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Le casse tête du financement des Pme

Les promoteurs des Pme éprouvent d’énormes difficultés à trouver les financements propices pour leurs affaires.

En janvier 2008, Henri Ngamaleu engage l’ouverture d’une petite et moyenne entreprise (Pme). L’entrepreneur, pour démarrer son affaire dispose d’un bâtiment au quartier Ndogpassi à Douala. Tout ce qui lui reste, c’est un financement de 50 millions Fcfa pour acheter des matériaux de construction afin de démarrer son activité. Après plus de trois entretiens avec quatre banques à Douala, le promoteur n’a pas réussi à obtenir un crédit. « Les banquiers m’ont dit la même chose. Ils ne veulent pas prendre des risques, car ils n’ont pas confiance à ce type de projet », raconte H. Ngamaleu. Découragé, il décide d’abandonner son projet.
Le cas de Henri Ngamaleu, n’est pas isolé. Au Cameroun, de nombreux jeunes entrepreneurs de Pme sont confrontés au quotidien à d’énormes problèmes de financement et d’accès au crédit. C’est que la Pme est snobée par les bailleurs de fonds, qui la jugent « peu rentable », fait remarquer Jean Marie Biada, animateur d’un séminaire atelier sur l’appui de partenariat jeune et féminin, tenu à Douala la semaine dernière. Dans les banques, l’un des principales sources de financement, les frais d’études du dossier du projet sont insupportables pour les promoteurs de Pme. Ils s’élèvent à environ un million de Fcfa, deux fois plus important que le chiffre d’affaire annuel des propriétaires de ces très petites structures. De plus, les conditions techniques de crédit ne sont plus remplies. La contribution du crédit bancaire dans le financement de l’investissement privé est faible (15% environ).

Discriminations des financiers
D’après, le centre de recherche d’étude et d’enquête par Sondage (Cretes), le besoin de financement des Pme est estimé à plus d’un milliard de Fcfa/an. Mais, les banques camerounaises, la plupart surliquides, n’arrivent pas à satisfaire cette demande. Le paysage bancaire au Cameroun est animé essentiellement par les banques commerciales qui n’ont pas a priori pour vocation de financer des projets à long terme. C’est pourquoi ces banques préfèrent accorder des prêts à court et moyen termes, remboursables en moins de cinq ans. Ce qui n’arrange pas les promoteurs d’affaires qui ont davantage besoin des prêts à long terme (au-delà de cinq ans), mieux adaptés au cycle de vie de leurs projets. Pourtant, « pour qu’une entreprise se développe, il faut des fonds à long et à moyen termes », explique Moune, professeur d’économie et d’organisation des entreprises.
Un engagement que les banques estiment trop risqué. Elles se disent échaudées par l’expérience du passé, lorsque la culture du non remboursement des prêts contractés par des Camerounais avait entraîné la faillite de plusieurs établissements de la place. Le cas de l’ex- Crédit agricole du Cameroun ou de la Scb crédit lyonnais sont souvent cités pour soutenir cette thèse. « C’est pas évident de donner ce type de crédit à une Pme. D’un, elles n’inspirent pas souvent confiance car certaines prennent des crédits et puis ils disparaissent. Parfois, les promoteurs n’ont même pas de garantie. Les banques, prennent toujours les dossiers des créateurs de Pme avec des pincettes », explique Etienne Djalé, employé à la Sgbc.
Pour éviter de retomber dans les mêmes pièges, les banquiers ont durci les conditions d’obtention des prêts au point qu’aujourd’hui, les réserves des banques sont bien au-delà des niveaux obligatoires, créant un déséquilibre entre les dépôts (1 500 milliards de F CFA et les crédits (1 000 milliards de Fcfa). Les conditions d’admission à la bourse d’Etat, la Douala Stock Exchange (Dsx) ne sont pas aisées. D’ailleurs, on enregistre uniquement deux entreprises côtées par cette bourse. Le Fond national de Garantie d’assistance aux petites et moyennes entreprises (Fogape) n’a pu satisfaire les besoins en financement des Pme. Une nouvelle structure, le Fonds du développement des Pme (Fondecam Pme) lancé en juin 2007 n’inspire plus confiance, « la première n’a rien fait, c’est la seconde qui va nous aider en quoi ?», s’indigne Christophe Kamga, promoteur de Pme au quartier Bali à Douala.

Comment créer une Pme ?

La création d’une petite et moyenne entreprise part d’un projet. Le projet doit être vendable, original, faisable et surtout il doit solutionner un besoin. Une fois cette étape passée, le promoteur doit effecteur un dépôt de son capital initial dans une banque qui lui octroie par la suite un reçu. L’entreprise étant une œuvre intellectuelle, il est important de déposer son projet auprès d’un notaire qui se charge de vérifier et d’assurer la protection du nom de la Pme auprès de l’Oapi à Yaoundé. Puis c’est au notaire de finaliser les statuts de l’entreprise et de l’enregistrer au registre du commerce et du crédit mobilier (Rccm). Le ministère des Finances se charge alors de délivrer au promoteur un titre de patente ou un impôt libératoire en fonction du chiffre d’affaires de l’entreprise et une carte de contribuable avant que le ministère du Commerce ne lui donne une déclaration d’existence. Quant au ministère de la Formation et de l’emploi, il délivre une déclaration d’ouverture qui vous permet de débuter votre activité en toute sécurité. Toutefois, la loi de finance 2008 portant création d’une Pme et patente exonère de la patente les Pme pour les années 2008 et 2009. C’est le cas également de la Tva pour tous les achats entrant dans la construction des hangars et d’autres immobilisations de la Pme en création.
 

Par Christelle KOUETCHA (Stagiaire Jade/Syfia)

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Le casse tête du financement des Pme

Les promoteurs des Pme éprouvent d’énormes difficultés à trouver les financements propices pour leurs affaires.

En janvier 2008, Henri Ngamaleu engage l’ouverture d’une petite et moyenne entreprise (Pme). L’entrepreneur, pour démarrer son affaire dispose d’un bâtiment au quartier Ndogpassi à Douala. Tout ce qui lui reste, c’est un financement de 50 millions Fcfa pour acheter des matériaux de construction afin de démarrer son activité. Après plus de trois entretiens avec quatre banques à Douala, le promoteur n’a pas réussi à obtenir un crédit. « Les banquiers m’ont dit la même chose. Ils ne veulent pas prendre des risques, car ils n’ont pas confiance à ce type de projet », raconte H. Ngamaleu. Découragé, il décide d’abandonner son projet.
Le cas de Henri Ngamaleu, n’est pas isolé. Au Cameroun, de nombreux jeunes entrepreneurs de Pme sont confrontés au quotidien à d’énormes problèmes de financement et d’accès au crédit. C’est que la Pme est snobée par les bailleurs de fonds, qui la jugent « peu rentable », fait remarquer Jean Marie Biada, animateur d’un séminaire atelier sur l’appui de partenariat jeune et féminin, tenu à Douala la semaine dernière. Dans les banques, l’un des principales sources de financement, les frais d’études du dossier du projet sont insupportables pour les promoteurs de Pme. Ils s’élèvent à environ un million de Fcfa, deux fois plus important que le chiffre d’affaire annuel des propriétaires de ces très petites structures. De plus, les conditions techniques de crédit ne sont plus remplies. La contribution du crédit bancaire dans le financement de l’investissement privé est faible (15% environ).

Discriminations des financiers
D’après, le centre de recherche d’étude et d’enquête par Sondage (Cretes), le besoin de financement des Pme est estimé à plus d’un milliard de Fcfa/an. Mais, les banques camerounaises, la plupart surliquides, n’arrivent pas à satisfaire cette demande. Le paysage bancaire au Cameroun est animé essentiellement par les banques commerciales qui n’ont pas a priori pour vocation de financer des projets à long terme. C’est pourquoi ces banques préfèrent accorder des prêts à court et moyen termes, remboursables en moins de cinq ans. Ce qui n’arrange pas les promoteurs d’affaires qui ont davantage besoin des prêts à long terme (au-delà de cinq ans), mieux adaptés au cycle de vie de leurs projets. Pourtant, « pour qu’une entreprise se développe, il faut des fonds à long et à moyen termes », explique Moune, professeur d’économie et d’organisation des entreprises.
Un engagement que les banques estiment trop risqué. Elles se disent échaudées par l’expérience du passé, lorsque la culture du non remboursement des prêts contractés par des Camerounais avait entraîné la faillite de plusieurs établissements de la place. Le cas de l’ex- Crédit agricole du Cameroun ou de la Scb crédit lyonnais sont souvent cités pour soutenir cette thèse. « C’est pas évident de donner ce type de crédit à une Pme. D’un, elles n’inspirent pas souvent confiance car certaines prennent des crédits et puis ils disparaissent. Parfois, les promoteurs n’ont même pas de garantie. Les banques, prennent toujours les dossiers des créateurs de Pme avec des pincettes », explique Etienne Djalé, employé à la Sgbc.
Pour éviter de retomber dans les mêmes pièges, les banquiers ont durci les conditions d’obtention des prêts au point qu’aujourd’hui, les réserves des banques sont bien au-delà des niveaux obligatoires, créant un déséquilibre entre les dépôts (1 500 milliards de F CFA et les crédits (1 000 milliards de Fcfa). Les conditions d’admission à la bourse d’Etat, la Douala Stock Exchange (Dsx) ne sont pas aisées. D’ailleurs, on enregistre uniquement deux entreprises côtées par cette bourse. Le Fond national de Garantie d’assistance aux petites et moyennes entreprises (Fogape) n’a pu satisfaire les besoins en financement des Pme. Une nouvelle structure, le Fonds du développement des Pme (Fondecam Pme) lancé en juin 2007 n’inspire plus confiance, « la première n’a rien fait, c’est la seconde qui va nous aider en quoi ?», s’indigne Christophe Kamga, promoteur de Pme au quartier Bali à Douala.

Comment créer une Pme ?

La création d’une petite et moyenne entreprise part d’un projet. Le projet doit être vendable, original, faisable et surtout il doit solutionner un besoin. Une fois cette étape passée, le promoteur doit effecteur un dépôt de son capital initial dans une banque qui lui octroie par la suite un reçu. L’entreprise étant une œuvre intellectuelle, il est important de déposer son projet auprès d’un notaire qui se charge de vérifier et d’assurer la protection du nom de la Pme auprès de l’Oapi à Yaoundé. Puis c’est au notaire de finaliser les statuts de l’entreprise et de l’enregistrer au registre du commerce et du crédit mobilier (Rccm). Le ministère des Finances se charge alors de délivrer au promoteur un titre de patente ou un impôt libératoire en fonction du chiffre d’affaires de l’entreprise et une carte de contribuable avant que le ministère du Commerce ne lui donne une déclaration d’existence. Quant au ministère de la Formation et de l’emploi, il délivre une déclaration d’ouverture qui vous permet de débuter votre activité en toute sécurité. Toutefois, la loi de finance 2008 portant création d’une Pme et patente exonère de la patente les Pme pour les années 2008 et 2009. C’est le cas également de la Tva pour tous les achats entrant dans la construction des hangars et d’autres immobilisations de la Pme en création.
 

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Les promoteurs des Pme éprouvent d’énormes difficultés à trouver les financements propices pour leurs affaires.

En janvier 2008, Henri Ngamaleu engage l’ouverture d’une petite et moyenne entreprise (Pme). L’entrepreneur, pour démarrer son affaire dispose d’un bâtiment au quartier Ndogpassi à Douala. Tout ce qui lui reste, c’est un financement de 50 millions Fcfa pour acheter des matériaux de construction afin de démarrer son activité. Après plus de trois entretiens avec quatre banques à Douala, le promoteur n’a pas réussi à obtenir un crédit. « Les banquiers m’ont dit la même chose. Ils ne veulent pas prendre des risques, car ils n’ont pas confiance à ce type de projet », raconte H. Ngamaleu. Découragé, il décide d’abandonner son projet.
Le cas de Henri Ngamaleu, n’est pas isolé. Au Cameroun, de nombreux jeunes entrepreneurs de Pme sont confrontés au quotidien à d’énormes problèmes de financement et d’accès au crédit. C’est que la Pme est snobée par les bailleurs de fonds, qui la jugent « peu rentable », fait remarquer Jean Marie Biada, animateur d’un séminaire atelier sur l’appui de partenariat jeune et féminin, tenu à Douala la semaine dernière. Dans les banques, l’un des principales sources de financement, les frais d’études du dossier du projet sont insupportables pour les promoteurs de Pme. Ils s’élèvent à environ un million de Fcfa, deux fois plus important que le chiffre d’affaire annuel des propriétaires de ces très petites structures. De plus, les conditions techniques de crédit ne sont plus remplies. La contribution du crédit bancaire dans le financement de l’investissement privé est faible (15% environ).

Discriminations des financiers
D’après, le centre de recherche d’étude et d’enquête par Sondage (Cretes), le besoin de financement des Pme est estimé à plus d’un milliard de Fcfa/an. Mais, les banques camerounaises, la plupart surliquides, n’arrivent pas à satisfaire cette demande. Le paysage bancaire au Cameroun est animé essentiellement par les banques commerciales qui n’ont pas a priori pour vocation de financer des projets à long terme. C’est pourquoi ces banques préfèrent accorder des prêts à court et moyen termes, remboursables en moins de cinq ans. Ce qui n’arrange pas les promoteurs d’affaires qui ont davantage besoin des prêts à long terme (au-delà de cinq ans), mieux adaptés au cycle de vie de leurs projets. Pourtant, « pour qu’une entreprise se développe, il faut des fonds à long et à moyen termes », explique Moune, professeur d’économie et d’organisation des entreprises.
Un engagement que les banques estiment trop risqué. Elles se disent échaudées par l’expérience du passé, lorsque la culture du non remboursement des prêts contractés par des Camerounais avait entraîné la faillite de plusieurs établissements de la place. Le cas de l’ex- Crédit agricole du Cameroun ou de la Scb crédit lyonnais sont souvent cités pour soutenir cette thèse. « C’est pas évident de donner ce type de crédit à une Pme. D’un, elles n’inspirent pas souvent confiance car certaines prennent des crédits et puis ils disparaissent. Parfois, les promoteurs n’ont même pas de garantie. Les banques, prennent toujours les dossiers des créateurs de Pme avec des pincettes », explique Etienne Djalé, employé à la Sgbc.
Pour éviter de retomber dans les mêmes pièges, les banquiers ont durci les conditions d’obtention des prêts au point qu’aujourd’hui, les réserves des banques sont bien au-delà des niveaux obligatoires, créant un déséquilibre entre les dépôts (1 500 milliards de F CFA et les crédits (1 000 milliards de Fcfa). Les conditions d’admission à la bourse d’Etat, la Douala Stock Exchange (Dsx) ne sont pas aisées. D’ailleurs, on enregistre uniquement deux entreprises côtées par cette bourse. Le Fond national de Garantie d’assistance aux petites et moyennes entreprises (Fogape) n’a pu satisfaire les besoins en financement des Pme. Une nouvelle structure, le Fonds du développement des Pme (Fondecam Pme) lancé en juin 2007 n’inspire plus confiance, « la première n’a rien fait, c’est la seconde qui va nous aider en quoi ?», s’indigne Christophe Kamga, promoteur de Pme au quartier Bali à Douala.

Comment créer une Pme ?

La création d’une petite et moyenne entreprise part d’un projet. Le projet doit être vendable, original, faisable et surtout il doit solutionner un besoin. Une fois cette étape passée, le promoteur doit effecteur un dépôt de son capital initial dans une banque qui lui octroie par la suite un reçu. L’entreprise étant une œuvre intellectuelle, il est important de déposer son projet auprès d’un notaire qui se charge de vérifier et d’assurer la protection du nom de la Pme auprès de l’Oapi à Yaoundé. Puis c’est au notaire de finaliser les statuts de l’entreprise et de l’enregistrer au registre du commerce et du crédit mobilier (Rccm). Le ministère des Finances se charge alors de délivrer au promoteur un titre de patente ou un impôt libératoire en fonction du chiffre d’affaires de l’entreprise et une carte de contribuable avant que le ministère du Commerce ne lui donne une déclaration d’existence. Quant au ministère de la Formation et de l’emploi, il délivre une déclaration d’ouverture qui vous permet de débuter votre activité en toute sécurité. Toutefois, la loi de finance 2008 portant création d’une Pme et patente exonère de la patente les Pme pour les années 2008 et 2009. C’est le cas également de la Tva pour tous les achats entrant dans la construction des hangars et d’autres immobilisations de la Pme en création.
 

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En janvier 2008, Henri Ngamaleu engage l’ouverture d’une petite et moyenne entreprise (Pme). L’entrepreneur, pour démarrer son affaire dispose d’un bâtiment au quartier Ndogpassi à Douala. Tout ce qui lui reste, c’est un financement de 50 millions Fcfa pour acheter des matériaux de construction afin de démarrer son activité. Après plus de trois entretiens avec quatre banques à Douala, le promoteur n’a pas réussi à obtenir un crédit. « Les banquiers m’ont dit la même chose. Ils ne veulent pas prendre des risques, car ils n’ont pas confiance à ce type de projet », raconte H. Ngamaleu. Découragé, il décide d’abandonner son projet.
Le cas de Henri Ngamaleu, n’est pas isolé. Au Cameroun, de nombreux jeunes entrepreneurs de Pme sont confrontés au quotidien à d’énormes problèmes de financement et d’accès au crédit. C’est que la Pme est snobée par les bailleurs de fonds, qui la jugent « peu rentable », fait remarquer Jean Marie Biada, animateur d’un séminaire atelier sur l’appui de partenariat jeune et féminin, tenu à Douala la semaine dernière. Dans les banques, l’un des principales sources de financement, les frais d’études du dossier du projet sont insupportables pour les promoteurs de Pme. Ils s’élèvent à environ un million de Fcfa, deux fois plus important que le chiffre d’affaire annuel des propriétaires de ces très petites structures. De plus, les conditions techniques de crédit ne sont plus remplies. La contribution du crédit bancaire dans le financement de l’investissement privé est faible (15% environ).

Discriminations des financiers
D’après, le centre de recherche d’étude et d’enquête par Sondage (Cretes), le besoin de financement des Pme est estimé à plus d’un milliard de Fcfa/an. Mais, les banques camerounaises, la plupart surliquides, n’arrivent pas à satisfaire cette demande. Le paysage bancaire au Cameroun est animé essentiellement par les banques commerciales qui n’ont pas a priori pour vocation de financer des projets à long terme. C’est pourquoi ces banques préfèrent accorder des prêts à court et moyen termes, remboursables en moins de cinq ans. Ce qui n’arrange pas les promoteurs d’affaires qui ont davantage besoin des prêts à long terme (au-delà de cinq ans), mieux adaptés au cycle de vie de leurs projets. Pourtant, « pour qu’une entreprise se développe, il faut des fonds à long et à moyen termes », explique Moune, professeur d’économie et d’organisation des entreprises.
Un engagement que les banques estiment trop risqué. Elles se disent échaudées par l’expérience du passé, lorsque la culture du non remboursement des prêts contractés par des Camerounais avait entraîné la faillite de plusieurs établissements de la place. Le cas de l’ex- Crédit agricole du Cameroun ou de la Scb crédit lyonnais sont souvent cités pour soutenir cette thèse. « C’est pas évident de donner ce type de crédit à une Pme. D’un, elles n’inspirent pas souvent confiance car certaines prennent des crédits et puis ils disparaissent. Parfois, les promoteurs n’ont même pas de garantie. Les banques, prennent toujours les dossiers des créateurs de Pme avec des pincettes », explique Etienne Djalé, employé à la Sgbc.
Pour éviter de retomber dans les mêmes pièges, les banquiers ont durci les conditions d’obtention des prêts au point qu’aujourd’hui, les réserves des banques sont bien au-delà des niveaux obligatoires, créant un déséquilibre entre les dépôts (1 500 milliards de F CFA et les crédits (1 000 milliards de Fcfa). Les conditions d’admission à la bourse d’Etat, la Douala Stock Exchange (Dsx) ne sont pas aisées. D’ailleurs, on enregistre uniquement deux entreprises côtées par cette bourse. Le Fond national de Garantie d’assistance aux petites et moyennes entreprises (Fogape) n’a pu satisfaire les besoins en financement des Pme. Une nouvelle structure, le Fonds du développement des Pme (Fondecam Pme) lancé en juin 2007 n’inspire plus confiance, « la première n’a rien fait, c’est la seconde qui va nous aider en quoi ?», s’indigne Christophe Kamga, promoteur de Pme au quartier Bali à Douala.

Comment créer une Pme ?

La création d’une petite et moyenne entreprise part d’un projet. Le projet doit être vendable, original, faisable et surtout il doit solutionner un besoin. Une fois cette étape passée, le promoteur doit effecteur un dépôt de son capital initial dans une banque qui lui octroie par la suite un reçu. L’entreprise étant une œuvre intellectuelle, il est important de déposer son projet auprès d’un notaire qui se charge de vérifier et d’assurer la protection du nom de la Pme auprès de l’Oapi à Yaoundé. Puis c’est au notaire de finaliser les statuts de l’entreprise et de l’enregistrer au registre du commerce et du crédit mobilier (Rccm). Le ministère des Finances se charge alors de délivrer au promoteur un titre de patente ou un impôt libératoire en fonction du chiffre d’affaires de l’entreprise et une carte de contribuable avant que le ministère du Commerce ne lui donne une déclaration d’existence. Quant au ministère de la Formation et de l’emploi, il délivre une déclaration d’ouverture qui vous permet de débuter votre activité en toute sécurité. Toutefois, la loi de finance 2008 portant création d’une Pme et patente exonère de la patente les Pme pour les années 2008 et 2009. C’est le cas également de la Tva pour tous les achats entrant dans la construction des hangars et d’autres immobilisations de la Pme en création.
 

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Le bilan de Sophie Renaud : «les prix n’ont pas eu d’orientation politique »

Le bilan de Sophie Renaud, directrice du département Afrique et Caraïbes en création à Culturesfrance. –

Quel était l’esprit général des septièmes rencontres chorégraphiques de l’Afrique et de l’Océan indien ?

Ça reste une plate-forme de découverte de jeunes talents. Une occasion, tous les deux ans, d’offrir une carte postale du paysage chorégraphique du continent africain. Il ne faut pas oublier que cette manifestation est construite autour des réponses qu’on obtient de l’appel à candidatures fait sur le continent, et qui mobilise plusieurs compagnies de plusieurs pays, et qui présentent leur spectacle pour ce concours. Ensuite, l’idée était aussi la rencontre de deux parties du continent africain qui ne se rencontrent pas tant que ça, à savoir le Maghreb et l’Afrique subsaharienne. Dans les éditions précédentes, le Maghreb était peu représenté. On a eu peu de compagnies qui ont postulé pour le concours les éditions précédentes. Ça a été le cas cette année.

Sur le palmarès, et notamment le prix Rfi, n’y a-t-il pas eu d’orientation géopolitique ?

Non. On n’a jamais donné un prix à un Malgache parce qu’on était à Madagascar. Je crois qu’il s’est agi d’un jury de professionnels et non de politiciens autour de la table. Et si on faisait de la géopolitique, on ne ferait pas forcément le choix de faire cette édition à Tunis. Et on ne ferait pas le choix de la co-organiser avec des opérateurs culturels du continent. Je crois que ça n’a rien à voir avec ça. Le spectacle proposé par Nejib Ben Kalfallah, c’est, sans doute un travail qui, au niveau de la danse, mérite d’être creusé. Mais, en terme de force d’espace de scénographie et de mise en scène, c’est une proposition forte, qui tranche avec beaucoup de choses qu’on a pu voir.

Croyez-vous qu’avec ce regroupement, l’espace de la danse contemporaine commence à être réellement occupé sur le continent ?

Je pense qu’on a plus que commencé. Si on n’avait pas occupé l’espace, on ne serait pas en mesure aujourd’hui de se dire qu’on fait « Danse l’Afrique danse ! » avec des opérateurs sur le continent africain. Je peux quasiment m’assurer, si je vais au bout de mon calendrier, dix autres éditions de « Danse l’Afrique danse ! », avec les partenaires en Afrique. Que ce soit à Bamako où aura lieu la prochaine édition, à Yaoundé pourquoi pas pour la suivante, au Mozambique, en Afrique du sud, au Kenya, etc. Il y a des opérateurs qui se sont structurés et qui sont capables de partager avec nous des manifestations comme celle-ci. C’est le signe du développement. 170 compagnies qui se considèrent comme des structures professionnelles ont postulé cette année, ce qui n’est pas rien. Depuis plusieurs éditions, les compagnies qui postulent, qu’elles soient lauréates ou non, retournent travailler. Et on les retrouve une nouvelle fois aux concours quand elles n’ont pas eu de prix, pour tenter de l’obtenir. C’est un milieu qui s’est professionnalisé.

  Alain Tchakounté

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