Luc Yatchokeu : Sam Fan Thomas et Lapiro de Mbanga en tête d’affiche

Le promoteur du marché des spectacles Le Kolatier annonce des inovations en 2006.
Propos recueillis par Jules Romuald Nkonlak – Le festival Le Kolatier vient de bénéficier de l’aide du ministère de la Culture, à travers son compte d’affectation spéciale. A quatre mois de l’événement, que représente cet apport ?
Je voudrais d’abord rappeler que le Kolatier n’est pas un festival, c’est un marché de spectacles de la sous région. Je voudrais remercier le ministère de la Culture qui, pour la première fois a décidé de nous apporter son soutien à concurrence de 3 millions de Fcfa. C’est vrai que quand on regarde le budget du festival, c’est assez maigre, mais cela peut avoir un effet déclencheur. Quelques fois, les institutions étrangères qui veulent bien nous aider voudraient savoir ce qui est fait par les institutions locales : le ministère de la Culture, la ville de Douala…

L’un des problèmes que rencontrent souvent les événements culturels au Cameroun, c’est celui du financement. Vous êtes plutôt bien parti, apparemment…
Cela s’annonce bien, de toutes les façons, mieux que l’édition dernière où, à pareil moment nous ne voyions rien venir. Le Centre culturel français de Douala a renouvelé son soutien en nous donnons gratuitement la salle de spectacles, et tout le matériel technique sera à notre disposition. Le ministère de la Culture nous a accordé 3 millions Fcfa, nous avons également un partenaire qui s’appelle l’Observatoire des politiques culturelles en Afrique, qui est un organe consultatif de l’Union africaine en matière de culture, qui vient sur le Kolatier en tant que partenaire financier. Ils prennent sur eux la formation des managers et administrateurs culturels. Ils vont l’organiser et la financer. C’est déjà une grande avancée.
Mais, nous avons des partenaires locaux qui devraient être incontournables. Je pense à la ville de Douala, qui accueille l’événement et qui ne s’est jamais véritablement impliquée. L’année dernnière, ils sont venus timidement sur le lieu de l’événement. Il y a aussi le ministère du Tourisme, qui ne devrait pas être en marge. Or, ils disent que si on n’est pas partenaire du ministère, on n’a pas le droit de faire la promotion du tourisme camerounais. Je ne sais pas ce qu’ils appellent partenaire.

Et le niveau des préparatifs?
Nous avons lancé, il y a quelques mois, des appels à candidature en direction des groupes d’Afrique centrale. La sélection a été faite et 16 groupes ont été retenus en ce qui concerne les spectacles de musique, de théâtre et de danse venant de plusieurs pays tels que le Tchad, le Gabon, le Congo, la Rdc, le Burundi et le Cameroun.

Peut-on avoir quelques noms?
Au Burundi, nous avons un grand musicien émergent, qui s’appelle Jérémie ; au Tchad, le Tibesti ; en Rdc, nous avons la troupe théâtrale l’Ecurie Maloba, pour le Congo, nous avons Langui, un groupe musical qui a participé aux jeux de la Francophonie à Niamey. Pour le Cameroun, nous aurons le Green Theatre, avec un spectacle qui s’appelle Chat botté forever. Nous avons également le Black Roots et le Grass Roots.

Quelle innovation peut-on attendre du Kolatier 2006 ?
Il y a deux aspects nouveaux. Le Kolatier 2006 a un parrain qui s’appelle M. Lupwichi Mbuyamba, de nationalité congolaise. Il est directeur de l’observatoire des politiques culturelles en Afrique (dont le siège est à Maputo), et le président du Conseil International des Musiques chorales. Cette édition prévoit également la programmation des têtes d’affiches, qui viendront soutenir les artistes émergents et rehausser l’évènement. Les têtes d’affiche ciblées sont: Sam Fan Thomas, Isnébo et le Faadah Kawtal, Ottou Marcelin, Lapiro de Mbanga, Dina Bell.

Vous avez tenu à préciser que le Kolatier était un marché de spectacles. Peut-on avoir une idée des spectacles qu’il a pu vendre depuis sa création ?
La deuxième édition, qui a connu la présence de quelques diffuseurs, a permis que quelques spectacles sortent d’ici. Le Green Theatre est allé jouer en Rdc. Je reviens de Brazzzaville avec Esoumalong Zagor, qui a présenté un spectacle avec le Mvet. J’ai été sollicité en tant que Kolatier. Tibesti, qui avait participé au Kolatier en 2003, a été répéré par le festival de Cibiu en Roumanie en 2005. Il y a aussi le Black Roots, qui a été en Roumanie en 2004 grâce à leur participation au Kolatier en 2003. En même temps, on a reçu des invitations de professionnels qui ont participé au Kolatier. Tony Mefe a été invité à la Bourse suisse aux spectacles, parce qu’il fait partie de l’organisation du Kolatier.

Quotidienmutations

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Sortir la musique de l’ornière de la pornographie

La Ligue nationale pour la défense de l’authenticité et de la moralité musicale, Linadam, se donne pour credo d’assainir la scène musicale camerounaise.

Dans l’optique de sortir la musique camerounaise de la léthargie dans laquelle elle est plongée, les artistes musiciens et comédiens sont engagés sur différents fronts. Pendant que la Cameroon musique corporation, la Cmc et les autres sociétés de droits d’auteurs sont dans les marchés et autres pour mener une guerre sans merci contre les pirates, la Linadam quant à elle mène le combat contre la clochardisation de l’artiste, le plagiat, le manque de créativité et surtout la pornographie qui est devenue le champ de prédilection de la plupart des “ aventuriers et apôtres de la facilité ” qui ternissent l’image du paysage culturel camerounais.
Pour un meilleur suivi de leurs activités, les membres de la Linadam se sont réunis, le samedi 6 mai à Bafoussam à l’occasion de leur 4e assemblée générale. L’ordre du jour portait sur la lutte contre les dérives musicales, le plagiat des artistes et les voies et moyens pour promouvoir la musique camerounaise hors de nos frontières. Au terme de plus de 7 heures de travaux, sous la direction de Doudou Pajeto, président national de cette jeune association, les artistes présents ont fait le constat selon lequel la musique camerounaise est malade et mérite un diagnostic minutieux.
“ En plus du plagiat, le fond des chansons est vide et les messages véhiculés tournent autour du sexe ”, a t-on relevé pour le déplorer. Dans cette perspective, les producteurs et les médias audio visuels sont cités au premier chef de ceux-là qui encouragent la dérive de la musique au Cameroun. Pour Doudou Pajeto, “ les médias sont en mesure de faire d’un cancre une étoile dans la mesure où la régularité et la proximité créent l’envie. Au fur et à mesure que certaines radios et télévisions diffusent à longueur de journée les musiques obscènes, les jeunes y prennent goût avec tout ce que cela comporte. ” Avant d’ajouter que la musique camerounaise est tuée sciemment au profit des sonorités étrangères qui occupent plus de 70% des programmes de certains médias audiovisuels.
Soucieux d’intensifier le combat par une campagne de proximité, des conférences-débats sont prévues à Yaoundé, dans un futur proche, afin de réveiller les consommateurs sur les risques qu’ils courent en laissant la musique camerounaise à la merci de la phagocytose des rythmes étrangers. Les exposés porteront sur des thèmes tels que : “ L’artiste camerounais face à ses responsabilités ”, “ qu’est ce qu’un artiste ”, “ état des lieux du paysage artistique national ” “ art et développement ” et “ l’avenir de l’art au Cameroun ” et bénéficieront de l’expertise, sauf changement de dernière minute, des universitaires que sont les Pr Mono Ndjana, Kuitche Fonkou Gabriel et le Dr Théodore Nangoua.
Avec aujourd’hui plus de 100 membres, la Linadam est consciente du fait que la bataille ne sera pas du tout facile, en raison de la gravité du mal et de la morosité des moyens humains et financiers. Malgré cela, ses membres sont déterminés à aller jusqu’au bout de leur combat.  

Par Blaise NZUPIAP NWAFO
Le 11-05-2006

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