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Hommage : Un film sur la vie de Samuel Eboua

Le documentaire de 35 minutes a été réalisé par Philippe Ngamou.
Jules Romuald Nkonlak – Un jour, l’histoire du Cameroun sera faite de ces petites histoires en images de personnes, grandes ou petites, qui ont laissé une trace dans l’esprit de leurs contemporains. Une trace qui peut être positive ou négative. Samuel Eboua est de ceux dont beaucoup de Camerounais se souviennent. Un grand homme pour Philippe Ngamou, qui lui a consacré un documentaire de 35 minutes dont la réalisation vient d’être achevée. Le film s’intitule " Samuel Eboua : l’empreinte d’un grand homme d’Etat ". Un titre qui dit combien son réalisateur a gardé d’estime pour le personnage principal. Et il n’est pas le seul.

Le document est en fait un ensemble de témoignages de personnes qui ont connu Samuel Eboua : des amis, des membres de la famille, des adversaires politiques, des journalistes… On peut ainsi entendre Garga Haman Adji, Pius Njawé, Njoh Mouelle, Phillippe Gaillard, Emile Zinsou, Germaine Ahidjo s’exprimer sur le Samuel Eboua qu’ils ont connu. Sur l’homme qui a fait partie, pendant de nombreuses années, de l’appareil étatique sous le président Ahmadou Ahidjo et même après (ministre d’Etat secrétaire général de la présidence de la République, ministre de l’Agriculture).

Certains loueront la rigueur qui a caractérisé le natif d’Ekanang tout au long de sa carrière. Mais les témoignages porteront aussi le père, le grand père, et l’homme politique des années de braise (90) où, avec le retour du multipartisme, on a vu Samuel Eboua à la tête de l’Union nationale pour la Démocratie et le progrès (Undp) et plus tard du Mouvement pour la démocratie et le progrès (Mdp) qu’il a créé.

Ahmadou Ahidjo
Le film a déjà le mérite de revenir sur un acteur de deux périodes importantes de l’histoire du Cameroun. Il revient sur la démission d’Ahmadou Ahidjo en 1982 et le fait qu’il ait porté son choix sur Paul Biya, plutôt que sur Eboua. Sur la question, des avis divers sont donnés. Germaine Ahidjo évoque notamment le "côté sectaire" de Samuel Eboua qui aurait joué en sa défaveur.
D’autres propos moins élogieux seront aussi tenus sur Samuel Eboua, dans une partie que le réalisateur a réservée à la critique de l’homme et qui fait quand même montre d’un souci d’équilibre dans ce documentaire, malgré son titre. La qualité technique, la réalisation, les accompagnements musicaux soient d’une qualité appréciable. Les images sont belles, même si l’on peut regretter qu’elles sont plutôt rares sur les périodes passées. En effet, en dehors des témoignages, on ne voit pas beaucoup d’images en mouvement de Samuel Eboua. Tout juste une interview avant sa mort, quelques images à domicile, et des photos pour le reste. Une faiblesse due certainement au fait que les archives n’ont pas toujours été conservées.

En 35 minutes, c’est sûr, il n’était pas possible de refaire la vie et l’œuvre de Samuel Eboua, mais l’on peut regretter qu’il ait manqué des avis de certaines personnes, à l’instar d’Abel Eyinga, qui a bien connu l’homme et qui aurait pu, lui aussi, dire des choses, certainement bien plus édifiantes que certains des témoignages qui y sont et qui semblent même complètement déplacés.

Samuel Eboua a été conduit à sa dernière demeure le 25 novembre 2000 dans son village Ekanang dans le département du Moungo, province du Littoral. Dans sa communauté, l’on présente certaines œuvres actuelles (routes, bâtiments…), comme l’œuvre de ce fils. D’autres actes qu’il a posés sont moins visibles, mais c’est sûr que Samuel Eboua ne disparaîtra pas des mémoires du jour au lendemain. Le film de Philippe Ngamou lui a assuré une autre vie.

Quotidienmutations

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Guerre contre la pollution sonore à Deido

Douala
Guerre contre la pollution sonore à Deido

Depuis plus de quinze ans, “ la rue de la joie ” à Deido est devenue l’un des espaces les plus bruyants de la cité portuaire. Au grand dam de ses riverains. Le nouveau préfet du Wouri décrète la fin des nuisances. Mais les “animateurs” s’entêtent…

C’est l’une des rues les plus célèbres de la capitale économique du Cameroun. A tort ou à raison. Le jour, elle donne l’image d’un désert. La nuit, celle que l’on appelle communément “la rue de la joie” à Deido et qui en réalité porte le nom “Rue Eyoum’Ebellè*” est devenue au fil des ans, l’espace de production de toutes les nuisances sonores. “C’est au milieu des années 80 que j’ai baptisé cette rue du nom d’Eyoum’Ebellè, un des premiers grands rois Deido. A l’époque, M. Pokossy Doumbè, alors délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Douala, m’avait demandé de lui proposer des noms pour baptiser les rues de Deido ”, explique S. M. Essaka Ekwalla, chef supérieur des Bonébela (Deido).
Il ne se doutait pas que moins de deux ans plus tard, cette rue qui était déjà commerçante puisqu’on y braisait du poisson et de la viande, allait devenir l’une des plus animées et bruyantes de Douala, voire du Cameroun. “C’est une femme, venue s’installer vers la fin de cette même décennie 80, qui la première va ouvrir un bar faisant un vacarme étourdissant la nuit. Et très rapidement, d’autres commerçants vont suivre”, ajoute-t-il, avant de déplorer : “Aujourd’hui, “ la rue de la joie ” de Deido est une rue dangereuse, un lieu de débauche. Et malgré les multiples appels que j’ai lancés aux différents préfets du Wouri, c’est seulement Bernard Atébédé qui semble donner des gages de volonté pour mettre fin à ce désordre et surtout au bruit”, souligne encore S. M. Essaka Ekwalla.

L’assaut du chef de canton et du préfet

En décembre 2005, soit quelques semaines après le préfet du département, le chef supérieur a lui aussi convoqué la centaine de tenanciers de débits de boissons, auberges et hôtels pour leur signifier, en présence du commissaire du 9ème arrondissement et du commandant de brigade de gendarmerie “l’urgence de reprendre en main le quartier ”, afin de contrôler ou de réduire, entre autres, la nuisance sonore. Par la suite, le préfet du Wouri, Bernard Atébédé, a régulièrement envoyé des équipes sur le terrain pour faire respecter la réglementation sur l’exploitation des débits de boisson et la protection de l’environnement notamment contre les bruits. “Cette rue commence à vivre vers 18h30 jusqu’à 7h30 du matin. Une vie qui passe toujours par des bagarres au petit matin. C’est un spectacle désolant”, remarque un riverain. Les habitants n’arrivent pas à dormir convenablement.
Comme avant-hier, mardi 6 juin. Il est un peu plus de 23h45, lorsque les forces de l’ordre débarquent en masse dans ce pandemonium. C’est un branle-bas- de combat. Les bars commencent par baisser le volume des chaînes musicales, même s’il y a toujours autant de gens dans la rue. Moins de 20 minutes après, seuls les marchands ambulants et autres braiseurs de poissons ou de “ soyas ” restent le long de la rue qui retrouve un calme relatif. “Ce qui s’est passé mardi soir montre que si les pouvoirs publics le veulent, ils peuvent faire respecter la loi en matière de protection de l’environnement. C’est une question de moyens disponibles”, pense Urbain, gardien d’un hôtel de la place.

Des bars aux
décibels rebelles !
Mais dès 6 heures du matin, le bruit, certes moins assourdissant, reprend ses droits. Rébecca, cadre dans une compagnie d’assurance qui habite depuis huit ans une des rues parallèle à celle de la joie, est circonspecte. “A quoi sert-t-il de faire respecter la législation sur les nuisances sonores à “ la rue de la joie ” si on ne le fait pas partout tout dans le quartier et même dans toute la ville ? Jusqu’à il y a quelques mois, nous nous sentions moins gênés par les bruits provenant de “ la rue de la joie ”. Voilà qu’un restaurant qui fait également bar et auberge a ouvert juste en face de mon domicile. Depuis, mes enfants ont toutes les peines du monde à se concentrer pour étudier. On n’a même plus le dimanche pour se reposer. Ils mettent la musique tout le temps et très fort. Il ne me reste plus qu’une solution si je veux sauvegarder ma santé et celle de mes enfants : déménager”, confie-t-elle.
Et elle insiste : “Ce n’est pas seulement “ la rue de la joie ” qui est dangereuse à Deido, c’est tout le quartier qui est de la joie et donc dangereux.” D’autres témoignages recueillis dans le secteur, racontent la circulation libre des stupéfiants et la prostitution des enfants de moins de 16 ans, les chambres de passe ayant essaimé comme des nids d’abeilles de part et d’autre de “ la rue de la joie ”.

*Eyoum’Ebellè (1804-1876) a été fusillé à la Place du gouvernement à Bonanjo, le 7 décembre 1876, par le Ngondo, pour avoir refusé de livrer le nom de son neveu, soupçonné d’avoir assassiné son frère qui était donc lui aussi, neveu de ce grand roi de Deido.

Par Jean-Célestin EDJANGUE
Le 09-06-2006

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Depuis plus de quinze ans, “ la rue de la joie ” à Deido est devenue l’un des espaces les plus bruyants de la cité portuaire. Au grand dam de ses riverains. Le nouveau préfet du Wouri décrète la fin des nuisances. Mais les “animateurs” s’entêtent…

C’est l’une des rues les plus célèbres de la capitale économique du Cameroun. A tort ou à raison. Le jour, elle donne l’image d’un désert. La nuit, celle que l’on appelle communément “la rue de la joie” à Deido et qui en réalité porte le nom “Rue Eyoum’Ebellè*” est devenue au fil des ans, l’espace de production de toutes les nuisances sonores. “C’est au milieu des années 80 que j’ai baptisé cette rue du nom d’Eyoum’Ebellè, un des premiers grands rois Deido. A l’époque, M. Pokossy Doumbè, alors délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Douala, m’avait demandé de lui proposer des noms pour baptiser les rues de Deido ”, explique S. M. Essaka Ekwalla, chef supérieur des Bonébela (Deido).
Il ne se doutait pas que moins de deux ans plus tard, cette rue qui était déjà commerçante puisqu’on y braisait du poisson et de la viande, allait devenir l’une des plus animées et bruyantes de Douala, voire du Cameroun. “C’est une femme, venue s’installer vers la fin de cette même décennie 80, qui la première va ouvrir un bar faisant un vacarme étourdissant la nuit. Et très rapidement, d’autres commerçants vont suivre”, ajoute-t-il, avant de déplorer : “Aujourd’hui, “ la rue de la joie ” de Deido est une rue dangereuse, un lieu de débauche. Et malgré les multiples appels que j’ai lancés aux différents préfets du Wouri, c’est seulement Bernard Atébédé qui semble donner des gages de volonté pour mettre fin à ce désordre et surtout au bruit”, souligne encore S. M. Essaka Ekwalla.

L’assaut du chef de canton et du préfet

En décembre 2005, soit quelques semaines après le préfet du département, le chef supérieur a lui aussi convoqué la centaine de tenanciers de débits de boissons, auberges et hôtels pour leur signifier, en présence du commissaire du 9ème arrondissement et du commandant de brigade de gendarmerie “l’urgence de reprendre en main le quartier ”, afin de contrôler ou de réduire, entre autres, la nuisance sonore. Par la suite, le préfet du Wouri, Bernard Atébédé, a régulièrement envoyé des équipes sur le terrain pour faire respecter la réglementation sur l’exploitation des débits de boisson et la protection de l’environnement notamment contre les bruits. “Cette rue commence à vivre vers 18h30 jusqu’à 7h30 du matin. Une vie qui passe toujours par des bagarres au petit matin. C’est un spectacle désolant”, remarque un riverain. Les habitants n’arrivent pas à dormir convenablement.
Comme avant-hier, mardi 6 juin. Il est un peu plus de 23h45, lorsque les forces de l’ordre débarquent en masse dans ce pandemonium. C’est un branle-bas- de combat. Les bars commencent par baisser le volume des chaînes musicales, même s’il y a toujours autant de gens dans la rue. Moins de 20 minutes après, seuls les marchands ambulants et autres braiseurs de poissons ou de “ soyas ” restent le long de la rue qui retrouve un calme relatif. “Ce qui s’est passé mardi soir montre que si les pouvoirs publics le veulent, ils peuvent faire respecter la loi en matière de protection de l’environnement. C’est une question de moyens disponibles”, pense Urbain, gardien d’un hôtel de la place.

Des bars aux
décibels rebelles !
Mais dès 6 heures du matin, le bruit, certes moins assourdissant, reprend ses droits. Rébecca, cadre dans une compagnie d’assurance qui habite depuis huit ans une des rues parallèle à celle de la joie, est circonspecte. “A quoi sert-t-il de faire respecter la législation sur les nuisances sonores à “ la rue de la joie ” si on ne le fait pas partout tout dans le quartier et même dans toute la ville ? Jusqu’à il y a quelques mois, nous nous sentions moins gênés par les bruits provenant de “ la rue de la joie ”. Voilà qu’un restaurant qui fait également bar et auberge a ouvert juste en face de mon domicile. Depuis, mes enfants ont toutes les peines du monde à se concentrer pour étudier. On n’a même plus le dimanche pour se reposer. Ils mettent la musique tout le temps et très fort. Il ne me reste plus qu’une solution si je veux sauvegarder ma santé et celle de mes enfants : déménager”, confie-t-elle.
Et elle insiste : “Ce n’est pas seulement “ la rue de la joie ” qui est dangereuse à Deido, c’est tout le quartier qui est de la joie et donc dangereux.” D’autres témoignages recueillis dans le secteur, racontent la circulation libre des stupéfiants et la prostitution des enfants de moins de 16 ans, les chambres de passe ayant essaimé comme des nids d’abeilles de part et d’autre de “ la rue de la joie ”.

*Eyoum’Ebellè (1804-1876) a été fusillé à la Place du gouvernement à Bonanjo, le 7 décembre 1876, par le Ngondo, pour avoir refusé de livrer le nom de son neveu, soupçonné d’avoir assassiné son frère qui était donc lui aussi, neveu de ce grand roi de Deido.

Par Jean-Célestin EDJANGUE
Le 09-06-2006

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Depuis plus de quinze ans, “ la rue de la joie ” à Deido est devenue l’un des espaces les plus bruyants de la cité portuaire. Au grand dam de ses riverains. Le nouveau préfet du Wouri décrète la fin des nuisances. Mais les “animateurs” s’entêtent…

C’est l’une des rues les plus célèbres de la capitale économique du Cameroun. A tort ou à raison. Le jour, elle donne l’image d’un désert. La nuit, celle que l’on appelle communément “la rue de la joie” à Deido et qui en réalité porte le nom “Rue Eyoum’Ebellè*” est devenue au fil des ans, l’espace de production de toutes les nuisances sonores. “C’est au milieu des années 80 que j’ai baptisé cette rue du nom d’Eyoum’Ebellè, un des premiers grands rois Deido. A l’époque, M. Pokossy Doumbè, alors délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Douala, m’avait demandé de lui proposer des noms pour baptiser les rues de Deido ”, explique S. M. Essaka Ekwalla, chef supérieur des Bonébela (Deido).
Il ne se doutait pas que moins de deux ans plus tard, cette rue qui était déjà commerçante puisqu’on y braisait du poisson et de la viande, allait devenir l’une des plus animées et bruyantes de Douala, voire du Cameroun. “C’est une femme, venue s’installer vers la fin de cette même décennie 80, qui la première va ouvrir un bar faisant un vacarme étourdissant la nuit. Et très rapidement, d’autres commerçants vont suivre”, ajoute-t-il, avant de déplorer : “Aujourd’hui, “ la rue de la joie ” de Deido est une rue dangereuse, un lieu de débauche. Et malgré les multiples appels que j’ai lancés aux différents préfets du Wouri, c’est seulement Bernard Atébédé qui semble donner des gages de volonté pour mettre fin à ce désordre et surtout au bruit”, souligne encore S. M. Essaka Ekwalla.

L’assaut du chef de canton et du préfet

En décembre 2005, soit quelques semaines après le préfet du département, le chef supérieur a lui aussi convoqué la centaine de tenanciers de débits de boissons, auberges et hôtels pour leur signifier, en présence du commissaire du 9ème arrondissement et du commandant de brigade de gendarmerie “l’urgence de reprendre en main le quartier ”, afin de contrôler ou de réduire, entre autres, la nuisance sonore. Par la suite, le préfet du Wouri, Bernard Atébédé, a régulièrement envoyé des équipes sur le terrain pour faire respecter la réglementation sur l’exploitation des débits de boisson et la protection de l’environnement notamment contre les bruits. “Cette rue commence à vivre vers 18h30 jusqu’à 7h30 du matin. Une vie qui passe toujours par des bagarres au petit matin. C’est un spectacle désolant”, remarque un riverain. Les habitants n’arrivent pas à dormir convenablement.
Comme avant-hier, mardi 6 juin. Il est un peu plus de 23h45, lorsque les forces de l’ordre débarquent en masse dans ce pandemonium. C’est un branle-bas- de combat. Les bars commencent par baisser le volume des chaînes musicales, même s’il y a toujours autant de gens dans la rue. Moins de 20 minutes après, seuls les marchands ambulants et autres braiseurs de poissons ou de “ soyas ” restent le long de la rue qui retrouve un calme relatif. “Ce qui s’est passé mardi soir montre que si les pouvoirs publics le veulent, ils peuvent faire respecter la loi en matière de protection de l’environnement. C’est une question de moyens disponibles”, pense Urbain, gardien d’un hôtel de la place.

Des bars aux
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Mais dès 6 heures du matin, le bruit, certes moins assourdissant, reprend ses droits. Rébecca, cadre dans une compagnie d’assurance qui habite depuis huit ans une des rues parallèle à celle de la joie, est circonspecte. “A quoi sert-t-il de faire respecter la législation sur les nuisances sonores à “ la rue de la joie ” si on ne le fait pas partout tout dans le quartier et même dans toute la ville ? Jusqu’à il y a quelques mois, nous nous sentions moins gênés par les bruits provenant de “ la rue de la joie ”. Voilà qu’un restaurant qui fait également bar et auberge a ouvert juste en face de mon domicile. Depuis, mes enfants ont toutes les peines du monde à se concentrer pour étudier. On n’a même plus le dimanche pour se reposer. Ils mettent la musique tout le temps et très fort. Il ne me reste plus qu’une solution si je veux sauvegarder ma santé et celle de mes enfants : déménager”, confie-t-elle.
Et elle insiste : “Ce n’est pas seulement “ la rue de la joie ” qui est dangereuse à Deido, c’est tout le quartier qui est de la joie et donc dangereux.” D’autres témoignages recueillis dans le secteur, racontent la circulation libre des stupéfiants et la prostitution des enfants de moins de 16 ans, les chambres de passe ayant essaimé comme des nids d’abeilles de part et d’autre de “ la rue de la joie ”.

*Eyoum’Ebellè (1804-1876) a été fusillé à la Place du gouvernement à Bonanjo, le 7 décembre 1876, par le Ngondo, pour avoir refusé de livrer le nom de son neveu, soupçonné d’avoir assassiné son frère qui était donc lui aussi, neveu de ce grand roi de Deido.

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Depuis plus de quinze ans, “ la rue de la joie ” à Deido est devenue l’un des espaces les plus bruyants de la cité portuaire. Au grand dam de ses riverains. Le nouveau préfet du Wouri décrète la fin des nuisances. Mais les “animateurs” s’entêtent…

C’est l’une des rues les plus célèbres de la capitale économique du Cameroun. A tort ou à raison. Le jour, elle donne l’image d’un désert. La nuit, celle que l’on appelle communément “la rue de la joie” à Deido et qui en réalité porte le nom “Rue Eyoum’Ebellè*” est devenue au fil des ans, l’espace de production de toutes les nuisances sonores. “C’est au milieu des années 80 que j’ai baptisé cette rue du nom d’Eyoum’Ebellè, un des premiers grands rois Deido. A l’époque, M. Pokossy Doumbè, alors délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Douala, m’avait demandé de lui proposer des noms pour baptiser les rues de Deido ”, explique S. M. Essaka Ekwalla, chef supérieur des Bonébela (Deido).
Il ne se doutait pas que moins de deux ans plus tard, cette rue qui était déjà commerçante puisqu’on y braisait du poisson et de la viande, allait devenir l’une des plus animées et bruyantes de Douala, voire du Cameroun. “C’est une femme, venue s’installer vers la fin de cette même décennie 80, qui la première va ouvrir un bar faisant un vacarme étourdissant la nuit. Et très rapidement, d’autres commerçants vont suivre”, ajoute-t-il, avant de déplorer : “Aujourd’hui, “ la rue de la joie ” de Deido est une rue dangereuse, un lieu de débauche. Et malgré les multiples appels que j’ai lancés aux différents préfets du Wouri, c’est seulement Bernard Atébédé qui semble donner des gages de volonté pour mettre fin à ce désordre et surtout au bruit”, souligne encore S. M. Essaka Ekwalla.

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En décembre 2005, soit quelques semaines après le préfet du département, le chef supérieur a lui aussi convoqué la centaine de tenanciers de débits de boissons, auberges et hôtels pour leur signifier, en présence du commissaire du 9ème arrondissement et du commandant de brigade de gendarmerie “l’urgence de reprendre en main le quartier ”, afin de contrôler ou de réduire, entre autres, la nuisance sonore. Par la suite, le préfet du Wouri, Bernard Atébédé, a régulièrement envoyé des équipes sur le terrain pour faire respecter la réglementation sur l’exploitation des débits de boisson et la protection de l’environnement notamment contre les bruits. “Cette rue commence à vivre vers 18h30 jusqu’à 7h30 du matin. Une vie qui passe toujours par des bagarres au petit matin. C’est un spectacle désolant”, remarque un riverain. Les habitants n’arrivent pas à dormir convenablement.
Comme avant-hier, mardi 6 juin. Il est un peu plus de 23h45, lorsque les forces de l’ordre débarquent en masse dans ce pandemonium. C’est un branle-bas- de combat. Les bars commencent par baisser le volume des chaînes musicales, même s’il y a toujours autant de gens dans la rue. Moins de 20 minutes après, seuls les marchands ambulants et autres braiseurs de poissons ou de “ soyas ” restent le long de la rue qui retrouve un calme relatif. “Ce qui s’est passé mardi soir montre que si les pouvoirs publics le veulent, ils peuvent faire respecter la loi en matière de protection de l’environnement. C’est une question de moyens disponibles”, pense Urbain, gardien d’un hôtel de la place.

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Mais dès 6 heures du matin, le bruit, certes moins assourdissant, reprend ses droits. Rébecca, cadre dans une compagnie d’assurance qui habite depuis huit ans une des rues parallèle à celle de la joie, est circonspecte. “A quoi sert-t-il de faire respecter la législation sur les nuisances sonores à “ la rue de la joie ” si on ne le fait pas partout tout dans le quartier et même dans toute la ville ? Jusqu’à il y a quelques mois, nous nous sentions moins gênés par les bruits provenant de “ la rue de la joie ”. Voilà qu’un restaurant qui fait également bar et auberge a ouvert juste en face de mon domicile. Depuis, mes enfants ont toutes les peines du monde à se concentrer pour étudier. On n’a même plus le dimanche pour se reposer. Ils mettent la musique tout le temps et très fort. Il ne me reste plus qu’une solution si je veux sauvegarder ma santé et celle de mes enfants : déménager”, confie-t-elle.
Et elle insiste : “Ce n’est pas seulement “ la rue de la joie ” qui est dangereuse à Deido, c’est tout le quartier qui est de la joie et donc dangereux.” D’autres témoignages recueillis dans le secteur, racontent la circulation libre des stupéfiants et la prostitution des enfants de moins de 16 ans, les chambres de passe ayant essaimé comme des nids d’abeilles de part et d’autre de “ la rue de la joie ”.

*Eyoum’Ebellè (1804-1876) a été fusillé à la Place du gouvernement à Bonanjo, le 7 décembre 1876, par le Ngondo, pour avoir refusé de livrer le nom de son neveu, soupçonné d’avoir assassiné son frère qui était donc lui aussi, neveu de ce grand roi de Deido.

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