurs, ils revendiquent leurs motos &rdquo;, renseigne un policier, &agrave; bonne distance de la sc&egrave;ne. Justement, on peut les entendre crier : &ldquo; Remettez, les motos ! Remettez sinon on ne part pas ! Vous allez voir ! &rdquo; &hellip; Leurs assauts partent de la station-service Total. Certains remontent vers l&rsquo;axe de l&rsquo;h&ocirc;pital militaire pour mieux viser l&rsquo;int&eacute;rieur des Svm. Les cailloux pleuvent sur les toits. Le domicile des expatri&eacute;s Chinois juste &agrave; c&ocirc;t&eacute; n&rsquo;est pas &eacute;pargn&eacute;. Quelques policiers et agents de la Communaut&eacute; urbaine se r&eacute;fugient derri&egrave;re le portail. Mais le lieu n&rsquo;est plus s&ucirc;r. La cinquantaine de &ldquo; motos-taximen &rdquo; en furie se rapproche de temps en temps du portail de la Svm. Ce qui leur permet de lancer leurs projectiles &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur. Peu importe la forme et la taille de ces projectiles. Tout y passe. Morceaux de bois, bouteilles en verre, mottes de terres, m&ecirc;me les sacs de terre noire d&eacute;pos&eacute;s par des fleuristes.<br \/>Une foule de spectateurs, parmi lesquels des hommes en tenue, est positionn&eacute;e de part et d&rsquo;autre de la chauss&eacute;e. &ldquo; Est-ce que c&rsquo;est comme &ccedil;a qu&rsquo;on revendique ? Ils sont en train de s&rsquo;attaquer &agrave; l&rsquo;Etat &rdquo;, commente un curieux. Quelques personnes en civil renseignent sur la situation &agrave; l&rsquo;aide de walkies-talkies. &ldquo; Ce n&rsquo;est pas normal ce qu&rsquo;ils font l&agrave;. Ils ont cass&eacute; mon pare-brise &rdquo;, se plaint un taximan. &ldquo; Cailloux, cailloux &rdquo;, lancent les motos-taximen en ch&oelig;ur, &agrave; chaque fois qu&rsquo;une des cibles humaines tente de lorgner &agrave; l&rsquo;ext&eacute;rieur. Un car plein de policiers arrive. Le chauffeur ralentit comme pour stationner &agrave; l&rsquo;entr&eacute;e de la &ldquo; voirie municipale &rdquo;. Une aubaine pour les manifestants. Pluie de projectiles. Le v&eacute;hicule red&eacute;marre en trombe et s&rsquo;engouffre dans l&rsquo;enceinte des Svm. Les v&eacute;hicules venant de la Poste centrale sont aussi bloqu&eacute;s en face de la permanence Rdpc du Mfoundi.<\/p>\n<p><strong>Repression vengeresse<\/strong><br \/>Vers 11h30, un inspecteur de police coiff&eacute; du chapeau de cow-boy fonce vers la base arri&egrave;re des manifestants. Comme au cin&eacute;ma, il esquive les pierres. Une fois arriv&eacute;, il parlemente avec eux. La tension baisse d&rsquo;un cran. Le commissaire Mindjom et sa troupe sortent de leur cachette. Ils d&eacute;gagent la voie. C&rsquo;est &agrave; cet instant que des &eacute;l&eacute;ments de l&rsquo;escadron n&deg;1 de la gendarmerie mobile arrivent. Ils sont &eacute;quip&eacute;s de : casques vitr&eacute;s, prot&egrave;ge-tibias, boucliers, matraques&hellip; Le capitaine qui les m&egrave;ne se renseigne, et l&rsquo;assaut est donn&eacute; discr&egrave;tement. Les motos-taximen continuent de discuter avec la police. Du coup, ils ne voient rien venir.<br \/>Les gendarmes foncent sur le groupe de manifestants. Ceux-ci d&eacute;talent en prenant la rue en terre qui longe le Mfoundi derri&egrave;re la station-service. &ldquo; Arr&ecirc;tez-les ! &rdquo;, lancent les plus hauts grad&eacute;s. Des agents de la Cuy arm&eacute;s de barres de bois et de fers entre dans la chasse. Un moto-taximan essaye d&rsquo;enfourcher sa moto pour fuir. Trop tard. Un coup de pied volant le renverse de sa b&eacute;cane. Une s&eacute;rie de coups de pied et de matraque. Un policier se fait prendre par un fuyard. Il lui donne des coups et arrache ses &eacute;paulettes. Ce geste permet aux gendarmes de lui mettre le grappin. Une trentaine d&rsquo;&eacute;l&eacute;ments du Groupement mobile d&rsquo;intervention (Gmi) d&eacute;barque aussi. &ldquo; Je suis de la communaut&eacute;, je suis de la communaut&eacute; &rdquo;, crie un agent sur qui les coups de matraques pleuvent. Les premiers manifestants &agrave; &ecirc;tre pris se font tabasser de la t&ecirc;te au pied. &ldquo; Vous les avez d&eacute;j&agrave; arr&ecirc;t&eacute;s, pourquoi vous les tapez comme &ccedil;a ? &rdquo;, lance une vendeuse. La remarque d&eacute;pla&icirc;t &agrave; un &eacute;l&eacute;ment du Gmi. Il se retourne et lance une bombe lacrymog&egrave;ne. La foule recule vers les rails. Il lance une seconde et tout le monde monte sur la passerelle pour se mettre &agrave; l&rsquo;abri.<\/p>\n<p><strong>Les raisins de la col&egrave;re<\/strong><br \/>Au terme de la chasse, six manifestants sont pris. Les motos gar&eacute;es dans les parages sont aussi saisies. Battus &agrave; la course de vitesse, les policiers se rattrapent en coups de matraques et de bottes sur ces derniers. Les agents de la Cuy s&rsquo;y mettent &agrave; coups de b&acirc;ton et de pied. &ldquo; Mon pied est cass&eacute; &rdquo;, g&eacute;mit un manifestant. Les &eacute;l&eacute;ments du Gmi le tra&icirc;nent au sol. Le tabassage continue &agrave; l&rsquo;entr&eacute;e de la voirie municipale. Puis, un manifestant est rel&acirc;ch&eacute;. Il s&rsquo;&eacute;loigne, le nez en sang et les habits en lambeau. &ldquo; C&rsquo;est lui le meneur &rdquo;, accuse un policier en d&eacute;signant le manifestant &agrave; la jambe cass&eacute;e. &ldquo; C&rsquo;est toi qui a arr&ecirc;t&eacute; un policier l&agrave;-bas non ? C&rsquo;est un criminel. Il nous a lanc&eacute; une hache &rdquo;, poursuit un autre policier. La hache en question est amen&eacute;e, ainsi qu&rsquo;une sorte de r&acirc;teaux qu&rsquo;auraient utilis&eacute; les manifestants pour attaquer les policiers et agents de la Cuy. Le Gmi quitte les lieux. Le commissaire Mindjom saisit les t&eacute;l&eacute;phones portables des manifestants interpell&eacute;s. Puis, ils sont emmen&eacute;s au commissariat central n&deg;1. Le commandant de la l&eacute;gion de gendarmerie du Centre ram&egrave;ne ses hommes.<br \/>&ldquo; C&rsquo;est un mouvement d&rsquo;humeur. Nous avons entam&eacute; une op&eacute;ration de ratissage ce matin &agrave; Mokolo &rdquo;, explique l&rsquo;inspecteur de police principal Ebode. L&rsquo;op&eacute;ration en question fait suite &agrave; l&rsquo;arr&ecirc;t&eacute; de la Cuy, qui exige la peinture jaune sur les motos-taxis, et en interdit la circulation en zone urbaine depuis le 1er juillet 2007. Apr&egrave;s avoir saisi cinq motos, la tension est mont&eacute;e chez les moto-taximen. Ils ont assailli la police et les agents de la Cuy. &ldquo; Un policier a m&ecirc;me tir&eacute; deux coups de feu dissuasifs en l&rsquo;air &rdquo;, se souvient un agent de la Cuy. &ldquo; Mais nous &eacute;tions oblig&eacute;s de fuir. On a m&ecirc;me contourn&eacute; par Madagascar &rdquo;, ajoute-il. Les motos-taximen en col&egrave;re les ont suivis. Jusqu&rsquo;&agrave; assi&eacute;ger la voirie municipale. Lieu o&ugrave; la foudre de la r&eacute;pression s&rsquo;est abattue sur quelques uns. Ceux qui ont d&ucirc; oublier que le d&eacute;sordre est collectif. Alors que &ldquo; la responsabilit&eacute; p&eacute;nale est individuelle &rdquo;.<\/span>&nbsp;<\/p>\n<p class=\"author\">Par Edouard TAMBA <br \/>Le 17-09-2007<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Des conducteurs de moto-taxi ont arros&eacute; de pierres les services de la voirie municipale. La r&eacute;plique des forces de l&rsquo;ordre a &eacute;t&eacute; brutale. Intifada &agrave; Yaound&eacute; Des conducteurs de moto-taxi ont tent&eacute; d&rsquo;imposer leur loi vendredi dernier &agrave; Yaound&eacute;. Mais, mal leur en a pris. Ils ont &eacute;t&eacute; tabass&eacute;s. 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