{"id":7652,"date":"2007-12-16T22:42:11","date_gmt":"2007-12-16T21:42:11","guid":{"rendered":""},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"514","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/514\/","title":{"rendered":"Le petit Henri-Jo\u00ebl mort \u00e0 cause d\u2019un faux lait ?"},"content":{"rendered":"\n\n\n<div class=\"titreDoc\" id=\"page\" name=\"page\">Les parents de ce b&eacute;b&eacute; camerounais d&eacute;c&eacute;d&eacute; en 2001 incriminent un produit contenant un&nbsp;substitut v&eacute;g&eacute;tal commercialis&eacute; par Nestl&eacute;.<\/div>\n<div class=\"infosDoc signatureUppercase\" id=\"page\" name=\"page\"><span class=\"signature\">MARIA MALAGARDIS<\/span> <\/p>\n<div class=\"paragraphDoc\" id=\"page\" name=\"page\">\n<div class=\"firstPara\" id=\"page\" name=\"page\">\n<p class=\"firstPara \">De quoi est mort le petit Henri-Jo&euml;l Tchamga ? Le 7&nbsp;mai 2001, ce b&eacute;b&eacute; de 14&nbsp;mois totalement d&eacute;shydrat&eacute; et souffrant de violentes diarrh&eacute;es &eacute;tait admis en&nbsp;urgence dans une clinique d&rsquo;Edea, petite ville au sud du Cameroun. Il d&eacute;c&eacute;dait quatre jours apr&egrave;s son hospitalisation. En Afrique, ce d&eacute;c&egrave;s avait toutes les chances de passer inaper&ccedil;u. Ce fut d&rsquo;ailleurs le cas. Mais aujourd&rsquo;hui, l&rsquo;histoire d&rsquo;Henri-Jo&euml;l Tchamga ressurgit au c&oelig;ur d&rsquo;une plainte que r&eacute;v&egrave;le <em>Lib&eacute;ration :<\/em> trois familles camerounaises, dont celle d&rsquo;Henri-Jo&euml;l Tchamga, ont d&eacute;cid&eacute; de demander r&eacute;paration &agrave; Nestl&eacute;, en Suisse. Elles sont persuad&eacute;es que leurs enfants ont &eacute;t&eacute; victimes d&rsquo;un &laquo;faux&raquo; lait concentr&eacute; contenant en r&eacute;alit&eacute; un substitut v&eacute;g&eacute;tal. Difficile, voire impossible &agrave; dig&eacute;rer par de tr&egrave;s jeunes enfants.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"paragraphDoc\" id=\"page\" name=\"page\">\n<p>Outre le petit Henri-Jo&euml;l, deux petits gar&ccedil;ons se nourrissant eux aussi exclusivement du m&ecirc;me lait de la marque Gloria ont &eacute;t&eacute; admis en urgence dans la m&ecirc;me clinique d&rsquo;Edea. Eux ont surv&eacute;cu. Mais leurs parents, tout comme ceux d&rsquo;Henri-Jo&euml;l Tchamga, ont confi&eacute; leur dossier &agrave; un prestigieux cabinet juridique en Suisse. O&ugrave; se trouve le si&egrave;ge de Nestl&eacute;, qui ne semble gu&egrave;re avoir appr&eacute;ci&eacute; la d&eacute;marche.<\/p>\n<p><strong>&laquo;Pressions&raquo;.<\/strong> Trois familles contre une multinationale ? L&rsquo;affaire semble perdue d&rsquo;avance. &laquo;<em>Pourtant, il y a eu des pressions folles sur les avocats et les journalistes pour que cette histoire ne sorte pas<\/em>&raquo;, accuse ma&icirc;tre William Bourdon, le pr&eacute;sident de Sherpa, un r&eacute;seau de juristes qui&nbsp;soutient <em>&laquo;les victimes de la mondialisation&raquo;<\/em> face aux multinationales. C&rsquo;est Sherpa qui&nbsp;a servi d&rsquo;interm&eacute;diaire entre les familles camerounaises et le cabinet Lalive en Suisse. Lequel affirme avoir <em>&laquo;le plus grand mal &agrave; obtenir les r&eacute;ponses les plus simples de la part de Nestl&eacute;&raquo;.<\/em> <\/p>\n<p>Ce n&rsquo;est pas la premi&egrave;re fois que la multinationale suisse est au c&oelig;ur d&rsquo;une pol&eacute;mique sur la nature ou la qualit&eacute; de ses produits. En&nbsp;2002, 300&nbsp;tonnes de&nbsp;lait p&eacute;rim&eacute; avaient &eacute;t&eacute; confisqu&eacute;es par les autorit&eacute;s colombiennes. Bogota avait alors soup&ccedil;onn&eacute; Nestl&eacute; d&rsquo;avoir modifi&eacute; la date de p&eacute;remption de la poudre en cause. Deux ans plus tard, en 2005, 30&nbsp;millions de litres de lait Nestl&eacute; pour b&eacute;b&eacute; avaient d&ucirc; &ecirc;tre saisis par la police italienne &agrave; la suite de la d&eacute;couverte d&rsquo;une contamination par une substance chimique, laquelle se trouvait sur l&rsquo;encre des cartons d&rsquo;emballage et avait r&eacute;ussi &agrave; se diffuser dans les produits laitiers. Sans, apparemment, faire de victimes.<\/p>\n<p>Cette fois, l&rsquo;homme par qui le scandale &eacute;clate s&rsquo;appelle Pius Bissek. A la fin des ann&eacute;es&nbsp;90, cet entrepreneur camerounais voit sa soci&eacute;t&eacute; de&nbsp;produits laitiers fr&ocirc;ler la faillite. Il enqu&ecirc;te et d&eacute;couvre que certains de ses concurrents ont ajout&eacute; &agrave; leurs laits concentr&eacute;s de l&rsquo;huile de coco. Ce qui leur permet de casser les prix. &laquo;<em>Des faux laits, avec quasiment le m&ecirc;me packaging&nbsp;et la m&ecirc;me marque que des vrais laits<\/em> <em>&raquo;<\/em>, s&rsquo;indigne Pius Bissek, qui porte plainte en 2002 pour concurrence&nbsp;d&eacute;loyale contre une dizaine de ses concurrents, parmi lesquels le g&eacute;ant Nestl&eacute;, premier importateur de produits laitiers au Cameroun.<\/p>\n<p>C&rsquo;est alors que Pius Bissek entend parler d&rsquo;une&nbsp;&eacute;trange &eacute;pid&eacute;mie de diarrh&eacute;es chez des b&eacute;b&eacute;s camerounais.&nbsp;Pour lui, les deux affaires sont li&eacute;es. C&rsquo;est aussi la conviction du professeur Hughes Nyame. Ce m&eacute;decin r&eacute;put&eacute; au Cameroun r&eacute;dige en&nbsp;2004 une &eacute;tude officielle &agrave; ce sujet : &laquo;<em>Depuis&nbsp;1999<\/em>, &eacute;crit-il, <em>on a observ&eacute; dans les services de p&eacute;diatrie une augmentation des cas de malnutrition. Apr&egrave;s enqu&ecirc;te, il est apparu que la plupart de ces enfants &eacute;taient aliment&eacute;s par de faux laits concentr&eacute;s sucr&eacute;s<\/em> <em>.&raquo;<\/em> Or la plupart de ces produits sont apparus apr&egrave;s 1994, ann&eacute;e de la d&eacute;valuation du franc CFA qui&nbsp;perd soudain la moiti&eacute; de sa valeur, provoquant une explosion du prix des importations. Et, notamment, celles de lait concentr&eacute;, dont raffolent les Camerounais, lesquels en donnent souvent &agrave; leurs b&eacute;b&eacute;s lors du sevrage.<\/p>\n<p>Interrog&eacute; par <em>Lib&eacute;ration,<\/em> Nestl&eacute; reconna&icirc;t avoir mis sur le march&eacute; camerounais &laquo;<em>entre&nbsp;1999 et&nbsp;2002<\/em>&raquo; un &laquo;<em>aliment lact&eacute;&nbsp;Gloria<\/em>&raquo; avec de la mati&egrave;re grasse v&eacute;g&eacute;tale, destin&eacute; &laquo;<em>&agrave; des consommateurs &agrave; faible pouvoir d&rsquo;achat<\/em> <em>&raquo;<\/em>. Mais&nbsp;la compagnie consid&egrave;re n&rsquo;avoir aucune responsabilit&eacute; dans le d&eacute;c&egrave;s d&rsquo;Henri-Jo&euml;l ni dans les autres cas <em>&laquo;d&rsquo;intol&eacute;rance&raquo;<\/em> au lait Gloria. Car, pour Nestl&eacute;, les bo&icirc;tes mentionnaient bien que <em>&laquo;ce produit ne remplace&nbsp;pas le lait maternel&raquo;.<\/em> Selon la firme suisse, le consommateur aurait donc &eacute;t&eacute; averti. &laquo;<em>L&rsquo;indication figure en tous petits caract&egrave;res ! s&rsquo;exclame Pius Bissek. M&ecirc;me en France, si&nbsp;on vous pr&eacute;sente un produit que vous avez toujours pris pour du lait, vous n&rsquo;allez pas lire toutes les mentions sur la bo&icirc;te ! Alors, imaginez au Cameroun, o&ugrave; c&rsquo;est d&rsquo;abord le prix qui prime.&raquo;<\/em> Et Pius Bissek d&rsquo;ajouter : <em>&laquo;<\/em> <em>Si&nbsp;ces produits ne sont pas destin&eacute;s aux jeunes enfants, pourquoi alors Nestl&eacute; a-t-il demand&eacute;&nbsp;une exon&eacute;ration de TVA au titre de &quot;pr&eacute;parations alimentaires infantiles&quot; ?<\/em>&raquo;<\/p>\n<p><strong>Dossier class&eacute;.<\/strong> Cette exon&eacute;ration aurait &eacute;t&eacute; refus&eacute;e par les douanes camerounaises. Celles-ci, flairant une fraude sur les taxes de ces &laquo;faux vrais&nbsp;laits&raquo;, ont fait venir au Cameroun deux inspecteurs de l&rsquo;Olaf, l&rsquo;office europ&eacute;en de r&eacute;pression des fraudes. En repartant &agrave;&nbsp;Bruxelles en avril&nbsp;2002, ils promettent d&rsquo;envoyer leur rapport &agrave; leurs coll&egrave;gues&nbsp;camerounais. Lesquels l&rsquo;attendent toujours&hellip; En r&eacute;alit&eacute;, le dossier&nbsp;a &eacute;t&eacute; class&eacute; sans suite en septembre&nbsp;2004.&nbsp;Apparemment sans que les douanes camerounaises en aient &eacute;t&eacute; averties. A cet &eacute;trange silence, s&rsquo;ajoute la disparition des preuves &eacute;ventuelles : fin&nbsp;2004, tous les produits Gloria ont &eacute;t&eacute; retir&eacute;s du march&eacute; camerounais. Pius Bissek, lui, a gard&eacute; une bo&icirc;te, qu&rsquo;il pourrait utiliser lors du proc&egrave;s intent&eacute; &agrave; ses concurrents, pr&eacute;vu d&eacute;but 2008.<\/p>\n<p>Reste une interrogation : s&rsquo;il est confirm&eacute; que c&rsquo;est bien un faux lait qui a tu&eacute; le petit Henri-Jo&euml;l Tchamga, combien d&rsquo;autres enfants en ont &eacute;t&eacute; victimes ? &laquo;<em>Cet enfant a &eacute;t&eacute; examin&eacute; dans une clinique priv&eacute;e o&ugrave; l&rsquo;on garde les dossiers pendant dix&nbsp;ans<\/em> <em>,<\/em> soupire le docteur Mpouma, p&eacute;diatre de la clinique d&rsquo;Edea. <em>Mais, au Cameroun, la plupart des gens vont &agrave; l&rsquo;h&ocirc;pital public, en piteux &eacute;tat, ou bien meurent &agrave;&nbsp;domicile<\/em>.&raquo; Sans forc&eacute;ment se poser autant de questions.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les parents de ce b&eacute;b&eacute; camerounais d&eacute;c&eacute;d&eacute; en 2001 incriminent un produit contenant un&nbsp;substitut v&eacute;g&eacute;tal commercialis&eacute; par Nestl&eacute;. MARIA MALAGARDIS De quoi est mort le petit Henri-Jo&euml;l Tchamga ? Le 7&nbsp;mai 2001, ce b&eacute;b&eacute; de 14&nbsp;mois totalement d&eacute;shydrat&eacute; et souffrant de violentes diarrh&eacute;es &eacute;tait admis en&nbsp;urgence dans une clinique d&rsquo;Edea, petite ville au sud du [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[],"tags":[],"adace-sponsor":[],"class_list":["post-7652","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry"],"acf":[],"wps_subtitle":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7652","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7652"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7652\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7652"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7652"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7652"},{"taxonomy":"adace-sponsor","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/adace-sponsor?post=7652"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}