{"id":8704,"date":"2008-10-28T12:49:32","date_gmt":"2008-10-28T11:49:32","guid":{"rendered":""},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"1596","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/1596\/","title":{"rendered":"Corruption : l\u2019\u00e9pervier se trompe de cible"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p><span class=\"surtitre\"><a class=\"titre\"> <\/a><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\" class=\"texte\"><span class=\"Style3\"><span class=\"Style32 Style43\"><em>   <\/em><\/span><\/p>\n<p> L&rsquo;indice de perception de la corruption (Ipc) 2008 de Transparency international, publi&eacute; le 23 septembre 2008, et qui consacre la Somalie et l&rsquo;Irak comme les champions du monde de la corruption en 2008, nous conforte actuellement dans ce qui a toujours &eacute;t&eacute; affirm&eacute; dans cette chronique. A savoir que la vraie lutte contre la corruption n&rsquo;a pas encore commenc&eacute; au Cameroun, et que de ce point de vue, &ldquo; l&rsquo;op&eacute;ration Epervier &rdquo; est un subterfuge. <br \/> Sur les 180 pays pris en compte dans le classement 2008 de cet indice, le Cameroun occupe la 141&egrave;me place, avec une note de 2,3, contre 2,4 en 2007, et 2,3 en 2006. Une &eacute;volution en dents de scie confirmant que &ldquo; qui n&rsquo;avance pas recule &rdquo; ! Mais, indiquant aussi que, pass&eacute; l&rsquo;effet d&rsquo;annonce de &ldquo; l&rsquo;op&eacute;ration Epervier &rdquo; engag&eacute;e en 2006, son impact sur l&rsquo;indice de perception de la corruption a diminu&eacute; au lieu de s&rsquo;amplifier.<br \/> Qu&rsquo;est-ce &agrave; dire exactement ? Simplement que si &ldquo; le nombre de poursuites judiciaires ou de proc&egrave;s &agrave; sensation traduit vraisemblablement la capacit&eacute; retrouv&eacute;e de l&rsquo;appareil judiciaire camerounais &agrave; sanctionner enfin les actes de corruption &rdquo; (selon le pr&eacute;sident Nguini, de Transparency international-Cameroun), les populations cibl&eacute;es par les enqu&ecirc;tes de l&rsquo;Ong n&rsquo;ont pas encore per&ccedil;u &agrave; travers ces proc&egrave;s, des chefs d&rsquo;accusation portant sur les d&eacute;lits de corruption. <br \/> &ldquo; Selon l&rsquo;&eacute;tude pays r&eacute;alis&eacute;e en 2007 par Transparency international, la lutte contre la corruption rev&ecirc;t au Cameroun les atours d&rsquo;un d&eacute;fi insurmontable, tant est pr&eacute;gnante l&rsquo;id&eacute;e que la corruption est structurellement et durablement install&eacute;e &rdquo;. C&rsquo;est TI Cameroun qui le r&eacute;v&egrave;le dans sa d&eacute;claration publique du 23 septembre dernier relative &agrave; la situation du Cameroun dans le classement de l&rsquo;indice. <br \/> Ceci explique, &agrave; mon avis, pourquoi le gouvernement camerounais accepte aussi vite que cela allait de soi, la confusion que veut imposer une certaine communaut&eacute; internationale entre la corruption qui est d&eacute;lit contre la moralit&eacute; publique, et le d&eacute;tournement des fonds publics qui est un crime &eacute;conomique caract&eacute;ris&eacute;. Cette confusion permet au gouvernement camerounais, en r&eacute;alit&eacute; au pr&eacute;sident de la R&eacute;publique, de fuir en avant face &agrave; l&rsquo;ampleur d&rsquo;un mal devenu end&eacute;mique par la gr&acirc;ce de son laxisme, ou de sa lenteur &agrave; agir&hellip; Lesquels garantissent l&rsquo;impunit&eacute; des d&eacute;lits et crimes inciviques et cons&eacute;quemment leur banalit&eacute; et leur normalisation dans la soci&eacute;t&eacute;. <br \/> En v&eacute;rit&eacute;, et quoi qu&rsquo;on en dise, l&rsquo;assimilation du d&eacute;tournement des fonds publics &agrave; la corruption arrange bien les affaires des r&eacute;gimes corrompus qui ont peur de s&rsquo;&eacute;crouler en s&rsquo;attaquant &agrave; la corruption institutionnalis&eacute;e et syst&eacute;mique. <br \/> Une pr&eacute;c&eacute;dente &eacute;tude de Transparency international faite au Cameroun (2007) sur la base d&rsquo;un &eacute;chantillon de 1002 personnes interrog&eacute;s (627 hommes et 475 femmes), &eacute;tablit un tableau effrayant de six secteurs publics d&rsquo;activit&eacute; affect&eacute;s par la corruption, et class&eacute;s dans l&rsquo;ordre d&eacute;croissant suivant : <br \/> 1er- Police\/gendarmerie : 81%<br \/> 2e &ndash; Douane : 70%<br \/> 3e &ndash; Services des Imp&ocirc;ts : 67%<br \/> 4e &ndash; Syst&egrave;me judiciaire : 61%<br \/> 5e &ndash; Structures au service des transporteurs : 46%<br \/> 6e &ndash; Partis politiques : 34%<br \/> Il n&rsquo;en faut pas plus pour conclure &agrave; une corruption g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;e de tout le syst&egrave;me politico-administratif. Si vous ajoutez &agrave; cette basse et moyenne corruption, celle de la haute administration politique o&ugrave; chefs de service, directeurs, secr&eacute;taires g&eacute;n&eacute;raux et ministres, sont plut&ocirc;t coutumiers des r&eacute;trocommissions sur les conventions d&rsquo;investissements et la surfacturation des march&eacute;s publics, on arrive au stade de l&rsquo;institutionnalisation. Surtout quand &ndash; c&eacute;rise sur le g&acirc;teau &ndash; les parlementaires sont suffisamment bien trait&eacute;s sur et sous la table, pour adopter sans rechigner tous les projets de lois destin&eacute;s &agrave; prot&eacute;ger l&rsquo;ordre laxiste &eacute;tabli et les privil&egrave;ges y attach&eacute;s. <\/p>\n<p> <strong> D&eacute;sormais un rituel oblig&eacute;<\/strong><br \/> Il s&rsquo;agit ici d&rsquo;un fl&eacute;au dont l&rsquo;ampleur s&rsquo;av&egrave;re telle qu&rsquo;on est oblig&eacute; de partager l&rsquo;analyse suivante, de Donatus B. Ngala qui, dans sa th&egrave;se de Ph. D publi&eacute;e en 2001, pr&eacute;sente la corruption du corps social comme une d&eacute;viance culturelle. Je cite : &ldquo; &hellip; l&rsquo;all&eacute;gresse et la fr&eacute;quence avec lesquelles les pots-de-vin changent de mains syst&eacute;matiquement au cours du cheminement d&rsquo;un dossier font en sorte que, ceux qui se refusent &agrave; cette transaction indigne, pour une raison ou pour une autre, soient plut&ocirc;t per&ccedil;us comme de dangereux d&eacute;viants (&hellip;) La corruption a tellement marqu&eacute; la coutume nationale qu&rsquo;elle a pris le statut de facteur de communication interpersonnelle &rdquo; M. Ngala ajoute avec une exactitude aveuglante, que &ldquo; le comportement corrompu observ&eacute; au cours d&rsquo;une d&eacute;marche comme le suivi d&rsquo;un dossier dans une administration publique est devenu un rituel oblig&eacute; au Cameroun&hellip; &rdquo;<br \/> A tel enseigne que Me Charles Nguini, pr&eacute;sident de TI-Cameroun n&rsquo;a pu s&rsquo;emp&ecirc;cher de paraphraser l&rsquo;autre jour un proverbe russe pour constater le 23 septembre dernier, en pr&eacute;sentant l&rsquo;indice de perception de la corruption 2008, que &ldquo; si tu parles &agrave; un fonctionnaire camerounais, il faut parler Cfa &rdquo;.<br \/> Est-ce parce qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de vertu que la mis&egrave;re de la pauvret&eacute; ne puisse corrompre ? Est-ce parce que la demande des biens et services publics exc&egrave;de l&rsquo;offre et met le serviteur public (le fonctionnaire) sous pression des demandeurs ? Toujours est-il que du fait de la corruption, le service public a cess&eacute; d&rsquo;&ecirc;tre une obligation pour l&rsquo;agent de l&rsquo;Etat, qu&rsquo;il soit le planton commis &agrave; l&rsquo;accueil d&rsquo;un service, ou le ministre qui doit prendre des d&eacute;cisions d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral. Le service public est devenu un fonds de commerce pour l&rsquo;agent qui y est pr&eacute;pos&eacute;, et dont tout acte est d&eacute;sormais discr&eacute;tionnaire et discriminatoire. <br \/> Selon que l&rsquo;agent de l&rsquo;Etat soit de bonne ou mauvaise humeur ; selon que le demandeur de service parle le m&ecirc;me dialecte que lui ou diff&eacute;rent ; selon la taille qu&rsquo;il devine &agrave; la bourse du demandeur ; selon le sentiment qu&rsquo;il peut &ecirc;tre r&eacute;mun&eacute;r&eacute; en nature ou en esp&egrave;ces, il signera ou fera signer votre papier en temps r&eacute;el, &agrave; d&eacute;lai raisonnable, d&eacute;mentiel, ou jamais. <br \/> La l&eacute;gende voudrait qu&rsquo;il n&rsquo;y ait pas de corrompu sans corrupteur. Mais, c&rsquo;est depuis bien longtemps qu&rsquo;au Cameroun, l&rsquo;usager du service public ne prend plus l&rsquo;initiative de la corruption. L&rsquo;agent public vend ses services aux ench&egrave;res. Alors, pour &ecirc;tre servi au plus vite, le demandeur doit devenir le plus ench&eacute;risseur, ou le mieux-disant des plus ench&eacute;risseurs. Autrement dit, c&rsquo;est d&eacute;sormais la demande de corruption qui pr&eacute;vaut sur l&rsquo;offre. Sauf en politique o&ugrave; les partis et leurs candidats viennent avec des enveloppes d&rsquo;argent, des sacs de riz ou des casiers de bi&egrave;re pour &eacute;blouir les &eacute;lecteurs en vue d&rsquo;obtenir leur adh&eacute;sion &agrave; la tromperie &eacute;lectorale. <br \/> Lorsqu&rsquo;&agrave; ce point, le corps social est min&eacute; par la corruption, comment peut-on pr&eacute;tendre en gu&eacute;rir par une &ldquo; op&eacute;ration Epervier &rdquo; &agrave; t&ecirc;te chercheuse et qui se trompe de cible d&egrave;s le d&eacute;part, en confondant le cambriolage des caisses de l&rsquo;Etat avec la prostitution des services publics ? <br \/> (Prochain papier : Cessons de nous mentir).<\/span>&nbsp;<\/p>\n<p>Par  Jean Baptiste SIPA jbsipa@yahoo.fr<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;indice de perception de la corruption (Ipc) 2008 de Transparency international, publi&eacute; le 23 septembre 2008, et qui consacre la Somalie et l&rsquo;Irak comme les champions du monde de la corruption en 2008, nous conforte actuellement dans ce qui a toujours &eacute;t&eacute; affirm&eacute; dans cette chronique. 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