L’opération «Epervier » résolument relancée
L’ancien ministre d’Etat, Jean-Marie Atangana Mebara a déjà été entendu vendredi dernier à la PJ.
Devant la représentation nationale lors de sa session statutaire de mars, le vice-Premier ministre, ministre de la Justice, Garde de sceaux laissait entendre sous forme de boutade que « l’Epervier » gardait ses ailes intactes. Une réplique à certains élus de la nation qui craignaient un « assoupissement » de l’opération « mains propres » engagée contre les auteurs présumés d’atteintes à la fortune publique. On se rend bien compte aujourd’hui que les propos de M. Amadou Ali n’étaient pas pour amuser la galerie. Loin de là !
En effet, après une audition vendredi dernier à la Direction de la Police judiciaire, M. Jean-Marie Atangana Mebara, ancien ministre d’Etat en charge des Relations extérieures et ancien secrétaire général de la présidence de la République, devrait revenir à la DPJ. Sans qu’on puisse dire, au moment d’aller sous presse, si ce sera l’occasion d’une confrontation avec M. Yves-Michel Fotso qui est attendu, lui aussi, par les fins limiers de la sous-direction des enquêtes économiques et financières. D’après des sources concordantes, tout semble indiquer que l’ancien administrateur directeur général de la Camair serait appelé s’expliquer sur son rôle dans l’affaire foireuse de l’acquisition fin 2003 d’un avion présidentiel. L’« Albatros », acquis au prix d’une ponction substantielle sur les ressources publiques s’avérera un fiasco qui, de surcroît, aurait pu coûter la vie au chef de l’Etat lors d’un voyage entre Douala et Paris. L’on s’apercevra plus tard que l’aéronef était d’une vétusté manifeste qui en hypothéquait toute fiabilité. Il n’est cependant pas exclu que M. Fotso soit également interrogé sur les passations de marchés relatifs aux locations d’avions et aux audits réalisés par le cabinet APM basée à Londres, avec une filiale au Cameroun. Il est d’évidence que, aussi bien pour « l’affaire Albatros » que pour le « dossier APM », Yves-Michel Fotso n’a pu agir seul, compte tenu de leur complexité et de leur sensibilité. Les enquêteurs auront donc besoin de toute leur perspicacité et certainement de beaucoup de patience pour débrouiller les deux dossiers. En tout cas, le temps semble venu pour que les principaux responsables qui ont eu à connaître de ces dossiers aient totalement livré leur part de vérité. Une chose est sûre, l’enquête préliminaire sur les détournements présumés de deniers par les mis en cause est désormais en marche.
On sait, en effet, que l’ancien SGPR avait déjà été entendu vendredi dernier pendant quelque six heures par les responsables de la DPJ. En présence de son conseil, Me Denis Ekani. Ce qui était loin d’être véritablement une surprise pour les observateurs de la scène socio-politique nationale. On rappelle que M. Atangana Mebara fait, depuis le 18 mars dernier, l’objet de mesures restrictives par rapport à sa liberté de mouvement : retrait de ses passeports diplomatique et ordinaire, interdiction de sortir à Yaoundé.
Décidées également à l’encontre des anciens ministres Abah Abah Polycarpe et Olanguena Awono Urbain, ces mesures avaient conduit à l’interpellation le 31 mars de ces derniers. Tandis que Jean-Marie Atangana Mebara bénéficiait jusqu’à vendredi dernier d’une relative quiétude ou, à tout le moins, d’un sursis. Les choses semblent connaître manifestement une accélération dont on ne peut prédire l’issue au stade actuel des investigations. Mais les enquêtes pourraient impliquer à plus ou moins brève échéance d’autres personnalités de premier plan.
MAKON ma PONDI et Yves ATANGA

