La fin des travaux annoncée pour 2005 n’est plus à l’ordre du jour.
Justin Blaise Akono –
Le centre technique national de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot) ne sera pas inauguré d’ici peu. "Nous devons d’abord construire une tribune sur le talus, afin d’empêcher l’érosion du sol", explique le premier vice-président de la Fécafoot, président de la Commission des infrastructures, Jean-René Atangana Mballa. La tribune, dotée de vestiaires devra compter 3.000 places assises. Chantier pour lequel un appel d’offre a déjà été lancé, poursuit M. Atangana Mballa, qui ajoute que cette partie du travail n’était pas prévue. "C’est après ces travaux qu’on lancera la deuxième phase des travaux", annonce-t-il. Cette phase sera constituée de deux bâtiments dont un pour les Lions Indomptables, ainsi qu’une aire de jeu.
Mais, dans l’opinion, les inquiétudes persistent quant à la possibilité de la Fécafoot de pouvoir accueillir dans ce centre un stage des entraîneurs instructeurs de la Fédération internationale de football association (Fifa) prévu au mois de juin prochain. "Le centre pourra accueillir ce stage dans la mesure où les travaux contractuels sont déjà terminés", atteste le premier vice-président de la Fécafoot. Déclarations quelque peu rattrapées par les preuves sur le terrain: la pelouse de la seule aire de jeu, parmi les trois prévues par le plan, n’est pas encore prête.
"Nous sommes en train d’enlever la mauvaise herbe, afin de ne laisser que le gazon", a confié hier matin, l’un des ouvriers qui y travaille, comme d’autres jeunes hommes et femmes. Les chambres ne sont pas encore entièrement équipées. Si les deux bâtiments déjà construits, sur les quatre que prévoit le projet, sont visiblement achevés, à l’intérieur, l’eau ne coule pas encore du mur, en dépit d’un forage creusé dans l’enceinte du centre. De même que la salle des conférences sert encore de magasin. La cuisine entièrement achévée, n’est cependant pas équipée.
Inspection
Or, le 19 mai 2007, Jean René Atangana Mballa jurait la main sur le cœur dans ces mêmes colonnes que : "seule l’aire de jeu ne sera pas prête, car il faudra attendre que le gazon pousse et qu’il prenne". Il se donnait alors 45 jours pour l’inauguration du centre technique national que les observateurs souhaitent voir à l’image de Clairefontaine en France, comme cela s’est passé au Maroc en avril 2006 ou au Sénégal (siège de la Fédération) dans la même période. À ce jour, les délais se sont rallongés d’une manière exponentielle.
Au Cameroun, la Fécafoot avait même repoussé la date d’inauguration, puisque les travaux lancés le 17 janvier 2004 étaient censés s’achever en 2005. "La différence entre notre centre et ceux des autres pays est que nous avons vu grand", confesse Jean-René Atangana Mballa, qui affirme que les travaux ont été réajustés à cause des fluctuations monétaires. "Notre projet coûte beaucoup plus cher que ce que la Fifa donne. Ailleurs, les travaux sont achevés parce que ces pays avaient monté leurs projets en fonction du budget octroyé par la Fifa. Ce que nous a donné la Fifa n’était qu’un appoint", ajoute-t-il.
Au lendemain de la Coupe d’Afrique des nations de football (Can) Ghana 2008, les responsables de la Fifa ont effectué une inspection sur le site des travaux. "[Ils] ont suggéré que nous fassions des salles vidéo et des salles de travaux pratiques, dans un autre bâtiment", a révélé Jean-René Atangana Mballa, qui a même été indexé d’avoir vendu une partie du terrain consacré à la construction du centre technique national de la Fécafoot.
Le plan initial du centre technique national présente une sorte de clairière située derrière les deux premiers bâtiments. Espace occupé en ce moment par une grande villa construite par un ancien ministre, par ailleurs ancien maire de la ville de Bélabo, Charles Salé, aperçu sur les lieux hier matin, comme lors des précédentes visites au centre. "Je suis l’un des plus grands propriétaires terriens de Yaoundé. La Fécafoot a acquis ce terrain à vil prix (1.500 Fcfa/m2) grâce à mon entregent. Où vend t-on encore le terrain à ce prix?", se défend le président de la commission des infrastructures de la Fécafoot.
Sur le retard constaté dans le déroulement des travaux, certains indexent la Fifa d’avoir été convié à ce "repas" de la Fécafoot au fort fumet de détournement de fonds destinés au projet. Le responsable du projet Goal Afrique centrale et de l’Ouest, basé à Yaoundé, Jean Manga Onguené, approché pour éclairer notre lanterne quant à la position de sa structure, a affiché sa bonne volonté d’en parler en nous fixant un, puis deux rendez-vous. Mais, à la troisième tentative, il a indiqué qu’il avait une santé déclinante et qu’il rappellerait plus tard. Un coup de fil que nous n’avions pas toujours reçu au moment où nous mettions sous presse.
Gap
La maquette de ce centre, cofinancé par la Fifa à travers le projet Goal, a une superficie de six hectares. Il doit comporter au terme des travaux de construction, deux terrains d’entraînement, dont l’un est doté d’une tribune que le président de la Commission des infrastructures de la Fécafoot, dit être une nécessité, un bloc destiné à l’hébergement des athlètes composé de quatre dortoirs pour une capacité totale de 120 lits, un restaurant, un bloc administratif et une salle omnisports, pour un coût total initial de 600 millions de francs Cfa. "La Fifa a octroyé 400.000 dollars américains, comme elle le fait pour toutes les Fédérations nationales, à la construction de ce centre", déclare Jean-René Atangana Mballa. La contribution de la Fécafoot s’élève à 500.000 dollars prélevés à la source par la Fifa. Soit un total de 900.000 dollars, environ 675 millions de Fcfa, à l’époque des études quand le dollar valait 750 Fcfa. Un gap qui justifierait aussi le retard, dans la réalisation totale des travaux, selon Jean René Atangana Mballa
Le centre technique national de la Fécafoot est construit au lieu dit Mehandan I, dans la commune rurale de Nkol-Afamba, département de la Mefou et Afamba, à près d’un kilomètre de la route qui mène à l’aéroport international de Yaoundé-Nsimalen. Les établissements Tapatapaner avaient été sollicités par l’entrepreneur Antonio Moubi, le superviseur des travaux. Mais, sur le terrain, l’ouvrier attelé à tondre le gazon s’est présenté comme appartenant à l’entreprise Sonerema, dont le responsable, Djapé Epimack, a rassuré que les travaux finiraient bientôt.
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