Souza, otage des coupeurs de route
Grand banditisme
A la suite de deux attaques nocturnes des bus de transport en commun au niveau de Souza, sur l’axe Douala – Bafoussam, les éléments de la brigade de Bonaléa ont déjà arrêté deux des braqueurs.
Deux des braqueurs qui ont détourné le bus de l’agence de voyage « Général » et tué un passager de 25 ans dans la nuit de samedi à dimanche dernier aux environs de 2 heures du matin ont été arrêtés. Les éléments de la brigade de gendarmerie de Bonaléa félicitent à cet effet l’étroite collaboration des habitants du village Maléké. «Hommes et femmes sont sortis comme une seule personne pour nous appuyer dans cette nuit pour la battue que nous avons menée dans les palmeraies pour mettre la main au petit matin sur les deux braqueurs alors que cinq autres courent toujours», affirme un des adjoint du commandant de brigade. Selon les premiers éléments issus de l’exploitation, les deux malfrats seraient partis de la ville de Douala.
Leur dernier forfait remonte à la nuit de samedi à dimanche dernier. Sept braqueurs à bord du bus de l’agence de voyage « Général » mettent en respect une soixantaine de passagers au niveau du village Maléké avec des armes à feu. Ils dessaisissent le chauffeur du volant et conduisent le bus sur 2,5km dans la brousse (à l’intérieur des palmeraies). Les passagers sont minutieusement fouillés ainsi que leurs bagages avant d’être dépouillés de tous leurs avoirs et des objets précieux.
Cinq jours plus tôt, dans la nuit de mardi 22 juillet 2008, des coupeurs de route avaient déjà sévi au niveau du dos d’âne situé après le pont ferroviaire de Bomono, interceptant un mini-bus coaster de 30 passagers qu’ils ont dépouillé de la même manière avant de fondre dans la nature. «Depuis ce jour, nous sommes en alerte maximale. Nous avons mis en place un dispositif et nous patrouillons toutes les nuits pour les mettre hors d’état de nuire », confie notre source.
Un troisième suspect appréhendé
Ce n’est pas le premier cas de braquage dont sont victimes les bus de transport en commun dans cette bourgade et ses environs. Pendant chaque période de vacances, les coupeurs de route sévissent régulièrement sur cet axe. Notamment entre Bomono dans le district d’Abo’o et Muyunka dans l’arrondissement de Mbanga. Profitant de l’atmosphère ténébreuse que créent les plantations de palmerais et de d’hévéa sur cette distance de 20 km.
Hier, mardi 29 juillet 2008, un suspect a été arrêté au niveau de la gare routière de Souza. Il était en possession du chanvre indien et disait comme les deux autres, habiter Douala. Il attendait son transfèrement à la Compagnie de gendarmerie du Moungo-Sud à Mbanga où sont détenus les deux autres pour confrontation. Dans l’après-midi, les éléments de la brigade de gendarmerie de Bonaléa, ont finalement mis le grappin sur Serge Djimeli, un jeune de la localité qui vient de sortir de prison après avoir été arrêté dans une opération du même type dans la même zone. « Il était invisible depuis ce forfait. Il est fort possible qu’étant celui qui maîtrise le mieux les recoins de cette unité administrative, qu’il soit le cerveau de ces coupeurs de route », déclare un gendarme.
Bonaléa : la brigade de gendarmerie Sdf
La brigade de gendarmerie de Bonaléa est en errance. Elle squatte depuis quelques semaines le Poste agricole de Souza où le commandant de brigade partage le même bureau que le chef de poste. Les deux responsables y alternent en fonction des urgences et ses adjoints partagent une minuscule table dans la salle d’accueil. Les autres collaborateurs sont contraints de se réfugier dans la cour ou dans les bars. Plus encore, cette gendarmerie est dépourvue du minimum du matériel de travail. Pas de radio de commandement, pas de talkie-walkie, pas de matériel roulant. Pourtant, cette brigade est stratégique dans cette localité cosmopolite où s’opèrent d’importantes transactions. Son installation au poste agricole de Souza est très mal vécue par certains membres de l’élite de Bonaléa (Abo’o Sud) qui ne supportent pas que les gendarmes aient décidé avec l’onction du chef de district d’aller s’installer à Souza (Abo’o Nord). «Le chef-lieu du district est à Bonaléa, où est installé le chef de district », lance un autochtone d’Abo’o Sud. Depuis la création de cette brigade, les élites de Bonaléa ont attribué un bâtiment insalubre, inachevé et perdu «dans la brousse ». Ce qui ne permet pas aux éléments de la gendarmerie de mener au mieux leurs missions de sécurisation et de maintien de l’ordre dans cette localité de transit. Ce qui a obligé le chef de district d’ordonner leur rapprochement de cet axe principal et de la recette municipale, cible potentielle des bandits.
Par Mathieu Nathanaël NJOG

