Les assaillants visent Barracks et Isangele
Bakassi : Les assaillants visent Barracks et Isangele
Après l’attaque avortée de samedi dernier, ils annoncent de nouveaux assauts sur les bases militaires camerounaises.
Sainclair Mezing
Après l’attaque perpétrée à la base militaire de Munya samedi 12 juillet dernier et qui a fait trois blessés graves, côté camerounais, avec à la clé toute une poudrière partie en fumée, des armes lourdes et des munitions emportées, les pirates ont tenté en vain de revenir à la charge sur le même site samedi autour de 10h. A bord de quatre fly-boat, selon des sources contactées dans la zone, les assaillants, une quinzaine au total, trouveront cette fois les troupes camerounaises en alerte. Ils rebrousseront aussitôt chemin. Par contre, deux des leurs auraient été arrêtés en milieu de semaine dernière aux larges de la pêcherie de Guidiguidi, grâce aux renseignements fournis aux forces camerounaises par les riverains qui les auraient aperçus munis d’armes à feu.
Selon les premières informations obtenues de ces deniers qui séjournent depuis leur arrestation à Limbe et Issobo, les bases militaires de Barracks et d’Isangele sont les prochaines cibles des assaillants. Mais, les infortunés gardent encore le silence sur les heures et dates de ces futures attaques.
Dans le camp camerounais, on subodore des attaques imminentes étant donné que les rebelles veulent faire régner un climat d’insécurité dans la région afin que la rétrocession d’Idabato, le dernier territoire camerounais encore sous administration nigériane, prévue le 14 août prochain, ne soit pas effective. L’Accord de Greentree paraphé aux Etats-Unis à la fois par le Cameroun et le Nigeria le 12 juin 2006, en présence de Kofi Annan, alors secrétaire général des Nations Unis et des représentants des grandes puissances.
L’échange téléphonique entre nos confrères Le Messager et des hommes encore non identifiés et se réclamant de la Niger Delta Defence and Security Council (Nddlsc) semble confirmer cette thèse. Dans un entretien paru hier dans les colonnes du quotidien de Pius Njawé, ces rebelles qui revendiquent non seulement les trois premières attaques perpétrées contre les troupes camerounaises à Bakassi, réclament, sur fond de chantage, une rencontre avec les autorités de Yaoundé. "Ce que nous voulons concrètement, c’est de parler avec vos autorités (camerounaises, Ndlr). Si elles ne parlent pas avec nous, on va continuer d’attaquer.
Il faut que vos autorités nous invitent pour qu’on parle avec elles, ou alors qu’elles initient une réunion à Bakassi pour discuter avec nous. Les choses de Bakassi là, ça nous appartient; c’est la vérité que ça nous appartient", clament-ils. Avant de dénoncer l’ancien président du Nigeria, Olusegun Obasanjo qui, selon eux, est allé "tout seul" à la table des discussions avec le Cameroun sans requérir au préalable leur avis.
La faible présence en nombre des forces camerounaises sur certains sites et l’artillerie mièvre déployée sont des sujets de préoccupation, selon des sources militaires au front. Les deux cibles annoncées des assaillants seraient particulièrement concernées par ce constat.

