Non classé

Georgette L. Kala-Lobè en Solo pour Douala Manga Bell

Danseuse étoile à l’Opéra de Paris, elle vient de créer sa propre compagnie qui fait le tour de France depuis le mois de juillet. – “Je veux rendre visible la beauté secrète de l’Etre, apporter une belle note à la symphonie du Monde, une trace digne. ” Georgette Louison Kala-Lobè, la jeune sœur de l’autre, vient de créer sa propre compagnie de danse, en France. “ Kala-Lobè dance company ” (le nom de la troupe) est en quelque sorte l’aboutissement d’une carrière exceptionnellement bien menée par celle qui partage sa vie avec son compagnon de longues dates, René Strubel, artiste peintre. C’est d’ailleurs avec son soutien indéfectible que Georgette Louison Kala-Lobè, a écrit et interprète “ Solo pour Douala Manga Bell ”, un vibrant hommage au King Bell, pendu par les Allemands un certain 8 août 1914, parce qu’il avait refusé de céder la terre de ses ancêtres : “ Douala Manga Bell pour moi, c’est le symbole du respect de la parole donnée. Il a montré qu’il était prêt à se sacrifier, à donner sa vie pour attirer l’attention sur la violation allemande des accords signés. ”
Lors de la présentation de la maquette de Solo pour Douala Manga Bell, en juin 2005 à l’Opéra Comique de Paris, Georgette, selon des témoignages concordants, a impressionné le public par sa scénographie : “ Sur la proposition de Georgette Louison Kala-Lobè, témoigne René Strubel, j’ai réalisé une sculpture “ fétiche ” d’inspiration africaine. Certains spectateurs voient un “ ange de la mort ”, d’autres une espèce de “ statue de la liberté ”. Animiste, en tout cas, l’interprétation est libre. Ce “ fétiche ” est soudé sur un chariot de supermarché…. Cet objet fait lien avec notre quotidien et contribue au mouvement chorégraphique ”. René Strubel ajoute : “ Symboliquement, l’histoire de la mise à mort par pendaison de Douala Manga Bell par les occupants allemands s’inscrit dans la tragédie coloniale de l’Afrique tentant de tenir debout et, de l’Europe dans le vertige de ses dominations.”

En tournée
Citoyenne du monde, Georgette Louison Kala-Lobè utilise son corps comme support d’expression : “ Je situe la danse dans la solitude de ce dialogue muet. Avec eux, je pose mon cœur au cœur de leur éclat. Je ne cherche pas de protection contre moi-même, je me situe, en confiance sur le chemin étroit et léger de mon langage. C’est vrai, Madame, mon corps est polyglotte ; j’essaye de me rendre fréquentable. Donc, pas la part de Salleri, jamais, mais celle, éternellement, à vif, de Mozart ”, insiste la chorégraphe. Et à ceux qui comme Louis Borges nourrissent un complexe quelconque par rapport à cette discipline ô combien rigoureuse, Georgette Louison Kala-Lobè répond sans détour : “ Il y a quelque chose d’éminemment faux dans la pensée officielle et triomphante occidentale : au mieux, elle véhicule à souhait de belles idées humanistes, soi-disant libératrices pour l’individu. Ce sont souvent des coquilles vides où disons que les personnages qui les véhiculent ne désirent pas les remplir ; plutôt du vent social pour consolider une entreprise de strapontins à pouvoir. Ces individus, le danseur Noureïev les appelaient “ Traîtres ”. Pourtant miraculeusement, de vertigineux créateurs échappent à cette mascarade. Ils sont les maîtres de la terre, les représentants de l’Universel. Leur vision ne se limite pas à de misérables petites stratégies, au culte de la vanité, mais forme les maillons de cette chaîne sans fin qui témoigne de l’homme, de sa transcendance, Monsieur Borges. Ils sont de tous les continents, d’ici et d’ailleurs. ” Faut-il le rappeler, Louis Borges avait prétendu que “ l’Afrique n’a rien amené à la culture littéraire ”, ajoutant que “ c’est un continent inutile ”. Rien que ça !
Depuis le mois de juillet 2006, Georgette Louison Kala-Lobè joue “ Solo pour Douala Manga Bell ” dans les communes françaises. En attendant peut-être que l’on puisse aussi voir ce spectacle un jour, au Cameroun. 

Par Jean-Célestin EDJANGUE
Le 07-08-2006

Leave your vote

Start typing and press Enter to search

Non classé

Musique : Gino Sitson a trouvé sa voix

Le dernier album du jazzman camerounais explore à nouveau les profondeurs vocales.
Roger A. Taakam


Ce sont d’étranges polyphonies. Des voix extraordinaires. Des mimiques rares et acrobatiques, mélange de voix fines et grasses, qui forment l’architecture du talent artistique de Gino Sitson. Pour son deuxième album, il est encore allé puiser, au fond de lui-même, tout ce que les cordes vocales regorgent à la fois de mélodique et d’harmonique. La rythmique, elle, nous ramène aux années glorieuses du jazz classique avec ses guitares uniques, ses voies langoureuses, ses battements à la " be bop ", ses orchestrations aux allures de jam-session où l’improvisation est maître du jeu. Mais à bien y regarder, Gino Sitson n’a rien d’un improvisateur du jazz. Contemporain à l’envi, créateur inimitable, on lui doit même le mérite d’être le dépositaire d’un talent rare et exceptionnel : celui de ses cordes vocales qu’il valorise en autant de sonorités qu’il existe d’instruments. Tout un orchestre dans la bouche. Pour traduire la richesse de ce qui n’aurait pu être qu’une banale musique de chambre -c’est bien cela la musique de Gino- Et pourtant, un fabuleux cocktail de voies exploratoires aux confins du gospel et du blues. Une voie unique dans l’univers du jazz qui mêle vibrations vocales et sonorités instrumentales pour célébrer l’universalisme.

Chez Gino Sitson, cet universalisme commence par le culte de ses propres valeurs identitaires. D’abord sa langue maternelle, le medumba, qu’il retourne dans tous les sens pour lui donner de la rythmique vocale. Ensuite les sonorités du pays tellesque le magambeu, l’assiko, le makossa… qui retrouvent chez cet artiste une autre dimension jubilatoire, après avoir été enrichies de sonorités jazzy, polyrythmies captivantes et belles incrémentations de piano.
A sa manière, Gino Sitson revisite l’Afrique en général et le Cameroun en particulier, à travers ses rythmes, ses mélodies, ses danses, ses cris, ses pleurs et ses vibrations. En combinant librement ses acrobaties vocales avec des percussions aux effets divers, Sitson a forgé un vocabulaire éloquent qui s’exprime au delà des limites naturelles des langues et traditions locales. On pourrait difficilement le classer dans une catégorie particulière de jazzmen, toujours est-il qu’il fait partie de la génération des musiciens africains dont le talent, au-delà du continent, plaît et séduit. Gino Sitson est probablement le seul vocaliste qui associe au jazz des techniques polyphoniques africaines.

Son talent a éclot il y a tout juste une décennie, avec la sortie de son tout premier album, "Vocal deliria", un délire vocal comme son nom l’indique si bien. Depuis, il s’est fait remarquer sur la scène internationale, aussi bien en Europe qu’aux Etats-Unis, où il réside. Avant d’atteindre les sommets, il a eu le temps, par le passé, de se forger une solide réputation de percussionniste, avant d’explorer les voies du chant. Ce qui lui vaudra de partager les chœurs avec de nombreux artistes tels Manu Dibango, Wally Badarou, Ray Léma, Jorge Ben, John William, Exile One, Craig Harris… pour ne citer que ceux-là. Cependant, l’artiste n’est que trop peu connu dans son pays, le Cameroun, bien que l’un des titres phare, " makalapati ", de son premier album, soit resté gravé dans bien des mémoires.

Visitez le sitz de Gino : http://www.ginositson.com/

Leave your vote

Start typing and press Enter to search

close

Log In

Forgot password?

Forgot password?

Enter your account data and we will send you a link to reset your password.

Your password reset link appears to be invalid or expired.

Log in

Privacy Policy

Add to Collection

No Collections

Here you'll find all collections you've created before.