Non classé

Réactions

Pauline Biyong
“ Le projet veut constitutionnaliser la monarchie”

Sur la forme :
Le projet a été déposé à l’Assemblée nationale la veille d’un week-end, la veille de la clôture de la session prévue le 11 avril 2008. Seuls les députés connaissent le contenu du projet alors qu’il aurait fallu que les 100 sénateurs (au vu de ce qui est prévu dans la Constitution), aient été associés à son examen. Le président de la République est resté, seul maître du jeu alors qu’il s’agit de la loi fondamentale qui régit la vie de la nation, la bible de la nation. Il n’est pas inutile de rappeler qu’à 75 ans, son avenir, surtout l’avenir de notre pays doit être bâti en concertation avec la jeune génération qui sera en charge d’appliquer la Constitution. Il n’a visiblement pas associé, ni son gouvernement, ni le Conseil constitutionnel, ni son propre parti (bureau politique, comité central), ni les autres partis politiques, ni les autres acteurs de la société.
John Fritz Gérald Kennedy disait que : “ on ne peut pas tromper tout le peuple, tout le temps ”.
Sur le fond :
La plupart des articles modifiés concernent le chef de l’Etat. Ce qui nous amène à conclure que le projet de modification déposé à l’Assemblée nationale vise à constitutionnaliser la monarchie au Cameroun. C’est dommage. Le président de la République a déjoué même son propre camp. Oui, il voudrait être de nouveau candidat. Oui, il voudrait anticiper les élections. Oui, il ne voudrait pas être poursuivi après… avoir un jour quitté le pouvoir ? Celui qui pourrait lui succéder en cas de vacance devra organiser en 120 jours au plus les élections, alors que les élections des députés et conseillers municipaux se déroulent en 90 jours au plus. Ah c’est le Cameroun.
En guise de conclusion :
Nous pensons que les Camerounais doivent se préparer à l’alternance. La carte d’électeur est le passeport pour le changement pour chacun de nous. Sans médiation, nous risquons de vivre des moments difficiles dans les prochains jours. Continuons à prier et à œuvrer pour la paix dans notre pays. Il ne faut jamais oublier que l’homme propose, Dieu dispose. Oeuvrons tous pour une alternance pacifique au Cameroun.

Patricia Tomaïno Ndam Njoya, député Udc
“ Le projet veut confisquer le pouvoir ”

Le projet s’inscrit en faux avec les exigences de démocratie et de bonne gouvernance. Il vient remettre en cause un choix obtenu de haute lutte par le peuple camerounais, sur la question de limitation de la durée du mandat présidentiel. Pour diverses raisons, le peuple avait en 1996, choisi de limiter la durée du mandat. Mais le choix du peuple est foulé au pied et remis en cause par une infime partie du peuple qui, niant le consensus auquel on était arrivé, s’arroge tous les droits ; dont celui de la majorité à l’Assemblée nationale. Le fait de revenir sur l’article 6, alinéa 2, ramène le Cameroun en arrière. Cela est d’autant plus grave que tous les sacrifices consentis par les Camerounais depuis 1996, sont réduits à néant. En choisissant de limiter la durée du mandat présidentiel, l’on voulait éviter dans nos institutions, la confiscation, sinon la personnalisation du pouvoir et les intérêts égoïstes. Quand on fait sauter le verrou du consensus tel que décidé par le peuple en 1996, c’est très grave et même dangereux. Le projet de loi a tout ce qu’il faut pour confisquer le pouvoir et éviter les réelles conditions de l’expression démocratique et de l’alternance au pouvoir. Le texte est élaboré de manière à permettre au chef d’Etat qui est régulièrement mal élu (absence de transparence), de continuer à conserver le pouvoir dans un désir d’éternité.
Lorsque le débat sur la révision constitutionnelle a commencé, plusieurs couches et catégories sociales se sont exprimées, souhaitant que leurs avis soient pris en compte. Hélas. Les préoccupations des femmes exprimées dans le préambule, ont été éludées. L’avis des religieux qui ont fait la requête de remettre la protection du Cameroun entre les mains du très Haut, a été évacué. La proposition de l’Udc d’enlever de la loi fondamentale, les termes comme “ allogènes ” ou “ autochtones ” est ignorée. Le projet de loi se situe dans la continuité du Renouveau des grandes ambitions de rester éternellement au pouvoir. Comme c’est le cas depuis plus de 25 ans. Il y a même dans ce projet, des dispositions, à mesure de mettre le Cameroun en péril.

Vincent Sosthène FOUDA
“ C’est une provocation ”

Le projet de loi qui a été déposé à l’Assemblée nationale par le gouvernement visant à modifier la Constitution de 1996 au Cameroun, est une provocation, une injure au peuple camerounais, un véritable casus belli. Le pouvoir en place n’a pas tenu compte des appels du peuple camerounais qui, par de nombreuses manifestations et des appels dans les médias refuse toute modification de la Constitution. Si le texte est recevable en droit, il ne l’est pas sur le plan sociologique et politique. Sur le plan politique, la modification de la Constitution fragilise nos Institutions, consacre le refus d’une certaine catégorie de personnes de l’alternance. Or l’alternance ou sa possibilité est un des éléments fondamentaux de la démocratie. Il nous semble que le tripatouillage de la Constitution orchestrée à Yaoundé entre le parti au pouvoir et certains leaders de l’opposition, vise à aliéner le peuple souverain. Au stade actuel, nous ne pouvons que dire que le Cameroun vient de faire un bon en arrière de plusieurs générations. En attendant le vote des bêtes sauvages du regretté Kourouma n’est pas assez fort pour décrire ce qui se passe au Cameroun. Le régime en place a épuisé toute velléité de résistance chez les Camerounais. Les droits de l’homme sont bafoués au quotidien par tous ceux et toutes celles qui ont une parcelle d’autorité, c’est une jungle, seules les bêtes les plus féroces restent en vie.(…) Demain malheureusement ne sera pas un autre jour pour des millions de Camerounais qui se sentent aujourd’hui abusés et pris en otage par un système plus froid que le monstre froid dont parle Nietzsche.

Chaire de Recherche du Canada
en Mondialisation, Citoyenneté et Démocratie
Université du Québec à Montréal
CP 8888, succursale Centre-Ville
Montréal, Québec
CANADA H3C 3P8
Téléphone: +1 (514) 987-3000 #3366
Télécopie: +1 (514) 987-7870
*Le titre est de la rédaction

 

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Le projet a été déposé à l’Assemblée nationale la veille d’un week-end, la veille de la clôture de la session prévue le 11 avril 2008. Seuls les députés connaissent le contenu du projet alors qu’il aurait fallu que les 100 sénateurs (au vu de ce qui est prévu dans la Constitution), aient été associés à son examen. Le président de la République est resté, seul maître du jeu alors qu’il s’agit de la loi fondamentale qui régit la vie de la nation, la bible de la nation. Il n’est pas inutile de rappeler qu’à 75 ans, son avenir, surtout l’avenir de notre pays doit être bâti en concertation avec la jeune génération qui sera en charge d’appliquer la Constitution. Il n’a visiblement pas associé, ni son gouvernement, ni le Conseil constitutionnel, ni son propre parti (bureau politique, comité central), ni les autres partis politiques, ni les autres acteurs de la société.
John Fritz Gérald Kennedy disait que : “ on ne peut pas tromper tout le peuple, tout le temps ”.
Sur le fond :
La plupart des articles modifiés concernent le chef de l’Etat. Ce qui nous amène à conclure que le projet de modification déposé à l’Assemblée nationale vise à constitutionnaliser la monarchie au Cameroun. C’est dommage. Le président de la République a déjoué même son propre camp. Oui, il voudrait être de nouveau candidat. Oui, il voudrait anticiper les élections. Oui, il ne voudrait pas être poursuivi après… avoir un jour quitté le pouvoir ? Celui qui pourrait lui succéder en cas de vacance devra organiser en 120 jours au plus les élections, alors que les élections des députés et conseillers municipaux se déroulent en 90 jours au plus. Ah c’est le Cameroun.
En guise de conclusion :
Nous pensons que les Camerounais doivent se préparer à l’alternance. La carte d’électeur est le passeport pour le changement pour chacun de nous. Sans médiation, nous risquons de vivre des moments difficiles dans les prochains jours. Continuons à prier et à œuvrer pour la paix dans notre pays. Il ne faut jamais oublier que l’homme propose, Dieu dispose. Oeuvrons tous pour une alternance pacifique au Cameroun.

Patricia Tomaïno Ndam Njoya, député Udc
“ Le projet veut confisquer le pouvoir ”

Le projet s’inscrit en faux avec les exigences de démocratie et de bonne gouvernance. Il vient remettre en cause un choix obtenu de haute lutte par le peuple camerounais, sur la question de limitation de la durée du mandat présidentiel. Pour diverses raisons, le peuple avait en 1996, choisi de limiter la durée du mandat. Mais le choix du peuple est foulé au pied et remis en cause par une infime partie du peuple qui, niant le consensus auquel on était arrivé, s’arroge tous les droits ; dont celui de la majorité à l’Assemblée nationale. Le fait de revenir sur l’article 6, alinéa 2, ramène le Cameroun en arrière. Cela est d’autant plus grave que tous les sacrifices consentis par les Camerounais depuis 1996, sont réduits à néant. En choisissant de limiter la durée du mandat présidentiel, l’on voulait éviter dans nos institutions, la confiscation, sinon la personnalisation du pouvoir et les intérêts égoïstes. Quand on fait sauter le verrou du consensus tel que décidé par le peuple en 1996, c’est très grave et même dangereux. Le projet de loi a tout ce qu’il faut pour confisquer le pouvoir et éviter les réelles conditions de l’expression démocratique et de l’alternance au pouvoir. Le texte est élaboré de manière à permettre au chef d’Etat qui est régulièrement mal élu (absence de transparence), de continuer à conserver le pouvoir dans un désir d’éternité.
Lorsque le débat sur la révision constitutionnelle a commencé, plusieurs couches et catégories sociales se sont exprimées, souhaitant que leurs avis soient pris en compte. Hélas. Les préoccupations des femmes exprimées dans le préambule, ont été éludées. L’avis des religieux qui ont fait la requête de remettre la protection du Cameroun entre les mains du très Haut, a été évacué. La proposition de l’Udc d’enlever de la loi fondamentale, les termes comme “ allogènes ” ou “ autochtones ” est ignorée. Le projet de loi se situe dans la continuité du Renouveau des grandes ambitions de rester éternellement au pouvoir. Comme c’est le cas depuis plus de 25 ans. Il y a même dans ce projet, des dispositions, à mesure de mettre le Cameroun en péril.

Vincent Sosthène FOUDA
“ C’est une provocation ”

Le projet de loi qui a été déposé à l’Assemblée nationale par le gouvernement visant à modifier la Constitution de 1996 au Cameroun, est une provocation, une injure au peuple camerounais, un véritable casus belli. Le pouvoir en place n’a pas tenu compte des appels du peuple camerounais qui, par de nombreuses manifestations et des appels dans les médias refuse toute modification de la Constitution. Si le texte est recevable en droit, il ne l’est pas sur le plan sociologique et politique. Sur le plan politique, la modification de la Constitution fragilise nos Institutions, consacre le refus d’une certaine catégorie de personnes de l’alternance. Or l’alternance ou sa possibilité est un des éléments fondamentaux de la démocratie. Il nous semble que le tripatouillage de la Constitution orchestrée à Yaoundé entre le parti au pouvoir et certains leaders de l’opposition, vise à aliéner le peuple souverain. Au stade actuel, nous ne pouvons que dire que le Cameroun vient de faire un bon en arrière de plusieurs générations. En attendant le vote des bêtes sauvages du regretté Kourouma n’est pas assez fort pour décrire ce qui se passe au Cameroun. Le régime en place a épuisé toute velléité de résistance chez les Camerounais. Les droits de l’homme sont bafoués au quotidien par tous ceux et toutes celles qui ont une parcelle d’autorité, c’est une jungle, seules les bêtes les plus féroces restent en vie.(…) Demain malheureusement ne sera pas un autre jour pour des millions de Camerounais qui se sentent aujourd’hui abusés et pris en otage par un système plus froid que le monstre froid dont parle Nietzsche.

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John Fritz Gérald Kennedy disait que : “ on ne peut pas tromper tout le peuple, tout le temps ”.
Sur le fond :
La plupart des articles modifiés concernent le chef de l’Etat. Ce qui nous amène à conclure que le projet de modification déposé à l’Assemblée nationale vise à constitutionnaliser la monarchie au Cameroun. C’est dommage. Le président de la République a déjoué même son propre camp. Oui, il voudrait être de nouveau candidat. Oui, il voudrait anticiper les élections. Oui, il ne voudrait pas être poursuivi après… avoir un jour quitté le pouvoir ? Celui qui pourrait lui succéder en cas de vacance devra organiser en 120 jours au plus les élections, alors que les élections des députés et conseillers municipaux se déroulent en 90 jours au plus. Ah c’est le Cameroun.
En guise de conclusion :
Nous pensons que les Camerounais doivent se préparer à l’alternance. La carte d’électeur est le passeport pour le changement pour chacun de nous. Sans médiation, nous risquons de vivre des moments difficiles dans les prochains jours. Continuons à prier et à œuvrer pour la paix dans notre pays. Il ne faut jamais oublier que l’homme propose, Dieu dispose. Oeuvrons tous pour une alternance pacifique au Cameroun.

Patricia Tomaïno Ndam Njoya, député Udc
“ Le projet veut confisquer le pouvoir ”

Le projet s’inscrit en faux avec les exigences de démocratie et de bonne gouvernance. Il vient remettre en cause un choix obtenu de haute lutte par le peuple camerounais, sur la question de limitation de la durée du mandat présidentiel. Pour diverses raisons, le peuple avait en 1996, choisi de limiter la durée du mandat. Mais le choix du peuple est foulé au pied et remis en cause par une infime partie du peuple qui, niant le consensus auquel on était arrivé, s’arroge tous les droits ; dont celui de la majorité à l’Assemblée nationale. Le fait de revenir sur l’article 6, alinéa 2, ramène le Cameroun en arrière. Cela est d’autant plus grave que tous les sacrifices consentis par les Camerounais depuis 1996, sont réduits à néant. En choisissant de limiter la durée du mandat présidentiel, l’on voulait éviter dans nos institutions, la confiscation, sinon la personnalisation du pouvoir et les intérêts égoïstes. Quand on fait sauter le verrou du consensus tel que décidé par le peuple en 1996, c’est très grave et même dangereux. Le projet de loi a tout ce qu’il faut pour confisquer le pouvoir et éviter les réelles conditions de l’expression démocratique et de l’alternance au pouvoir. Le texte est élaboré de manière à permettre au chef d’Etat qui est régulièrement mal élu (absence de transparence), de continuer à conserver le pouvoir dans un désir d’éternité.
Lorsque le débat sur la révision constitutionnelle a commencé, plusieurs couches et catégories sociales se sont exprimées, souhaitant que leurs avis soient pris en compte. Hélas. Les préoccupations des femmes exprimées dans le préambule, ont été éludées. L’avis des religieux qui ont fait la requête de remettre la protection du Cameroun entre les mains du très Haut, a été évacué. La proposition de l’Udc d’enlever de la loi fondamentale, les termes comme “ allogènes ” ou “ autochtones ” est ignorée. Le projet de loi se situe dans la continuité du Renouveau des grandes ambitions de rester éternellement au pouvoir. Comme c’est le cas depuis plus de 25 ans. Il y a même dans ce projet, des dispositions, à mesure de mettre le Cameroun en péril.

Vincent Sosthène FOUDA
“ C’est une provocation ”

Le projet de loi qui a été déposé à l’Assemblée nationale par le gouvernement visant à modifier la Constitution de 1996 au Cameroun, est une provocation, une injure au peuple camerounais, un véritable casus belli. Le pouvoir en place n’a pas tenu compte des appels du peuple camerounais qui, par de nombreuses manifestations et des appels dans les médias refuse toute modification de la Constitution. Si le texte est recevable en droit, il ne l’est pas sur le plan sociologique et politique. Sur le plan politique, la modification de la Constitution fragilise nos Institutions, consacre le refus d’une certaine catégorie de personnes de l’alternance. Or l’alternance ou sa possibilité est un des éléments fondamentaux de la démocratie. Il nous semble que le tripatouillage de la Constitution orchestrée à Yaoundé entre le parti au pouvoir et certains leaders de l’opposition, vise à aliéner le peuple souverain. Au stade actuel, nous ne pouvons que dire que le Cameroun vient de faire un bon en arrière de plusieurs générations. En attendant le vote des bêtes sauvages du regretté Kourouma n’est pas assez fort pour décrire ce qui se passe au Cameroun. Le régime en place a épuisé toute velléité de résistance chez les Camerounais. Les droits de l’homme sont bafoués au quotidien par tous ceux et toutes celles qui ont une parcelle d’autorité, c’est une jungle, seules les bêtes les plus féroces restent en vie.(…) Demain malheureusement ne sera pas un autre jour pour des millions de Camerounais qui se sentent aujourd’hui abusés et pris en otage par un système plus froid que le monstre froid dont parle Nietzsche.

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Le projet a été déposé à l’Assemblée nationale la veille d’un week-end, la veille de la clôture de la session prévue le 11 avril 2008. Seuls les députés connaissent le contenu du projet alors qu’il aurait fallu que les 100 sénateurs (au vu de ce qui est prévu dans la Constitution), aient été associés à son examen. Le président de la République est resté, seul maître du jeu alors qu’il s’agit de la loi fondamentale qui régit la vie de la nation, la bible de la nation. Il n’est pas inutile de rappeler qu’à 75 ans, son avenir, surtout l’avenir de notre pays doit être bâti en concertation avec la jeune génération qui sera en charge d’appliquer la Constitution. Il n’a visiblement pas associé, ni son gouvernement, ni le Conseil constitutionnel, ni son propre parti (bureau politique, comité central), ni les autres partis politiques, ni les autres acteurs de la société.
John Fritz Gérald Kennedy disait que : “ on ne peut pas tromper tout le peuple, tout le temps ”.
Sur le fond :
La plupart des articles modifiés concernent le chef de l’Etat. Ce qui nous amène à conclure que le projet de modification déposé à l’Assemblée nationale vise à constitutionnaliser la monarchie au Cameroun. C’est dommage. Le président de la République a déjoué même son propre camp. Oui, il voudrait être de nouveau candidat. Oui, il voudrait anticiper les élections. Oui, il ne voudrait pas être poursuivi après… avoir un jour quitté le pouvoir ? Celui qui pourrait lui succéder en cas de vacance devra organiser en 120 jours au plus les élections, alors que les élections des députés et conseillers municipaux se déroulent en 90 jours au plus. Ah c’est le Cameroun.
En guise de conclusion :
Nous pensons que les Camerounais doivent se préparer à l’alternance. La carte d’électeur est le passeport pour le changement pour chacun de nous. Sans médiation, nous risquons de vivre des moments difficiles dans les prochains jours. Continuons à prier et à œuvrer pour la paix dans notre pays. Il ne faut jamais oublier que l’homme propose, Dieu dispose. Oeuvrons tous pour une alternance pacifique au Cameroun.

Patricia Tomaïno Ndam Njoya, député Udc
“ Le projet veut confisquer le pouvoir ”

Le projet s’inscrit en faux avec les exigences de démocratie et de bonne gouvernance. Il vient remettre en cause un choix obtenu de haute lutte par le peuple camerounais, sur la question de limitation de la durée du mandat présidentiel. Pour diverses raisons, le peuple avait en 1996, choisi de limiter la durée du mandat. Mais le choix du peuple est foulé au pied et remis en cause par une infime partie du peuple qui, niant le consensus auquel on était arrivé, s’arroge tous les droits ; dont celui de la majorité à l’Assemblée nationale. Le fait de revenir sur l’article 6, alinéa 2, ramène le Cameroun en arrière. Cela est d’autant plus grave que tous les sacrifices consentis par les Camerounais depuis 1996, sont réduits à néant. En choisissant de limiter la durée du mandat présidentiel, l’on voulait éviter dans nos institutions, la confiscation, sinon la personnalisation du pouvoir et les intérêts égoïstes. Quand on fait sauter le verrou du consensus tel que décidé par le peuple en 1996, c’est très grave et même dangereux. Le projet de loi a tout ce qu’il faut pour confisquer le pouvoir et éviter les réelles conditions de l’expression démocratique et de l’alternance au pouvoir. Le texte est élaboré de manière à permettre au chef d’Etat qui est régulièrement mal élu (absence de transparence), de continuer à conserver le pouvoir dans un désir d’éternité.
Lorsque le débat sur la révision constitutionnelle a commencé, plusieurs couches et catégories sociales se sont exprimées, souhaitant que leurs avis soient pris en compte. Hélas. Les préoccupations des femmes exprimées dans le préambule, ont été éludées. L’avis des religieux qui ont fait la requête de remettre la protection du Cameroun entre les mains du très Haut, a été évacué. La proposition de l’Udc d’enlever de la loi fondamentale, les termes comme “ allogènes ” ou “ autochtones ” est ignorée. Le projet de loi se situe dans la continuité du Renouveau des grandes ambitions de rester éternellement au pouvoir. Comme c’est le cas depuis plus de 25 ans. Il y a même dans ce projet, des dispositions, à mesure de mettre le Cameroun en péril.

Vincent Sosthène FOUDA
“ C’est une provocation ”

Le projet de loi qui a été déposé à l’Assemblée nationale par le gouvernement visant à modifier la Constitution de 1996 au Cameroun, est une provocation, une injure au peuple camerounais, un véritable casus belli. Le pouvoir en place n’a pas tenu compte des appels du peuple camerounais qui, par de nombreuses manifestations et des appels dans les médias refuse toute modification de la Constitution. Si le texte est recevable en droit, il ne l’est pas sur le plan sociologique et politique. Sur le plan politique, la modification de la Constitution fragilise nos Institutions, consacre le refus d’une certaine catégorie de personnes de l’alternance. Or l’alternance ou sa possibilité est un des éléments fondamentaux de la démocratie. Il nous semble que le tripatouillage de la Constitution orchestrée à Yaoundé entre le parti au pouvoir et certains leaders de l’opposition, vise à aliéner le peuple souverain. Au stade actuel, nous ne pouvons que dire que le Cameroun vient de faire un bon en arrière de plusieurs générations. En attendant le vote des bêtes sauvages du regretté Kourouma n’est pas assez fort pour décrire ce qui se passe au Cameroun. Le régime en place a épuisé toute velléité de résistance chez les Camerounais. Les droits de l’homme sont bafoués au quotidien par tous ceux et toutes celles qui ont une parcelle d’autorité, c’est une jungle, seules les bêtes les plus féroces restent en vie.(…) Demain malheureusement ne sera pas un autre jour pour des millions de Camerounais qui se sentent aujourd’hui abusés et pris en otage par un système plus froid que le monstre froid dont parle Nietzsche.

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