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L’hôtel de ville de Ngaoundéré, la justice et le Rdpc

Travaux de construction

A l’arrêt depuis 2005, le chantier a repris il y a quelques semaines au terme d’un feuilleton judiciaire. Mais le prochain délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine attendra pour y prendre ses quartiers.

Pluie et ciment, couple perturbateur
Le quotidien du centre administratif de la capitale provinciale de l’Adamaoua est rythmé depuis peu par des bruits de marteaux et de planches. Très tôt le matin, une trentaine de jeunes gens convergent vers le chantier de l’hôtel de ville pour y effectuer des travaux. L’inscription "accès interdit au public" sur l’enceinte en tôles ondulées rouillées dissuade bien de visiteurs qui veulent vivrent la parturition du joyau architectural. Sans négociation d’envergure, le reporter du Messager est admis sur le site. Pas d’effort particulier pour constater que la vitesse de croisière est amorcée sur ce chantier longtemps en hibernation. Des grappes de fers à béton traînent par ci. Par là, l’on aperçoit des montagnes de parpaings, des tuyaux d’eau ou encore des sacs de ciment, des tas de graviers et de sable. Quelques ouvriers en sueur s’activent à casser un mur mal monté ou non prévu sur la maquette. Les échafaudages sont bien en place. Sur la dalle de l’édifice en construction, des flaques d’eau sont visibles. Le "tapis vert" s’étant formé du fait de la suspension des travaux disparaît progressivement sous les mottes de sable. Joël Komla, le chef du chantier se veut formel : "Pour l’instant les travaux évoluent normalement. Le planning de nos prévisions est respecté, malgré les petites interruptions dues aux pluies. Nous sommes néanmoins confrontés à certains problèmes notamment la rareté du ciment. En gros, le niveau d’exécution des travaux se situe à plus de 10%". L’ingénieur rapporte que ce ne sont que des natifs de l’Adamaoua et plus largement du grand Nord qui travaillent sur le site. En attendant l’entrée en service des électriciens et autres techniciens de l’entreprise ayant gagné le marché. Si rien ne perturbe le cours des travaux, l’hôtel de ville de Ngaoundéré sera prêt le 31 décembre 2008, au plus tard, déclare-t-il. En clair, si d’ici là, le chef de l’Etat vient à nommer un délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Ngaoundéré, ce dernier ira voir ailleurs pour remplir ses missions.

Grains de sable dans l’engrenage

L’hôtel de ville de Ngaoundéré devait être fonctionnel depuis 2005. Mais, en raison de malentendus, différends financiers et de batailles judiciaires entre le prestataire retenu pour l’exécution des travaux, l’ex-commune urbaine de Ngaoundéré et le Programme d’appui aux capacités décentralisées de développement urbain (Paccdu), le chantier va s’arrêter avant de prendre le chemin des prétoires. Après une étude de faisabilité, un appel d’offres est lancé pour la sélection d’une entreprise. Le marché évalué à 225 millions Fcfa est attribué à la Société Gecoser, spécialisée en bâtiment et travaux publics. Celle-ci doit livrer l’ouvrage sous 6 mois, soit vers juin 2005. S’agissant des modalités de paiement, le Paccdu contribue à hauteur de 85 %. Les 15 % restants doivent être réglés par le bénéficiaire, en l’occurrence, la commune urbaine de Ngaoundéré. La Tva (taxe sur la valeur ajoutée) devant être supportée par le budget du ministère des finances. Au début des travaux, en janvier 2005, l’entreprise perçoit 10 millions Fcfa. Selon le chef de l’antenne Paccdu de Ngaoundéré de l’époque, Prosper Roger Olomo, "les travaux ont démarré sans problèmes. Il était convenu qu’après chaque décompte, le Paccdu devait payer 85 % et la commune 15 %. Nous nous sommes acquittés de nos obligations. La quote-part de la commune urbaine qui s’élevait à 6 millions Fcfa n’a pas été réglée. Il paraît qu’en ce moment, la commune avait des problèmes de liquidités. Gecoser a donc saisi le prétexte pour arrêter les travaux en mars 2005". Pour Prosper Olomo, le Paccdu a trouvé cela aberrant, car pour un marché de 225 millions Fcfa, Gecoser avait déjà perçu plus de 43 millions Fcfa. A son sens, elle ne devait donc pas arrêter le chantier pour une histoire de 6 millions Fcfa. Ce d’autant plus qu’il était convenu dans le contrat qu’en cas de retard de paiement, le Paccdu paye les pénalités. C’est dans un climat tendu que l’entreprise Gecoser écrit au Paccdu le 4 janvier 2006 pour signifier qu’elle se retire du chantier. Bien plus, elle exige des dédommagements.

Sanction populaire contre le Rdpc et sentence du juge

Depuis lors, la métropole provinciale de l’Adamaoua est restée sans vitrine. A la grande déception des populations. Ce d’autant plus que les villes ayant bénéficié d’un projet analogue (Maroua, Bamenda, Bafoussam et Foumban) ont déjà leurs hôtels de ville. Les cérémonies et autres fêtes qu’aurait pu abriter l’édifice sont organisées dans des lycées de la place ou au prix fort dans des hôtels appartenant à des particuliers.
Dans les chaumières et bureaux, on s’en émeut vivement. Les foudres ne tardent pas à s’abattre sur le maire de la commune urbaine de Ngaoundéré, El Hadj Issa Yaya Djidji, accusé d’utiliser les recettes de la mairie à des fins privées. Déjà trahi par l’insalubrité et le piteux état de la voirie urbaine, Yaya Djidji perd la tête de la section Rdpc Vina-Sud (au profit de Mohaman Lamine) et tombe aux investitures des municipales de juillet 2002. Manifestement pour le Rdpc, l’ex-maire était devenu un "individu gênant". Aux aguets, l’Union nationale pour la démocratie et le progrès (Undp) surfe allègrement sur la vague du courroux lié au non achèvement de l’hôtel de ville pour glaner de précieux suffrages. Par ailleurs, l’entreprise Gecoser ne se laisse pas compter. Elle porte plainte contre l’ex-commune urbaine de Ngaoundéré et le Paccdu pour exiger un remboursement des cautions versées. Du fait de l’éclatement de l’ex-commune urbaine, le préfet de la Vina, Haman Dahirou et le chef d’antenne Paccdu, Paul Patrice Gomse se présentent au tribunal de première instance et à la Cour d’appel de Ngaoundéré. Après de nouveaux décomptes, des expertises et contre-expertises, des conciliabules et des plaidoiries, Gecoser est déboutée le 14 décembre 2007. A en croire Gomse, les responsables de cette entreprise iront jusqu’à activer des réseaux à l’extérieur du pays pour inverser la sentence, en vain. Un nouvel appel d’offres est lancé. L’entreprise Nicam est retenue le 17 Août 2008 pour achever les travaux de l’hôtel de ville de Ngaoundéré à hauteur de près de 350 millions Fcfa. Le bâtiment en construction comprendra une salle de conférences, le bureau du délégué du gouvernement, ceux des cadres et autres agents de la Communauté urbaine ainsi qu’un centre pilote de fiscalité. 

Par Georges Alain BOYOMO

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A l’arrêt depuis 2005, le chantier a repris il y a quelques semaines au terme d’un feuilleton judiciaire. Mais le prochain délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine attendra pour y prendre ses quartiers.

Pluie et ciment, couple perturbateur
Le quotidien du centre administratif de la capitale provinciale de l’Adamaoua est rythmé depuis peu par des bruits de marteaux et de planches. Très tôt le matin, une trentaine de jeunes gens convergent vers le chantier de l’hôtel de ville pour y effectuer des travaux. L’inscription "accès interdit au public" sur l’enceinte en tôles ondulées rouillées dissuade bien de visiteurs qui veulent vivrent la parturition du joyau architectural. Sans négociation d’envergure, le reporter du Messager est admis sur le site. Pas d’effort particulier pour constater que la vitesse de croisière est amorcée sur ce chantier longtemps en hibernation. Des grappes de fers à béton traînent par ci. Par là, l’on aperçoit des montagnes de parpaings, des tuyaux d’eau ou encore des sacs de ciment, des tas de graviers et de sable. Quelques ouvriers en sueur s’activent à casser un mur mal monté ou non prévu sur la maquette. Les échafaudages sont bien en place. Sur la dalle de l’édifice en construction, des flaques d’eau sont visibles. Le "tapis vert" s’étant formé du fait de la suspension des travaux disparaît progressivement sous les mottes de sable. Joël Komla, le chef du chantier se veut formel : "Pour l’instant les travaux évoluent normalement. Le planning de nos prévisions est respecté, malgré les petites interruptions dues aux pluies. Nous sommes néanmoins confrontés à certains problèmes notamment la rareté du ciment. En gros, le niveau d’exécution des travaux se situe à plus de 10%". L’ingénieur rapporte que ce ne sont que des natifs de l’Adamaoua et plus largement du grand Nord qui travaillent sur le site. En attendant l’entrée en service des électriciens et autres techniciens de l’entreprise ayant gagné le marché. Si rien ne perturbe le cours des travaux, l’hôtel de ville de Ngaoundéré sera prêt le 31 décembre 2008, au plus tard, déclare-t-il. En clair, si d’ici là, le chef de l’Etat vient à nommer un délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Ngaoundéré, ce dernier ira voir ailleurs pour remplir ses missions.

Grains de sable dans l’engrenage

L’hôtel de ville de Ngaoundéré devait être fonctionnel depuis 2005. Mais, en raison de malentendus, différends financiers et de batailles judiciaires entre le prestataire retenu pour l’exécution des travaux, l’ex-commune urbaine de Ngaoundéré et le Programme d’appui aux capacités décentralisées de développement urbain (Paccdu), le chantier va s’arrêter avant de prendre le chemin des prétoires. Après une étude de faisabilité, un appel d’offres est lancé pour la sélection d’une entreprise. Le marché évalué à 225 millions Fcfa est attribué à la Société Gecoser, spécialisée en bâtiment et travaux publics. Celle-ci doit livrer l’ouvrage sous 6 mois, soit vers juin 2005. S’agissant des modalités de paiement, le Paccdu contribue à hauteur de 85 %. Les 15 % restants doivent être réglés par le bénéficiaire, en l’occurrence, la commune urbaine de Ngaoundéré. La Tva (taxe sur la valeur ajoutée) devant être supportée par le budget du ministère des finances. Au début des travaux, en janvier 2005, l’entreprise perçoit 10 millions Fcfa. Selon le chef de l’antenne Paccdu de Ngaoundéré de l’époque, Prosper Roger Olomo, "les travaux ont démarré sans problèmes. Il était convenu qu’après chaque décompte, le Paccdu devait payer 85 % et la commune 15 %. Nous nous sommes acquittés de nos obligations. La quote-part de la commune urbaine qui s’élevait à 6 millions Fcfa n’a pas été réglée. Il paraît qu’en ce moment, la commune avait des problèmes de liquidités. Gecoser a donc saisi le prétexte pour arrêter les travaux en mars 2005". Pour Prosper Olomo, le Paccdu a trouvé cela aberrant, car pour un marché de 225 millions Fcfa, Gecoser avait déjà perçu plus de 43 millions Fcfa. A son sens, elle ne devait donc pas arrêter le chantier pour une histoire de 6 millions Fcfa. Ce d’autant plus qu’il était convenu dans le contrat qu’en cas de retard de paiement, le Paccdu paye les pénalités. C’est dans un climat tendu que l’entreprise Gecoser écrit au Paccdu le 4 janvier 2006 pour signifier qu’elle se retire du chantier. Bien plus, elle exige des dédommagements.

Sanction populaire contre le Rdpc et sentence du juge

Depuis lors, la métropole provinciale de l’Adamaoua est restée sans vitrine. A la grande déception des populations. Ce d’autant plus que les villes ayant bénéficié d’un projet analogue (Maroua, Bamenda, Bafoussam et Foumban) ont déjà leurs hôtels de ville. Les cérémonies et autres fêtes qu’aurait pu abriter l’édifice sont organisées dans des lycées de la place ou au prix fort dans des hôtels appartenant à des particuliers.
Dans les chaumières et bureaux, on s’en émeut vivement. Les foudres ne tardent pas à s’abattre sur le maire de la commune urbaine de Ngaoundéré, El Hadj Issa Yaya Djidji, accusé d’utiliser les recettes de la mairie à des fins privées. Déjà trahi par l’insalubrité et le piteux état de la voirie urbaine, Yaya Djidji perd la tête de la section Rdpc Vina-Sud (au profit de Mohaman Lamine) et tombe aux investitures des municipales de juillet 2002. Manifestement pour le Rdpc, l’ex-maire était devenu un "individu gênant". Aux aguets, l’Union nationale pour la démocratie et le progrès (Undp) surfe allègrement sur la vague du courroux lié au non achèvement de l’hôtel de ville pour glaner de précieux suffrages. Par ailleurs, l’entreprise Gecoser ne se laisse pas compter. Elle porte plainte contre l’ex-commune urbaine de Ngaoundéré et le Paccdu pour exiger un remboursement des cautions versées. Du fait de l’éclatement de l’ex-commune urbaine, le préfet de la Vina, Haman Dahirou et le chef d’antenne Paccdu, Paul Patrice Gomse se présentent au tribunal de première instance et à la Cour d’appel de Ngaoundéré. Après de nouveaux décomptes, des expertises et contre-expertises, des conciliabules et des plaidoiries, Gecoser est déboutée le 14 décembre 2007. A en croire Gomse, les responsables de cette entreprise iront jusqu’à activer des réseaux à l’extérieur du pays pour inverser la sentence, en vain. Un nouvel appel d’offres est lancé. L’entreprise Nicam est retenue le 17 Août 2008 pour achever les travaux de l’hôtel de ville de Ngaoundéré à hauteur de près de 350 millions Fcfa. Le bâtiment en construction comprendra une salle de conférences, le bureau du délégué du gouvernement, ceux des cadres et autres agents de la Communauté urbaine ainsi qu’un centre pilote de fiscalité. 

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A l’arrêt depuis 2005, le chantier a repris il y a quelques semaines au terme d’un feuilleton judiciaire. Mais le prochain délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine attendra pour y prendre ses quartiers.

Pluie et ciment, couple perturbateur
Le quotidien du centre administratif de la capitale provinciale de l’Adamaoua est rythmé depuis peu par des bruits de marteaux et de planches. Très tôt le matin, une trentaine de jeunes gens convergent vers le chantier de l’hôtel de ville pour y effectuer des travaux. L’inscription "accès interdit au public" sur l’enceinte en tôles ondulées rouillées dissuade bien de visiteurs qui veulent vivrent la parturition du joyau architectural. Sans négociation d’envergure, le reporter du Messager est admis sur le site. Pas d’effort particulier pour constater que la vitesse de croisière est amorcée sur ce chantier longtemps en hibernation. Des grappes de fers à béton traînent par ci. Par là, l’on aperçoit des montagnes de parpaings, des tuyaux d’eau ou encore des sacs de ciment, des tas de graviers et de sable. Quelques ouvriers en sueur s’activent à casser un mur mal monté ou non prévu sur la maquette. Les échafaudages sont bien en place. Sur la dalle de l’édifice en construction, des flaques d’eau sont visibles. Le "tapis vert" s’étant formé du fait de la suspension des travaux disparaît progressivement sous les mottes de sable. Joël Komla, le chef du chantier se veut formel : "Pour l’instant les travaux évoluent normalement. Le planning de nos prévisions est respecté, malgré les petites interruptions dues aux pluies. Nous sommes néanmoins confrontés à certains problèmes notamment la rareté du ciment. En gros, le niveau d’exécution des travaux se situe à plus de 10%". L’ingénieur rapporte que ce ne sont que des natifs de l’Adamaoua et plus largement du grand Nord qui travaillent sur le site. En attendant l’entrée en service des électriciens et autres techniciens de l’entreprise ayant gagné le marché. Si rien ne perturbe le cours des travaux, l’hôtel de ville de Ngaoundéré sera prêt le 31 décembre 2008, au plus tard, déclare-t-il. En clair, si d’ici là, le chef de l’Etat vient à nommer un délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Ngaoundéré, ce dernier ira voir ailleurs pour remplir ses missions.

Grains de sable dans l’engrenage

L’hôtel de ville de Ngaoundéré devait être fonctionnel depuis 2005. Mais, en raison de malentendus, différends financiers et de batailles judiciaires entre le prestataire retenu pour l’exécution des travaux, l’ex-commune urbaine de Ngaoundéré et le Programme d’appui aux capacités décentralisées de développement urbain (Paccdu), le chantier va s’arrêter avant de prendre le chemin des prétoires. Après une étude de faisabilité, un appel d’offres est lancé pour la sélection d’une entreprise. Le marché évalué à 225 millions Fcfa est attribué à la Société Gecoser, spécialisée en bâtiment et travaux publics. Celle-ci doit livrer l’ouvrage sous 6 mois, soit vers juin 2005. S’agissant des modalités de paiement, le Paccdu contribue à hauteur de 85 %. Les 15 % restants doivent être réglés par le bénéficiaire, en l’occurrence, la commune urbaine de Ngaoundéré. La Tva (taxe sur la valeur ajoutée) devant être supportée par le budget du ministère des finances. Au début des travaux, en janvier 2005, l’entreprise perçoit 10 millions Fcfa. Selon le chef de l’antenne Paccdu de Ngaoundéré de l’époque, Prosper Roger Olomo, "les travaux ont démarré sans problèmes. Il était convenu qu’après chaque décompte, le Paccdu devait payer 85 % et la commune 15 %. Nous nous sommes acquittés de nos obligations. La quote-part de la commune urbaine qui s’élevait à 6 millions Fcfa n’a pas été réglée. Il paraît qu’en ce moment, la commune avait des problèmes de liquidités. Gecoser a donc saisi le prétexte pour arrêter les travaux en mars 2005". Pour Prosper Olomo, le Paccdu a trouvé cela aberrant, car pour un marché de 225 millions Fcfa, Gecoser avait déjà perçu plus de 43 millions Fcfa. A son sens, elle ne devait donc pas arrêter le chantier pour une histoire de 6 millions Fcfa. Ce d’autant plus qu’il était convenu dans le contrat qu’en cas de retard de paiement, le Paccdu paye les pénalités. C’est dans un climat tendu que l’entreprise Gecoser écrit au Paccdu le 4 janvier 2006 pour signifier qu’elle se retire du chantier. Bien plus, elle exige des dédommagements.

Sanction populaire contre le Rdpc et sentence du juge

Depuis lors, la métropole provinciale de l’Adamaoua est restée sans vitrine. A la grande déception des populations. Ce d’autant plus que les villes ayant bénéficié d’un projet analogue (Maroua, Bamenda, Bafoussam et Foumban) ont déjà leurs hôtels de ville. Les cérémonies et autres fêtes qu’aurait pu abriter l’édifice sont organisées dans des lycées de la place ou au prix fort dans des hôtels appartenant à des particuliers.
Dans les chaumières et bureaux, on s’en émeut vivement. Les foudres ne tardent pas à s’abattre sur le maire de la commune urbaine de Ngaoundéré, El Hadj Issa Yaya Djidji, accusé d’utiliser les recettes de la mairie à des fins privées. Déjà trahi par l’insalubrité et le piteux état de la voirie urbaine, Yaya Djidji perd la tête de la section Rdpc Vina-Sud (au profit de Mohaman Lamine) et tombe aux investitures des municipales de juillet 2002. Manifestement pour le Rdpc, l’ex-maire était devenu un "individu gênant". Aux aguets, l’Union nationale pour la démocratie et le progrès (Undp) surfe allègrement sur la vague du courroux lié au non achèvement de l’hôtel de ville pour glaner de précieux suffrages. Par ailleurs, l’entreprise Gecoser ne se laisse pas compter. Elle porte plainte contre l’ex-commune urbaine de Ngaoundéré et le Paccdu pour exiger un remboursement des cautions versées. Du fait de l’éclatement de l’ex-commune urbaine, le préfet de la Vina, Haman Dahirou et le chef d’antenne Paccdu, Paul Patrice Gomse se présentent au tribunal de première instance et à la Cour d’appel de Ngaoundéré. Après de nouveaux décomptes, des expertises et contre-expertises, des conciliabules et des plaidoiries, Gecoser est déboutée le 14 décembre 2007. A en croire Gomse, les responsables de cette entreprise iront jusqu’à activer des réseaux à l’extérieur du pays pour inverser la sentence, en vain. Un nouvel appel d’offres est lancé. L’entreprise Nicam est retenue le 17 Août 2008 pour achever les travaux de l’hôtel de ville de Ngaoundéré à hauteur de près de 350 millions Fcfa. Le bâtiment en construction comprendra une salle de conférences, le bureau du délégué du gouvernement, ceux des cadres et autres agents de la Communauté urbaine ainsi qu’un centre pilote de fiscalité. 

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A l’arrêt depuis 2005, le chantier a repris il y a quelques semaines au terme d’un feuilleton judiciaire. Mais le prochain délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine attendra pour y prendre ses quartiers.

Pluie et ciment, couple perturbateur
Le quotidien du centre administratif de la capitale provinciale de l’Adamaoua est rythmé depuis peu par des bruits de marteaux et de planches. Très tôt le matin, une trentaine de jeunes gens convergent vers le chantier de l’hôtel de ville pour y effectuer des travaux. L’inscription "accès interdit au public" sur l’enceinte en tôles ondulées rouillées dissuade bien de visiteurs qui veulent vivrent la parturition du joyau architectural. Sans négociation d’envergure, le reporter du Messager est admis sur le site. Pas d’effort particulier pour constater que la vitesse de croisière est amorcée sur ce chantier longtemps en hibernation. Des grappes de fers à béton traînent par ci. Par là, l’on aperçoit des montagnes de parpaings, des tuyaux d’eau ou encore des sacs de ciment, des tas de graviers et de sable. Quelques ouvriers en sueur s’activent à casser un mur mal monté ou non prévu sur la maquette. Les échafaudages sont bien en place. Sur la dalle de l’édifice en construction, des flaques d’eau sont visibles. Le "tapis vert" s’étant formé du fait de la suspension des travaux disparaît progressivement sous les mottes de sable. Joël Komla, le chef du chantier se veut formel : "Pour l’instant les travaux évoluent normalement. Le planning de nos prévisions est respecté, malgré les petites interruptions dues aux pluies. Nous sommes néanmoins confrontés à certains problèmes notamment la rareté du ciment. En gros, le niveau d’exécution des travaux se situe à plus de 10%". L’ingénieur rapporte que ce ne sont que des natifs de l’Adamaoua et plus largement du grand Nord qui travaillent sur le site. En attendant l’entrée en service des électriciens et autres techniciens de l’entreprise ayant gagné le marché. Si rien ne perturbe le cours des travaux, l’hôtel de ville de Ngaoundéré sera prêt le 31 décembre 2008, au plus tard, déclare-t-il. En clair, si d’ici là, le chef de l’Etat vient à nommer un délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Ngaoundéré, ce dernier ira voir ailleurs pour remplir ses missions.

Grains de sable dans l’engrenage

L’hôtel de ville de Ngaoundéré devait être fonctionnel depuis 2005. Mais, en raison de malentendus, différends financiers et de batailles judiciaires entre le prestataire retenu pour l’exécution des travaux, l’ex-commune urbaine de Ngaoundéré et le Programme d’appui aux capacités décentralisées de développement urbain (Paccdu), le chantier va s’arrêter avant de prendre le chemin des prétoires. Après une étude de faisabilité, un appel d’offres est lancé pour la sélection d’une entreprise. Le marché évalué à 225 millions Fcfa est attribué à la Société Gecoser, spécialisée en bâtiment et travaux publics. Celle-ci doit livrer l’ouvrage sous 6 mois, soit vers juin 2005. S’agissant des modalités de paiement, le Paccdu contribue à hauteur de 85 %. Les 15 % restants doivent être réglés par le bénéficiaire, en l’occurrence, la commune urbaine de Ngaoundéré. La Tva (taxe sur la valeur ajoutée) devant être supportée par le budget du ministère des finances. Au début des travaux, en janvier 2005, l’entreprise perçoit 10 millions Fcfa. Selon le chef de l’antenne Paccdu de Ngaoundéré de l’époque, Prosper Roger Olomo, "les travaux ont démarré sans problèmes. Il était convenu qu’après chaque décompte, le Paccdu devait payer 85 % et la commune 15 %. Nous nous sommes acquittés de nos obligations. La quote-part de la commune urbaine qui s’élevait à 6 millions Fcfa n’a pas été réglée. Il paraît qu’en ce moment, la commune avait des problèmes de liquidités. Gecoser a donc saisi le prétexte pour arrêter les travaux en mars 2005". Pour Prosper Olomo, le Paccdu a trouvé cela aberrant, car pour un marché de 225 millions Fcfa, Gecoser avait déjà perçu plus de 43 millions Fcfa. A son sens, elle ne devait donc pas arrêter le chantier pour une histoire de 6 millions Fcfa. Ce d’autant plus qu’il était convenu dans le contrat qu’en cas de retard de paiement, le Paccdu paye les pénalités. C’est dans un climat tendu que l’entreprise Gecoser écrit au Paccdu le 4 janvier 2006 pour signifier qu’elle se retire du chantier. Bien plus, elle exige des dédommagements.

Sanction populaire contre le Rdpc et sentence du juge

Depuis lors, la métropole provinciale de l’Adamaoua est restée sans vitrine. A la grande déception des populations. Ce d’autant plus que les villes ayant bénéficié d’un projet analogue (Maroua, Bamenda, Bafoussam et Foumban) ont déjà leurs hôtels de ville. Les cérémonies et autres fêtes qu’aurait pu abriter l’édifice sont organisées dans des lycées de la place ou au prix fort dans des hôtels appartenant à des particuliers.
Dans les chaumières et bureaux, on s’en émeut vivement. Les foudres ne tardent pas à s’abattre sur le maire de la commune urbaine de Ngaoundéré, El Hadj Issa Yaya Djidji, accusé d’utiliser les recettes de la mairie à des fins privées. Déjà trahi par l’insalubrité et le piteux état de la voirie urbaine, Yaya Djidji perd la tête de la section Rdpc Vina-Sud (au profit de Mohaman Lamine) et tombe aux investitures des municipales de juillet 2002. Manifestement pour le Rdpc, l’ex-maire était devenu un "individu gênant". Aux aguets, l’Union nationale pour la démocratie et le progrès (Undp) surfe allègrement sur la vague du courroux lié au non achèvement de l’hôtel de ville pour glaner de précieux suffrages. Par ailleurs, l’entreprise Gecoser ne se laisse pas compter. Elle porte plainte contre l’ex-commune urbaine de Ngaoundéré et le Paccdu pour exiger un remboursement des cautions versées. Du fait de l’éclatement de l’ex-commune urbaine, le préfet de la Vina, Haman Dahirou et le chef d’antenne Paccdu, Paul Patrice Gomse se présentent au tribunal de première instance et à la Cour d’appel de Ngaoundéré. Après de nouveaux décomptes, des expertises et contre-expertises, des conciliabules et des plaidoiries, Gecoser est déboutée le 14 décembre 2007. A en croire Gomse, les responsables de cette entreprise iront jusqu’à activer des réseaux à l’extérieur du pays pour inverser la sentence, en vain. Un nouvel appel d’offres est lancé. L’entreprise Nicam est retenue le 17 Août 2008 pour achever les travaux de l’hôtel de ville de Ngaoundéré à hauteur de près de 350 millions Fcfa. Le bâtiment en construction comprendra une salle de conférences, le bureau du délégué du gouvernement, ceux des cadres et autres agents de la Communauté urbaine ainsi qu’un centre pilote de fiscalité. 

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Economie : Le Maroc au coeur de la problématique de l’attractivité

Qu’est-ce qui peut amener un investisseur étanger vers un pays d’Afrique au Sud du Sahara ?
Par Khadija El Issaoui* –




Nombreux sont les pays en développement dont l’attitude à l’égard des investisseurs étrangers a longtemps été marquée par une grande méfiance. À partir des années 90, une tendance nouvelle s’est annoncée en faveur des stratégies d’accueil des capitaux étrangers. Ce changement radical est au cœur de la problématique de l’attractivité. Il coïncide avec l’apparition d’une guerre acharnée entre les pays pour attirer le capital étranger. Comment séduire les firmes multinationales est devenue une question centrale dans les politiques économiques des pays en développement. Pourquoi ces pays s’efforcent-ils d’attirer les entreprises étrangères ? D’une manière générale, l’arrivée massive du capital étranger est considérée comme une solution efficace des pays ayant des difficultés macro-économiques telles qu’une large insuffisance de l’épargne intérieure, des taux de chômage élevés, une grande pauvreté et une incapacité d’acquisition des nouvelles technologies.

Dans le cas marocain, la contribution des Investissements Directs Etrangers (IDE) à l’investissement global s’est améliorée, passant d’une moyenne annuelle de 1,36% entre 1970 et 1990 à 12,39% entre 1991 et 2005. Quant à la part des IDE dans la richesse nationale, le Maroc a réalisé une progression importante entre 1990 et 2006. Le stock d’IDE accueillis par le Maroc rapporté au PIB s’élevait en 2006 à 52% contre seulement 9,7 % en 1990. De ce point de vue, si le Maroc dépasse largement l’Algérie (8,9% du PIB) et l’Egypte (36,4 % du PIB), il souffre encore d’un certain retard face à des pays comme la Tunisie (71% du PIB). En effet, il semble que le capital étranger demeure insuffisant pour soutenir la croissance et la diversification nécessaire de l’économie marocaine comme le confirme l’examen de la politique de l’investissement au Maroc élaboré par la Cnuced en 2007. D’où la nécessité de s’interroger sur les caractéristiques des facteurs d’attractivité de l’économie marocaine ainsi que sur les recommandations nécessaires pour attirer durablement l’investisseur étranger.

L’attractivité est une question complexe. L’investisseur étranger peut être influencé par un ensemble de facteurs : le coût et la qualité de la main-d’œuvre ; la taille du marché et son degré d’ouverture, la qualité des infrastructures et des institutions ; la productivité du travail et le coût de transport ; la politique fiscale et de change et enfin une bonne définition ainsi que le respect des droits de propriété. Qu’en est-il du cas marocain ? Tout d’abord, il est bien établi que les IDE à destination du Maroc sont très dépendants des opérations de privatisation. Des études ont montré que les investisseurs étrangers attirés uniquement par la politique de privatisation et également par les mesures d’incitation fiscale et financière sont irréguliers, volatils et non durables. Ces caractéristiques bien qu’essentielles, ne sont pas suffisantes au décollage économique du Maroc. Dans ce sens, le Maroc devrait accroître le niveau d’IDE au-delà des simples privatisations d’entreprises publiques.
Quant aux autres facteurs d’attractivité, l’analyse de la structure industrielle du Maroc entre 1990 et 2004 montre que le faible coût du travail a un effet positif sur le potentiel d’attractivité du Maroc. En plus, la présence d’une main-d’œuvre – de plus en plus – qualifiée est également un facteur d’investissement, notamment dans les industries à haute intensité technologique comme l’aéronautique et l’électronique. Ce résultat nous permet de déduire que les politiques d’investissement dans le capital humain ont un impact positif et doivent être renforcées. Ces politiques auront un double effet dans la mesure où elles permettront d’attirer les IDE et également de maximiser leurs retombées positives.

Pour les entreprises étrangères exportatrices, la réduction des coûts de transport et l’ouverture de l’économie marocaine sont des atouts d’implantation considérables. À ces éléments s’ajoute le rôle joué par le taux de change. Dans ce cadre, un euro fort est un élément très favorable pour attirer les entreprises exportatrices européennes. Par ailleurs, les entreprises étrangères, telles Bel et Danone dans l’agroalimentaire ou encore Aventis dans la pharmacie, investiront d’autant plus pour le marché local que le pouvoir d’achat marocain augmentera. La densité industrielle qui se définit par l’existence de grands groupes multinationaux comme Philips, SHELL, CIOR, Renault semble également jouer un rôle majeur pour le renforcement de l’attractivité. En outre, les entrepreneurs sont également très sensibles à la qualité de l’infrastructure. Les coupures de courant et la cherté des coûts de l’énergie sont souvent citées comme des facteurs qui menacent le développement du tissu industriel et économique du Maroc.
Au-delà de ces facteurs sectoriels, il convient de souligner l’importance des institutions dans l’amélioration du climat d’investissement. La mauvaise qualité des institutions, les difficultés d’accès au foncier et la complexité des procédures représentent un frein à l’IDE. Les études ont montré qu’une économie rentière corrompue, fermée et mal-gouvernée, est caractérisée par des coûts administratifs plus élevés, ce qui réduit inévitablement son attractivité.

La bureaucratie continue d’être un handicap majeur qui nuit négativement à l’attractivité du Maroc. L’Economiste (2008) indique que l’entreprise Promod menace de quitter le Maroc pour cause de non respect des délais de livraison. En outre, le rapport " Doing Business au Maroc ", réalisé par la Banque Mondiale en 2008 pour étudier les réglementations qui favorisent l’activité économique et celles qui la limitent, montre que l’octroi de licences ainsi que l’exécution des contrats au Maroc nécessitent respectivement 163 et 615 jours contre une durée de 93 et 565 en Tunisie. Le Maroc devrait être en mesure de réduire le nombre de jours nécessaires pour le déroulement des affaires. Le même rapport indique qu’Agadir est la région qui enregistre la meilleure performance et qu’il y a un très fort besoin de réformes dans toutes les régions du pays. La multiplication des tribunaux de commerce ou des guichets uniques pour les immatriculations d’entreprise ou les permis de construire améliorera le classement mondial du Maroc.
Des efforts restent ainsi à accomplir pour attirer durablement le capital étranger.

* Docteur-chercheur au Centre d’Economie et de Finances Internationales. France.
Avec la collaboration de www.UnMondeLibre.org

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