{"id":8492,"date":"2008-09-04T20:17:52","date_gmt":"2008-09-04T18:17:52","guid":{"rendered":""},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"1383","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/1383\/","title":{"rendered":"Interview : Ebenezer Njoh-Mouell\u00e9"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p><strong><font color=\"#000000\"><br \/><\/font><\/strong><\/p>\n<hr color=\"#bbbbbb\" size=\"1\" \/> <em>&quot; De la m&eacute;diocrit&eacute; &agrave; l&rsquo;excellence a donn&eacute; le ton de ma pr&eacute;occupation pour le concret, le quotidien, la vie de tous les jours, de pr&eacute;f&eacute;rence &agrave; toute pr&eacute;tention doctrinaire&quot;*.<br \/><em><strong> Entretien avec Emile Kenmogne, Dr en philosophie, Universit&eacute; de Douala.  <\/strong><\/em><\/em><\/p>\n<hr color=\"#eeffee\" size=\"1\" \/> <img decoding=\"async\" data-expand=\"600\" class=\"lazyload\" border=\"1\" align=\"left\" src=\"data:image\/svg+xml;charset=utf-8,%3Csvg xmlns%3D'http%3A%2F%2Fwww.w3.org%2F2000%2Fsvg' viewBox%3D'0 0 1 1'%2F%3E\" data-src=\"http:\/\/www.quotidienmutations.info\/mutations\/images\/njoh_moelle.gif\" alt=\"\" \/><strong>Pr Njoh-Mouell&eacute;, c&rsquo;est &agrave; 32 ans, en 1970, que vous publiez aux &eacute;ditions CLE De la m&eacute;diocrit&eacute; &agrave; l&rsquo;excellence. Essai sur la signification humaine du d&eacute;veloppement. Ce livre para&icirc;t 3 ans apr&egrave;s votre th&egrave;se de 3e cycle et 11 ans avant la th&egrave;se d&rsquo;Etat. N&rsquo;est-ce pas &agrave; cet &eacute;gard une &oelig;uvre de jeunesse ?<\/strong><br \/>Puisque la r&eacute;f&eacute;rence est faite &agrave; mon &acirc;ge au moment de sa sortie de presse, dire que c&rsquo;est une &oelig;uvre de jeunesse n&rsquo;est pas faux.<\/p>\n<p><strong>Paradoxalement, ce texte de jeunesse se pr&eacute;sente aujourd&rsquo;hui comme votre ma&icirc;tre ouvrage. En effet, son spectre hante vos postures, vos discours et tous vos &eacute;crits post&eacute;rieurs. Il n&rsquo;est pas jusqu&rsquo;au plus r&eacute;cent livre, Discours sur la vie quotidienne, (Afr&eacute;dit, 2007), qui ne se r&eacute;f&egrave;re explicitement, et en l&rsquo;occurrence six fois de suite, &agrave; De la m&eacute;diocrit&eacute; &agrave; l&rsquo;excellence. Quel est le message fort de ce texte ? Qu&rsquo;est-ce qui fait qu&rsquo;il dure, r&eacute;siste au temps qui passe au point de s&rsquo;imposer maintenant &agrave; des jeunes de classe de terminale &agrave; qui il n&rsquo;&eacute;tait pas a priori destin&eacute; ?<\/strong><br \/>Si les &eacute;crits post&eacute;rieurs se r&eacute;f&egrave;rent &agrave; ce texte c&rsquo;est chaque fois pour montrer qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas eu, entre temps, un changement de cap. Mais ce n&rsquo;est pas pour &ocirc;ter aux textes qui ont suivi, leurs particularit&eacute;s propres. Il y a des textes qui sont moins lus, tel celui intitul&eacute; &quot;D&eacute;velopper la richesse humaine&quot;, publi&eacute; en 1975, les textes publi&eacute;s dans la s&eacute;rie des trois Jalons, les six essais que j&rsquo;ai regroup&eacute;s sous l&rsquo;intitul&eacute; &eacute;ponyme &quot;La philosophie est-elle inutile?&quot;,tous parus aux &eacute;ditions CLE &agrave; Yaound&eacute;, etc. Dans ce dernier ouvrage, j&rsquo;accorde une grande importance au d&eacute;veloppement fait sur le temps de la production et le temps v&eacute;cu. Un texte dans lequel je m&#8217;emploie &agrave; relativiser l&rsquo;affirmation selon laquelle l&rsquo;Africain n&rsquo;aurait pas la notion de temps. Mais on n&rsquo;en parle pas beaucoup. Ce fut d&rsquo;abord une conf&eacute;rence non &eacute;crite et donn&eacute;e devant un public jeune &agrave; Obala en 1994, et que mes anciens &eacute;tudiants m&rsquo;ont demand&eacute; de consigner par &eacute;crit. Dans ce m&ecirc;me ouvrage il y a un texte sur l&rsquo;Art, la science et la question de l&rsquo;utilit&eacute;, lui-m&ecirc;me faisant penser &agrave; cet autre contenu dans Jalons III et intitul&eacute; &quot;La place de l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t pour le beau dans la cr&eacute;ation artistique negro-africaine &quot;. Comment laisser de c&ocirc;t&eacute; le texte intitul&eacute; &quot; La double vie spirituelle des chr&eacute;tiens bantous &quot; ? Je ne peux pas tout &eacute;num&eacute;rer. Mon souci en r&eacute;pondant &agrave; votre question sur la place du tout premier essai sorti de mes cogitations est de montrer que peut-&ecirc;tre serait-il l&rsquo;arbre qui cache la for&ecirc;t ? Vous me demandez de dire pourquoi il dure et r&eacute;siste au temps. La r&eacute;ponse est toute simple. Il a donn&eacute; le ton de ma pr&eacute;occupation pour le concret, le quotidien, la vie de tous les jours, de pr&eacute;f&eacute;rence &agrave; toute pr&eacute;tention doctrinaire. Les analyses qui y sont contenues concernent une soci&eacute;t&eacute; qui n&rsquo;a pas boug&eacute; depuis 1970, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse des difficult&eacute;s de d&eacute;veloppement, de la mentalit&eacute; magique, de la crise des valeurs traditionnelles, des pr&eacute;occupations de bonheur, de richesse, de libert&eacute;, etc. Comment voulez-vous qu&rsquo;il soit d&eacute;pass&eacute;, &eacute;tant donn&eacute; qu&rsquo;il se situe &agrave; un niveau d&rsquo;analyse qui se veut universel tout en prenant appui sur l&rsquo;environnement africain?<\/p>\n<p><strong>Dans le fond, ce livre dessine en creux les mis&egrave;res et les errements de la vie de l&rsquo;homme qui ne se soumet pas aux exigences du rationnel et du raisonnable, se montrant par l&agrave; inapte &agrave; indiquer ou &agrave; comprendre le sens que doit prendre pour l&rsquo;humain la notion de d&eacute;veloppement. Cela va sans dire, beaucoup de lecteurs n&rsquo;ont pas compris votre d&eacute;marche et estiment qu&rsquo;une recette ou une strat&eacute;gie de d&eacute;veloppement &eacute;tait plus utile pour l&rsquo;Afrique sous-d&eacute;velopp&eacute;e que sa signification humaine. Avez-vous un argument nouveau qui montre &agrave; la lumi&egrave;re des faits actuels ou des th&eacute;ories nouvelles la pertinence de votre orientation ?<\/strong><br \/>Ceux qui n&rsquo;ont pas vite compris le sens de l&rsquo;orientation qui est rest&eacute;e la mienne sont ceux qui confondent philosophie et id&eacute;ologie. Ils n&rsquo;adoptent pas suffisamment l&rsquo;optique de l&rsquo;analyste &#8211; philosophe. C&rsquo;est surtout le fait de ceux qui n&rsquo;ont pas eu l&rsquo;habitude de lire des philosophes et qui, au lendemain des ind&eacute;pendances et m&ecirc;me avant les ind&eacute;pendances de nos pays, pendant la phase de conqu&ecirc;te, avaient fini par consid&eacute;rer que les discours politiques des militants des ind&eacute;pendances &eacute;taient des discours philosophiques. Il y a eu un m&eacute;lange effrayant &agrave; ce sujet. Je voudrais seulement rappeler que le philosophe Kwame Nkrumah a &eacute;prouv&eacute; la n&eacute;cessit&eacute; d&rsquo;&eacute;crire, &agrave; c&ocirc;t&eacute; du &quot; Consciencisme &quot;, texte hautement philosophique, l&rsquo;Afrique doit s&rsquo;unir, texte &eacute;minemment politique. <\/p>\n<p><strong>La perspective id&eacute;aliste de votre orientation bas&eacute;e sur l&rsquo;approche dualiste et lin&eacute;aire selon laquelle l&rsquo;esprit doit remorquer la mati&egrave;re n&rsquo;est-elle pas &agrave; relativiser en 2007, &agrave; la lumi&egrave;re du paradigme de la complexit&eacute; et du principe de la causalit&eacute; en boucle ?<\/strong><br \/>Ce n&rsquo;est pas nouveau, ce que vous appelez la causalit&eacute; en boucle. C&rsquo;est ce qui s&rsquo;appelle aussi causalit&eacute; de type organique. Mais cette forme de causalit&eacute; n&#8217;emp&ecirc;che pas que l&rsquo;esprit soit l&rsquo;esprit et la mati&egrave;re la mati&egrave;re. Dire que c&rsquo;est l&rsquo;esprit qui doit remorquer la mati&egrave;re et non l&rsquo;inverse ne devrait subir aucune difficult&eacute; survenant du fait par exemple qu&rsquo;il existe plusieurs degr&eacute;s de libert&eacute; ou plusieurs formes d&rsquo;&eacute;nergies se convertissant les unes dans les autres. Qui dit plusieurs degr&eacute;s de libert&eacute; dit aussi plusieurs degr&eacute;s de conscience. C&rsquo;est-&agrave;-dire aussi plusieurs degr&eacute;s d&rsquo;ignorance et d&rsquo;analphab&eacute;tismes ! Il ne viendrait &agrave; l&rsquo;esprit de personne de pr&ocirc;ner l&rsquo;ignorance ou l&rsquo;inconscience ou l&rsquo;analphab&eacute;tisme ! Si c&rsquo;est cela &ecirc;tre id&eacute;aliste, alors je le demeure sans crainte.<\/p>\n<p><strong>Si l&rsquo;on &eacute;crit en priorit&eacute; pour soi-m&ecirc;me, le livre, une fois publi&eacute;, n&rsquo;appartient plus &agrave; l&rsquo;auteur : c&rsquo;est une &quot;bouteille &agrave; la mer&quot;. L&rsquo;auteur n&rsquo;en d&eacute;tient pas plus le sens prescriptible &agrave; toute lecture. Le livre &eacute;choue alors dans la s&eacute;miotique lib&eacute;ralis&eacute;e. Bref, si l&rsquo;auteur est seul &agrave; &eacute;crire, il n&rsquo;est pas seul &agrave; comprendre. Ce constat est-il &agrave; d&eacute;plorer ? <\/strong><br \/>Mais bien s&ucirc;r que non. C&rsquo;est pourquoi je pouvais m&rsquo;&eacute;tonner que vous me demandiez, &agrave; moi l&rsquo;auteur, de vous dire &agrave; quoi serait d&ucirc; le succ&egrave;s de &quot;De la m&eacute;diocrit&eacute; &agrave; l&rsquo;excellence&quot;! C&rsquo;est aux lecteurs de le dire. L&rsquo;auteur ne saurait &ecirc;tre &agrave; la fois lui-m&ecirc;me et son propre critique. Et c&rsquo;est heureux que les choses soient ainsi.<\/p>\n<p><strong>Quel jugement portez-vous aujourd&rsquo;hui sur l&rsquo;accueil et la r&eacute;ception de votre ma&icirc;tre ouvrage par le monde ?<\/strong><br \/>Je souhaite que le tout r&eacute;cent &quot;Discours sur la vie quotidienne&quot; rencontre le m&ecirc;me succ&egrave;s. C&rsquo;est d&eacute;j&agrave; un peu le cas au niveau du microcosme camerounais o&ugrave; il et tr&egrave;s demand&eacute;. Pour revenir &agrave; l&rsquo;Essai sur la signification humaine du d&eacute;veloppement, intitul&eacute; De la m&eacute;diocrit&eacute; &agrave; l&rsquo;excellence &quot; je ne peux qu&rsquo;&ecirc;tre heureux du bon accueil qu&rsquo;il a re&ccedil;u de par le monde et en particulier en Afrique. Vous l&rsquo;avez appel&eacute; &oelig;uvre de jeunesse ; et le fait est que la cr&eacute;ativit&eacute; est plus f&eacute;conde pendant la jeunesse qu&rsquo;une fois l&rsquo;&acirc;ge m&ucirc;r atteint voire d&eacute;pass&eacute;. La spontan&eacute;it&eacute; de la cr&eacute;ativit&eacute; jeune le c&egrave;de plus tard &agrave; la rigueur et &agrave; la pers&eacute;v&eacute;rance dans le travail. C&rsquo;est dans ce sens que j&rsquo;exhorte la jeunesse &agrave; s&rsquo;orienter.<\/p>\n<p><em>* Tles G&eacute;n&eacute;rale et Technique<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&quot; De la m&eacute;diocrit&eacute; &agrave; l&rsquo;excellence a donn&eacute; le ton de ma pr&eacute;occupation pour le concret, le quotidien, la vie de tous les jours, de pr&eacute;f&eacute;rence &agrave; toute pr&eacute;tention doctrinaire&quot;*. Entretien avec Emile Kenmogne, Dr en philosophie, Universit&eacute; de Douala. 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