Le Fardeau des femmes sur pas de danse
Après plusieurs mois de travail acharné, la compagnie Svelta Afro Dance présente ce 24 mai 2006 au Centre culturel français de Yaoundé “ Load ” sa dernière création.
Ces dernières semaines, Jean Pierre Bassoumoul, promoteur culturel et Angeline Tchawo, chorégraphe et danseuse, auront été sur tous les fronts. Ce duo de choc qui a mis en route la compagnie de danse Svelta Afro Dance préparait avec un engouement déterminant la grande sortie de leur création “ Load ” qui signifie le fardeau dont la représentation publique est prévue ce 24 mai 2005 au Ccf de Yaoundé. Pour Angeline Tchawo qui a réalisé l’écriture chorégraphique de ce spectacle, cette création se veut actuelle dans la thématique : “ Load ou le fardeau parle des souffrances des femmes d’Afrique et du monde en général. En Afrique, je dois le rappeler, les femmes continuent de subir des complexes sociaux redoutables. Je prends le cas de la province de l’Ouest Cameroun d’où je suis originaire, lorsqu’un homme parle, la femme doit absolument se taire, qu’il ait raison ou pas. On accuse les femmes d’être très bavardes et la société tisse un système de marginalisation à leur encontre. De plus, vous verrez que dans certaines régions du Cameroun et d’Afrique, on continue de pratiquer l’excision. C’est-à-dire, priver les femmes de l’organe qui stimule le plaisir pendant une relation sexuelle. Tous ces aspects constituent un fardeau, un “ Load ” que nous avons pensé mettre en danse ”.
La détermination avec laquelle la chorégraphe a bâti artistiquement ce sujet sur cette thématique est à la mesure du management qui soutient le projet. Cela est en fait l’œuvre d’un professionnel du nom de Jean Pierre Bassoumoul. Ce professeur d’éducation physique, cadre diplômé de l’Injs et promoteur culturel, constitue une espèce de mécène qui a apporté tout son appui pour la mise en route de la troupe Svelta Afro Dance. Angeline Tchawo ne cesse de lui rendre hommage : “ A dire vrai, notre rencontre est celle des amoureux de l’art. Au départ, étant artiste, il me fallait bien quelqu’un pour assurer la promotion. J’ai trouvé en M. Bassoumoul un homme idéal qui m’a soutenu en offrant à la troupe un cadre de travail, de même qu’il s’occupe de tous les frais liés à la production et au fonctionnement ”.
M. Bassoumoul Jean-Pierre, bien qu’il soit de nature taciturne, a quant à lui son idée sur le déploiement de la compagnie Svelta Afro Dance. “ La compagnie est régie par des textes. C’était la première étape. Nous avons par la suite envisagé une création. En fait, c’est une compagnie que je voudrais voir fonctionner de manière démocratique. Je suis un artiste qui ne vit pas dans le milieu artistique. Mais je le regarde d’en haut et j’observe comment fonctionnent les troupes artistiques. Je pense que l’artiste a besoin de vivre de son patrimoine et de son art. C’est pour cela que nous avons créé cette association. ”
Face au public
Le public se rendra compte que le spectacle de la compagnie Svelta Afro Dance qui va être présenté ce 24 mai 2006 ne figure pas dans la programmation officielle de ce Ccf de Yaoundé. Le spectacle est entièrement produit par la troupe selon les règles de son organisation interne. Il s’agit ainsi d’un spectacle de danse contemporaine, où les danseurs vont exprimer les émotions intérieures qui tournent autour des différents fardeaux que portent les femmes en Afrique. Sur scène, les artistes sont soutenus par une musique traditionnelle qui rythment leurs pas, et fournis de l’énergie à leur corps transpirant de sueur et de dynamisme.
En choisissant de se produire dans cette nouvelle donne de la danse, à savoir la danse contemporaine, la compagnie Svelta Afro Dance a voulu démontrer une performance artistique acquise par le travail que certains ont tendance à vouloir lui nier. En effet, après avoir présenté ce spectacle dans les coulisses des évènements internationaux qui se sont déroulés à Yaoundé, la compagnie espérait voir son spectacle être retenu dans divers festivals de danse aussi bien au pays qu’à l’étranger. Hélas, malgré une promotion pugnace, le résultat n’a pas été formidable. Après des semaines et des mois de travail, courageusement, la compagnie a décidé d’aller de lui-même affronter le public au Ccf de Yaoundé. Reste maintenant à voir comment ce travail qui du reste est de qualité, sera apprécié.

