Crise financière internationale : le gouvernement en alerte
Le communiqué rendu public hier à l’issue du conseil de Cabinet.
«Le Premier ministre, chef du gouvernement, Son Excellence Inoni Ephraïm, a présidé ce lundi 27 octobre 2008, (hier) à partir de 14 h, dans l’immeuble abritant ses services, un important conseil de Cabinet auquel ont pris part, outre ses proches collaborateurs, les vice-Premiers ministres, le ministre d’Etat, ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, les ministres et les ministres délégués.
Trois thèmes étaient inscrits à l’ordre du jour, à savoir :
l’exposé du ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille sur « la politique gouvernementale de promotion de l’approche genre » ;
l’exposé du ministre des Finances sur « la crise financière internationale et ses répercussions sur l’économie camerounaise » ;
le compte rendu du ministre du Tourisme sur la « campagne d’assainissement du secteur hôtelier ».
Le ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille a noté que le genre constitue une priorité de l’agenda international, d’où sa consécration comme 3ème objectif du millénaire pour le développement. Au Cameroun, la promotion du genre a trouvé une réponse institutionnelle avec la création d’un ministère dédié depuis 1984 et la ratification de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes.
Le ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille a indiqué que l’intégration de l’approche genre dans de nombreuses politiques publiques exécutées au Cameroun est effective et doit être renforcée. A cet égard, la révision du DSRP ouvre des perspectives prometteuses, la nouvelle mouture ayant mieux pris en compte l’exigence de promotion de la femme. Le Ministre a achevé sa présentation par un plaidoyer en faveur de l’implication de tout le corps social dans la promotion du genre.
Au terme des échanges qui ont suivi cet exposé, le Premier ministre a prescrit au ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille, de veiller à l’application du dispositif législatif et réglementaire régissant les questions de genre dans notre pays, tout en poursuivant la sensibilisation des administrations et du grand public sur ce sujet.
Le chef du gouvernement a en outre demandé aux ministres chargés de la Planification et de l’Education de base, respectivement, d’accélérer la validation des aspects relatifs à la promotion de la femme et de la famille de la stratégie sectorielle de développement social et d’intensifier la lutte contre la sous-scolarisation des jeunes filles.
Tous les membres du gouvernement ont été instruits de prendre en compte l’approche genre dans la gestion de leurs départements ministériels, notamment en ce qui concerne les ressources humaines.
Introduisant le deuxième exposé, le ministre des Finances, après avoir situé les origines de la crise financière internationale actuelle, a souligné que ses conséquences sont déjà perceptibles dans les économies développées des continents américain, européen et asiatique, où s’observe déjà une contraction de la demande, y compris pour certains produits comme le pétrole et les métaux.
S’agissant spécifiquement des répercussions sur l’économie camerounaise, le ministre a indiqué qu’elles sont, à court terme, à la fois indirectes et très limitées. En effet, la solidité de notre secteur bancaire n’est pas menacée, en raison d’un contrôle étroit du respect des normes prudentielles par la COBAC. Cependant, à moyen et long terme, certains produits d’exportations, comme le bois et le pétrole, pourraient être affectés, entrainant une baisse de recettes budgétaires.
A l’issue des débats consécutifs à cette présentation, le ministre des Finances a été instruit de prendre en compte les évolutions récentes de l’environnement économique mondial dans la préparation, en cours, du budget pour l’exercice 2009 et de proposer des mesures éventuelles de soutien à l’activité économique ; d’analyser, en liaison avec le ministre chargé de l’Economie, les répercussions de la crise financière sur les projets d’investissement à réaliser dans notre pays, afin d’identifier les voies alternatives de financement.
Le Premier ministre a en outre demandé à tous les membres du gouvernement en général, et aux ministres chargés des Finances, de l’Economie et des Petites et Moyennes Entreprises en particulier, de mettre au point des mécanismes d’alerte précoce, afin de détecter en vue de leur résorption, dans le cadre d’une veille stratégique, les éventuels chocs exogènes sur les secteurs d’activités dont ils ont la charge.
La parole est enfin revenue au ministre du Tourisme, qui a rendu compte de la campagne d’assainissement du secteur hôtelier dont l’objectif est de réaligner les réceptifs et leurs prestations sur les standards de la concurrence internationale. Pour ce faire des inspections sont prévues sur l’ensemble des 347 établissements classés – sur les 1591 hôtels existants – pour une capacité de 12 246 chambres et 24 492 lits. Le bilan des 18 premiers mois de cette campagne affiche : 74 hôtels de 1 à 5 étoiles inspectés à Douala et Yaoundé ; 25 ont vu leur classement confirmé, tandis que 22 autres connaissaient un déclassement, 8 s’étant vus retirer l’agrément.
Au terme de ce rapport, le Premier ministre a prescrit au ministre du Tourisme la poursuite diligente de l’opération d’assainissement du secteur hôtelier et la relance, en liaison avec le ministre des Finances et le ministre chargé de l’Industrie, de l’élaboration du projet de code des investissements touristiques.
Le conseil s’est achevé sur l’examen de questions diverses ayant trait à l’activité gouvernementale.
La séance a été levée à 17h.»
Yaoundé, le 27octobre 2008
Le secrétaire général
des services du Premier ministre,
(é) Jules Doret NDONGO

