Patrimoine : Le Mbam’art 2007 se prépare
Une assemblée générale s’est tenue samedi dernier à Bafia.
Jules Romuald Nkonlak –
La danse Bafia a quelque chose de spectaculaire. Des mouvements rapides, des contorsions du buste, des petits pas en avant, puis en arrière… Les danseurs qui la pratiquent ce samedi dans la cour de la "maison du parti" de Bafia sont jeune, mais s’y connaissent. Assez pour faire plaisir dans quelques mois, plus précisément en février 2007, aux visiteurs de la 5e édition du festival Mbam’art.
Cette danse est un des éléments caractéristique de la culture des peuples du Mbam. Ce couscous jaunâtre aussi, que deux jeunes gens dégustent avec un appétit visible dans un débit de boisson au marché central de Bafia. Les visiteurs du Mbam’art pourront également l’apprécier avec d’autres mets de la zone, lors de la journée qui sera consacrée à l’art culinaire pendant l’édition qui s’annonce.
Pour préparer justement cet événement qui vise à pérenniser la richesse culturelle des peuples des départements du Mbam et Kim et du Mbam et Inoubou, une assemblée générale s’est tenue samedi à Bafia, sous la présidence de Camille Mouté à Bidias, président du bureau exécutif de Mbam’art. On a notamment parlé des expositions, de la table ronde sur le thème "solidarité et développement", de l’excursion au mont Tiison, de l’élection de la Miss Mbam’art, bref des manifestation squi vont être proposées du 18 au 23 février 2007 à Bafia, mais également à Ntui.
Mais, les échanges ont aussi porté sur les activités de l’Ong Mbam’art, qui en dehors du festival, doit mener des actions concrètes de conservation du patrimoine culturel du Mbam : la mise en place de boutiques, de musées, de centres culturels, par exemple. Un comité a même été mis sur pied pour réfléchir à la question de savoir qui peut être patriarche dans le Mbam.
Un certain nombre de personnalité du Mbam ont assisté à cette assemblée générale. On y a vu Daniel Abwa, le doyen de la Faculté des arts, lettres et sciences humaines de l’université de Yaoundé 1, le patriarche Bisséné, l’ancien député Faustin Itoue à Wam, qui n’a pas manqué d’avoir une pensée pour un autre député, André Booto à Ngon, dont l’immunité parlementaire avait été levée un jour plus tôt.
L’absence de ce dernier, d’ailleurs, pourtant membre d’honneur de Mbam’art, s’est faite remarquer au cours de la réunion qui se tenait pourtant à quelques mètres seulement de son domicile au quartier résidentiel à Bafia. Mais au domicile également, pas de trace de l’ancien ministre des Finances. Il y règne un silence presque total. Une voiture rouge est garée est garée dans la cour. Un chien est allongé sur la véranda et deux enfants puisent de l’eau dans la cour.
Il y a deux femmes aussi, occupées dans la cuisine, qui nous apprennent que le maître des céans est allé dans ses plantations situées sur la route de Bafoussam, à une vingtaine de kilomètres de Bafia. Il ne sra là que le soir. Une information qu’un de ses proches nous avait déjà donnée à la sortie de l’assemblée générale du Mbam’art. Booto à Ngon était loin de là, mais présent dans les esprits et même certains propos. Loin de la musique et de la danse traditionnelle exécutée par un groupe à l’entrée de la salle. Loin de cette vieille salle à l’air abandonnée, sur le perron de laquelle on peut encore lire : vive l’Union nation nationale camerounaise.

