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Lettre ouverte à Monsieur Paul Biya


Monsieur le Président,
Durant mon récent séjour au Cameroun, où j’ai accompagné ma Mère à sa dernière demeure, j’ai été horriblement frappé par le dénuement prononcé de la majorité de vos compatriotes et par la déshumanisation rampante d’une société résolument appauvrie, alors que le pays regorge de ressources matérielles et immatérielles qui frisent le scandale. Il y a là comme une incohérence machiavélique, un défi incongru à l’entendement, un affront troublant à l’intelligence.
Croyez-vous intimement, Monsieur le Président, dans votre îlot de marbre et d’oisiveté, que les millions de citoyens que vous êtes censé représenter, victimes pour la plupart d’une faillite économique sans précédent, peuvent continuer à assister imperturbablement à la profanation dégradante des dépouilles de leur patrie ? Supportent-ils réellement, dans leurs derniers retranchements, les contradictions permanentes et les errements réitérés d’une désinvolte magistrature enfermée dans une tour d’ivoire vacancière ?
Comme il m’est difficile de concevoir une autorité qui se confond avec l’abrutissement des consciences, je ne peux m’empêcher de vous faire partager le dégoût que m’inspire l’attitude obscène de vos thuriféraires qui, en vociférant quotidiennement à l’envi des louanges serviles à votre endroit, s’obstinent à vouloir étouffer les longs sanglots de la colère ordinaire, les clameurs gémissantes des vies humaines hideusement sacrifiées et les multiples actions citoyennes insufflées courageusement par le rejet têtu d’un système postcolonial décidément abscons.
Mais ce qui me mortifie davantage, c’est le blocage de l’alternance politique que certains de vos laudateurs, bassement intéressés, essaient de camoufler sous le manteau de préoccupations ethniques et mesquines, pour vous inciter à prolonger, à la faveur d’une modification outrageante de la constitution, une interminable suprématie infamante au sommet de l’état.
Les Camerounais seraient-ils à ce point psychiquement désorientés au paroxysme du désespoir, tétanisés par les dérives liberticides polymorphes, insensibles à la perpétuation flagrante d’une incurie fonctionnelle généralisée, pour se faire administrer docilement, avec la complicité sardonique d’un gang mafieux d’affairistes de la politique, le dictame obsolète qui calmerait la souffrance assidûment subie et cicatriserait les plaies profondément exacerbées ?
Cette étrange tragédie de la décrépitude corrobore malheureusement le mode superficiel de gouvernance en vigueur au Cameroun et les conditions déconcertantes du jeu social que vous avez instauré : des ministres incompétents qui n’auraient aucune grâce ni sinécure ailleurs, des forces de l’ordre rompues au désordre malveillant et à l’industrie organisée du racket, des juges et des procureurs corrompus jusqu’à la moelle, des criminels de tous acabits infiltrés dans les grands corps d’un état clientéliste et réconfortés par l’impunité ambiante, des intellectuels timorés par l’effroyable syndrome de la clochardisation, des chefferies traditionnelles soumises à la vindicte et au mépris de clercs quasi illettrés… Bref, toute la panoplie indécente d’un régime fantoche dont les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire se trouvent manifestement confisqués.
Pour ma part, je n’ose croire, nonobstant les tripatouillages nauséabonds qui ont récemment entaché la désignation éhontée des membres du nouveau Conseil électoral, que vous seriez tenté par la perspective ahurissante de vous éterniser passivement au pouvoir, eu égard notamment à l’irrémédiable dilution de votre dérisoire capital de confiance et au déficit abyssal de votre encombrante inactivité insouciante.
S’il est loisible d’admettre que toute autorité suprême incarne à la fois la grandeur et la petitesse de sa nation, comme les deux faces d’une même médaille, la question essentielle est de savoir si les Camerounais vous méritent. Acceptent-ils sereinement, en bons masochistes, la violence de l’arbitraire et de la prédation qui s’abat sur eux depuis des décennies ?
En l’espèce, je serais personnellement tenté de répondre par l’affirmative, au risque de paraître cynique, compte tenu de votre curieuse longévité aux affaires d’un état-parrain et de l’endurance titanesque dont les Camerounais ont fait preuve jusqu’ici.
Il n’en reste pas moins vrai que tout peuple longtemps humilié et platement exploité qui, à un moment donné, prend véritablement conscience de sa vétusté existentielle, de son insécurité collective, du déni récurrent de son humanité et de la nécessité impérieuse de se valoriser dans le regard des autres peuples, finit par sortir de sa léthargie confusionnelle pour épuiser les névroses traumatiques les plus rebelles et libérer les fantasmes élémentaires les plus ordinaires de pouvoir vivre autrement.
Alors, me diriez-vous, que faire ?
N’ayant le splendide privilège de détenir aucun don de divination, ni la faculté sublime de lire dans le cristal révélateur des prouesses de l’avenir, je vous suggérerais simplement, Monsieur le Président, s’il vous reste un soupçon de dignité et d’honneur, à l’orée du crépuscule d’une existence lourdement chargée, de laisser la nécessaire transition démocratique s’opérer dans toute sa pureté native et d’alléger in extremis l’irréparable fureur expiatrice de l’Histoire.
Lyon, 25 février 2009. 

Par Par Yvon de Saint-Prex

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Monsieur le Président,
Durant mon récent séjour au Cameroun, où j’ai accompagné ma Mère à sa dernière demeure, j’ai été horriblement frappé par le dénuement prononcé de la majorité de vos compatriotes et par la déshumanisation rampante d’une société résolument appauvrie, alors que le pays regorge de ressources matérielles et immatérielles qui frisent le scandale. Il y a là comme une incohérence machiavélique, un défi incongru à l’entendement, un affront troublant à l’intelligence.
Croyez-vous intimement, Monsieur le Président, dans votre îlot de marbre et d’oisiveté, que les millions de citoyens que vous êtes censé représenter, victimes pour la plupart d’une faillite économique sans précédent, peuvent continuer à assister imperturbablement à la profanation dégradante des dépouilles de leur patrie ? Supportent-ils réellement, dans leurs derniers retranchements, les contradictions permanentes et les errements réitérés d’une désinvolte magistrature enfermée dans une tour d’ivoire vacancière ?
Comme il m’est difficile de concevoir une autorité qui se confond avec l’abrutissement des consciences, je ne peux m’empêcher de vous faire partager le dégoût que m’inspire l’attitude obscène de vos thuriféraires qui, en vociférant quotidiennement à l’envi des louanges serviles à votre endroit, s’obstinent à vouloir étouffer les longs sanglots de la colère ordinaire, les clameurs gémissantes des vies humaines hideusement sacrifiées et les multiples actions citoyennes insufflées courageusement par le rejet têtu d’un système postcolonial décidément abscons.
Mais ce qui me mortifie davantage, c’est le blocage de l’alternance politique que certains de vos laudateurs, bassement intéressés, essaient de camoufler sous le manteau de préoccupations ethniques et mesquines, pour vous inciter à prolonger, à la faveur d’une modification outrageante de la constitution, une interminable suprématie infamante au sommet de l’état.
Les Camerounais seraient-ils à ce point psychiquement désorientés au paroxysme du désespoir, tétanisés par les dérives liberticides polymorphes, insensibles à la perpétuation flagrante d’une incurie fonctionnelle généralisée, pour se faire administrer docilement, avec la complicité sardonique d’un gang mafieux d’affairistes de la politique, le dictame obsolète qui calmerait la souffrance assidûment subie et cicatriserait les plaies profondément exacerbées ?
Cette étrange tragédie de la décrépitude corrobore malheureusement le mode superficiel de gouvernance en vigueur au Cameroun et les conditions déconcertantes du jeu social que vous avez instauré : des ministres incompétents qui n’auraient aucune grâce ni sinécure ailleurs, des forces de l’ordre rompues au désordre malveillant et à l’industrie organisée du racket, des juges et des procureurs corrompus jusqu’à la moelle, des criminels de tous acabits infiltrés dans les grands corps d’un état clientéliste et réconfortés par l’impunité ambiante, des intellectuels timorés par l’effroyable syndrome de la clochardisation, des chefferies traditionnelles soumises à la vindicte et au mépris de clercs quasi illettrés… Bref, toute la panoplie indécente d’un régime fantoche dont les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire se trouvent manifestement confisqués.
Pour ma part, je n’ose croire, nonobstant les tripatouillages nauséabonds qui ont récemment entaché la désignation éhontée des membres du nouveau Conseil électoral, que vous seriez tenté par la perspective ahurissante de vous éterniser passivement au pouvoir, eu égard notamment à l’irrémédiable dilution de votre dérisoire capital de confiance et au déficit abyssal de votre encombrante inactivité insouciante.
S’il est loisible d’admettre que toute autorité suprême incarne à la fois la grandeur et la petitesse de sa nation, comme les deux faces d’une même médaille, la question essentielle est de savoir si les Camerounais vous méritent. Acceptent-ils sereinement, en bons masochistes, la violence de l’arbitraire et de la prédation qui s’abat sur eux depuis des décennies ?
En l’espèce, je serais personnellement tenté de répondre par l’affirmative, au risque de paraître cynique, compte tenu de votre curieuse longévité aux affaires d’un état-parrain et de l’endurance titanesque dont les Camerounais ont fait preuve jusqu’ici.
Il n’en reste pas moins vrai que tout peuple longtemps humilié et platement exploité qui, à un moment donné, prend véritablement conscience de sa vétusté existentielle, de son insécurité collective, du déni récurrent de son humanité et de la nécessité impérieuse de se valoriser dans le regard des autres peuples, finit par sortir de sa léthargie confusionnelle pour épuiser les névroses traumatiques les plus rebelles et libérer les fantasmes élémentaires les plus ordinaires de pouvoir vivre autrement.
Alors, me diriez-vous, que faire ?
N’ayant le splendide privilège de détenir aucun don de divination, ni la faculté sublime de lire dans le cristal révélateur des prouesses de l’avenir, je vous suggérerais simplement, Monsieur le Président, s’il vous reste un soupçon de dignité et d’honneur, à l’orée du crépuscule d’une existence lourdement chargée, de laisser la nécessaire transition démocratique s’opérer dans toute sa pureté native et d’alléger in extremis l’irréparable fureur expiatrice de l’Histoire.
Lyon, 25 février 2009. 

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Monsieur le Président,
Durant mon récent séjour au Cameroun, où j’ai accompagné ma Mère à sa dernière demeure, j’ai été horriblement frappé par le dénuement prononcé de la majorité de vos compatriotes et par la déshumanisation rampante d’une société résolument appauvrie, alors que le pays regorge de ressources matérielles et immatérielles qui frisent le scandale. Il y a là comme une incohérence machiavélique, un défi incongru à l’entendement, un affront troublant à l’intelligence.
Croyez-vous intimement, Monsieur le Président, dans votre îlot de marbre et d’oisiveté, que les millions de citoyens que vous êtes censé représenter, victimes pour la plupart d’une faillite économique sans précédent, peuvent continuer à assister imperturbablement à la profanation dégradante des dépouilles de leur patrie ? Supportent-ils réellement, dans leurs derniers retranchements, les contradictions permanentes et les errements réitérés d’une désinvolte magistrature enfermée dans une tour d’ivoire vacancière ?
Comme il m’est difficile de concevoir une autorité qui se confond avec l’abrutissement des consciences, je ne peux m’empêcher de vous faire partager le dégoût que m’inspire l’attitude obscène de vos thuriféraires qui, en vociférant quotidiennement à l’envi des louanges serviles à votre endroit, s’obstinent à vouloir étouffer les longs sanglots de la colère ordinaire, les clameurs gémissantes des vies humaines hideusement sacrifiées et les multiples actions citoyennes insufflées courageusement par le rejet têtu d’un système postcolonial décidément abscons.
Mais ce qui me mortifie davantage, c’est le blocage de l’alternance politique que certains de vos laudateurs, bassement intéressés, essaient de camoufler sous le manteau de préoccupations ethniques et mesquines, pour vous inciter à prolonger, à la faveur d’une modification outrageante de la constitution, une interminable suprématie infamante au sommet de l’état.
Les Camerounais seraient-ils à ce point psychiquement désorientés au paroxysme du désespoir, tétanisés par les dérives liberticides polymorphes, insensibles à la perpétuation flagrante d’une incurie fonctionnelle généralisée, pour se faire administrer docilement, avec la complicité sardonique d’un gang mafieux d’affairistes de la politique, le dictame obsolète qui calmerait la souffrance assidûment subie et cicatriserait les plaies profondément exacerbées ?
Cette étrange tragédie de la décrépitude corrobore malheureusement le mode superficiel de gouvernance en vigueur au Cameroun et les conditions déconcertantes du jeu social que vous avez instauré : des ministres incompétents qui n’auraient aucune grâce ni sinécure ailleurs, des forces de l’ordre rompues au désordre malveillant et à l’industrie organisée du racket, des juges et des procureurs corrompus jusqu’à la moelle, des criminels de tous acabits infiltrés dans les grands corps d’un état clientéliste et réconfortés par l’impunité ambiante, des intellectuels timorés par l’effroyable syndrome de la clochardisation, des chefferies traditionnelles soumises à la vindicte et au mépris de clercs quasi illettrés… Bref, toute la panoplie indécente d’un régime fantoche dont les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire se trouvent manifestement confisqués.
Pour ma part, je n’ose croire, nonobstant les tripatouillages nauséabonds qui ont récemment entaché la désignation éhontée des membres du nouveau Conseil électoral, que vous seriez tenté par la perspective ahurissante de vous éterniser passivement au pouvoir, eu égard notamment à l’irrémédiable dilution de votre dérisoire capital de confiance et au déficit abyssal de votre encombrante inactivité insouciante.
S’il est loisible d’admettre que toute autorité suprême incarne à la fois la grandeur et la petitesse de sa nation, comme les deux faces d’une même médaille, la question essentielle est de savoir si les Camerounais vous méritent. Acceptent-ils sereinement, en bons masochistes, la violence de l’arbitraire et de la prédation qui s’abat sur eux depuis des décennies ?
En l’espèce, je serais personnellement tenté de répondre par l’affirmative, au risque de paraître cynique, compte tenu de votre curieuse longévité aux affaires d’un état-parrain et de l’endurance titanesque dont les Camerounais ont fait preuve jusqu’ici.
Il n’en reste pas moins vrai que tout peuple longtemps humilié et platement exploité qui, à un moment donné, prend véritablement conscience de sa vétusté existentielle, de son insécurité collective, du déni récurrent de son humanité et de la nécessité impérieuse de se valoriser dans le regard des autres peuples, finit par sortir de sa léthargie confusionnelle pour épuiser les névroses traumatiques les plus rebelles et libérer les fantasmes élémentaires les plus ordinaires de pouvoir vivre autrement.
Alors, me diriez-vous, que faire ?
N’ayant le splendide privilège de détenir aucun don de divination, ni la faculté sublime de lire dans le cristal révélateur des prouesses de l’avenir, je vous suggérerais simplement, Monsieur le Président, s’il vous reste un soupçon de dignité et d’honneur, à l’orée du crépuscule d’une existence lourdement chargée, de laisser la nécessaire transition démocratique s’opérer dans toute sa pureté native et d’alléger in extremis l’irréparable fureur expiatrice de l’Histoire.
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Durant mon récent séjour au Cameroun, où j’ai accompagné ma Mère à sa dernière demeure, j’ai été horriblement frappé par le dénuement prononcé de la majorité de vos compatriotes et par la déshumanisation rampante d’une société résolument appauvrie, alors que le pays regorge de ressources matérielles et immatérielles qui frisent le scandale. Il y a là comme une incohérence machiavélique, un défi incongru à l’entendement, un affront troublant à l’intelligence.
Croyez-vous intimement, Monsieur le Président, dans votre îlot de marbre et d’oisiveté, que les millions de citoyens que vous êtes censé représenter, victimes pour la plupart d’une faillite économique sans précédent, peuvent continuer à assister imperturbablement à la profanation dégradante des dépouilles de leur patrie ? Supportent-ils réellement, dans leurs derniers retranchements, les contradictions permanentes et les errements réitérés d’une désinvolte magistrature enfermée dans une tour d’ivoire vacancière ?
Comme il m’est difficile de concevoir une autorité qui se confond avec l’abrutissement des consciences, je ne peux m’empêcher de vous faire partager le dégoût que m’inspire l’attitude obscène de vos thuriféraires qui, en vociférant quotidiennement à l’envi des louanges serviles à votre endroit, s’obstinent à vouloir étouffer les longs sanglots de la colère ordinaire, les clameurs gémissantes des vies humaines hideusement sacrifiées et les multiples actions citoyennes insufflées courageusement par le rejet têtu d’un système postcolonial décidément abscons.
Mais ce qui me mortifie davantage, c’est le blocage de l’alternance politique que certains de vos laudateurs, bassement intéressés, essaient de camoufler sous le manteau de préoccupations ethniques et mesquines, pour vous inciter à prolonger, à la faveur d’une modification outrageante de la constitution, une interminable suprématie infamante au sommet de l’état.
Les Camerounais seraient-ils à ce point psychiquement désorientés au paroxysme du désespoir, tétanisés par les dérives liberticides polymorphes, insensibles à la perpétuation flagrante d’une incurie fonctionnelle généralisée, pour se faire administrer docilement, avec la complicité sardonique d’un gang mafieux d’affairistes de la politique, le dictame obsolète qui calmerait la souffrance assidûment subie et cicatriserait les plaies profondément exacerbées ?
Cette étrange tragédie de la décrépitude corrobore malheureusement le mode superficiel de gouvernance en vigueur au Cameroun et les conditions déconcertantes du jeu social que vous avez instauré : des ministres incompétents qui n’auraient aucune grâce ni sinécure ailleurs, des forces de l’ordre rompues au désordre malveillant et à l’industrie organisée du racket, des juges et des procureurs corrompus jusqu’à la moelle, des criminels de tous acabits infiltrés dans les grands corps d’un état clientéliste et réconfortés par l’impunité ambiante, des intellectuels timorés par l’effroyable syndrome de la clochardisation, des chefferies traditionnelles soumises à la vindicte et au mépris de clercs quasi illettrés… Bref, toute la panoplie indécente d’un régime fantoche dont les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire se trouvent manifestement confisqués.
Pour ma part, je n’ose croire, nonobstant les tripatouillages nauséabonds qui ont récemment entaché la désignation éhontée des membres du nouveau Conseil électoral, que vous seriez tenté par la perspective ahurissante de vous éterniser passivement au pouvoir, eu égard notamment à l’irrémédiable dilution de votre dérisoire capital de confiance et au déficit abyssal de votre encombrante inactivité insouciante.
S’il est loisible d’admettre que toute autorité suprême incarne à la fois la grandeur et la petitesse de sa nation, comme les deux faces d’une même médaille, la question essentielle est de savoir si les Camerounais vous méritent. Acceptent-ils sereinement, en bons masochistes, la violence de l’arbitraire et de la prédation qui s’abat sur eux depuis des décennies ?
En l’espèce, je serais personnellement tenté de répondre par l’affirmative, au risque de paraître cynique, compte tenu de votre curieuse longévité aux affaires d’un état-parrain et de l’endurance titanesque dont les Camerounais ont fait preuve jusqu’ici.
Il n’en reste pas moins vrai que tout peuple longtemps humilié et platement exploité qui, à un moment donné, prend véritablement conscience de sa vétusté existentielle, de son insécurité collective, du déni récurrent de son humanité et de la nécessité impérieuse de se valoriser dans le regard des autres peuples, finit par sortir de sa léthargie confusionnelle pour épuiser les névroses traumatiques les plus rebelles et libérer les fantasmes élémentaires les plus ordinaires de pouvoir vivre autrement.
Alors, me diriez-vous, que faire ?
N’ayant le splendide privilège de détenir aucun don de divination, ni la faculté sublime de lire dans le cristal révélateur des prouesses de l’avenir, je vous suggérerais simplement, Monsieur le Président, s’il vous reste un soupçon de dignité et d’honneur, à l’orée du crépuscule d’une existence lourdement chargée, de laisser la nécessaire transition démocratique s’opérer dans toute sa pureté native et d’alléger in extremis l’irréparable fureur expiatrice de l’Histoire.
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Des Miss chez Ama Tutu Muna

Miss Cameroun et Miss Naïades ont été reçues en audience mercredi dernier par le ministre de la Culture. –

Décontraction, sourires et élégance mercredi dernier en début d’après-midi au cabinet du ministre de la Culture. Ama Tutu Muna y recevait Miss Cameroun 2008 Joëlle Audrey Amboagué, la toute récente Miss Naïades élue à Cotonou au Bénin, Anita Awana, la troisième dauphine Dominique Pemboura Ngou, et la présidente du Comité d’organisation Miss Cameroun (Comica), Ingrid Solange Amougou. Pendant environ 45 minutes, le Mincult et ses hôtes ont parlé des élections Miss Cameroun et Miss Naïades, où les deux jeunes Camerounaises ont en effet porté haut les couleurs nationales, et exalté la femme et la culture camerounaises. Des projets communs ont été abordés par le ministre et les Miss. Il a aussi été question au cours des entretiens, de la prochaine élection Miss Cameroun 2009, qui est déjà en chantier, selon les organisateurs de cette élection

« Nous avons assuré madame le ministre de la Culture de notre disponibilité pour tous les événements qu’elle organise », a révélé Anita Awana, à la sortie de l’audience. Pour Miss Cameroun Joëlle Audrey Amboagué, le ministre de la Culture était ravie de cette rencontre, et « s’est déclarée ouverte à tous nos projets culturels, qu’elle pourrait soutenir ». « Nous avons en effet beaucoup de projets à lui soumettre, a précisé Ingrid Solange Amougou, et madame le ministre a promis de nous soutenir ».

Alain TCHAKOUNTE

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