{"id":7650,"date":"2007-12-16T22:28:01","date_gmt":"2007-12-16T21:28:01","guid":{"rendered":""},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"512","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/512\/","title":{"rendered":"SIDA : L\u2019obstacles des 250 dialectes"},"content":{"rendered":"\n\n\n<h2><font size=\"3\">Les multiples langues et les croyances traditionnelles compliquent la donne.<\/font><\/h2>\n<div class=\"texte\">\n<p>AU CAMEROUN, il existe six langues &laquo;&nbsp;v&eacute;hiculaires&nbsp;&raquo; principales, mais pr&egrave;s de 250 dialectes. &laquo;&nbsp;Les informations sur le virus, son mode de propagation et sur la maladie, d&eacute;j&agrave; extr&ecirc;mement complexes, p&acirc;tissent de cette extr&ecirc;me diversit&eacute;&nbsp;&raquo;, soutient le linguiste Henry Tourneux, directeur de recherche au CNRS et &agrave; l&rsquo;IRD, qui pointe certaines &laquo;&nbsp;traductions regrettables&nbsp;&raquo; faites par des non-professionnels.<\/p>\n<p>Comment en effet faire comprendre le mot virus en langue peul, le foulfould&eacute;, parl&eacute; par plus de 13&nbsp;millions de personnes en Afrique occidentale et centrale. Les traducteurs utilisent un terme plus large d&eacute;signant un ver ou une chenille. M&ecirc;me difficult&eacute; pour sida, traduit par &laquo;&nbsp;la maladie qui suce la graisse&nbsp;&raquo;, un sympt&ocirc;me tr&egrave;s banal en Afrique, o&ugrave; les diarrh&eacute;es diverses et vari&eacute;es sont l&eacute;gion. Les gens ont alors coutume d&rsquo;aller voir un gu&eacute;risseur traditionnel. Celui-ci leur prescrira des rem&egrave;des capables, selon ses dires, de leur faire reprendre du poids. Mais pire, il leur demandera d&rsquo;abandonner leurs antir&eacute;troviraux. Avec au final des r&eacute;sultats catastrophiques, l&rsquo;infection repartant de plus belle.<\/p>\n<p>&laquo;&nbsp;On ne prend pas, non plus, suffisamment en compte les repr&eacute;sentations mentales que les gens ont du sida&nbsp;&raquo; regrette ce linguiste (*). &laquo;&nbsp;&Ecirc;tre s&eacute;ropositif, souvent traduit par &ldquo;z&eacute;ropositif&rdquo;, est un terme vide de sens.&nbsp;&raquo; Idem pour le test de d&eacute;pistage, souvent assimil&eacute; &agrave; une fa&ccedil;on d&rsquo;attraper la maladie&#8230; Tant et si bien que bon nombre de personnes pr&eacute;f&egrave;rent se soustraire aux analyses.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>L&rsquo;impact des &laquo; marabouts&#8202;&raquo;<\/h3>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Au niveau de la pr&eacute;vention, une enqu&ecirc;te men&eacute;e par Henry Tourneux aupr&egrave;s des imams dans le nord du pays, pr&egrave;s de Maroua, montre que s&rsquo;ils traduisent correctement en d&eacute;but de pr&ecirc;che les consignes officielles, tr&egrave;s vite ils s&rsquo;en &eacute;cartent. Tant et si bien qu&rsquo;&agrave; la fin de leur sermon, ils laissent entendre que les musulmans ne sont pas concern&eacute;s par ces mesures. Autre obstacle &agrave; une prise en charge correcte, les croyances sur son origine, souvent assimil&eacute;e &agrave; la cons&eacute;quence d&rsquo;un acte de sorcellerie. Interrog&eacute;es sur le nombre de &laquo;&nbsp;patients perdus de vue&nbsp;&raquo; apr&egrave;s d&eacute;marrage des antir&eacute;troviraux, plusieurs associations pointent l&rsquo;impact des &laquo;&nbsp;marabouts&nbsp;&raquo; ou des nouveaux pr&eacute;dicateurs religieux, dits des &laquo;&nbsp;&Eacute;glises &eacute;veill&eacute;es&nbsp;&raquo;, qui promettent des miracles si l&rsquo;on abandonne la m&eacute;decine occidentale. Il reste donc fort &agrave; faire pour que les campagnes de pr&eacute;vention et d&rsquo;information portent leurs fruits sur le terrain.<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les multiples langues et les croyances traditionnelles compliquent la donne. 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