{"id":7708,"date":"2008-01-04T15:50:40","date_gmt":"2008-01-04T14:50:40","guid":{"rendered":""},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"573","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/573\/","title":{"rendered":"R\u00e9viser pour mieux asseoir son pouvoir"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p class=\"texte\" align=\"justify\"><span class=\"Style3\"><strong><font color=\"#666666\"><span class=\"Style32 Style43\"><em>L&rsquo;amendement de la Constitution ob&eacute;it &agrave; une logique de renforcement du pouvoir du pr&eacute;sident de la R&eacute;publique. Visite guid&eacute;e de l&rsquo;histoire des r&eacute;visions constitutionnelles au Cameroun. <\/em><\/span><\/p>\n<p><\/font><\/strong>Faire &ldquo; &eacute;voluer &rdquo; la Constitution pour mieux rester. Tel pourrait &ecirc;tre un slogan de gouvernance des deux pr&eacute;sidents ayant dirig&eacute; le Cameroun depuis son accession &agrave; l&rsquo;ind&eacute;pendance en 1960. Si Ahmadou Ahidjo l&rsquo;a fait jusqu&rsquo;&agrave; sa d&eacute;mission le 02 novembre 1982, Paul Biya a poursuivi la m&ecirc;me logique et son jeu semble avoir plus de rebondissements que celui d&rsquo;Ahidjo. La Constitution dite du 18 janvier 1996 dont la modification est l&rsquo;objet de d&eacute;bats est issue de celle de 1972. Pour parvenir &agrave; la loi querell&eacute;e aujourd&rsquo;hui, celle de 1972 a connu neuf modifications en vingt-quatre ans. L&rsquo;objectif des initiateurs de ces r&eacute;visions est le m&ecirc;me : mieux asseoir un pouvoir sans partage.<br \/>Les premiers amendements de la Constitution de 1972 ont lieu en 1975, soit seulement trois ans apr&egrave;s sa promulgation. Ils portent sur la cr&eacute;ation d&rsquo;un poste de Premier ministre. Celui-ci n&rsquo;a aucun r&ocirc;le politique. Toutefois, le pr&eacute;sident de la R&eacute;publique, &agrave; cette &eacute;poque, montre d&eacute;j&agrave; qu&rsquo;il peut y avoir une alternative &agrave; sa succession par le pr&eacute;sident de l&rsquo;Assembl&eacute;e nationale. Son jeu est justement de rester ma&icirc;tre du jeu politique. Ensuite viennent les modifications de 1979. Celles-ci font du Premier ministre un v&eacute;ritable dauphin du pr&eacute;sident de la R&eacute;publique. C&rsquo;est &agrave; la faveur de cette disposition que Paul Biya est fait pr&eacute;sident de la R&eacute;publique le 6 novembre 1982. Le souci d&rsquo;Ahidjo est surtout de placer un successeur &agrave; travers lequel il continuera de tenir le pouvoir.<\/p>\n<p><strong>Biya consolide son pouvoir<\/strong><br \/>D&egrave;s son arriv&eacute;e au pouvoir, Paul Biya ne se montre plus mall&eacute;able. Il profite de l&rsquo;ouverture constitutionnelle pour poursuivre les modifications afin de consolider son pouvoir. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;en 1983, la r&eacute;vision porte sur la possibilit&eacute; pour le pr&eacute;sident d&rsquo;organiser des &eacute;lections anticip&eacute;es. Celles-ci permettent donc au pr&eacute;sident Biya de ne plus seulement tenir son pouvoir de la disposition constitutionnelle de succession, mais de l&rsquo;asseoir sur les suffrages du peuple. La m&ecirc;me ann&eacute;e, une autre r&eacute;vision fait passer le nombre de d&eacute;put&eacute;s de 120 &agrave; 150. <br \/>En 1984, d&rsquo;autres modifications interviennent. Elles portent principalement sur la d&eacute;nomination &ldquo; R&eacute;publique du Cameroun &rdquo; qui est r&eacute;tablie, ainsi que la suppression du poste de Premier ministre. Par cet acte, Paul Biya cr&eacute;e le vide autour de son pouvoir et &eacute;carte toute possibilit&eacute; de succession claire par un membre de l&rsquo;ex&eacute;cutif. Dans l&rsquo;optique de g&eacute;rer la contestation qui vient en force &ndash; elle va d&rsquo;ailleurs exploser en 1990 &ndash; le chef de l&rsquo;Etat op&egrave;re d&rsquo;autres modifications en 1988. Celles-ci augmentent le nombre de d&eacute;put&eacute;s de 150 &agrave; 180 et lui permettent en m&ecirc;me temps d&rsquo;abr&eacute;ger son mandat et d&rsquo;organiser des &eacute;lections anticip&eacute;es. Il les gagne et prolonge ainsi son s&eacute;jour &agrave; la t&ecirc;te de l&rsquo;Etat. Il a ainsi le temps de g&eacute;rer la contestation et de mieux se pourvoir pour passer en force lors de la premi&egrave;re &eacute;lection pr&eacute;sidentielle pluraliste au Cameroun en octobre 1992.<br \/>Avant ces &eacute;lections, Paul Biya incite une autre r&eacute;vision &agrave; laquelle la majorit&eacute; des 180 d&eacute;put&eacute;s est largement favorable. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;en 1991, le poste de Premier ministre est r&eacute;tabli. Il semble ainsi c&eacute;der &agrave; la fois &agrave; une certaine revendication de partage du pouvoir et aux injonctions des bailleurs de fonds qui avaient exig&eacute; des Premiers ministres &eacute;conomiques en Afrique. Sadou Hayatou est le premier &agrave; occuper le poste. Mais, en r&eacute;alit&eacute;, le Premier ministre de 1991 n&rsquo;a rien &agrave; voir avec celui de 1979. Alors que ce dernier &eacute;tait un potentiel successeur du pr&eacute;sident, celui de 1991 n&rsquo;est qu&rsquo;un commis. Biya ne prend aucun risque, parce qu&rsquo;un coup&hellip; est vite survenu.<\/p>\n<p><strong>L&rsquo;incertitude comme mode de gouvernance<\/strong><br \/>Au moment o&ugrave; Paul Biya sent la fin de son mandat, il instigue une nouvelle modification constitutionnelle, cette fois profonde. Certes les propositions issues de la tripartite de 1991 (pouvoir, opposition, soci&eacute;t&eacute; civile), de m&ecirc;me que certaines r&eacute;formes institutionnelles exig&eacute;es par les bailleurs de fonds y figurent, mais ce qui tient le pr&eacute;sident &agrave; c&oelig;ur c&rsquo;est le rallongement du mandat. En 1996 donc, la r&eacute;vision est faite ; le Cameroun a une nouvelle Constitution disposant que le pr&eacute;sident de la R&eacute;publique est &eacute;lu pour un mandat de 7 ans renouvelable une fois. Le premier septennat se passe sans probl&egrave;me. Le deuxi&egrave;me est &agrave; mi-parcours. Sachant que Biya ne peut plus se pr&eacute;senter &agrave; nouveau, ses partisans engagent le d&eacute;bat sur la modification de la Constitution. Un d&eacute;bat auquel le pr&eacute;sident n&rsquo;est pas insensible&#8230; <br \/>Comme toujours, la logique est de brouiller la perspective d&rsquo;un successeur &ndash; du moins &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur du Rdpc &ndash; et de laisser planer le flou sur les acteurs qui se battront pour le fauteuil pr&eacute;sidentiel en 2011. Or les citoyens savent que si Biya est encore pr&eacute;sent sur la sc&egrave;ne, il pourra s&rsquo;organiser pour ne pas perdre les &eacute;lections. Aujourd&rsquo;hui donc, le d&eacute;bat semble d&eacute;passer la simple probl&eacute;matique de la r&eacute;vision constitutionnelle pour &eacute;noncer les conditions de l&rsquo;alternance d&eacute;mocratique au pouvoir en 2011. Dans cette perspective, la modification de la Constitution n&rsquo;aurait pour but principal que de consolider et p&eacute;renniser le pouvoir de Paul Biya, en bloquant l&rsquo;alternance.<\/span>&nbsp;<\/p>\n<p class=\"author\">Par Alexandre T. DJIMELI <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;amendement de la Constitution ob&eacute;it &agrave; une logique de renforcement du pouvoir du pr&eacute;sident de la R&eacute;publique. Visite guid&eacute;e de l&rsquo;histoire des r&eacute;visions constitutionnelles au Cameroun. Faire &ldquo; &eacute;voluer &rdquo; la Constitution pour mieux rester. 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