La Cmc au scanner de la Cisac et de l’Ompi
Une mission conjointe de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (Ompi) et la Confédération internationale des sociétés d’auteurs et compositeurs (Cisac) séjourne actuellement au Cameroun. Son objectif : rassembler les éléments pour une admission effective de la Cameroon music corporation (Cmc) au sein de la famille internationale des sociétés crédibles de gestion collective du droit d’auteur. – Au siège de la Cameroon music corporation lundi 7 août 2006, l’ambiance est studieuse. Administrateurs et agents de cette société de gestion collective du droit d’auteur et des droits voisins de la musique au Cameroun apparaissent concentrés un peu comme des élèves ou des étudiants soumis à un contrôle. “ C’est un moment important pour nous administrateurs de la Cmc et membre de l’équipe de gestion. En recevant cette mission conjointe de la Cisac et de l’Ompi, nous entendons établir la crédibilité de la Cmc, notamment sur la manière dont elle est gérée depuis que notre équipe est aux affaires. Ce sont des instances aguerries dans le domaine de la gestion du droit d’auteur et des droits voisins. Nous allons nous faire entendre et nous faire comprendre. Et après nous, la mission va continuer son travail et entendre d’autres personnes au Cameroun ”, indique l’artiste musicien Sam Mbende, président du conseil d’administration de la Cameroon music corporation.
La dite mission est composée de Robert Hooiper de la Cisac et le Camerounais Messmer Gueuyou de l’Ompi. Les deux hommes ne sont en tout cas pas tombés de la dernière pluie dans le domaine du droit d’auteur et des droits voisins. Robert Hooiper, la cinquantaine sonnée, est actuellement consultant à la Cisac basée à Paris en France. Avant cela, il a été Pdg de la South African Music Right Organisation (Samrio), la société sud africaine de gestion collective du droit d’auteur de la musique, avant de venir diriger la commission Afrique de la Cisac pendant 5 ans. En tant que tel, il a contribué à mettre en place un système de développement et de perception des droits d’auteurs dans beaucoup de pays africains. Messmer Gueuyou, quant à lui, est docteur en droit, et avocat de formation. Bien qu’il présente l’aspect d’un jeune homme, il a une grande expérience dans le domaine du droit d’auteur qu’il a d’ailleurs enseigné pendant près d’une décennie dans plusieurs universités françaises. Il occupe actuellement à l’Ompi, les fonctions d’administrateur adjoint des programmes au bureau du développement économique pour l’Afrique. De par ses nombreux voyages, il a vu naître et fonctionner de nombreuses sociétés de gestion collective du droit d’auteur et des droits voisins du droit d’auteur dans un certain nombre de pays sur le continent africain.
Sans faire partie de la mission, on note aussi la présence au Cameroun et dans les coulisses de cette mission de Nicolas Donato, artiste interprète, président de la société belge des artistes interprètes (Uradex). Celui-ci a donné les précisions sur les mobiles de son séjour en terre camerounaise : “ Il y a une petite année, alors que nous avons constaté un retour à une gestion démocratique du droit d’auteur au Cameroun, l’Uradex a signé avec la Cmc un accord de réciprocité. Ce qui signifie qu’en Belgique nous nous engageons à percevoir les droits d’auteurs des artistes membres de la Cmc, et en retour au Cameroun, la Cmc fait la même chose pour ce qui est des artistes membres de l’Uradex. Je profiterai aussi pour connaître l’environnement artistique camerounais. ”
Le programme de la mission conjointe Cisac-Ompi qui ira jusqu’au 10 août prochain est bien chargé. Après avoir rencontré le 7 août 2006 le conseil d’administration et la direction de la Cmc avec qui, ils ont abordé entre autres les aspects concernant le fonctionnement, les états financiers, l’état des lieux de l’environnement politique, socioéconomique et culturel du droit d’auteur au Cameroun, Robert Hooiper et Messmer Gueuyou vont poursuivre leurs consultations et leurs rencontres par les artistes membres de la Cmc, les responsables du ministère de la Culture et de la Commission permanente de médiation et de contrôle (Cpmc).
Pour mémoire, la Cmc a été admise à la Cisac, comme membre provisoire, le 1er juin 2006 suite à une décision de son conseil d’administration forte de 217 sociétés reparties dans le monde.



