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Qui veut la paix, doit préparer l’alternance

Qui veut la paix, doit préparer l’alternance en 2011

En 2011, à l’occasion de l’élection présidentielle au Cameroun, on vivra soit une alternance radicale, soit une alternance dans la continuité. Avec une alternance radicale, le Cameroun aura à sa tête un nouveau leader qui sera l’émanation de la volonté du peuple qui aura voté en majorité pour un nouveau régime. Avec une alternance dans la continuité, c’est encore le peuple et toujours lui, qui aura décidé dans sa grande majorité, de maintenir un leader (candidat sortant) sur la base de son projet ou programme, assurément « relooké » […] Avec cette analyse, force est de constater que l’alternance s’avère irréversible en 2011 au Cameroun. Mais la question de fond demeure : comment sera-t-elle, pacifique ou chaotique ?
Qui veut la paix, doit préparer l’alternance. Autrement dit, comment préparer ensemble une alternance pacifique au Cameroun en 2011 ? Avant de répondre à cette question à cent mille milliards de francs Cfa, voyons d’abord ensemble quelques raisons pertinentes choisies dans le tas (les raisons étant comme du sable dans le désert) et qui peuvent menacer très sérieusement la paix et la stabilité au Cameroun en 2011. Donc l’alternance pacifique que nous nous devons tous de promouvoir dès maintenant.
Il y a quelques mois (janvier 2008), nous avons eu une vision à Impact Communications. Nous avons vu […] que 48 ans après l’indépendance (1er janvier 1960) et 18 ans après [la restauration du multipartisme en 1990], notre pays n’a jamais vécu une alternance démocratique par la voie des urnes. Le Cameroun n’a aucune expérience sur ce plan. Donc aucune culture. Ce sera une grande première. Et comme toutes les premières fois, celle-ci aussi s’annonce à la fois excitante à 50% et incertaine à 50%. Dès lors, comment les jeunes et le peuple d’un point de vue social et culturel sont-ils préparés ? Autrement dit, comment les parlementaires, le président de la République (déjà 26 ans au pouvoir), le gouvernement, les partis politiques, la société civile, les ONG et les associations préparent et influencent-ils la jeunesse par rapport à cette échéance irréversible (alternance) à deux options ?
L’alternance pacifique se fera uniquement par le respect du verdict des urnes ou ne se fera pas. Bien qu’étant un fondement de la démocratie, parce qu’exprimant la volonté et le choix réel du peuple, le verdict des urnes (très sensible, strictement interdit de manipulation) est source de conflits parfois incontrôlables lorsqu’il n’est pas respecté comme tel. Et comme conséquence, l’alternance se retrouve souvent bloquée, la démocratie tourne au cauchemar et devient une tragédie (exemple du Kenya et du Zimbabwe). Est-ce cela que nous voulons ou souhaitons pour notre pays en 2011 ?

L’actualité africaine : les septuagénaires et la Constitution
Nous avons retenu deux points saillants : la malédiction des plus de 70 ans, candidats à l’élection présidentielle en Afrique, et la révision de la Constitution, un acte démocratique mais aussi source de conflits en Afrique. Pour ce qui est de la malédiction des plus de 70 ans, ce que la crise kényanne et zimbabwéenne ont en commun sur le plan humain, ce sont ses acteurs majeurs, tous candidats à l’élection présidentielle et âgés de plus de 70 ans. Le Cameroun étant le prochain pays où s’organisera sur le continent une élection présidentielle d’ici 2011, il est donc légitime pour les jeunes et le peuple, de craindre la terrible « malédiction des plus de 70 ans, candidats à l’élection présidentielle en Afrique », qui plane au-dessus de nos têtes comme un épée de damoclès. Car en 2011, il y aura une bonne poignée de probables candidats à l’élection présidentielle, qui aura plus de 70 ans à échéance.
Cela dit, fort de ce constat, la jeunesse et le peuple doivent rester vigilants d’une part et d’autre part, ces probables candidats, leaders de partis politiques, doivent dès maintenant envoyer des signaux forts et rassurants pour une alternance pacifique en 2011, ce, en s’engageant et en signant solennellement « Le livre d’or pour une alternance pacifique au Cameroun ». Ainsi, le risque que le Cameroun se travestisse en 2011, pour devenir le Kenya ou le Zimbabwe, sera réduit.
Au sujet de la révision de la Constitution, le Cameroun doit faire la différence. Autour de la révision constitutionnelle du 10 avril 2008, le pays a semblé se diviser en deux camps qui se regardent en chien de faïence. Cette révision constitutionnelle ne doit en aucun cas être une menace (comme ailleurs en Afrique) pour la paix et la stabilité en 2011. La nouvelle Constitution (révisée) est démocratique à 100%. Les députés à l’Assemblée nationale (représentant du peuple) ont voté en majorité pour. Donc c’est légal. Il faut maintenant que les Camerounais se réconcilient et passent à autre chose en préparant sereinement l’alternance pacifique en 2011. Et cela se traduit entre autre par la signature du « Livre d’or pour une alternance pacifique au Cameroun », gage d’une société meilleure pour tous et non explosive.

Pourquoi une société potentiellement explosive
La société camerounaise va mal et est en proie aux frustrations diverses (facteurs de conflits) susceptibles de se transformer en menaces sérieuses si une élection présidentielle est mal préparée. D’où l’intérêt d’anticiper et d’agir maintenant sur 2011 (prévenir vaut mieux que guérir). Tout le monde doit agir pour préparer une « alternance pacifique » en 2011 : les jeunes, la société civile, le gouvernement, le président de la République, l’Assemblée nationale, les amis du Cameroun, le peuple, les médias, les partis politiques, les ONG et les associations… Parmi les frustrations diverses et nombreuses (pour étayer notre analyse), nous avons retenu entre autres le chômage massif des jeunes, le tribalisme et l’abstention, qui ont pour conséquence la montée progressive de la violence.

Le chômage massif des jeunes. « … Je n’ignore pas que pour la plupart d’entre vous – diplômés, élèves ou étudiants – la préoccupation principale est celle de l’emploi ou du futur emploi. L’action des pouvoirs publics, qu’il s’agisse de la professionnalisation de l’enseignement, de la formation professionnelle, de l’organisation de stages dans l’administration ou en liaison avec le secteur privé, de l’appui apporté par le Fonds national de l’Emploi, cette action, disais-je, est sans aucun doute utile mais elle ne peut à elle seule résoudre le problème du chômage et en particulier celui de l’emploi des jeunes », déclarait Paul Biya, président de la République du Cameroun, le 10 février 2005, à l’occasion de la fête de la jeunesse.
Ajouté à la vie chère, le chômage des jeunes en pleine expansion tous les jours et encore non résolu, crée davantage la misère, la pauvreté, la paupérisation, la dégradation des mœurs, la décrépitude des valeurs morales, la corruption, la violence, la haine, la rage, la faim, etc. Le chômage massif des jeunes est source permanente de conflits. A côté du chômage massif des jeunes, il y a le tribalisme.

Le tribalisme. Dans le quotidien « Le Jour » n° 117 du mardi 11 mars 2008, Bernard Muna, avocat au barreau du Cameroun, président national de l’Alliance des forces progressistes (parti politique), « réagit à l’appel au génocide lancé par ‘certains fils’ du Mfoundi ». C’est hautement révélateur et c’est pourquoi nous vous proposons, de lire un petit extrait qui traduit clairement et simplement la frustration de l’auteur et, du coup, celle des millions d’autres Camerounais sur la question du tribalisme dans notre pays, source potentielle, réelle et permanente de conflits.
« Je ne suis pas venu à Yaoundé parce que je n’ai pas un village moi aussi (dit Bernard Muna). La même chose est valable pour plusieurs Camerounais qui résident à Yaoundé. Quand nous considérons le niveau intellectuel et d’éducation des signataires de cette déclaration (Déclaration des forces vives du Mfoundi), nous avons peur parce que ces écrits sont faits par des gens qui ont suffisamment de connaissance et d’intelligence pour comprendre le poids des mots utilisés. Je suis sûr que plusieurs d’entre nous sommes prêts à plier bagages pour rentrer dans nos villages d’origine. En ce qui me concerne, j’ai pris très au sérieux la mise en garde des ‘fils du Mfoundi’ et j’envisage très sérieusement de rentrer reprendre mes activités d’avocat à Bamenda, ou je peux décider d’aller à Limbé, où le peuple du coin est hospitalier et accueillant. Aujourd’hui, dans cette localité, on peut trouver beaucoup d’Ewondo et de Bassa qui avaient fui la sévérité de la colonisation française à l’époque, pour trouver là-bas un chez soi. Ils sont encore là-bas chez eux, dans une partie du pays qu’ils considèrent comme leur patrie, et ils ne sont ni menacés ni chassés, et peuvent honnêtement dire qu’ils n’ont aucune autre demeure. Peut-être ceux d’entre nous au Cameroun qui sommes attirés par l’idée de bâtir une nation où tous les citoyens ont des droits égaux partout où ils vivent, devraient se réunir et fonder une nouvelle capitale pour nous. Dans cette nouvelle capitale, tout le monde sera chez soi, personne n’aura le droit de dire à son voisin que « désormais, nous répondrons au coup par coup » ou « à partir de maintenant œil pour œil dent pour dent» et personne ne sera considéré comme un prédateur venu d’ailleurs et sommé de quitter rapidement et définitivement « notre sol » et dire à son voisin qu’il n’aura plus jamais la sécurité.
Votre déclaration a donné raison au Southern Cameroon National Council (Scnc) qui aussi comme vous, prêche la désintégration de notre pays. Mais pour dire quelque chose à leur faveur, ils n’ont jamais utilisé des mots aussi violents comme cela a été le cas dans votre déclaration. Si le crime des membres de la Scnc c’est de prêcher la séparation du West Cameroon, votre crime n’est pas mieux parce que vous séparez le Mfoundi du reste de la République. Au contraire, votre acte est plus grave parce que non seulement vous voulez séparer le Mfoundi du reste du Cameroun, mais vous voulez expulser tous ceux qui n’appartiennent pas à votre groupe ethnique.
Je peux vous assurer que l’expérience que j’ai eue au Rwanda pendant 04 ans comme procureur auprès du Tribunal pénal international pour le Rwanda me permet de vous dire que c’est comme ça que le génocide a commencé dans ce pays.
Je remercie Dieu parce que je connais personnellement d’autres dignes fils et élites du Mfoundi qui ne pensent pas comme vous, signataires de la déclaration. Ils ne croient pas qu’on devrait construire une nation tribale. Ils croient plutôt à une nation de plusieurs tribus en ce moment critique. C’est de ces personnes que je tire mon confort, sinon je serais déjà parti de Yaoundé. Par mesure de prudence, je prendrais soin de garder mes effets rangés pour être prêt à regagner Bamenda si des gens comme vous persistaient dans leur démarche de division et de conflit.
Pour m’assurer que nous sommes dans une République où tout le monde a les mêmes droits au-delà de leurs origines, j’espère que dans les prochains jours, des mesures seront prises dans le sens d’instaurer un climat de paix et de quiétude. A ce sujet, j’attends notamment : 1- que le président de la République limoge tous les signataires de la « Déclaration des forces vives du Mfoundi » de leur fonction ; 2- que le ministre de l’Administration territoriale et de la décentralisation mette tous les signataires de cette déclaration en détention administrative et que ceux-ci soient transférés dans les prisons comme ce fut le cas pour les membres du Southern Cameroon National Council ; 3- que le ministre de la Justice donne des instructions au procureur de la République pour que les signataires de l’appel à la guerre soient mis aux arrêts et traduits devant les tribunaux pour incitation à la violence et menace sous condition ; 4- que l’Assemblée nationale vote une motion au cours de la session de mars qui s’ouvre jeudi 13 mars pour condamner sans réserve cet appel dangereux pour l’unité de la nation.
Ces mesures une fois prises, seront un signe pour rassurer les Camerounais qu’ils sont en sécurité partout où ils vivent et que l’Etat ne laissera pas prospérer dans notre pays le sentiment ethnique ou tribal. Les Camerounais attendent, et moi aussi, sans fusil, sans couteau et sans machette et nous sommes prêts à regagner le chez nous si ceux qui tiennent le pouvoir veulent encourager la division […]».
Il y a tellement d’histoires dramatiquement réelles, frustrantes et vécues à raconter autour de cette gangrène sociale (le tribalisme), génératrice de conflits et de génocide en Afrique, et susceptible de troubler gravement l’ordre public et la stabilité en période électorale (2011 notamment) si le peuple et les jeunes du Cameroun, ne sont pas éduqués, sensibilisés et préparés pour une alternance pacifique.

L’abstention. Pour mieux comprendre ce phénomène, lisons ces extraits de la rubrique « Le document », page 76, « Cameroun : abstention à multiples facettes » de « Jeune Afrique » n° 2429- du 29 juillet au 04 août 2007. « Avec un taux de participation officiel estimé à 62 % aux dernières élections législatives et municipales du 22 juillet (2007), les Camerounais ne sont pas les plus abstentionnistes du continent. Mais dans un pays d’environ 17 millions d’habitants, le fait d’avoir 3,5 millions de votants pour 5,5 millions d’inscrits reste un souci pour les autorités, qui tiennent à préserver une vitrine démocratique. Dans ce Cameroun qui ne vote pas, il y a d’abord ceux qui n’ont jamais pris la peine de s’inscrire sur les listes électorales, une curiosité dans un pays où le taux d’alphabétisation des adultes atteint les 77 %. Pour eux, un vote, même protestataire sous la forme du bulletin blanc, ne sert à rien. Ils se sont détournés du système, avec le sentiment que le monde politique n’est qu’affaire de corruption, de mensonge et de trahison. Désenchantés par la démocratisation des années 1990, ils ne se sont pas remis du déclin des idéologies et pointent le flou des programmes pour justifier leur rejet des partis. Ils ne se reconnaissent pas dans la classe politique aux affaires et sont en quête d’un « ailleurs politique ».
Ensuite, il y a ceux qui remettent en question les règles du jeu de la démocratie représentative. Pour eux, le palais de verre de Ngoa Ekellé (siège de l’Assemblée nationale) n’est qu’une chambre d’enregistrement sans réel impact sur l’exercice du pouvoir. On compte également au rang des abstentionnistes ceux dont la faible insertion sociale favorise l’exclusion de la société politique. Pour eux, les jeux sont faits d’avance et le système n’a pas besoin d’eux pour fonctionner. Ils sont généralement jeunes (la moitié de la population a moins de 25 ans), diplômés ou non, travaillent dans le secteur informel ou sont sans emploi. Certains d’entre eux sont trentenaires, parfois candidats à l’immigration, ont fait des études supérieures, mais n’ont jamais exercé un emploi salarié de toute leur vie. Ils doivent être légion à Douala, première ville du pays, où le taux de participation n’a été que de 30 % le 22 juillet (2007) ».
Le chômage massif des jeunes, le tribalisme et l’abstention, ont pour conséquence la montée progressive de la violence. (A Suivre)

*Président fondateur de Impact Communications
 

Par Par Berlin EWANE KEUSSOU
Le 14-07-2008

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Qui veut la paix, doit préparer l’alternance

Qui veut la paix, doit préparer l’alternance en 2011

En 2011, à l’occasion de l’élection présidentielle au Cameroun, on vivra soit une alternance radicale, soit une alternance dans la continuité. Avec une alternance radicale, le Cameroun aura à sa tête un nouveau leader qui sera l’émanation de la volonté du peuple qui aura voté en majorité pour un nouveau régime. Avec une alternance dans la continuité, c’est encore le peuple et toujours lui, qui aura décidé dans sa grande majorité, de maintenir un leader (candidat sortant) sur la base de son projet ou programme, assurément « relooké » […] Avec cette analyse, force est de constater que l’alternance s’avère irréversible en 2011 au Cameroun. Mais la question de fond demeure : comment sera-t-elle, pacifique ou chaotique ?
Qui veut la paix, doit préparer l’alternance. Autrement dit, comment préparer ensemble une alternance pacifique au Cameroun en 2011 ? Avant de répondre à cette question à cent mille milliards de francs Cfa, voyons d’abord ensemble quelques raisons pertinentes choisies dans le tas (les raisons étant comme du sable dans le désert) et qui peuvent menacer très sérieusement la paix et la stabilité au Cameroun en 2011. Donc l’alternance pacifique que nous nous devons tous de promouvoir dès maintenant.
Il y a quelques mois (janvier 2008), nous avons eu une vision à Impact Communications. Nous avons vu […] que 48 ans après l’indépendance (1er janvier 1960) et 18 ans après [la restauration du multipartisme en 1990], notre pays n’a jamais vécu une alternance démocratique par la voie des urnes. Le Cameroun n’a aucune expérience sur ce plan. Donc aucune culture. Ce sera une grande première. Et comme toutes les premières fois, celle-ci aussi s’annonce à la fois excitante à 50% et incertaine à 50%. Dès lors, comment les jeunes et le peuple d’un point de vue social et culturel sont-ils préparés ? Autrement dit, comment les parlementaires, le président de la République (déjà 26 ans au pouvoir), le gouvernement, les partis politiques, la société civile, les ONG et les associations préparent et influencent-ils la jeunesse par rapport à cette échéance irréversible (alternance) à deux options ?
L’alternance pacifique se fera uniquement par le respect du verdict des urnes ou ne se fera pas. Bien qu’étant un fondement de la démocratie, parce qu’exprimant la volonté et le choix réel du peuple, le verdict des urnes (très sensible, strictement interdit de manipulation) est source de conflits parfois incontrôlables lorsqu’il n’est pas respecté comme tel. Et comme conséquence, l’alternance se retrouve souvent bloquée, la démocratie tourne au cauchemar et devient une tragédie (exemple du Kenya et du Zimbabwe). Est-ce cela que nous voulons ou souhaitons pour notre pays en 2011 ?

L’actualité africaine : les septuagénaires et la Constitution
Nous avons retenu deux points saillants : la malédiction des plus de 70 ans, candidats à l’élection présidentielle en Afrique, et la révision de la Constitution, un acte démocratique mais aussi source de conflits en Afrique. Pour ce qui est de la malédiction des plus de 70 ans, ce que la crise kényanne et zimbabwéenne ont en commun sur le plan humain, ce sont ses acteurs majeurs, tous candidats à l’élection présidentielle et âgés de plus de 70 ans. Le Cameroun étant le prochain pays où s’organisera sur le continent une élection présidentielle d’ici 2011, il est donc légitime pour les jeunes et le peuple, de craindre la terrible « malédiction des plus de 70 ans, candidats à l’élection présidentielle en Afrique », qui plane au-dessus de nos têtes comme un épée de damoclès. Car en 2011, il y aura une bonne poignée de probables candidats à l’élection présidentielle, qui aura plus de 70 ans à échéance.
Cela dit, fort de ce constat, la jeunesse et le peuple doivent rester vigilants d’une part et d’autre part, ces probables candidats, leaders de partis politiques, doivent dès maintenant envoyer des signaux forts et rassurants pour une alternance pacifique en 2011, ce, en s’engageant et en signant solennellement « Le livre d’or pour une alternance pacifique au Cameroun ». Ainsi, le risque que le Cameroun se travestisse en 2011, pour devenir le Kenya ou le Zimbabwe, sera réduit.
Au sujet de la révision de la Constitution, le Cameroun doit faire la différence. Autour de la révision constitutionnelle du 10 avril 2008, le pays a semblé se diviser en deux camps qui se regardent en chien de faïence. Cette révision constitutionnelle ne doit en aucun cas être une menace (comme ailleurs en Afrique) pour la paix et la stabilité en 2011. La nouvelle Constitution (révisée) est démocratique à 100%. Les députés à l’Assemblée nationale (représentant du peuple) ont voté en majorité pour. Donc c’est légal. Il faut maintenant que les Camerounais se réconcilient et passent à autre chose en préparant sereinement l’alternance pacifique en 2011. Et cela se traduit entre autre par la signature du « Livre d’or pour une alternance pacifique au Cameroun », gage d’une société meilleure pour tous et non explosive.

Pourquoi une société potentiellement explosive
La société camerounaise va mal et est en proie aux frustrations diverses (facteurs de conflits) susceptibles de se transformer en menaces sérieuses si une élection présidentielle est mal préparée. D’où l’intérêt d’anticiper et d’agir maintenant sur 2011 (prévenir vaut mieux que guérir). Tout le monde doit agir pour préparer une « alternance pacifique » en 2011 : les jeunes, la société civile, le gouvernement, le président de la République, l’Assemblée nationale, les amis du Cameroun, le peuple, les médias, les partis politiques, les ONG et les associations… Parmi les frustrations diverses et nombreuses (pour étayer notre analyse), nous avons retenu entre autres le chômage massif des jeunes, le tribalisme et l’abstention, qui ont pour conséquence la montée progressive de la violence.

Le chômage massif des jeunes. « … Je n’ignore pas que pour la plupart d’entre vous – diplômés, élèves ou étudiants – la préoccupation principale est celle de l’emploi ou du futur emploi. L’action des pouvoirs publics, qu’il s’agisse de la professionnalisation de l’enseignement, de la formation professionnelle, de l’organisation de stages dans l’administration ou en liaison avec le secteur privé, de l’appui apporté par le Fonds national de l’Emploi, cette action, disais-je, est sans aucun doute utile mais elle ne peut à elle seule résoudre le problème du chômage et en particulier celui de l’emploi des jeunes », déclarait Paul Biya, président de la République du Cameroun, le 10 février 2005, à l’occasion de la fête de la jeunesse.
Ajouté à la vie chère, le chômage des jeunes en pleine expansion tous les jours et encore non résolu, crée davantage la misère, la pauvreté, la paupérisation, la dégradation des mœurs, la décrépitude des valeurs morales, la corruption, la violence, la haine, la rage, la faim, etc. Le chômage massif des jeunes est source permanente de conflits. A côté du chômage massif des jeunes, il y a le tribalisme.

Le tribalisme. Dans le quotidien « Le Jour » n° 117 du mardi 11 mars 2008, Bernard Muna, avocat au barreau du Cameroun, président national de l’Alliance des forces progressistes (parti politique), « réagit à l’appel au génocide lancé par ‘certains fils’ du Mfoundi ». C’est hautement révélateur et c’est pourquoi nous vous proposons, de lire un petit extrait qui traduit clairement et simplement la frustration de l’auteur et, du coup, celle des millions d’autres Camerounais sur la question du tribalisme dans notre pays, source potentielle, réelle et permanente de conflits.
« Je ne suis pas venu à Yaoundé parce que je n’ai pas un village moi aussi (dit Bernard Muna). La même chose est valable pour plusieurs Camerounais qui résident à Yaoundé. Quand nous considérons le niveau intellectuel et d’éducation des signataires de cette déclaration (Déclaration des forces vives du Mfoundi), nous avons peur parce que ces écrits sont faits par des gens qui ont suffisamment de connaissance et d’intelligence pour comprendre le poids des mots utilisés. Je suis sûr que plusieurs d’entre nous sommes prêts à plier bagages pour rentrer dans nos villages d’origine. En ce qui me concerne, j’ai pris très au sérieux la mise en garde des ‘fils du Mfoundi’ et j’envisage très sérieusement de rentrer reprendre mes activités d’avocat à Bamenda, ou je peux décider d’aller à Limbé, où le peuple du coin est hospitalier et accueillant. Aujourd’hui, dans cette localité, on peut trouver beaucoup d’Ewondo et de Bassa qui avaient fui la sévérité de la colonisation française à l’époque, pour trouver là-bas un chez soi. Ils sont encore là-bas chez eux, dans une partie du pays qu’ils considèrent comme leur patrie, et ils ne sont ni menacés ni chassés, et peuvent honnêtement dire qu’ils n’ont aucune autre demeure. Peut-être ceux d’entre nous au Cameroun qui sommes attirés par l’idée de bâtir une nation où tous les citoyens ont des droits égaux partout où ils vivent, devraient se réunir et fonder une nouvelle capitale pour nous. Dans cette nouvelle capitale, tout le monde sera chez soi, personne n’aura le droit de dire à son voisin que « désormais, nous répondrons au coup par coup » ou « à partir de maintenant œil pour œil dent pour dent» et personne ne sera considéré comme un prédateur venu d’ailleurs et sommé de quitter rapidement et définitivement « notre sol » et dire à son voisin qu’il n’aura plus jamais la sécurité.
Votre déclaration a donné raison au Southern Cameroon National Council (Scnc) qui aussi comme vous, prêche la désintégration de notre pays. Mais pour dire quelque chose à leur faveur, ils n’ont jamais utilisé des mots aussi violents comme cela a été le cas dans votre déclaration. Si le crime des membres de la Scnc c’est de prêcher la séparation du West Cameroon, votre crime n’est pas mieux parce que vous séparez le Mfoundi du reste de la République. Au contraire, votre acte est plus grave parce que non seulement vous voulez séparer le Mfoundi du reste du Cameroun, mais vous voulez expulser tous ceux qui n’appartiennent pas à votre groupe ethnique.
Je peux vous assurer que l’expérience que j’ai eue au Rwanda pendant 04 ans comme procureur auprès du Tribunal pénal international pour le Rwanda me permet de vous dire que c’est comme ça que le génocide a commencé dans ce pays.
Je remercie Dieu parce que je connais personnellement d’autres dignes fils et élites du Mfoundi qui ne pensent pas comme vous, signataires de la déclaration. Ils ne croient pas qu’on devrait construire une nation tribale. Ils croient plutôt à une nation de plusieurs tribus en ce moment critique. C’est de ces personnes que je tire mon confort, sinon je serais déjà parti de Yaoundé. Par mesure de prudence, je prendrais soin de garder mes effets rangés pour être prêt à regagner Bamenda si des gens comme vous persistaient dans leur démarche de division et de conflit.
Pour m’assurer que nous sommes dans une République où tout le monde a les mêmes droits au-delà de leurs origines, j’espère que dans les prochains jours, des mesures seront prises dans le sens d’instaurer un climat de paix et de quiétude. A ce sujet, j’attends notamment : 1- que le président de la République limoge tous les signataires de la « Déclaration des forces vives du Mfoundi » de leur fonction ; 2- que le ministre de l’Administration territoriale et de la décentralisation mette tous les signataires de cette déclaration en détention administrative et que ceux-ci soient transférés dans les prisons comme ce fut le cas pour les membres du Southern Cameroon National Council ; 3- que le ministre de la Justice donne des instructions au procureur de la République pour que les signataires de l’appel à la guerre soient mis aux arrêts et traduits devant les tribunaux pour incitation à la violence et menace sous condition ; 4- que l’Assemblée nationale vote une motion au cours de la session de mars qui s’ouvre jeudi 13 mars pour condamner sans réserve cet appel dangereux pour l’unité de la nation.
Ces mesures une fois prises, seront un signe pour rassurer les Camerounais qu’ils sont en sécurité partout où ils vivent et que l’Etat ne laissera pas prospérer dans notre pays le sentiment ethnique ou tribal. Les Camerounais attendent, et moi aussi, sans fusil, sans couteau et sans machette et nous sommes prêts à regagner le chez nous si ceux qui tiennent le pouvoir veulent encourager la division […]».
Il y a tellement d’histoires dramatiquement réelles, frustrantes et vécues à raconter autour de cette gangrène sociale (le tribalisme), génératrice de conflits et de génocide en Afrique, et susceptible de troubler gravement l’ordre public et la stabilité en période électorale (2011 notamment) si le peuple et les jeunes du Cameroun, ne sont pas éduqués, sensibilisés et préparés pour une alternance pacifique.

L’abstention. Pour mieux comprendre ce phénomène, lisons ces extraits de la rubrique « Le document », page 76, « Cameroun : abstention à multiples facettes » de « Jeune Afrique » n° 2429- du 29 juillet au 04 août 2007. « Avec un taux de participation officiel estimé à 62 % aux dernières élections législatives et municipales du 22 juillet (2007), les Camerounais ne sont pas les plus abstentionnistes du continent. Mais dans un pays d’environ 17 millions d’habitants, le fait d’avoir 3,5 millions de votants pour 5,5 millions d’inscrits reste un souci pour les autorités, qui tiennent à préserver une vitrine démocratique. Dans ce Cameroun qui ne vote pas, il y a d’abord ceux qui n’ont jamais pris la peine de s’inscrire sur les listes électorales, une curiosité dans un pays où le taux d’alphabétisation des adultes atteint les 77 %. Pour eux, un vote, même protestataire sous la forme du bulletin blanc, ne sert à rien. Ils se sont détournés du système, avec le sentiment que le monde politique n’est qu’affaire de corruption, de mensonge et de trahison. Désenchantés par la démocratisation des années 1990, ils ne se sont pas remis du déclin des idéologies et pointent le flou des programmes pour justifier leur rejet des partis. Ils ne se reconnaissent pas dans la classe politique aux affaires et sont en quête d’un « ailleurs politique ».
Ensuite, il y a ceux qui remettent en question les règles du jeu de la démocratie représentative. Pour eux, le palais de verre de Ngoa Ekellé (siège de l’Assemblée nationale) n’est qu’une chambre d’enregistrement sans réel impact sur l’exercice du pouvoir. On compte également au rang des abstentionnistes ceux dont la faible insertion sociale favorise l’exclusion de la société politique. Pour eux, les jeux sont faits d’avance et le système n’a pas besoin d’eux pour fonctionner. Ils sont généralement jeunes (la moitié de la population a moins de 25 ans), diplômés ou non, travaillent dans le secteur informel ou sont sans emploi. Certains d’entre eux sont trentenaires, parfois candidats à l’immigration, ont fait des études supérieures, mais n’ont jamais exercé un emploi salarié de toute leur vie. Ils doivent être légion à Douala, première ville du pays, où le taux de participation n’a été que de 30 % le 22 juillet (2007) ».
Le chômage massif des jeunes, le tribalisme et l’abstention, ont pour conséquence la montée progressive de la violence. (A Suivre)

*Président fondateur de Impact Communications
 

Par Par Berlin EWANE KEUSSOU
Le 14-07-2008

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Qui veut la paix, doit préparer l’alternance

Qui veut la paix, doit préparer l’alternance en 2011

En 2011, à l’occasion de l’élection présidentielle au Cameroun, on vivra soit une alternance radicale, soit une alternance dans la continuité. Avec une alternance radicale, le Cameroun aura à sa tête un nouveau leader qui sera l’émanation de la volonté du peuple qui aura voté en majorité pour un nouveau régime. Avec une alternance dans la continuité, c’est encore le peuple et toujours lui, qui aura décidé dans sa grande majorité, de maintenir un leader (candidat sortant) sur la base de son projet ou programme, assurément « relooké » […] Avec cette analyse, force est de constater que l’alternance s’avère irréversible en 2011 au Cameroun. Mais la question de fond demeure : comment sera-t-elle, pacifique ou chaotique ?
Qui veut la paix, doit préparer l’alternance. Autrement dit, comment préparer ensemble une alternance pacifique au Cameroun en 2011 ? Avant de répondre à cette question à cent mille milliards de francs Cfa, voyons d’abord ensemble quelques raisons pertinentes choisies dans le tas (les raisons étant comme du sable dans le désert) et qui peuvent menacer très sérieusement la paix et la stabilité au Cameroun en 2011. Donc l’alternance pacifique que nous nous devons tous de promouvoir dès maintenant.
Il y a quelques mois (janvier 2008), nous avons eu une vision à Impact Communications. Nous avons vu […] que 48 ans après l’indépendance (1er janvier 1960) et 18 ans après [la restauration du multipartisme en 1990], notre pays n’a jamais vécu une alternance démocratique par la voie des urnes. Le Cameroun n’a aucune expérience sur ce plan. Donc aucune culture. Ce sera une grande première. Et comme toutes les premières fois, celle-ci aussi s’annonce à la fois excitante à 50% et incertaine à 50%. Dès lors, comment les jeunes et le peuple d’un point de vue social et culturel sont-ils préparés ? Autrement dit, comment les parlementaires, le président de la République (déjà 26 ans au pouvoir), le gouvernement, les partis politiques, la société civile, les ONG et les associations préparent et influencent-ils la jeunesse par rapport à cette échéance irréversible (alternance) à deux options ?
L’alternance pacifique se fera uniquement par le respect du verdict des urnes ou ne se fera pas. Bien qu’étant un fondement de la démocratie, parce qu’exprimant la volonté et le choix réel du peuple, le verdict des urnes (très sensible, strictement interdit de manipulation) est source de conflits parfois incontrôlables lorsqu’il n’est pas respecté comme tel. Et comme conséquence, l’alternance se retrouve souvent bloquée, la démocratie tourne au cauchemar et devient une tragédie (exemple du Kenya et du Zimbabwe). Est-ce cela que nous voulons ou souhaitons pour notre pays en 2011 ?

L’actualité africaine : les septuagénaires et la Constitution
Nous avons retenu deux points saillants : la malédiction des plus de 70 ans, candidats à l’élection présidentielle en Afrique, et la révision de la Constitution, un acte démocratique mais aussi source de conflits en Afrique. Pour ce qui est de la malédiction des plus de 70 ans, ce que la crise kényanne et zimbabwéenne ont en commun sur le plan humain, ce sont ses acteurs majeurs, tous candidats à l’élection présidentielle et âgés de plus de 70 ans. Le Cameroun étant le prochain pays où s’organisera sur le continent une élection présidentielle d’ici 2011, il est donc légitime pour les jeunes et le peuple, de craindre la terrible « malédiction des plus de 70 ans, candidats à l’élection présidentielle en Afrique », qui plane au-dessus de nos têtes comme un épée de damoclès. Car en 2011, il y aura une bonne poignée de probables candidats à l’élection présidentielle, qui aura plus de 70 ans à échéance.
Cela dit, fort de ce constat, la jeunesse et le peuple doivent rester vigilants d’une part et d’autre part, ces probables candidats, leaders de partis politiques, doivent dès maintenant envoyer des signaux forts et rassurants pour une alternance pacifique en 2011, ce, en s’engageant et en signant solennellement « Le livre d’or pour une alternance pacifique au Cameroun ». Ainsi, le risque que le Cameroun se travestisse en 2011, pour devenir le Kenya ou le Zimbabwe, sera réduit.
Au sujet de la révision de la Constitution, le Cameroun doit faire la différence. Autour de la révision constitutionnelle du 10 avril 2008, le pays a semblé se diviser en deux camps qui se regardent en chien de faïence. Cette révision constitutionnelle ne doit en aucun cas être une menace (comme ailleurs en Afrique) pour la paix et la stabilité en 2011. La nouvelle Constitution (révisée) est démocratique à 100%. Les députés à l’Assemblée nationale (représentant du peuple) ont voté en majorité pour. Donc c’est légal. Il faut maintenant que les Camerounais se réconcilient et passent à autre chose en préparant sereinement l’alternance pacifique en 2011. Et cela se traduit entre autre par la signature du « Livre d’or pour une alternance pacifique au Cameroun », gage d’une société meilleure pour tous et non explosive.

Pourquoi une société potentiellement explosive
La société camerounaise va mal et est en proie aux frustrations diverses (facteurs de conflits) susceptibles de se transformer en menaces sérieuses si une élection présidentielle est mal préparée. D’où l’intérêt d’anticiper et d’agir maintenant sur 2011 (prévenir vaut mieux que guérir). Tout le monde doit agir pour préparer une « alternance pacifique » en 2011 : les jeunes, la société civile, le gouvernement, le président de la République, l’Assemblée nationale, les amis du Cameroun, le peuple, les médias, les partis politiques, les ONG et les associations… Parmi les frustrations diverses et nombreuses (pour étayer notre analyse), nous avons retenu entre autres le chômage massif des jeunes, le tribalisme et l’abstention, qui ont pour conséquence la montée progressive de la violence.

Le chômage massif des jeunes. « … Je n’ignore pas que pour la plupart d’entre vous – diplômés, élèves ou étudiants – la préoccupation principale est celle de l’emploi ou du futur emploi. L’action des pouvoirs publics, qu’il s’agisse de la professionnalisation de l’enseignement, de la formation professionnelle, de l’organisation de stages dans l’administration ou en liaison avec le secteur privé, de l’appui apporté par le Fonds national de l’Emploi, cette action, disais-je, est sans aucun doute utile mais elle ne peut à elle seule résoudre le problème du chômage et en particulier celui de l’emploi des jeunes », déclarait Paul Biya, président de la République du Cameroun, le 10 février 2005, à l’occasion de la fête de la jeunesse.
Ajouté à la vie chère, le chômage des jeunes en pleine expansion tous les jours et encore non résolu, crée davantage la misère, la pauvreté, la paupérisation, la dégradation des mœurs, la décrépitude des valeurs morales, la corruption, la violence, la haine, la rage, la faim, etc. Le chômage massif des jeunes est source permanente de conflits. A côté du chômage massif des jeunes, il y a le tribalisme.

Le tribalisme. Dans le quotidien « Le Jour » n° 117 du mardi 11 mars 2008, Bernard Muna, avocat au barreau du Cameroun, président national de l’Alliance des forces progressistes (parti politique), « réagit à l’appel au génocide lancé par ‘certains fils’ du Mfoundi ». C’est hautement révélateur et c’est pourquoi nous vous proposons, de lire un petit extrait qui traduit clairement et simplement la frustration de l’auteur et, du coup, celle des millions d’autres Camerounais sur la question du tribalisme dans notre pays, source potentielle, réelle et permanente de conflits.
« Je ne suis pas venu à Yaoundé parce que je n’ai pas un village moi aussi (dit Bernard Muna). La même chose est valable pour plusieurs Camerounais qui résident à Yaoundé. Quand nous considérons le niveau intellectuel et d’éducation des signataires de cette déclaration (Déclaration des forces vives du Mfoundi), nous avons peur parce que ces écrits sont faits par des gens qui ont suffisamment de connaissance et d’intelligence pour comprendre le poids des mots utilisés. Je suis sûr que plusieurs d’entre nous sommes prêts à plier bagages pour rentrer dans nos villages d’origine. En ce qui me concerne, j’ai pris très au sérieux la mise en garde des ‘fils du Mfoundi’ et j’envisage très sérieusement de rentrer reprendre mes activités d’avocat à Bamenda, ou je peux décider d’aller à Limbé, où le peuple du coin est hospitalier et accueillant. Aujourd’hui, dans cette localité, on peut trouver beaucoup d’Ewondo et de Bassa qui avaient fui la sévérité de la colonisation française à l’époque, pour trouver là-bas un chez soi. Ils sont encore là-bas chez eux, dans une partie du pays qu’ils considèrent comme leur patrie, et ils ne sont ni menacés ni chassés, et peuvent honnêtement dire qu’ils n’ont aucune autre demeure. Peut-être ceux d’entre nous au Cameroun qui sommes attirés par l’idée de bâtir une nation où tous les citoyens ont des droits égaux partout où ils vivent, devraient se réunir et fonder une nouvelle capitale pour nous. Dans cette nouvelle capitale, tout le monde sera chez soi, personne n’aura le droit de dire à son voisin que « désormais, nous répondrons au coup par coup » ou « à partir de maintenant œil pour œil dent pour dent» et personne ne sera considéré comme un prédateur venu d’ailleurs et sommé de quitter rapidement et définitivement « notre sol » et dire à son voisin qu’il n’aura plus jamais la sécurité.
Votre déclaration a donné raison au Southern Cameroon National Council (Scnc) qui aussi comme vous, prêche la désintégration de notre pays. Mais pour dire quelque chose à leur faveur, ils n’ont jamais utilisé des mots aussi violents comme cela a été le cas dans votre déclaration. Si le crime des membres de la Scnc c’est de prêcher la séparation du West Cameroon, votre crime n’est pas mieux parce que vous séparez le Mfoundi du reste de la République. Au contraire, votre acte est plus grave parce que non seulement vous voulez séparer le Mfoundi du reste du Cameroun, mais vous voulez expulser tous ceux qui n’appartiennent pas à votre groupe ethnique.
Je peux vous assurer que l’expérience que j’ai eue au Rwanda pendant 04 ans comme procureur auprès du Tribunal pénal international pour le Rwanda me permet de vous dire que c’est comme ça que le génocide a commencé dans ce pays.
Je remercie Dieu parce que je connais personnellement d’autres dignes fils et élites du Mfoundi qui ne pensent pas comme vous, signataires de la déclaration. Ils ne croient pas qu’on devrait construire une nation tribale. Ils croient plutôt à une nation de plusieurs tribus en ce moment critique. C’est de ces personnes que je tire mon confort, sinon je serais déjà parti de Yaoundé. Par mesure de prudence, je prendrais soin de garder mes effets rangés pour être prêt à regagner Bamenda si des gens comme vous persistaient dans leur démarche de division et de conflit.
Pour m’assurer que nous sommes dans une République où tout le monde a les mêmes droits au-delà de leurs origines, j’espère que dans les prochains jours, des mesures seront prises dans le sens d’instaurer un climat de paix et de quiétude. A ce sujet, j’attends notamment : 1- que le président de la République limoge tous les signataires de la « Déclaration des forces vives du Mfoundi » de leur fonction ; 2- que le ministre de l’Administration territoriale et de la décentralisation mette tous les signataires de cette déclaration en détention administrative et que ceux-ci soient transférés dans les prisons comme ce fut le cas pour les membres du Southern Cameroon National Council ; 3- que le ministre de la Justice donne des instructions au procureur de la République pour que les signataires de l’appel à la guerre soient mis aux arrêts et traduits devant les tribunaux pour incitation à la violence et menace sous condition ; 4- que l’Assemblée nationale vote une motion au cours de la session de mars qui s’ouvre jeudi 13 mars pour condamner sans réserve cet appel dangereux pour l’unité de la nation.
Ces mesures une fois prises, seront un signe pour rassurer les Camerounais qu’ils sont en sécurité partout où ils vivent et que l’Etat ne laissera pas prospérer dans notre pays le sentiment ethnique ou tribal. Les Camerounais attendent, et moi aussi, sans fusil, sans couteau et sans machette et nous sommes prêts à regagner le chez nous si ceux qui tiennent le pouvoir veulent encourager la division […]».
Il y a tellement d’histoires dramatiquement réelles, frustrantes et vécues à raconter autour de cette gangrène sociale (le tribalisme), génératrice de conflits et de génocide en Afrique, et susceptible de troubler gravement l’ordre public et la stabilité en période électorale (2011 notamment) si le peuple et les jeunes du Cameroun, ne sont pas éduqués, sensibilisés et préparés pour une alternance pacifique.

L’abstention. Pour mieux comprendre ce phénomène, lisons ces extraits de la rubrique « Le document », page 76, « Cameroun : abstention à multiples facettes » de « Jeune Afrique » n° 2429- du 29 juillet au 04 août 2007. « Avec un taux de participation officiel estimé à 62 % aux dernières élections législatives et municipales du 22 juillet (2007), les Camerounais ne sont pas les plus abstentionnistes du continent. Mais dans un pays d’environ 17 millions d’habitants, le fait d’avoir 3,5 millions de votants pour 5,5 millions d’inscrits reste un souci pour les autorités, qui tiennent à préserver une vitrine démocratique. Dans ce Cameroun qui ne vote pas, il y a d’abord ceux qui n’ont jamais pris la peine de s’inscrire sur les listes électorales, une curiosité dans un pays où le taux d’alphabétisation des adultes atteint les 77 %. Pour eux, un vote, même protestataire sous la forme du bulletin blanc, ne sert à rien. Ils se sont détournés du système, avec le sentiment que le monde politique n’est qu’affaire de corruption, de mensonge et de trahison. Désenchantés par la démocratisation des années 1990, ils ne se sont pas remis du déclin des idéologies et pointent le flou des programmes pour justifier leur rejet des partis. Ils ne se reconnaissent pas dans la classe politique aux affaires et sont en quête d’un « ailleurs politique ».
Ensuite, il y a ceux qui remettent en question les règles du jeu de la démocratie représentative. Pour eux, le palais de verre de Ngoa Ekellé (siège de l’Assemblée nationale) n’est qu’une chambre d’enregistrement sans réel impact sur l’exercice du pouvoir. On compte également au rang des abstentionnistes ceux dont la faible insertion sociale favorise l’exclusion de la société politique. Pour eux, les jeux sont faits d’avance et le système n’a pas besoin d’eux pour fonctionner. Ils sont généralement jeunes (la moitié de la population a moins de 25 ans), diplômés ou non, travaillent dans le secteur informel ou sont sans emploi. Certains d’entre eux sont trentenaires, parfois candidats à l’immigration, ont fait des études supérieures, mais n’ont jamais exercé un emploi salarié de toute leur vie. Ils doivent être légion à Douala, première ville du pays, où le taux de participation n’a été que de 30 % le 22 juillet (2007) ».
Le chômage massif des jeunes, le tribalisme et l’abstention, ont pour conséquence la montée progressive de la violence. (A Suivre)

*Président fondateur de Impact Communications
 

Par Par Berlin EWANE KEUSSOU
Le 14-07-2008

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Non classé

Qui veut la paix, doit préparer l’alternance

Qui veut la paix, doit préparer l’alternance en 2011

En 2011, à l’occasion de l’élection présidentielle au Cameroun, on vivra soit une alternance radicale, soit une alternance dans la continuité. Avec une alternance radicale, le Cameroun aura à sa tête un nouveau leader qui sera l’émanation de la volonté du peuple qui aura voté en majorité pour un nouveau régime. Avec une alternance dans la continuité, c’est encore le peuple et toujours lui, qui aura décidé dans sa grande majorité, de maintenir un leader (candidat sortant) sur la base de son projet ou programme, assurément « relooké » […] Avec cette analyse, force est de constater que l’alternance s’avère irréversible en 2011 au Cameroun. Mais la question de fond demeure : comment sera-t-elle, pacifique ou chaotique ?
Qui veut la paix, doit préparer l’alternance. Autrement dit, comment préparer ensemble une alternance pacifique au Cameroun en 2011 ? Avant de répondre à cette question à cent mille milliards de francs Cfa, voyons d’abord ensemble quelques raisons pertinentes choisies dans le tas (les raisons étant comme du sable dans le désert) et qui peuvent menacer très sérieusement la paix et la stabilité au Cameroun en 2011. Donc l’alternance pacifique que nous nous devons tous de promouvoir dès maintenant.
Il y a quelques mois (janvier 2008), nous avons eu une vision à Impact Communications. Nous avons vu […] que 48 ans après l’indépendance (1er janvier 1960) et 18 ans après [la restauration du multipartisme en 1990], notre pays n’a jamais vécu une alternance démocratique par la voie des urnes. Le Cameroun n’a aucune expérience sur ce plan. Donc aucune culture. Ce sera une grande première. Et comme toutes les premières fois, celle-ci aussi s’annonce à la fois excitante à 50% et incertaine à 50%. Dès lors, comment les jeunes et le peuple d’un point de vue social et culturel sont-ils préparés ? Autrement dit, comment les parlementaires, le président de la République (déjà 26 ans au pouvoir), le gouvernement, les partis politiques, la société civile, les ONG et les associations préparent et influencent-ils la jeunesse par rapport à cette échéance irréversible (alternance) à deux options ?
L’alternance pacifique se fera uniquement par le respect du verdict des urnes ou ne se fera pas. Bien qu’étant un fondement de la démocratie, parce qu’exprimant la volonté et le choix réel du peuple, le verdict des urnes (très sensible, strictement interdit de manipulation) est source de conflits parfois incontrôlables lorsqu’il n’est pas respecté comme tel. Et comme conséquence, l’alternance se retrouve souvent bloquée, la démocratie tourne au cauchemar et devient une tragédie (exemple du Kenya et du Zimbabwe). Est-ce cela que nous voulons ou souhaitons pour notre pays en 2011 ?

L’actualité africaine : les septuagénaires et la Constitution
Nous avons retenu deux points saillants : la malédiction des plus de 70 ans, candidats à l’élection présidentielle en Afrique, et la révision de la Constitution, un acte démocratique mais aussi source de conflits en Afrique. Pour ce qui est de la malédiction des plus de 70 ans, ce que la crise kényanne et zimbabwéenne ont en commun sur le plan humain, ce sont ses acteurs majeurs, tous candidats à l’élection présidentielle et âgés de plus de 70 ans. Le Cameroun étant le prochain pays où s’organisera sur le continent une élection présidentielle d’ici 2011, il est donc légitime pour les jeunes et le peuple, de craindre la terrible « malédiction des plus de 70 ans, candidats à l’élection présidentielle en Afrique », qui plane au-dessus de nos têtes comme un épée de damoclès. Car en 2011, il y aura une bonne poignée de probables candidats à l’élection présidentielle, qui aura plus de 70 ans à échéance.
Cela dit, fort de ce constat, la jeunesse et le peuple doivent rester vigilants d’une part et d’autre part, ces probables candidats, leaders de partis politiques, doivent dès maintenant envoyer des signaux forts et rassurants pour une alternance pacifique en 2011, ce, en s’engageant et en signant solennellement « Le livre d’or pour une alternance pacifique au Cameroun ». Ainsi, le risque que le Cameroun se travestisse en 2011, pour devenir le Kenya ou le Zimbabwe, sera réduit.
Au sujet de la révision de la Constitution, le Cameroun doit faire la différence. Autour de la révision constitutionnelle du 10 avril 2008, le pays a semblé se diviser en deux camps qui se regardent en chien de faïence. Cette révision constitutionnelle ne doit en aucun cas être une menace (comme ailleurs en Afrique) pour la paix et la stabilité en 2011. La nouvelle Constitution (révisée) est démocratique à 100%. Les députés à l’Assemblée nationale (représentant du peuple) ont voté en majorité pour. Donc c’est légal. Il faut maintenant que les Camerounais se réconcilient et passent à autre chose en préparant sereinement l’alternance pacifique en 2011. Et cela se traduit entre autre par la signature du « Livre d’or pour une alternance pacifique au Cameroun », gage d’une société meilleure pour tous et non explosive.

Pourquoi une société potentiellement explosive
La société camerounaise va mal et est en proie aux frustrations diverses (facteurs de conflits) susceptibles de se transformer en menaces sérieuses si une élection présidentielle est mal préparée. D’où l’intérêt d’anticiper et d’agir maintenant sur 2011 (prévenir vaut mieux que guérir). Tout le monde doit agir pour préparer une « alternance pacifique » en 2011 : les jeunes, la société civile, le gouvernement, le président de la République, l’Assemblée nationale, les amis du Cameroun, le peuple, les médias, les partis politiques, les ONG et les associations… Parmi les frustrations diverses et nombreuses (pour étayer notre analyse), nous avons retenu entre autres le chômage massif des jeunes, le tribalisme et l’abstention, qui ont pour conséquence la montée progressive de la violence.

Le chômage massif des jeunes. « … Je n’ignore pas que pour la plupart d’entre vous – diplômés, élèves ou étudiants – la préoccupation principale est celle de l’emploi ou du futur emploi. L’action des pouvoirs publics, qu’il s’agisse de la professionnalisation de l’enseignement, de la formation professionnelle, de l’organisation de stages dans l’administration ou en liaison avec le secteur privé, de l’appui apporté par le Fonds national de l’Emploi, cette action, disais-je, est sans aucun doute utile mais elle ne peut à elle seule résoudre le problème du chômage et en particulier celui de l’emploi des jeunes », déclarait Paul Biya, président de la République du Cameroun, le 10 février 2005, à l’occasion de la fête de la jeunesse.
Ajouté à la vie chère, le chômage des jeunes en pleine expansion tous les jours et encore non résolu, crée davantage la misère, la pauvreté, la paupérisation, la dégradation des mœurs, la décrépitude des valeurs morales, la corruption, la violence, la haine, la rage, la faim, etc. Le chômage massif des jeunes est source permanente de conflits. A côté du chômage massif des jeunes, il y a le tribalisme.

Le tribalisme. Dans le quotidien « Le Jour » n° 117 du mardi 11 mars 2008, Bernard Muna, avocat au barreau du Cameroun, président national de l’Alliance des forces progressistes (parti politique), « réagit à l’appel au génocide lancé par ‘certains fils’ du Mfoundi ». C’est hautement révélateur et c’est pourquoi nous vous proposons, de lire un petit extrait qui traduit clairement et simplement la frustration de l’auteur et, du coup, celle des millions d’autres Camerounais sur la question du tribalisme dans notre pays, source potentielle, réelle et permanente de conflits.
« Je ne suis pas venu à Yaoundé parce que je n’ai pas un village moi aussi (dit Bernard Muna). La même chose est valable pour plusieurs Camerounais qui résident à Yaoundé. Quand nous considérons le niveau intellectuel et d’éducation des signataires de cette déclaration (Déclaration des forces vives du Mfoundi), nous avons peur parce que ces écrits sont faits par des gens qui ont suffisamment de connaissance et d’intelligence pour comprendre le poids des mots utilisés. Je suis sûr que plusieurs d’entre nous sommes prêts à plier bagages pour rentrer dans nos villages d’origine. En ce qui me concerne, j’ai pris très au sérieux la mise en garde des ‘fils du Mfoundi’ et j’envisage très sérieusement de rentrer reprendre mes activités d’avocat à Bamenda, ou je peux décider d’aller à Limbé, où le peuple du coin est hospitalier et accueillant. Aujourd’hui, dans cette localité, on peut trouver beaucoup d’Ewondo et de Bassa qui avaient fui la sévérité de la colonisation française à l’époque, pour trouver là-bas un chez soi. Ils sont encore là-bas chez eux, dans une partie du pays qu’ils considèrent comme leur patrie, et ils ne sont ni menacés ni chassés, et peuvent honnêtement dire qu’ils n’ont aucune autre demeure. Peut-être ceux d’entre nous au Cameroun qui sommes attirés par l’idée de bâtir une nation où tous les citoyens ont des droits égaux partout où ils vivent, devraient se réunir et fonder une nouvelle capitale pour nous. Dans cette nouvelle capitale, tout le monde sera chez soi, personne n’aura le droit de dire à son voisin que « désormais, nous répondrons au coup par coup » ou « à partir de maintenant œil pour œil dent pour dent» et personne ne sera considéré comme un prédateur venu d’ailleurs et sommé de quitter rapidement et définitivement « notre sol » et dire à son voisin qu’il n’aura plus jamais la sécurité.
Votre déclaration a donné raison au Southern Cameroon National Council (Scnc) qui aussi comme vous, prêche la désintégration de notre pays. Mais pour dire quelque chose à leur faveur, ils n’ont jamais utilisé des mots aussi violents comme cela a été le cas dans votre déclaration. Si le crime des membres de la Scnc c’est de prêcher la séparation du West Cameroon, votre crime n’est pas mieux parce que vous séparez le Mfoundi du reste de la République. Au contraire, votre acte est plus grave parce que non seulement vous voulez séparer le Mfoundi du reste du Cameroun, mais vous voulez expulser tous ceux qui n’appartiennent pas à votre groupe ethnique.
Je peux vous assurer que l’expérience que j’ai eue au Rwanda pendant 04 ans comme procureur auprès du Tribunal pénal international pour le Rwanda me permet de vous dire que c’est comme ça que le génocide a commencé dans ce pays.
Je remercie Dieu parce que je connais personnellement d’autres dignes fils et élites du Mfoundi qui ne pensent pas comme vous, signataires de la déclaration. Ils ne croient pas qu’on devrait construire une nation tribale. Ils croient plutôt à une nation de plusieurs tribus en ce moment critique. C’est de ces personnes que je tire mon confort, sinon je serais déjà parti de Yaoundé. Par mesure de prudence, je prendrais soin de garder mes effets rangés pour être prêt à regagner Bamenda si des gens comme vous persistaient dans leur démarche de division et de conflit.
Pour m’assurer que nous sommes dans une République où tout le monde a les mêmes droits au-delà de leurs origines, j’espère que dans les prochains jours, des mesures seront prises dans le sens d’instaurer un climat de paix et de quiétude. A ce sujet, j’attends notamment : 1- que le président de la République limoge tous les signataires de la « Déclaration des forces vives du Mfoundi » de leur fonction ; 2- que le ministre de l’Administration territoriale et de la décentralisation mette tous les signataires de cette déclaration en détention administrative et que ceux-ci soient transférés dans les prisons comme ce fut le cas pour les membres du Southern Cameroon National Council ; 3- que le ministre de la Justice donne des instructions au procureur de la République pour que les signataires de l’appel à la guerre soient mis aux arrêts et traduits devant les tribunaux pour incitation à la violence et menace sous condition ; 4- que l’Assemblée nationale vote une motion au cours de la session de mars qui s’ouvre jeudi 13 mars pour condamner sans réserve cet appel dangereux pour l’unité de la nation.
Ces mesures une fois prises, seront un signe pour rassurer les Camerounais qu’ils sont en sécurité partout où ils vivent et que l’Etat ne laissera pas prospérer dans notre pays le sentiment ethnique ou tribal. Les Camerounais attendent, et moi aussi, sans fusil, sans couteau et sans machette et nous sommes prêts à regagner le chez nous si ceux qui tiennent le pouvoir veulent encourager la division […]».
Il y a tellement d’histoires dramatiquement réelles, frustrantes et vécues à raconter autour de cette gangrène sociale (le tribalisme), génératrice de conflits et de génocide en Afrique, et susceptible de troubler gravement l’ordre public et la stabilité en période électorale (2011 notamment) si le peuple et les jeunes du Cameroun, ne sont pas éduqués, sensibilisés et préparés pour une alternance pacifique.

L’abstention. Pour mieux comprendre ce phénomène, lisons ces extraits de la rubrique « Le document », page 76, « Cameroun : abstention à multiples facettes » de « Jeune Afrique » n° 2429- du 29 juillet au 04 août 2007. « Avec un taux de participation officiel estimé à 62 % aux dernières élections législatives et municipales du 22 juillet (2007), les Camerounais ne sont pas les plus abstentionnistes du continent. Mais dans un pays d’environ 17 millions d’habitants, le fait d’avoir 3,5 millions de votants pour 5,5 millions d’inscrits reste un souci pour les autorités, qui tiennent à préserver une vitrine démocratique. Dans ce Cameroun qui ne vote pas, il y a d’abord ceux qui n’ont jamais pris la peine de s’inscrire sur les listes électorales, une curiosité dans un pays où le taux d’alphabétisation des adultes atteint les 77 %. Pour eux, un vote, même protestataire sous la forme du bulletin blanc, ne sert à rien. Ils se sont détournés du système, avec le sentiment que le monde politique n’est qu’affaire de corruption, de mensonge et de trahison. Désenchantés par la démocratisation des années 1990, ils ne se sont pas remis du déclin des idéologies et pointent le flou des programmes pour justifier leur rejet des partis. Ils ne se reconnaissent pas dans la classe politique aux affaires et sont en quête d’un « ailleurs politique ».
Ensuite, il y a ceux qui remettent en question les règles du jeu de la démocratie représentative. Pour eux, le palais de verre de Ngoa Ekellé (siège de l’Assemblée nationale) n’est qu’une chambre d’enregistrement sans réel impact sur l’exercice du pouvoir. On compte également au rang des abstentionnistes ceux dont la faible insertion sociale favorise l’exclusion de la société politique. Pour eux, les jeux sont faits d’avance et le système n’a pas besoin d’eux pour fonctionner. Ils sont généralement jeunes (la moitié de la population a moins de 25 ans), diplômés ou non, travaillent dans le secteur informel ou sont sans emploi. Certains d’entre eux sont trentenaires, parfois candidats à l’immigration, ont fait des études supérieures, mais n’ont jamais exercé un emploi salarié de toute leur vie. Ils doivent être légion à Douala, première ville du pays, où le taux de participation n’a été que de 30 % le 22 juillet (2007) ».
Le chômage massif des jeunes, le tribalisme et l’abstention, ont pour conséquence la montée progressive de la violence. (A Suivre)

*Président fondateur de Impact Communications
 

Par Par Berlin EWANE KEUSSOU
Le 14-07-2008

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Emeutes sociales : L’ambassadeur du Cameroun en France explique

Lejeune Mbella Mbella était l’invité de la l’Agence de la presse panafricaine vendredi dernier à Paris.
Ingrid Alice Ngounou (correspondance particulière) –




Dan son énoncé liminaire, l’invité est revenu sur la chronologie des évènements qui remontent au 23 février avec les émeutes qui ont éclaté au quartier Madagascar à Douala. Les forces de l’ordre, prévenant une manifestation politique interdite par le Sdf (Social Democratic Front), repoussent des jeunes, massés sur la place principale du quartier. Le bilan de cette journée de tension se compte en dégâts matériels (kiosques détruits, bus incendiés, et édifices saccagés). C’est dans ce contexte que la manifestation prévue par le Sdf au quartier Dakar de Douala est suspendue.
Tout s’envenime le 25 février avec d’une part la fermeture de la radio télévision équinoxe qui entraîne un mouvement de foule et d’autre part, le début de la grève lancée par le syndicat des transports urbains et interurbains. L’arrêt de travail des chauffeurs de taxi dont le mot d’ordre est une grève illimitée paralyse les principales villes du pays. Des populations descendent dans la rue et surtout des casses acharnées détruisent de nombreux biens du parc public et privé. Le 27 février, le chef de l’état réagit mais il faudra attendre deux jours au moins pour voir les choses revenir progressivement à la normale. Le bilan officiel fait état de 40 morts, de nombreux blessés. Des arrestations ont suivi et des procès sont en cours.

Les questions des journalistes ont porté sur le bilan officiel qui est différent et minoré de celui dressé par les associations. Ces dernières font état de 100 morts et surtout des enfants arrêtés dont les avocats ne parviennent pas à avoir accès au dossier d’instruction. "Le Cameroun en tant que pays de droit est il prêt a accepter une commission internationale pour dresser le bilan impartial de ces émeutes ? " A cette question d’un confrère sénégalais, l’ambassadeur est revenu sur la signification de l’état de droit et de la capacité de chaque pays à gérer ses affaires internes.
"Le pouvoir exécutif camerounais peut il soumettre au référendum la révision de la constitution?". L’ambassadeur a répondu que chaque pays était libre de passer pas des voix parlementaires ou référendaires pour faire adhérer le peuple à un projet sans que cela décrédibilise le projet. De nombreuses autres questions ont porté sur l’augmentation des salaires et les sources de revenus pour combler ce manque à gagner car l’augmentation est décidée alors que le budget est entamé ; la situation de la liberté d’expression avec le problème de radio télé équinoxe et Magic Fm.

On aura appris aussi que la révision constitutionnelle ne se résumera pas à l’article 6 alinéa 2 qui stipule " le Président de la République est élu pour un mandat de sept (7) ans renouvelable une seule fois ". Il s’agira notamment pour la diaspora d’avoir accès, comme les Sénégalais, au vote et surtout la délivrance à l’étranger des passeports Cémac. Répondant à la question de savoir quel était son avis sur la déclaration des forces vives du Mfoundi notamment celle signée par Monsieur Mama Fouda, il a parlé d’une réaction due à la peur de voir les choses s’engluer comme dans la capitale économique.
Le rendez-vous de vendredi dernier s’est avéré d’une importance certaine pour de nombreux journalistes qui ont vécu avec le recul ce qui s’est passé au Cameroun et qui avaient besoin de précisions. Même si dans le fond, des questions demeurent. La crise est passée, elle n’était pas prévisible. Y’en aura-t-il une autre ? La hausse des salaires et autres promesses de l’exécutif parviendront ils à faire cesser les remous ?

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