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Comment les tracteurs ont atterri chez les ministres


La majorité a été approchée par les cadres du Minader qui leur ont proposé l’affaire. L’objectif de ces derniers étant de consolider le copinage pour préserver leur place au sein du sérail.

Pour une des rares fois, une dénonciation de la société civile est prise au sérieux par l’Exécutif au Cameroun. La distribution des tracteurs et outils indiens aux pontes du régime Biya fait donc des vagues au sein du gouvernement. Révélée dans le cadre de la présentation des résultats des pratiques de corruption au Programme maïs du ministère de l’Agriculture et du développement rural (Minader), cette affaire des tracteurs devrait compléter le rapport de l’équipe d’enquêteurs formée par le président de la Commission nationale de lutte contre la corruption (Conac), Paul Tessa. On se rappelle que certains ministres ou anciens membres du gouvernement dont les noms figuraient sur la liste publiée en décembre dans la presse comme étant bénéficiaires avaient indiqué qu’ils n’avaient pas reçu de tracteurs. Par la suite, une autre liste a commencé à circuler, avec des modifications profondes.
Le vice-Premier ministre, ministre de la Justice garde des sceaux, Amadou Ali, dont le nom figurait parmi ceux ayant bénéficié du don indien qui devait en principe revenir aux producteurs agricoles, a vilipendé la presse le 16 janvier dernier lors de la cérémonie de présentation des vœux dans son ministère. Il s’est étonné de la manière dont les journalistes ont traité, entre autres affaires, celle relative au clientélisme ayant caractérisé la distribution de ces tracteurs et outils. Présenté comme un acte de corruption, “ l’acquisition ” du tracteur indien semble discréditer, aux yeux de certains, le travail que le président Biya lui a confié, à savoir traquer les corrupteurs et les mettre hors d’état de nuire.
Un peu fâché, Amadou Ali a affirmé que le tracteur lui a été proposé en tant que promoteur d’un groupement d’initiative commune (Gic) actif dans le nord-Cameroun. Il a indiqué que ledit tracteur est actuellement utilisé à des fins de production agricole et qu’il ne s’agit nullement d’un détournement. Cette sortie a aiguisé la curiosité des journalistes : comment les ministres et autres personnalités ont-ils reçu ces équipements et pour quoi faire au juste ?

Clientélisme à ciel ouvert
Selon nos sources, la société indienne Sonalika qui voudrait faire des affaires au Cameroun a proposé au Cameroun un business de montage et de vente des tracteurs pour booster l’agriculture. Pour ce faire, il fallait d’abord essayer les engins sur les sols du pays. Une gamme d’engins et autres outils ont alors été mis à la disposition du gouvernement qui devait se charger de leur transport et dédouanement. Les principaux destinataires devaient être des exploitants agricoles qui deviendraient de grands clients voire des prescripteurs au moment où l’usine de montage serait installée au Cameroun. Ces derniers devaient payer au Centre national d’études et d’expérimentation du machinisme agricole (Ceneema) où tout était stocké une somme de 3.500.000 Fcfa au titre de remboursement des frais engagés par le gouvernement. Mais dans la liste des bénéficiaires, on retrouve prioritairement les noms de plusieurs membres du gouvernement et pontes du régime. Que s’est-il donc passé ?
De sources concordantes, les machines et accessoires stockés au Ceneema ont fait l’objet de clientélisme. Les critères d’attribution n’ont pas été communiqués de telle sorte que tous les opérateurs agricoles aient l’information au même moment. De même, les critères de sélection n’ont pas été clairement indiqués. Dans ce cafouillage, des ministres et autres personnalités ont été approchés par la haute hiérarchie du ministère de l’Agriculture et du développement rural, alors dirigé par Clobert Tchatat – actuel ministre du Développement urbain et de l’habitat – pour leur proposer ces équipements. Leur objectif : donner l’impression d’accorder des libéralités à ceux qui occupent des positions de pouvoir pour préserver leurs postes. Certains ministres ont personnellement bénéficié de ces équipements, et d’autres les ont eus à travers les groupements d’initiative commune dont ils sont les promoteurs. C’est cette distorsion dans le processus de mise à disposition des tracteurs indiens qui a accouché de ce que l’opinion connaît aujourd’hui comme l’affaire de détournement de tracteurs indiens. En réalité, il est question d’un clientélisme organisé en premier par les responsables du Minader eux-mêmes pour conforter leurs positions en tissant davantage leurs réseaux dans le sérail.

Amadou Ali s’est-il noyé ?
Si Amadou Ali assure que le tracteur indien lui a été proposé, la correspondance du ministre Tctatat au délégué du Gic agricole Doub Tcharima le 19 septembre 2006 affirme que “ la commission de supervision de l’appui en matériels et équipements agricoles du Minader a retenu votre demande d’un tracteur agricole d’origine indienne ”. Le matériel acquis et, conformément aux accords, le Gic Doub Tcharima a mis M. Rata David, cultivateur, à la disposition du Ceneema pour recevoir une formation à leur utilisation. Une avance de 1 million de Fcfa a été versée au Ceneema le 08 janvier. Le même jour, les frais de formation de M. Rata s’élevant à 250.000 Fcfa ont été payés au Ceneema.
Le 30 janvier 2007, le Gic Doub Tcharima a donc obtenu un tracteur Sonalika, un cultivateur, une barre de coupe, un semoir, et une charrue bisoc. Le même jour, l’agence comptable du Ceneema a encaissé 2.500.000 Fcfa représentant le solde de l’acquisition du tracteur Sonalika avec les outils. C’est ainsi que l’autorisation de sortie a été établie par le directeur du Ceneema, Ernest Roland Ela Evina, et le matériel transporté de Yaoundé pour Garoua. Pour Amadou Ali, promoteur du Gic Doub Tcharima, tout s’est passé dans la transparence. Il a d’ailleurs reçu les félicitations du directeur du Ceneema. Du coup, l’homme que certains présentent comme “ monsieur le propre ” ne comprend pas que son nom figure dans la liste de ceux qui ont “ détourné ” les tracteurs indiens.
Mais la réalité semble simple. Même si on lui a proposé l’équipement, il est indexé comme ayant, à tout le moins, usé de sa position pour obtenir ce don. Le Gic dont il est le promoteur n’aurait donc pas compéti avec les mêmes chances que les autres. Il en est de même pour toutes les structures appartenant aux pontes du régime et ayant bénéficié des “ largesses ” des cadres du Minader. Seulement, à côté de ceux-là qui ont tout payé, formé des paysans et utilisent effectivement ces équipements pour développer l’agriculture, d’autres les ont tranquillement garés dans leurs domiciles. Il n’est d’ailleurs pas sûr qu’ils se soient totalement acquittés de leurs obligations au Ceneema. Ce qui choque profondément la société civile dont l’Acdic qui a dénoncé le clientélisme au Minader.
MS

Liste des bénéficiaires des tracteurs et équipements d’origine indienne (Sonalika)

I.Grandes élites
Palmeraie de Messebe (CE)
Ferme de Tokombere (EN)
Ferme Agro-pastorale
de Bangangté (OU)
Ferme de Balessing (OU)
Exploitations Agricoles du Fako (SW)
Exploitations de Rey Bouba (NO)
Exploitations Agricole du Sud (SU)

II. Moyennes et grandes exploitations GIC OP

Adamaoua
1. Hamadjoda Adjoudji
2. Ferme Agricole Sadol
3. Gic Agro-pastoral Bin Lessiri
4. Yaou remplacé par Aliou Moussa

Centre
1. Beleoken Jean Baptiste
2. Tonye Mbog Félix
3. Gic Agora
4. Gic Solidarité Nnem Mbog
5. Gic Espérance
6. Abogo Nkono Louis Marie
7. Gic Lions de Song Ntap
8. Essono Francis Lin
9. Luc Magloire Mbarga
10. Omega Farm de Ndanga
11. Gic Gicaf remplacé par Bila Jean
Est
1. Gic Fan (Essola Etoa Louis Roger)
2. (Giepeec)

Extrême-Nord
1. Dr Abouame
2. Bakari Robert
3. Gic Doub Tcharima

Littoral
1. Gic Samp Massock de Song Loulou
2. Nbale Goetche
3. Union des Gic Ugadfer

Nord
1. Gic Agri-Rey
2. El Hadji Biri Ousman F/Upp Faro
3. Bello Bouba Maïgari (Prélevé sur Ceneema)
4. Opcc – Gie remplacé par Col. Holong Etienne

Nord-Ouest
1. Westend Farm
2. Saleep s/c Neckmen Samson
3. Steven Njinya Ngwa
4. Nganso remplacé par Ngafesson

Ouest
1. Ferme Avicole Lamnda de Foumbot
2. Fucicfaes, Fédération des unions de Gic de Samchou
3. Gic Ato s/c Mme Tsemo Colette
4. Megwebe de Gaim
5. Gic Bacheo remplacé par Mme Komnang

Sud
1. Mebe Ngo’o Alain
2. Plantations de Kribi
3. Plantation de Meyila
4. Oyono Ferdinand
5. Gic Eko

Sud-Ouest
1. Paul Njie Meoto
2. Dion Ngute

III. Projets
Wassande (Adamaoua)
Ceneema (Centre)
Nlobesse (Sud)

IV. Minader
Tchatat Clobert
Ondoua Owono Jacob
Ela Evina Ernest Roland
Meili Oloume J.P.

Ceneema, 26 décembre 2008 

Par Marlyse SIBATCHEU
Le 29-01-2009

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Comment les tracteurs ont atterri chez les ministres


La majorité a été approchée par les cadres du Minader qui leur ont proposé l’affaire. L’objectif de ces derniers étant de consolider le copinage pour préserver leur place au sein du sérail.

Pour une des rares fois, une dénonciation de la société civile est prise au sérieux par l’Exécutif au Cameroun. La distribution des tracteurs et outils indiens aux pontes du régime Biya fait donc des vagues au sein du gouvernement. Révélée dans le cadre de la présentation des résultats des pratiques de corruption au Programme maïs du ministère de l’Agriculture et du développement rural (Minader), cette affaire des tracteurs devrait compléter le rapport de l’équipe d’enquêteurs formée par le président de la Commission nationale de lutte contre la corruption (Conac), Paul Tessa. On se rappelle que certains ministres ou anciens membres du gouvernement dont les noms figuraient sur la liste publiée en décembre dans la presse comme étant bénéficiaires avaient indiqué qu’ils n’avaient pas reçu de tracteurs. Par la suite, une autre liste a commencé à circuler, avec des modifications profondes.
Le vice-Premier ministre, ministre de la Justice garde des sceaux, Amadou Ali, dont le nom figurait parmi ceux ayant bénéficié du don indien qui devait en principe revenir aux producteurs agricoles, a vilipendé la presse le 16 janvier dernier lors de la cérémonie de présentation des vœux dans son ministère. Il s’est étonné de la manière dont les journalistes ont traité, entre autres affaires, celle relative au clientélisme ayant caractérisé la distribution de ces tracteurs et outils. Présenté comme un acte de corruption, “ l’acquisition ” du tracteur indien semble discréditer, aux yeux de certains, le travail que le président Biya lui a confié, à savoir traquer les corrupteurs et les mettre hors d’état de nuire.
Un peu fâché, Amadou Ali a affirmé que le tracteur lui a été proposé en tant que promoteur d’un groupement d’initiative commune (Gic) actif dans le nord-Cameroun. Il a indiqué que ledit tracteur est actuellement utilisé à des fins de production agricole et qu’il ne s’agit nullement d’un détournement. Cette sortie a aiguisé la curiosité des journalistes : comment les ministres et autres personnalités ont-ils reçu ces équipements et pour quoi faire au juste ?

Clientélisme à ciel ouvert
Selon nos sources, la société indienne Sonalika qui voudrait faire des affaires au Cameroun a proposé au Cameroun un business de montage et de vente des tracteurs pour booster l’agriculture. Pour ce faire, il fallait d’abord essayer les engins sur les sols du pays. Une gamme d’engins et autres outils ont alors été mis à la disposition du gouvernement qui devait se charger de leur transport et dédouanement. Les principaux destinataires devaient être des exploitants agricoles qui deviendraient de grands clients voire des prescripteurs au moment où l’usine de montage serait installée au Cameroun. Ces derniers devaient payer au Centre national d’études et d’expérimentation du machinisme agricole (Ceneema) où tout était stocké une somme de 3.500.000 Fcfa au titre de remboursement des frais engagés par le gouvernement. Mais dans la liste des bénéficiaires, on retrouve prioritairement les noms de plusieurs membres du gouvernement et pontes du régime. Que s’est-il donc passé ?
De sources concordantes, les machines et accessoires stockés au Ceneema ont fait l’objet de clientélisme. Les critères d’attribution n’ont pas été communiqués de telle sorte que tous les opérateurs agricoles aient l’information au même moment. De même, les critères de sélection n’ont pas été clairement indiqués. Dans ce cafouillage, des ministres et autres personnalités ont été approchés par la haute hiérarchie du ministère de l’Agriculture et du développement rural, alors dirigé par Clobert Tchatat – actuel ministre du Développement urbain et de l’habitat – pour leur proposer ces équipements. Leur objectif : donner l’impression d’accorder des libéralités à ceux qui occupent des positions de pouvoir pour préserver leurs postes. Certains ministres ont personnellement bénéficié de ces équipements, et d’autres les ont eus à travers les groupements d’initiative commune dont ils sont les promoteurs. C’est cette distorsion dans le processus de mise à disposition des tracteurs indiens qui a accouché de ce que l’opinion connaît aujourd’hui comme l’affaire de détournement de tracteurs indiens. En réalité, il est question d’un clientélisme organisé en premier par les responsables du Minader eux-mêmes pour conforter leurs positions en tissant davantage leurs réseaux dans le sérail.

Amadou Ali s’est-il noyé ?
Si Amadou Ali assure que le tracteur indien lui a été proposé, la correspondance du ministre Tctatat au délégué du Gic agricole Doub Tcharima le 19 septembre 2006 affirme que “ la commission de supervision de l’appui en matériels et équipements agricoles du Minader a retenu votre demande d’un tracteur agricole d’origine indienne ”. Le matériel acquis et, conformément aux accords, le Gic Doub Tcharima a mis M. Rata David, cultivateur, à la disposition du Ceneema pour recevoir une formation à leur utilisation. Une avance de 1 million de Fcfa a été versée au Ceneema le 08 janvier. Le même jour, les frais de formation de M. Rata s’élevant à 250.000 Fcfa ont été payés au Ceneema.
Le 30 janvier 2007, le Gic Doub Tcharima a donc obtenu un tracteur Sonalika, un cultivateur, une barre de coupe, un semoir, et une charrue bisoc. Le même jour, l’agence comptable du Ceneema a encaissé 2.500.000 Fcfa représentant le solde de l’acquisition du tracteur Sonalika avec les outils. C’est ainsi que l’autorisation de sortie a été établie par le directeur du Ceneema, Ernest Roland Ela Evina, et le matériel transporté de Yaoundé pour Garoua. Pour Amadou Ali, promoteur du Gic Doub Tcharima, tout s’est passé dans la transparence. Il a d’ailleurs reçu les félicitations du directeur du Ceneema. Du coup, l’homme que certains présentent comme “ monsieur le propre ” ne comprend pas que son nom figure dans la liste de ceux qui ont “ détourné ” les tracteurs indiens.
Mais la réalité semble simple. Même si on lui a proposé l’équipement, il est indexé comme ayant, à tout le moins, usé de sa position pour obtenir ce don. Le Gic dont il est le promoteur n’aurait donc pas compéti avec les mêmes chances que les autres. Il en est de même pour toutes les structures appartenant aux pontes du régime et ayant bénéficié des “ largesses ” des cadres du Minader. Seulement, à côté de ceux-là qui ont tout payé, formé des paysans et utilisent effectivement ces équipements pour développer l’agriculture, d’autres les ont tranquillement garés dans leurs domiciles. Il n’est d’ailleurs pas sûr qu’ils se soient totalement acquittés de leurs obligations au Ceneema. Ce qui choque profondément la société civile dont l’Acdic qui a dénoncé le clientélisme au Minader.
MS

Liste des bénéficiaires des tracteurs et équipements d’origine indienne (Sonalika)

I.Grandes élites
Palmeraie de Messebe (CE)
Ferme de Tokombere (EN)
Ferme Agro-pastorale
de Bangangté (OU)
Ferme de Balessing (OU)
Exploitations Agricoles du Fako (SW)
Exploitations de Rey Bouba (NO)
Exploitations Agricole du Sud (SU)

II. Moyennes et grandes exploitations GIC OP

Adamaoua
1. Hamadjoda Adjoudji
2. Ferme Agricole Sadol
3. Gic Agro-pastoral Bin Lessiri
4. Yaou remplacé par Aliou Moussa

Centre
1. Beleoken Jean Baptiste
2. Tonye Mbog Félix
3. Gic Agora
4. Gic Solidarité Nnem Mbog
5. Gic Espérance
6. Abogo Nkono Louis Marie
7. Gic Lions de Song Ntap
8. Essono Francis Lin
9. Luc Magloire Mbarga
10. Omega Farm de Ndanga
11. Gic Gicaf remplacé par Bila Jean
Est
1. Gic Fan (Essola Etoa Louis Roger)
2. (Giepeec)

Extrême-Nord
1. Dr Abouame
2. Bakari Robert
3. Gic Doub Tcharima

Littoral
1. Gic Samp Massock de Song Loulou
2. Nbale Goetche
3. Union des Gic Ugadfer

Nord
1. Gic Agri-Rey
2. El Hadji Biri Ousman F/Upp Faro
3. Bello Bouba Maïgari (Prélevé sur Ceneema)
4. Opcc – Gie remplacé par Col. Holong Etienne

Nord-Ouest
1. Westend Farm
2. Saleep s/c Neckmen Samson
3. Steven Njinya Ngwa
4. Nganso remplacé par Ngafesson

Ouest
1. Ferme Avicole Lamnda de Foumbot
2. Fucicfaes, Fédération des unions de Gic de Samchou
3. Gic Ato s/c Mme Tsemo Colette
4. Megwebe de Gaim
5. Gic Bacheo remplacé par Mme Komnang

Sud
1. Mebe Ngo’o Alain
2. Plantations de Kribi
3. Plantation de Meyila
4. Oyono Ferdinand
5. Gic Eko

Sud-Ouest
1. Paul Njie Meoto
2. Dion Ngute

III. Projets
Wassande (Adamaoua)
Ceneema (Centre)
Nlobesse (Sud)

IV. Minader
Tchatat Clobert
Ondoua Owono Jacob
Ela Evina Ernest Roland
Meili Oloume J.P.

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Par Marlyse SIBATCHEU
Le 29-01-2009

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Comment les tracteurs ont atterri chez les ministres


La majorité a été approchée par les cadres du Minader qui leur ont proposé l’affaire. L’objectif de ces derniers étant de consolider le copinage pour préserver leur place au sein du sérail.

Pour une des rares fois, une dénonciation de la société civile est prise au sérieux par l’Exécutif au Cameroun. La distribution des tracteurs et outils indiens aux pontes du régime Biya fait donc des vagues au sein du gouvernement. Révélée dans le cadre de la présentation des résultats des pratiques de corruption au Programme maïs du ministère de l’Agriculture et du développement rural (Minader), cette affaire des tracteurs devrait compléter le rapport de l’équipe d’enquêteurs formée par le président de la Commission nationale de lutte contre la corruption (Conac), Paul Tessa. On se rappelle que certains ministres ou anciens membres du gouvernement dont les noms figuraient sur la liste publiée en décembre dans la presse comme étant bénéficiaires avaient indiqué qu’ils n’avaient pas reçu de tracteurs. Par la suite, une autre liste a commencé à circuler, avec des modifications profondes.
Le vice-Premier ministre, ministre de la Justice garde des sceaux, Amadou Ali, dont le nom figurait parmi ceux ayant bénéficié du don indien qui devait en principe revenir aux producteurs agricoles, a vilipendé la presse le 16 janvier dernier lors de la cérémonie de présentation des vœux dans son ministère. Il s’est étonné de la manière dont les journalistes ont traité, entre autres affaires, celle relative au clientélisme ayant caractérisé la distribution de ces tracteurs et outils. Présenté comme un acte de corruption, “ l’acquisition ” du tracteur indien semble discréditer, aux yeux de certains, le travail que le président Biya lui a confié, à savoir traquer les corrupteurs et les mettre hors d’état de nuire.
Un peu fâché, Amadou Ali a affirmé que le tracteur lui a été proposé en tant que promoteur d’un groupement d’initiative commune (Gic) actif dans le nord-Cameroun. Il a indiqué que ledit tracteur est actuellement utilisé à des fins de production agricole et qu’il ne s’agit nullement d’un détournement. Cette sortie a aiguisé la curiosité des journalistes : comment les ministres et autres personnalités ont-ils reçu ces équipements et pour quoi faire au juste ?

Clientélisme à ciel ouvert
Selon nos sources, la société indienne Sonalika qui voudrait faire des affaires au Cameroun a proposé au Cameroun un business de montage et de vente des tracteurs pour booster l’agriculture. Pour ce faire, il fallait d’abord essayer les engins sur les sols du pays. Une gamme d’engins et autres outils ont alors été mis à la disposition du gouvernement qui devait se charger de leur transport et dédouanement. Les principaux destinataires devaient être des exploitants agricoles qui deviendraient de grands clients voire des prescripteurs au moment où l’usine de montage serait installée au Cameroun. Ces derniers devaient payer au Centre national d’études et d’expérimentation du machinisme agricole (Ceneema) où tout était stocké une somme de 3.500.000 Fcfa au titre de remboursement des frais engagés par le gouvernement. Mais dans la liste des bénéficiaires, on retrouve prioritairement les noms de plusieurs membres du gouvernement et pontes du régime. Que s’est-il donc passé ?
De sources concordantes, les machines et accessoires stockés au Ceneema ont fait l’objet de clientélisme. Les critères d’attribution n’ont pas été communiqués de telle sorte que tous les opérateurs agricoles aient l’information au même moment. De même, les critères de sélection n’ont pas été clairement indiqués. Dans ce cafouillage, des ministres et autres personnalités ont été approchés par la haute hiérarchie du ministère de l’Agriculture et du développement rural, alors dirigé par Clobert Tchatat – actuel ministre du Développement urbain et de l’habitat – pour leur proposer ces équipements. Leur objectif : donner l’impression d’accorder des libéralités à ceux qui occupent des positions de pouvoir pour préserver leurs postes. Certains ministres ont personnellement bénéficié de ces équipements, et d’autres les ont eus à travers les groupements d’initiative commune dont ils sont les promoteurs. C’est cette distorsion dans le processus de mise à disposition des tracteurs indiens qui a accouché de ce que l’opinion connaît aujourd’hui comme l’affaire de détournement de tracteurs indiens. En réalité, il est question d’un clientélisme organisé en premier par les responsables du Minader eux-mêmes pour conforter leurs positions en tissant davantage leurs réseaux dans le sérail.

Amadou Ali s’est-il noyé ?
Si Amadou Ali assure que le tracteur indien lui a été proposé, la correspondance du ministre Tctatat au délégué du Gic agricole Doub Tcharima le 19 septembre 2006 affirme que “ la commission de supervision de l’appui en matériels et équipements agricoles du Minader a retenu votre demande d’un tracteur agricole d’origine indienne ”. Le matériel acquis et, conformément aux accords, le Gic Doub Tcharima a mis M. Rata David, cultivateur, à la disposition du Ceneema pour recevoir une formation à leur utilisation. Une avance de 1 million de Fcfa a été versée au Ceneema le 08 janvier. Le même jour, les frais de formation de M. Rata s’élevant à 250.000 Fcfa ont été payés au Ceneema.
Le 30 janvier 2007, le Gic Doub Tcharima a donc obtenu un tracteur Sonalika, un cultivateur, une barre de coupe, un semoir, et une charrue bisoc. Le même jour, l’agence comptable du Ceneema a encaissé 2.500.000 Fcfa représentant le solde de l’acquisition du tracteur Sonalika avec les outils. C’est ainsi que l’autorisation de sortie a été établie par le directeur du Ceneema, Ernest Roland Ela Evina, et le matériel transporté de Yaoundé pour Garoua. Pour Amadou Ali, promoteur du Gic Doub Tcharima, tout s’est passé dans la transparence. Il a d’ailleurs reçu les félicitations du directeur du Ceneema. Du coup, l’homme que certains présentent comme “ monsieur le propre ” ne comprend pas que son nom figure dans la liste de ceux qui ont “ détourné ” les tracteurs indiens.
Mais la réalité semble simple. Même si on lui a proposé l’équipement, il est indexé comme ayant, à tout le moins, usé de sa position pour obtenir ce don. Le Gic dont il est le promoteur n’aurait donc pas compéti avec les mêmes chances que les autres. Il en est de même pour toutes les structures appartenant aux pontes du régime et ayant bénéficié des “ largesses ” des cadres du Minader. Seulement, à côté de ceux-là qui ont tout payé, formé des paysans et utilisent effectivement ces équipements pour développer l’agriculture, d’autres les ont tranquillement garés dans leurs domiciles. Il n’est d’ailleurs pas sûr qu’ils se soient totalement acquittés de leurs obligations au Ceneema. Ce qui choque profondément la société civile dont l’Acdic qui a dénoncé le clientélisme au Minader.
MS

Liste des bénéficiaires des tracteurs et équipements d’origine indienne (Sonalika)

I.Grandes élites
Palmeraie de Messebe (CE)
Ferme de Tokombere (EN)
Ferme Agro-pastorale
de Bangangté (OU)
Ferme de Balessing (OU)
Exploitations Agricoles du Fako (SW)
Exploitations de Rey Bouba (NO)
Exploitations Agricole du Sud (SU)

II. Moyennes et grandes exploitations GIC OP

Adamaoua
1. Hamadjoda Adjoudji
2. Ferme Agricole Sadol
3. Gic Agro-pastoral Bin Lessiri
4. Yaou remplacé par Aliou Moussa

Centre
1. Beleoken Jean Baptiste
2. Tonye Mbog Félix
3. Gic Agora
4. Gic Solidarité Nnem Mbog
5. Gic Espérance
6. Abogo Nkono Louis Marie
7. Gic Lions de Song Ntap
8. Essono Francis Lin
9. Luc Magloire Mbarga
10. Omega Farm de Ndanga
11. Gic Gicaf remplacé par Bila Jean
Est
1. Gic Fan (Essola Etoa Louis Roger)
2. (Giepeec)

Extrême-Nord
1. Dr Abouame
2. Bakari Robert
3. Gic Doub Tcharima

Littoral
1. Gic Samp Massock de Song Loulou
2. Nbale Goetche
3. Union des Gic Ugadfer

Nord
1. Gic Agri-Rey
2. El Hadji Biri Ousman F/Upp Faro
3. Bello Bouba Maïgari (Prélevé sur Ceneema)
4. Opcc – Gie remplacé par Col. Holong Etienne

Nord-Ouest
1. Westend Farm
2. Saleep s/c Neckmen Samson
3. Steven Njinya Ngwa
4. Nganso remplacé par Ngafesson

Ouest
1. Ferme Avicole Lamnda de Foumbot
2. Fucicfaes, Fédération des unions de Gic de Samchou
3. Gic Ato s/c Mme Tsemo Colette
4. Megwebe de Gaim
5. Gic Bacheo remplacé par Mme Komnang

Sud
1. Mebe Ngo’o Alain
2. Plantations de Kribi
3. Plantation de Meyila
4. Oyono Ferdinand
5. Gic Eko

Sud-Ouest
1. Paul Njie Meoto
2. Dion Ngute

III. Projets
Wassande (Adamaoua)
Ceneema (Centre)
Nlobesse (Sud)

IV. Minader
Tchatat Clobert
Ondoua Owono Jacob
Ela Evina Ernest Roland
Meili Oloume J.P.

Ceneema, 26 décembre 2008 

Par Marlyse SIBATCHEU
Le 29-01-2009

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Comment les tracteurs ont atterri chez les ministres


La majorité a été approchée par les cadres du Minader qui leur ont proposé l’affaire. L’objectif de ces derniers étant de consolider le copinage pour préserver leur place au sein du sérail.

Pour une des rares fois, une dénonciation de la société civile est prise au sérieux par l’Exécutif au Cameroun. La distribution des tracteurs et outils indiens aux pontes du régime Biya fait donc des vagues au sein du gouvernement. Révélée dans le cadre de la présentation des résultats des pratiques de corruption au Programme maïs du ministère de l’Agriculture et du développement rural (Minader), cette affaire des tracteurs devrait compléter le rapport de l’équipe d’enquêteurs formée par le président de la Commission nationale de lutte contre la corruption (Conac), Paul Tessa. On se rappelle que certains ministres ou anciens membres du gouvernement dont les noms figuraient sur la liste publiée en décembre dans la presse comme étant bénéficiaires avaient indiqué qu’ils n’avaient pas reçu de tracteurs. Par la suite, une autre liste a commencé à circuler, avec des modifications profondes.
Le vice-Premier ministre, ministre de la Justice garde des sceaux, Amadou Ali, dont le nom figurait parmi ceux ayant bénéficié du don indien qui devait en principe revenir aux producteurs agricoles, a vilipendé la presse le 16 janvier dernier lors de la cérémonie de présentation des vœux dans son ministère. Il s’est étonné de la manière dont les journalistes ont traité, entre autres affaires, celle relative au clientélisme ayant caractérisé la distribution de ces tracteurs et outils. Présenté comme un acte de corruption, “ l’acquisition ” du tracteur indien semble discréditer, aux yeux de certains, le travail que le président Biya lui a confié, à savoir traquer les corrupteurs et les mettre hors d’état de nuire.
Un peu fâché, Amadou Ali a affirmé que le tracteur lui a été proposé en tant que promoteur d’un groupement d’initiative commune (Gic) actif dans le nord-Cameroun. Il a indiqué que ledit tracteur est actuellement utilisé à des fins de production agricole et qu’il ne s’agit nullement d’un détournement. Cette sortie a aiguisé la curiosité des journalistes : comment les ministres et autres personnalités ont-ils reçu ces équipements et pour quoi faire au juste ?

Clientélisme à ciel ouvert
Selon nos sources, la société indienne Sonalika qui voudrait faire des affaires au Cameroun a proposé au Cameroun un business de montage et de vente des tracteurs pour booster l’agriculture. Pour ce faire, il fallait d’abord essayer les engins sur les sols du pays. Une gamme d’engins et autres outils ont alors été mis à la disposition du gouvernement qui devait se charger de leur transport et dédouanement. Les principaux destinataires devaient être des exploitants agricoles qui deviendraient de grands clients voire des prescripteurs au moment où l’usine de montage serait installée au Cameroun. Ces derniers devaient payer au Centre national d’études et d’expérimentation du machinisme agricole (Ceneema) où tout était stocké une somme de 3.500.000 Fcfa au titre de remboursement des frais engagés par le gouvernement. Mais dans la liste des bénéficiaires, on retrouve prioritairement les noms de plusieurs membres du gouvernement et pontes du régime. Que s’est-il donc passé ?
De sources concordantes, les machines et accessoires stockés au Ceneema ont fait l’objet de clientélisme. Les critères d’attribution n’ont pas été communiqués de telle sorte que tous les opérateurs agricoles aient l’information au même moment. De même, les critères de sélection n’ont pas été clairement indiqués. Dans ce cafouillage, des ministres et autres personnalités ont été approchés par la haute hiérarchie du ministère de l’Agriculture et du développement rural, alors dirigé par Clobert Tchatat – actuel ministre du Développement urbain et de l’habitat – pour leur proposer ces équipements. Leur objectif : donner l’impression d’accorder des libéralités à ceux qui occupent des positions de pouvoir pour préserver leurs postes. Certains ministres ont personnellement bénéficié de ces équipements, et d’autres les ont eus à travers les groupements d’initiative commune dont ils sont les promoteurs. C’est cette distorsion dans le processus de mise à disposition des tracteurs indiens qui a accouché de ce que l’opinion connaît aujourd’hui comme l’affaire de détournement de tracteurs indiens. En réalité, il est question d’un clientélisme organisé en premier par les responsables du Minader eux-mêmes pour conforter leurs positions en tissant davantage leurs réseaux dans le sérail.

Amadou Ali s’est-il noyé ?
Si Amadou Ali assure que le tracteur indien lui a été proposé, la correspondance du ministre Tctatat au délégué du Gic agricole Doub Tcharima le 19 septembre 2006 affirme que “ la commission de supervision de l’appui en matériels et équipements agricoles du Minader a retenu votre demande d’un tracteur agricole d’origine indienne ”. Le matériel acquis et, conformément aux accords, le Gic Doub Tcharima a mis M. Rata David, cultivateur, à la disposition du Ceneema pour recevoir une formation à leur utilisation. Une avance de 1 million de Fcfa a été versée au Ceneema le 08 janvier. Le même jour, les frais de formation de M. Rata s’élevant à 250.000 Fcfa ont été payés au Ceneema.
Le 30 janvier 2007, le Gic Doub Tcharima a donc obtenu un tracteur Sonalika, un cultivateur, une barre de coupe, un semoir, et une charrue bisoc. Le même jour, l’agence comptable du Ceneema a encaissé 2.500.000 Fcfa représentant le solde de l’acquisition du tracteur Sonalika avec les outils. C’est ainsi que l’autorisation de sortie a été établie par le directeur du Ceneema, Ernest Roland Ela Evina, et le matériel transporté de Yaoundé pour Garoua. Pour Amadou Ali, promoteur du Gic Doub Tcharima, tout s’est passé dans la transparence. Il a d’ailleurs reçu les félicitations du directeur du Ceneema. Du coup, l’homme que certains présentent comme “ monsieur le propre ” ne comprend pas que son nom figure dans la liste de ceux qui ont “ détourné ” les tracteurs indiens.
Mais la réalité semble simple. Même si on lui a proposé l’équipement, il est indexé comme ayant, à tout le moins, usé de sa position pour obtenir ce don. Le Gic dont il est le promoteur n’aurait donc pas compéti avec les mêmes chances que les autres. Il en est de même pour toutes les structures appartenant aux pontes du régime et ayant bénéficié des “ largesses ” des cadres du Minader. Seulement, à côté de ceux-là qui ont tout payé, formé des paysans et utilisent effectivement ces équipements pour développer l’agriculture, d’autres les ont tranquillement garés dans leurs domiciles. Il n’est d’ailleurs pas sûr qu’ils se soient totalement acquittés de leurs obligations au Ceneema. Ce qui choque profondément la société civile dont l’Acdic qui a dénoncé le clientélisme au Minader.
MS

Liste des bénéficiaires des tracteurs et équipements d’origine indienne (Sonalika)

I.Grandes élites
Palmeraie de Messebe (CE)
Ferme de Tokombere (EN)
Ferme Agro-pastorale
de Bangangté (OU)
Ferme de Balessing (OU)
Exploitations Agricoles du Fako (SW)
Exploitations de Rey Bouba (NO)
Exploitations Agricole du Sud (SU)

II. Moyennes et grandes exploitations GIC OP

Adamaoua
1. Hamadjoda Adjoudji
2. Ferme Agricole Sadol
3. Gic Agro-pastoral Bin Lessiri
4. Yaou remplacé par Aliou Moussa

Centre
1. Beleoken Jean Baptiste
2. Tonye Mbog Félix
3. Gic Agora
4. Gic Solidarité Nnem Mbog
5. Gic Espérance
6. Abogo Nkono Louis Marie
7. Gic Lions de Song Ntap
8. Essono Francis Lin
9. Luc Magloire Mbarga
10. Omega Farm de Ndanga
11. Gic Gicaf remplacé par Bila Jean
Est
1. Gic Fan (Essola Etoa Louis Roger)
2. (Giepeec)

Extrême-Nord
1. Dr Abouame
2. Bakari Robert
3. Gic Doub Tcharima

Littoral
1. Gic Samp Massock de Song Loulou
2. Nbale Goetche
3. Union des Gic Ugadfer

Nord
1. Gic Agri-Rey
2. El Hadji Biri Ousman F/Upp Faro
3. Bello Bouba Maïgari (Prélevé sur Ceneema)
4. Opcc – Gie remplacé par Col. Holong Etienne

Nord-Ouest
1. Westend Farm
2. Saleep s/c Neckmen Samson
3. Steven Njinya Ngwa
4. Nganso remplacé par Ngafesson

Ouest
1. Ferme Avicole Lamnda de Foumbot
2. Fucicfaes, Fédération des unions de Gic de Samchou
3. Gic Ato s/c Mme Tsemo Colette
4. Megwebe de Gaim
5. Gic Bacheo remplacé par Mme Komnang

Sud
1. Mebe Ngo’o Alain
2. Plantations de Kribi
3. Plantation de Meyila
4. Oyono Ferdinand
5. Gic Eko

Sud-Ouest
1. Paul Njie Meoto
2. Dion Ngute

III. Projets
Wassande (Adamaoua)
Ceneema (Centre)
Nlobesse (Sud)

IV. Minader
Tchatat Clobert
Ondoua Owono Jacob
Ela Evina Ernest Roland
Meili Oloume J.P.

Ceneema, 26 décembre 2008 

Par Marlyse SIBATCHEU
Le 29-01-2009

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Non classé

Le Cameroun aux Jeux olympiques

La 29ème édition des Jeux olympiques (JO) de l’ère moderne s’ouvre officiellement le 8 août prochain (certaines compétitions auront déjà démarré, les 6 et 7 août) à Beijing en Chine. –

 La délégation camerounaise à ce rendez-vous, constituée de 44 officiels (1 chef de mission, 8 dignitaires, 8 personnels administratifs, 8 présidents de fédérations et 19 encadreurs sportifs) et de 33 athlètes appartenant à neuf disciplines sportives (athlétisme, les avirons, boxe, football, l’haltérophilie, le judo, la lutte, la natation et le tennis de table), a pris ses quartiers au village olympique à Pékin depuis samedi 26 juillet. Avant de s’envoler pour la Chine, Hamad Kalkaba Malboum, le président du Comité national olympique et sportif du Cameroun (Cnosc), a, en compagnie de quatre des sept membres du comité exécutif de cette structure, donné une conférence de presse lundi 21 juillet au siège du Cnosc à Yaoundé, pour faire le point des préparatifs.
Quatre jours plus tard, vendredi 25 juillet, la “ Cameroon olympic team ” a reçu les bénédictions de la République dans ces mêmes locaux du Cnosc. Au cours de cette cérémonie, Chief Ephraïm Inoni, Premier ministre du Cameroun, a remis les attributs (le drapeau) de porte-étendard de la délégation camerounaise aux JO de Beijing au judoka Franck Martial Moussima Ewane. Contrairement aux précédentes éditions où l’on désignait un porte-drapeau, c’est à l’issue d’un vote que le judoka a été élu. Il a remporté cette élection par quatre (4) voix contre une (1) pour le footballeur Samuel Eto’o Fils (celui-ci ne sera pas aux JO). Les deux candidates en lice, les athlètes Françoise Mbango Etonne et Léonie Myriam Mani, n’avaient engrangé aucune voix.
A en croire le président du Cnosc, c’est pour ses performances, et surtout pour le respect des valeurs et de l’éthique olympique que le judoka Franck Martial Moussima a été élu. “ Ce qui n’est pas le cas des trois autres qui, s’ils possèdent un palmarès plus étoffé que le judoka, ont très souvent été au centre de nombreuses controverses tant en ce qui concerne leur comportement de sportif (Samuel Eto’o Fils et Françoise Mbango Etonne) que leur carrière (dopage pour Léonie Myriam Mani) ”, soutiennent des membres du comité exécutif du Cnosc interrogés par les médias. A en croire ces derniers, le champion de judo est, parmi, les quatre concurrents, l’unique sportif qui n’a pas encore foulé au pied les principes de l’olympisme.
Avant de quitter le Cameroun pour Beijing où ils se trouvent actuellement en Chine, les sportifs ont reçu chacun son costume d’apparat : des tenues traditionnelles du Nord-Ouest et de l’Ouest. Les tenues de compétition pour diverses disciplines, conçues en fonction des sexes et des spécificités, ont été fournies par l’équipementier Puma. Elles ont été réceptionnées à Paris en France, par le Sga du Cnosc, David Ojong. Et, avant de les remettre aux sportifs, Hamad Kalkaba Malboum, le président du Cnosc n’a pas caché la détermination du Cameroun à vouloir ramener plusieurs métaux. “ Nous allons aux JO de Beijing avec l’ambition de gagner plus d’une médaille parce que, depuis 1968, le Cameroun ne gagne qu’une médaille par édition. En 1968, une médaille d’argent. 1984, une médaille de bronze. 2000, une médaille en or. Et en 2004, une en or. Nous avons envie de gagner plus d’une médaille cette fois-ci ”, précise-t-il.
C’est en 1963 que le mouvement olympique prend corps au Cameroun (trois ans seulement après l’indépendance du pays et la mise sur pied des premières fédérations sportives nationales) avec la création du Cnosc. Cette structure a participé pour la première fois aux Jeux olympiques en 1964 à Tokyo, au Japon. Le Cameroun remporte sa première médaille olympique en boxe (une médaille d’argent enlevée par Joseph Bessala), lors des Jeux olympiques de Mexico en 1968. Les autres médailles olympiques du Cameroun ont été remportées en 1984 (bronze) à Los Angeles par Martin Ndongo Ebanga toujours en boxe, en 2000 à Sydney (or) par l’équipe nationale de football espoir et en 2004 à Athènes (or) par Françoise Mbango Etonne au triple saut féminin.  

Par Honoré FOIMOUKOM

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