Anne Marie Ndjigi : Un film pour Dieu
Pour son premier long métrage la jeune réalisatrice camerounaise veut parler de l’intégrisme religieux.
Jules Romuald Nkonlak –
C’est avec un certain enthousiasme que la jeune fille parle du projet qui, actuellement, mobilise toute son attention. Celui de réalisation de son tout premier film. On l’a vu aller et venir dans la foule présente au musée national de Yaoundé pour la dixième édition du festival de cinéma Ecrans Noirs. Très souvent accompagné de Jean Jeaki Kinguè, qui a derrière lui une longue carrière d’assistant-réalisateur, et qui a notamment travaillé avec le cinéaste Daniel Kamwa.
"Je suis allée aux Ecrans Noirs pour acquérir plus d’expérience, rencontrer des aînés et un éventuel gros producteur ", affirme Anne-Marie Ndjigi. Son projet de film a intéressé Pascal Judelewicz, qui s’est associé à l’aventure dont le tournage commence le 1er octobre prochain à Edéa et ses environs.
Le film, qui s’appelle Amal, tourne autour du conflit de religions, présent de façon plus ou moins affirmée dans la société camerounaise où le nombre de confessions ne cesse de grandir. Amal, un jeune garçon, sans confession religieuse, athée, comme l’indique le dossier technique du film, est partagé entre deux filles qui l’aiment. Chacune des deux, Fanta la musulmane et Fanka la chrétienne, voudraient bien l’épouser, mais à condition qu’il accepte de se convertir à leurs religions.
"C’est de l’intégrisme religieux qu’il s’agit. Pour rester neutre, j’ai voulu que l’acteur principal soit athée, afin que personne ne se sente indexé ", précise la réalisatrice de 24 ans, qui est par ailleurs enseignante à l’aumônerie de l’Eglise presbytérienne du Cameroun. C’est du cercle religieux dans lequel elle travaille que lui est venue l’idée de son film. Elle dit avoir voulu le faire pour les enfants qu’elle encadre.
Ni ses études à l’université de Ngaoundéré et de Yaoundé I (droit et lettres bilingues), ni son entourage familial ne plaidaient pour une carrière dans le cinéma. La volonté de Anne-Marie Ndjigi a pourtant été plus forte que ces obstacles-là. Elle s’était déjà un peu essayée au théâtre et elle avait même pris quelques cours en arts et spectacles à Ngoa Ekellé avant de se diriger en 2005 au Centre culturel français de Yaoundé, où un casting pour réalisateurs et comédiens était organisé.
Depuis lors, elle a fait du chemin. Elle est désormais membre de l’association nationale des cinéastes camerounais et compte bien frapper un grand coup avec son premier long métrage. Le budget s’élève à 100 000 euros, dont 45% (29 millions Cfa environ) supportés par son partenaire financier. Le tournage, qui aura lieu à Edéa et dans ses environs durera six mois.
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