Les bénéficiaires de la mesure d’Ama Tutu Muna apprécient de la promesse ministérielle.
Justin Blaise Akono –

La ministre de la Culture (Mincult), Ama Tutu Muna a invité ses collaborateurs le 15 mai dernierà la salle des conférences commune (le ministère de la Culture et ministère de la Communication) pour leur annoncer une nouvelle : la mise en place d’une carte professionnelle biométrique. Et, surtout, présenter les avantages de ce document : "Dans le souci de contribuer à l’amélioration des performances de notre administration, l’usage des nouvelles technologies, offre un ensemble de possibilités en termes d’automatisation de certaines procédures, d’informatisation et de sécurisation de documents, et enfin d’identification des personnes", a déclaré Ama Tutu Muna.
Un discours destiné aux personnels temporaires et pigistes du Mincult. Notamment les artistes et personnels d’appui de l’ensemble national (ballet national, orchestre national, troupe de théâtre et des arts plastiques), du Musée national, des archives nationales, des délégations provinciales ainsi que ceux des services centraux. L’avantage le plus important, de l’avis même des temporaires est la couverture médicale. Il s’agit, selon le Mincult, des réductions des coûts de traitement ou d’hospitalisation dans les hôpitaux, des réductions sur le prix des médicaments auprès des pharmacies, des polices d’assurance et des facilités d’ouverture de compte bancaire.
Assurance
Le projet qu’Ama Tutu Muna a préparé pendant deux mois reste à être concrétisé. Car, les cartes biométriques donnant accès à certains avantages ne sont pas encore prêtes. Mais, les futurs bénéficiaires ont déjà commencé à jubiler. "Que Dieu ajoute 50 ans à la ministre de la Culture", a lancé Anne Marie Ndzié, chanteuse de l’orchestre national. "Elle pense bien aux artistes et cela me donne plus de force pour travailler davantage. Car, la santé est plus importante que tout", a-t-elle ajouté. Joie partagée par les danseurs Alex Dieudonné Atanga et Joseph Bayong pour qui, "on n’aura plus peur en cas d’accident ou de maladie". Pour Geneviève Bounya Epée, directrice artistique du théâtre national, "c’est une action fondamentale. La ministre a le souci de voir ses artistes moins démunis", a-t-elle souligné, notant au passage que neuf de ses collègues sont morts, "faute de soins". Parmi eux, Jérôme Bolo Mbede, Keki Manyo Elwige Nto Ngon à Zok, Angèle Menbenga, Jean Minguele.
Le responsable de l’assurance Axa, partenaire du Mincult dans l’opération promet d’assurer une couverture médicale annuelle de 2.000.000 Fcfa au maximum. Le Vih/ Sida est repertorié parmi les maladies. L’assureur compte également verse une contribution pour les obsèques des détenteurs des cartes professionnelles, en cas de décès. Dans la même lancée des discours laudateurs à l’endroit de la Mincult, Francis Kingué Endene Akwa, encadreur de l’orchestre national et coordonnateur de l’ensemble national estime que, "en tant que vieillard, cette carte me prend en charge à 100% si je tombe malade d’une part. d’autre part, je ne verse aucune cote part", se réjouit-il.
Biométrie
Effectivement, le ministère prend totalement en charge les temporaires et pigistes, pendant que les agents de l’Etat désireux de bénéficier de ces avantages doivent payer 32.500 Fcfa. Mais, Francis Kingué va au-delà des avantages personnels. "Comme la paie n’est pas régulière, on est au moins sûr d’être soigné. Et cela permettra à mes collaborateurs d’être ponctuels et présents au travail", se réjouit-il. Par conséquent, une guérite sera installée à l’entrée du centre culturel camerounais pour enregistrer les arrivées et départs des employés du personnel.
La carte professionnelle annoncée par le Mincult n’est pas une innovation. "Nous avions déjà des cartes d’artistes. Mais, on la retrouvait un peu partout", a confié Geneviève Bounya Epée, qui est au théâtre national depuis sa création le 13 avril 1976. Mais, à la seule différence que celle du 15 mai, une carte biométrique infalsifiable, assure la fiabilisation d’identification. "L’identification constitue la première étape permettant d’asseoir son appartenance à un groupe donné", a dit la Mincult. La carte biométrique, selon Ama Tutu Muna permettra la parfaite maîtrise des données qualitatives et quantitatives du personnel. Or, pour les artistes relevant du Mincult, certains problèmes restent entiers. Notamment les insuffisances infrastructurelles, logistiques et salariales.
Le statut de temporaire et pigiste au ministère de la Culture ne fait pas des envieux. Les salaires que les concernés disent être irréguliers oscillent entre 50.000 Fcfa et 70.000 Fcfa. Avant l’apurement de trois mois d’arriérés de salaires, selon certaines confidences, ces personnels avaient déjà accumulé cinq mois d’arriérés.