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Hommage : L’excellence artistique célébrée



Manu Dibango et Anne Marie Nzié, deux musiciens de qualité, ont ouvert le bal des récompenses alors que leurs collègues espèrent que le mouvement va s’étendre à d’autres disciplines.
Dorine Ekwè


En décembre 2007, la nouvelle est accueillie avec euphorie dans les milieux artistiques du Cameroun : un hommage national sera rendu à Manu Dibango, l’artiste camerounais le plus connu à l’étranger. Pour plusieurs, la célébration de la star dans son pays à l’occasion de ses 50 ans de carrière ne vise qu’un but : laver son image après son départ houleux de la Cameroon music corporation (Cmc) en 2005. Ainsi donc, du 17 au 22 décembre 2007, rencontres, spectacles, gala meublèrent la célébration de ce cinquantenaire riche en émotion et en images. Le clou de ces festivités fut les deux spectacles qu’il donna l’un le 21 décembre au palias des congrès, lautre le 22 décembre sur le site du Yaoundé en fête.
A cette occasion, il a partagé la scène avec des artistes du terroir. Pour les artistes camerounais, l’heure de la reconnaissance avait sonné. A cet effet, Paul Fouda, comédien membre du groupe Keguegue international confiait dans nos colonnes : " c’est une avancée significative dans le paysage culturel camerounais. Nous attendons ce genre d’évènement depuis de longues années et nous avions fini par ne plus y croire. On espère que le renouveau du paysage culturel, avec madame le ministre de la Culture, Ama Tutu Muna, a sonné. Il fallait bien commencé et on a commencé par Manu. Le choix n’est pas mauvais ". Euphorique, Bassek ba Kobhio, lançait : " […] Ce n’est pas seulement l’attente du grand frère et ami Manu Dibango qui me remplit de joie, c’est un de ces moments de reconnaissance de la grandeur d’un homme que je m’apprête à vivre à qui m’excite. […]".

Presqu’un an plus tard, c’est au tour de la " maman " de la musique camerounaise, Anne Marie Nzié, de recevoir l’hommage de la nation décidé par le président de la République. Une initiative qui est accueillie avec le même enthousiasme que lorsqu’il s’agissait de Manu. Lundi dernier, lors de la conférence de presse de lancement de ces activités, plusieurs artistes locaux tels Sam Fan Thomas, Ange Ebogo Emérant et autres Déesse Binta ont tenu à rendre hommage à leur maman qui leur a par ailleurs prodigué quelques conseils. Expositions, galas et spectacles sont annoncés tout au long de la semaine pour rendre hommage, de la plus belle des manières à la " maman " nationale. L’apothéose est annoncée pour le week-end avec un spectacle à l’esplanade du musée national ce vendredi. Au ministère de la Culture, on explique ces hommages par la seule envie de reconnaître le travail effectué par un artiste. C’est d’ailleurs le parcours de ce dernier qui est salué.

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Ces hommages nationaux interviennent après ceux qui ont reconnu en janvier 2001 Manu Dibango et Roger Milla en tant que figures emblématiques du siècle écoulé. Meilleurs ambassadeurs du Cameroun de tous les temps, en fait, puisque personne d’autre, de l’avis commun, n’a jamais porté aussi haut et aussi loin l’étendard du pays que ces deux-là. Doit-on s’arrêter à cela ? Non affirment, comme un seul homme, les artistes, tout bord confondu. Alors qu’en 2007, Paul Fouda précisait dans nos colonnes : " Seulement, je pense qu’au-delà des hommages, l’on doit s’intéresser aux problèmes de la culture camerounaise de façon générale. Il y a quelques années, on parlait des Etats généraux de la Culture.

Depuis on n’en parle plus alors que c’est au cours de ce genre de manifestations que l’on peut vraiment discuter et trouver des solutions aux problèmes que l’on rencontre". Pour Roméo Dika, chanteur et candidat au poste de président du conseil d’administration de la Socam en juin dernier, il ne fait pas de doutes : "ces initiatives sont à encourager dans le sens qu’un hommage est une reconnaissance que l’Etat et le peuple accordent à une personnalité de la culture. Seulement, ce qui me gêne dans l’organisation actuelle, c’est qu’on y met beaucoup d’argent alors que la récipiendaire en a besoin. On pourrait essayer d’ajuster ce côté des choses. Par ailleurs, il faut penser à ouvrir ces hommages et reconnaissances aux autres artistes d’autres disciplines artistiques car, il n’y a pas que la musique au Cameroun".

Des propos que corrobore Jean Claude Awono, président de la Ronde des poètes du Cameroun. Selon lui en effet : "Il est tout à fait normal que ces êtres exceptionnels soient célébrés pour tout ce qu’ils ont apporté au pays mais je trouve qu’on en fait trop pour un seul art. Depuis longtemps, nous n’avons pas connu la reconnaissance d’un homme de Lettres au Cameroun alors qu’il y a des personnes comme René Philombe, Mongo Beti et Jeanne Ngo Mayi qui est en train de mourir sans soutien alors qu’elle est malade. Il faut penser à diversifier les choses".
Leur aîné, Ambroise Mbia, organisateur des Rencontres théâtrales internationales du Cameroun (Retic) tient tout de même à remettre les choses à leur place : " reconnaître le travail qu’a fait quelqu’un. C’est une motivation supplémentaire que l’on leur donne pour qu’ils poursuivent le travail qu’ils font et qu’ils continuent de servir d’exemple. Pour le moment, il y en a eu deux et on ne peut contester ce casting. Le plus important c’est de savoir que ce sont des artistes qui sont récompensés par le ministère de la Culture. Il faut arrêter avec le sectarisme. Il n’est pas à encourager dans notre contexte".

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Manu Dibango et Anne Marie Nzié, deux musiciens de qualité, ont ouvert le bal des récompenses alors que leurs collègues espèrent que le mouvement va s’étendre à d’autres disciplines.
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En décembre 2007, la nouvelle est accueillie avec euphorie dans les milieux artistiques du Cameroun : un hommage national sera rendu à Manu Dibango, l’artiste camerounais le plus connu à l’étranger. Pour plusieurs, la célébration de la star dans son pays à l’occasion de ses 50 ans de carrière ne vise qu’un but : laver son image après son départ houleux de la Cameroon music corporation (Cmc) en 2005. Ainsi donc, du 17 au 22 décembre 2007, rencontres, spectacles, gala meublèrent la célébration de ce cinquantenaire riche en émotion et en images. Le clou de ces festivités fut les deux spectacles qu’il donna l’un le 21 décembre au palias des congrès, lautre le 22 décembre sur le site du Yaoundé en fête.
A cette occasion, il a partagé la scène avec des artistes du terroir. Pour les artistes camerounais, l’heure de la reconnaissance avait sonné. A cet effet, Paul Fouda, comédien membre du groupe Keguegue international confiait dans nos colonnes : " c’est une avancée significative dans le paysage culturel camerounais. Nous attendons ce genre d’évènement depuis de longues années et nous avions fini par ne plus y croire. On espère que le renouveau du paysage culturel, avec madame le ministre de la Culture, Ama Tutu Muna, a sonné. Il fallait bien commencé et on a commencé par Manu. Le choix n’est pas mauvais ". Euphorique, Bassek ba Kobhio, lançait : " […] Ce n’est pas seulement l’attente du grand frère et ami Manu Dibango qui me remplit de joie, c’est un de ces moments de reconnaissance de la grandeur d’un homme que je m’apprête à vivre à qui m’excite. […]".

Presqu’un an plus tard, c’est au tour de la " maman " de la musique camerounaise, Anne Marie Nzié, de recevoir l’hommage de la nation décidé par le président de la République. Une initiative qui est accueillie avec le même enthousiasme que lorsqu’il s’agissait de Manu. Lundi dernier, lors de la conférence de presse de lancement de ces activités, plusieurs artistes locaux tels Sam Fan Thomas, Ange Ebogo Emérant et autres Déesse Binta ont tenu à rendre hommage à leur maman qui leur a par ailleurs prodigué quelques conseils. Expositions, galas et spectacles sont annoncés tout au long de la semaine pour rendre hommage, de la plus belle des manières à la " maman " nationale. L’apothéose est annoncée pour le week-end avec un spectacle à l’esplanade du musée national ce vendredi. Au ministère de la Culture, on explique ces hommages par la seule envie de reconnaître le travail effectué par un artiste. C’est d’ailleurs le parcours de ce dernier qui est salué.

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Ces hommages nationaux interviennent après ceux qui ont reconnu en janvier 2001 Manu Dibango et Roger Milla en tant que figures emblématiques du siècle écoulé. Meilleurs ambassadeurs du Cameroun de tous les temps, en fait, puisque personne d’autre, de l’avis commun, n’a jamais porté aussi haut et aussi loin l’étendard du pays que ces deux-là. Doit-on s’arrêter à cela ? Non affirment, comme un seul homme, les artistes, tout bord confondu. Alors qu’en 2007, Paul Fouda précisait dans nos colonnes : " Seulement, je pense qu’au-delà des hommages, l’on doit s’intéresser aux problèmes de la culture camerounaise de façon générale. Il y a quelques années, on parlait des Etats généraux de la Culture.

Depuis on n’en parle plus alors que c’est au cours de ce genre de manifestations que l’on peut vraiment discuter et trouver des solutions aux problèmes que l’on rencontre". Pour Roméo Dika, chanteur et candidat au poste de président du conseil d’administration de la Socam en juin dernier, il ne fait pas de doutes : "ces initiatives sont à encourager dans le sens qu’un hommage est une reconnaissance que l’Etat et le peuple accordent à une personnalité de la culture. Seulement, ce qui me gêne dans l’organisation actuelle, c’est qu’on y met beaucoup d’argent alors que la récipiendaire en a besoin. On pourrait essayer d’ajuster ce côté des choses. Par ailleurs, il faut penser à ouvrir ces hommages et reconnaissances aux autres artistes d’autres disciplines artistiques car, il n’y a pas que la musique au Cameroun".

Des propos que corrobore Jean Claude Awono, président de la Ronde des poètes du Cameroun. Selon lui en effet : "Il est tout à fait normal que ces êtres exceptionnels soient célébrés pour tout ce qu’ils ont apporté au pays mais je trouve qu’on en fait trop pour un seul art. Depuis longtemps, nous n’avons pas connu la reconnaissance d’un homme de Lettres au Cameroun alors qu’il y a des personnes comme René Philombe, Mongo Beti et Jeanne Ngo Mayi qui est en train de mourir sans soutien alors qu’elle est malade. Il faut penser à diversifier les choses".
Leur aîné, Ambroise Mbia, organisateur des Rencontres théâtrales internationales du Cameroun (Retic) tient tout de même à remettre les choses à leur place : " reconnaître le travail qu’a fait quelqu’un. C’est une motivation supplémentaire que l’on leur donne pour qu’ils poursuivent le travail qu’ils font et qu’ils continuent de servir d’exemple. Pour le moment, il y en a eu deux et on ne peut contester ce casting. Le plus important c’est de savoir que ce sont des artistes qui sont récompensés par le ministère de la Culture. Il faut arrêter avec le sectarisme. Il n’est pas à encourager dans notre contexte".

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Manu Dibango et Anne Marie Nzié, deux musiciens de qualité, ont ouvert le bal des récompenses alors que leurs collègues espèrent que le mouvement va s’étendre à d’autres disciplines.
Dorine Ekwè


En décembre 2007, la nouvelle est accueillie avec euphorie dans les milieux artistiques du Cameroun : un hommage national sera rendu à Manu Dibango, l’artiste camerounais le plus connu à l’étranger. Pour plusieurs, la célébration de la star dans son pays à l’occasion de ses 50 ans de carrière ne vise qu’un but : laver son image après son départ houleux de la Cameroon music corporation (Cmc) en 2005. Ainsi donc, du 17 au 22 décembre 2007, rencontres, spectacles, gala meublèrent la célébration de ce cinquantenaire riche en émotion et en images. Le clou de ces festivités fut les deux spectacles qu’il donna l’un le 21 décembre au palias des congrès, lautre le 22 décembre sur le site du Yaoundé en fête.
A cette occasion, il a partagé la scène avec des artistes du terroir. Pour les artistes camerounais, l’heure de la reconnaissance avait sonné. A cet effet, Paul Fouda, comédien membre du groupe Keguegue international confiait dans nos colonnes : " c’est une avancée significative dans le paysage culturel camerounais. Nous attendons ce genre d’évènement depuis de longues années et nous avions fini par ne plus y croire. On espère que le renouveau du paysage culturel, avec madame le ministre de la Culture, Ama Tutu Muna, a sonné. Il fallait bien commencé et on a commencé par Manu. Le choix n’est pas mauvais ". Euphorique, Bassek ba Kobhio, lançait : " […] Ce n’est pas seulement l’attente du grand frère et ami Manu Dibango qui me remplit de joie, c’est un de ces moments de reconnaissance de la grandeur d’un homme que je m’apprête à vivre à qui m’excite. […]".

Presqu’un an plus tard, c’est au tour de la " maman " de la musique camerounaise, Anne Marie Nzié, de recevoir l’hommage de la nation décidé par le président de la République. Une initiative qui est accueillie avec le même enthousiasme que lorsqu’il s’agissait de Manu. Lundi dernier, lors de la conférence de presse de lancement de ces activités, plusieurs artistes locaux tels Sam Fan Thomas, Ange Ebogo Emérant et autres Déesse Binta ont tenu à rendre hommage à leur maman qui leur a par ailleurs prodigué quelques conseils. Expositions, galas et spectacles sont annoncés tout au long de la semaine pour rendre hommage, de la plus belle des manières à la " maman " nationale. L’apothéose est annoncée pour le week-end avec un spectacle à l’esplanade du musée national ce vendredi. Au ministère de la Culture, on explique ces hommages par la seule envie de reconnaître le travail effectué par un artiste. C’est d’ailleurs le parcours de ce dernier qui est salué.

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Ces hommages nationaux interviennent après ceux qui ont reconnu en janvier 2001 Manu Dibango et Roger Milla en tant que figures emblématiques du siècle écoulé. Meilleurs ambassadeurs du Cameroun de tous les temps, en fait, puisque personne d’autre, de l’avis commun, n’a jamais porté aussi haut et aussi loin l’étendard du pays que ces deux-là. Doit-on s’arrêter à cela ? Non affirment, comme un seul homme, les artistes, tout bord confondu. Alors qu’en 2007, Paul Fouda précisait dans nos colonnes : " Seulement, je pense qu’au-delà des hommages, l’on doit s’intéresser aux problèmes de la culture camerounaise de façon générale. Il y a quelques années, on parlait des Etats généraux de la Culture.

Depuis on n’en parle plus alors que c’est au cours de ce genre de manifestations que l’on peut vraiment discuter et trouver des solutions aux problèmes que l’on rencontre". Pour Roméo Dika, chanteur et candidat au poste de président du conseil d’administration de la Socam en juin dernier, il ne fait pas de doutes : "ces initiatives sont à encourager dans le sens qu’un hommage est une reconnaissance que l’Etat et le peuple accordent à une personnalité de la culture. Seulement, ce qui me gêne dans l’organisation actuelle, c’est qu’on y met beaucoup d’argent alors que la récipiendaire en a besoin. On pourrait essayer d’ajuster ce côté des choses. Par ailleurs, il faut penser à ouvrir ces hommages et reconnaissances aux autres artistes d’autres disciplines artistiques car, il n’y a pas que la musique au Cameroun".

Des propos que corrobore Jean Claude Awono, président de la Ronde des poètes du Cameroun. Selon lui en effet : "Il est tout à fait normal que ces êtres exceptionnels soient célébrés pour tout ce qu’ils ont apporté au pays mais je trouve qu’on en fait trop pour un seul art. Depuis longtemps, nous n’avons pas connu la reconnaissance d’un homme de Lettres au Cameroun alors qu’il y a des personnes comme René Philombe, Mongo Beti et Jeanne Ngo Mayi qui est en train de mourir sans soutien alors qu’elle est malade. Il faut penser à diversifier les choses".
Leur aîné, Ambroise Mbia, organisateur des Rencontres théâtrales internationales du Cameroun (Retic) tient tout de même à remettre les choses à leur place : " reconnaître le travail qu’a fait quelqu’un. C’est une motivation supplémentaire que l’on leur donne pour qu’ils poursuivent le travail qu’ils font et qu’ils continuent de servir d’exemple. Pour le moment, il y en a eu deux et on ne peut contester ce casting. Le plus important c’est de savoir que ce sont des artistes qui sont récompensés par le ministère de la Culture. Il faut arrêter avec le sectarisme. Il n’est pas à encourager dans notre contexte".

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Manu Dibango et Anne Marie Nzié, deux musiciens de qualité, ont ouvert le bal des récompenses alors que leurs collègues espèrent que le mouvement va s’étendre à d’autres disciplines.
Dorine Ekwè


En décembre 2007, la nouvelle est accueillie avec euphorie dans les milieux artistiques du Cameroun : un hommage national sera rendu à Manu Dibango, l’artiste camerounais le plus connu à l’étranger. Pour plusieurs, la célébration de la star dans son pays à l’occasion de ses 50 ans de carrière ne vise qu’un but : laver son image après son départ houleux de la Cameroon music corporation (Cmc) en 2005. Ainsi donc, du 17 au 22 décembre 2007, rencontres, spectacles, gala meublèrent la célébration de ce cinquantenaire riche en émotion et en images. Le clou de ces festivités fut les deux spectacles qu’il donna l’un le 21 décembre au palias des congrès, lautre le 22 décembre sur le site du Yaoundé en fête.
A cette occasion, il a partagé la scène avec des artistes du terroir. Pour les artistes camerounais, l’heure de la reconnaissance avait sonné. A cet effet, Paul Fouda, comédien membre du groupe Keguegue international confiait dans nos colonnes : " c’est une avancée significative dans le paysage culturel camerounais. Nous attendons ce genre d’évènement depuis de longues années et nous avions fini par ne plus y croire. On espère que le renouveau du paysage culturel, avec madame le ministre de la Culture, Ama Tutu Muna, a sonné. Il fallait bien commencé et on a commencé par Manu. Le choix n’est pas mauvais ". Euphorique, Bassek ba Kobhio, lançait : " […] Ce n’est pas seulement l’attente du grand frère et ami Manu Dibango qui me remplit de joie, c’est un de ces moments de reconnaissance de la grandeur d’un homme que je m’apprête à vivre à qui m’excite. […]".

Presqu’un an plus tard, c’est au tour de la " maman " de la musique camerounaise, Anne Marie Nzié, de recevoir l’hommage de la nation décidé par le président de la République. Une initiative qui est accueillie avec le même enthousiasme que lorsqu’il s’agissait de Manu. Lundi dernier, lors de la conférence de presse de lancement de ces activités, plusieurs artistes locaux tels Sam Fan Thomas, Ange Ebogo Emérant et autres Déesse Binta ont tenu à rendre hommage à leur maman qui leur a par ailleurs prodigué quelques conseils. Expositions, galas et spectacles sont annoncés tout au long de la semaine pour rendre hommage, de la plus belle des manières à la " maman " nationale. L’apothéose est annoncée pour le week-end avec un spectacle à l’esplanade du musée national ce vendredi. Au ministère de la Culture, on explique ces hommages par la seule envie de reconnaître le travail effectué par un artiste. C’est d’ailleurs le parcours de ce dernier qui est salué.

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Ces hommages nationaux interviennent après ceux qui ont reconnu en janvier 2001 Manu Dibango et Roger Milla en tant que figures emblématiques du siècle écoulé. Meilleurs ambassadeurs du Cameroun de tous les temps, en fait, puisque personne d’autre, de l’avis commun, n’a jamais porté aussi haut et aussi loin l’étendard du pays que ces deux-là. Doit-on s’arrêter à cela ? Non affirment, comme un seul homme, les artistes, tout bord confondu. Alors qu’en 2007, Paul Fouda précisait dans nos colonnes : " Seulement, je pense qu’au-delà des hommages, l’on doit s’intéresser aux problèmes de la culture camerounaise de façon générale. Il y a quelques années, on parlait des Etats généraux de la Culture.

Depuis on n’en parle plus alors que c’est au cours de ce genre de manifestations que l’on peut vraiment discuter et trouver des solutions aux problèmes que l’on rencontre". Pour Roméo Dika, chanteur et candidat au poste de président du conseil d’administration de la Socam en juin dernier, il ne fait pas de doutes : "ces initiatives sont à encourager dans le sens qu’un hommage est une reconnaissance que l’Etat et le peuple accordent à une personnalité de la culture. Seulement, ce qui me gêne dans l’organisation actuelle, c’est qu’on y met beaucoup d’argent alors que la récipiendaire en a besoin. On pourrait essayer d’ajuster ce côté des choses. Par ailleurs, il faut penser à ouvrir ces hommages et reconnaissances aux autres artistes d’autres disciplines artistiques car, il n’y a pas que la musique au Cameroun".

Des propos que corrobore Jean Claude Awono, président de la Ronde des poètes du Cameroun. Selon lui en effet : "Il est tout à fait normal que ces êtres exceptionnels soient célébrés pour tout ce qu’ils ont apporté au pays mais je trouve qu’on en fait trop pour un seul art. Depuis longtemps, nous n’avons pas connu la reconnaissance d’un homme de Lettres au Cameroun alors qu’il y a des personnes comme René Philombe, Mongo Beti et Jeanne Ngo Mayi qui est en train de mourir sans soutien alors qu’elle est malade. Il faut penser à diversifier les choses".
Leur aîné, Ambroise Mbia, organisateur des Rencontres théâtrales internationales du Cameroun (Retic) tient tout de même à remettre les choses à leur place : " reconnaître le travail qu’a fait quelqu’un. C’est une motivation supplémentaire que l’on leur donne pour qu’ils poursuivent le travail qu’ils font et qu’ils continuent de servir d’exemple. Pour le moment, il y en a eu deux et on ne peut contester ce casting. Le plus important c’est de savoir que ce sont des artistes qui sont récompensés par le ministère de la Culture. Il faut arrêter avec le sectarisme. Il n’est pas à encourager dans notre contexte".

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Angeline Solange Bonono : Je veux donner une chance aux jeunes filles

Directrice de l’atelier d’écriture organisé par le Goethe-Institut en vue d’inciter les jeunes filles à l’écriture elle en présente les axes.
Propos recueillis par D.E –




Pourquoi avoir opté pour un atelier essentiellement destiné aux jeunes femmes?
Parce que lorsqu’on regarde l’environnement littéraire, on se rend compte qu’il y a très peu de femmes. C’est pour combler ce manque et cette attente que j’ai pensé qu’il serait intéressant d’organiser cette résidence d’écriture aux nouvelles courtes destinée aux jeunes femmes. Ce projet me tient à cœur parce que moi-même j’ai été formée de cette façon là. Je suis passée par la ronde des poètes où j’ai fait des exercices et des techniques d’écriture de la poésie. Mais avant cela, je suis passée dans le moule de Séverin Cécile Abega. C’était dès la classe de seconde. Et ensuite, je suis directrice assistante d’atelier dans l’atelier de la Nolica de Pabe Mongo depuis 2002. Donc, je me suis faite dans ce moule et nous avons pensé avec la directrice du projet (Claudia Martinek) qu’il fallait former les jeunes filles pour permettre l’éclosion des talents. Donc pour moi, c’est comme si je tiens par la main la petite fille qui a été au fond de moi et qui a été entraînée. Je rétrocède ce que j’ai reçu.

Pourquoi avoir ciblé les jeunes filles de 18 à 22 ans ?
Pour ce qui est de l’âge, je pense qu’il était important d’intéresser la tranche d’âge la plus jeune à ces techniques. Je pense que, si une dame de soixante ans publie aujourd’hui, comparée à une jeune femme qui l’a déjà fait, elle est jeune auteure. Donc, ce n’est pas une question d’âge. Si on commence plus tôt, peut-être plus tard on aura une pépinière de talents.

En quoi consistera cet atelier qui se tiendra en octobre et septembre prochains ?
Il va consister en l’écriture de nouvelles. Des récits courts en général et la nouvelle en particulier. Il s’agira de leur montrer comment on peut structurer son imaginaire et de montrer comment le nourrir au départ. Pour nourrir son imaginaire par exemple, on peut s’intéresser à son environnement et fréquenter des auteurs vivants ou morts. Il y a également des techniques d’écriture que nous allons leur apprendre.

Pourquoi avoir choisi de travailler sur le thème de l’espace ?
Il n’y a pas de raisons particulières. Nous allons travailler sur différents thèmes et sur les constructions. Nous travaillerons de façon englobante autour de la construction des nouvelles.

Cet atelier a pour vocation de se tenir dans toutes les provinces du pays. Comment cela s’organisera-t-il ?
Dans un premier temps, je devrais former les formateurs qui se recrutent chez les écrivains, les professeurs de français entre autre. C’est dire qu’ils ont une base commune au départ. C’est par la suite que l’atelier en lui-même sera lancé et chaque formateur aura la charge de former les jeunes filles dans les différentes provinces.

Qu’attendez-vous à la fin de cet atelier?
J’attends de belles œuvres de bonne qualité. Surtout quand nous avons que les auteures des meilleures nouvelles seront alors invitées à participer à l’atelier final animé par l’écrivaine ivoirienne Véronique Tadjo au Goethe-Institut Yaoundé en novembre 2008.

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