Non classé

Jean Calvin Aba’a Oyono : Que la Socam s’écarte d’elle-même

L’universitaire indique qu’en attendant que la Cour suprême vide le dossier, l’on devrait revenir à la gestion de la Cmc.

Que prévoit le droit après une décision comme celle que vient de prendre la Cour suprême concernant le conflit entre la Cameroon music corporation et le ministère de la Culture?
En attendant le dénouement de l’affaire au fond, il faut déjà relever que nous sommes dans un Etat de droit où le juge est le détenteur de la vérité juridique. Lorsqu’il a tranché, la décision s’impose aux uns et aux autres. Concrètement, au plan du droit administratif processuel encore appelé le contentieux administratif, les effets de la décision du ministre de la culture et étaient mis entre parenthèses. La conséquence corrélative en est que, puisque la Cour suprême a donné raison à la Cmc, nous devons revenir impérativement à la situation antérieure. Cela veut aussi dire que le comité ad hoc de gestion mis en place n’a plus le droit d’être. Ses activités sont momentanément suspendues. Pour qu’il n’y ait pas de vide juridique, la Cmc est rétablie dans ses droits jusqu’à ce que le juge statue sur le fond.

Et la Socam, doit-elle continuer à mener ses activités de collecte et de gestion des droits d’auteur de l’art musical?
Sauf à constater que l’administration fonctionne sur la base des humeurs et des caprices de ses dirigeants. Ce dont j’en doute fortement. A partir de l’ordonnance du 17 décembre 2008, la Socam n’a plus de raison d’être, momentanément. En attendant que le juge tranche la contestation au fond. La Cmc devrait retrouver son droit de cité et fonctionner normalement. Que la Socam poursuive ses activités ne peut engendrer que des conséquences désastreuses sur le plan pénal. Une telle attitude contribue à nier l’existence de la justice d’une part. Au plan du contentieux, cela constitue une gestion de fait. Car, son agrément est également suspendu au terme de l’ordonnance de justice. La situation de la Socam est à la lisière d’un cas d’usurpation du pouvoir. Même si on le fait avec la complicité tacite de l’autorité ministérielle. Ce sont les deniers publics qui vont en pâtir et c’est l’Etat qui devrait répondre de la couverture qu’elle octroie à la Socam.

Au Mincult, on estime que l’agrément avec lequel fonctionnait la Cmc a expiré le 15 septembre 2008. Qu’est-ce qui est prévu puisque nous sommes en mars 2009?
L’ordonnance rendue par la Cour suprême n’est pas en contradiction avec elle-même. Nous sommes confrontés à cette manie des hommes qui veulent toujours instrumentaliser le droit. Ou alors, à penser que la politique prend le pas sur le droit. Le facteur temps ici n’est pas si important que cela. Même si l’agrément de la Cmc courait encore pendant 24h, la décision rendue par la Chambre administrative voudrait qu’on revienne d’abord à la situation antérieure.

Est-ce problème d’interprétation du droit?
Je voudrais relever ici que le Cameroun connaît beaucoup de problèmes en ce qui concerne le maniement du droit. On peut être un bon juriste et être de mauvaise foi, au point de se laisser embarquer dans des considérations qui n’ont rien à voir avec la formation de juriste. Si cette situation perdure, l’Etat devrait en tirer les conséquences qui s’imposent. Il est inconcevable que l’administration, qui est censée appliquer le droit et qui est condamnée par la justice ne donne pas un sens à la décision du juge. Elle bafoue ainsi l’Etat de droit. Ce sont des attitudes incompatibles avec le discours politiques et de l’éthique juridique.

Votre opinion sur cette affaire?
Aucune opinion à donner. C’est une décision de justice. En tant que juriste, le seul conseil est d’appliquer l’ordonnance de la Chambre administrative de la Cour suprême. Que la Socam s’écarte d’elle-même et cède la place à la Cmc. En attendant que la décision de fond intervienne.

Propos recueillis par J.B.A.

Leave your vote

Start typing and press Enter to search

Non classé

Jean Calvin Aba’a Oyono : Que la Socam s’écarte d’elle-même

L’universitaire indique qu’en attendant que la Cour suprême vide le dossier, l’on devrait revenir à la gestion de la Cmc.

Que prévoit le droit après une décision comme celle que vient de prendre la Cour suprême concernant le conflit entre la Cameroon music corporation et le ministère de la Culture?
En attendant le dénouement de l’affaire au fond, il faut déjà relever que nous sommes dans un Etat de droit où le juge est le détenteur de la vérité juridique. Lorsqu’il a tranché, la décision s’impose aux uns et aux autres. Concrètement, au plan du droit administratif processuel encore appelé le contentieux administratif, les effets de la décision du ministre de la culture et étaient mis entre parenthèses. La conséquence corrélative en est que, puisque la Cour suprême a donné raison à la Cmc, nous devons revenir impérativement à la situation antérieure. Cela veut aussi dire que le comité ad hoc de gestion mis en place n’a plus le droit d’être. Ses activités sont momentanément suspendues. Pour qu’il n’y ait pas de vide juridique, la Cmc est rétablie dans ses droits jusqu’à ce que le juge statue sur le fond.

Et la Socam, doit-elle continuer à mener ses activités de collecte et de gestion des droits d’auteur de l’art musical?
Sauf à constater que l’administration fonctionne sur la base des humeurs et des caprices de ses dirigeants. Ce dont j’en doute fortement. A partir de l’ordonnance du 17 décembre 2008, la Socam n’a plus de raison d’être, momentanément. En attendant que le juge tranche la contestation au fond. La Cmc devrait retrouver son droit de cité et fonctionner normalement. Que la Socam poursuive ses activités ne peut engendrer que des conséquences désastreuses sur le plan pénal. Une telle attitude contribue à nier l’existence de la justice d’une part. Au plan du contentieux, cela constitue une gestion de fait. Car, son agrément est également suspendu au terme de l’ordonnance de justice. La situation de la Socam est à la lisière d’un cas d’usurpation du pouvoir. Même si on le fait avec la complicité tacite de l’autorité ministérielle. Ce sont les deniers publics qui vont en pâtir et c’est l’Etat qui devrait répondre de la couverture qu’elle octroie à la Socam.

Au Mincult, on estime que l’agrément avec lequel fonctionnait la Cmc a expiré le 15 septembre 2008. Qu’est-ce qui est prévu puisque nous sommes en mars 2009?
L’ordonnance rendue par la Cour suprême n’est pas en contradiction avec elle-même. Nous sommes confrontés à cette manie des hommes qui veulent toujours instrumentaliser le droit. Ou alors, à penser que la politique prend le pas sur le droit. Le facteur temps ici n’est pas si important que cela. Même si l’agrément de la Cmc courait encore pendant 24h, la décision rendue par la Chambre administrative voudrait qu’on revienne d’abord à la situation antérieure.

Est-ce problème d’interprétation du droit?
Je voudrais relever ici que le Cameroun connaît beaucoup de problèmes en ce qui concerne le maniement du droit. On peut être un bon juriste et être de mauvaise foi, au point de se laisser embarquer dans des considérations qui n’ont rien à voir avec la formation de juriste. Si cette situation perdure, l’Etat devrait en tirer les conséquences qui s’imposent. Il est inconcevable que l’administration, qui est censée appliquer le droit et qui est condamnée par la justice ne donne pas un sens à la décision du juge. Elle bafoue ainsi l’Etat de droit. Ce sont des attitudes incompatibles avec le discours politiques et de l’éthique juridique.

Votre opinion sur cette affaire?
Aucune opinion à donner. C’est une décision de justice. En tant que juriste, le seul conseil est d’appliquer l’ordonnance de la Chambre administrative de la Cour suprême. Que la Socam s’écarte d’elle-même et cède la place à la Cmc. En attendant que la décision de fond intervienne.

Propos recueillis par J.B.A.

Leave your vote

Start typing and press Enter to search

Non classé

Jean Calvin Aba’a Oyono : Que la Socam s’écarte d’elle-même

L’universitaire indique qu’en attendant que la Cour suprême vide le dossier, l’on devrait revenir à la gestion de la Cmc.

Que prévoit le droit après une décision comme celle que vient de prendre la Cour suprême concernant le conflit entre la Cameroon music corporation et le ministère de la Culture?
En attendant le dénouement de l’affaire au fond, il faut déjà relever que nous sommes dans un Etat de droit où le juge est le détenteur de la vérité juridique. Lorsqu’il a tranché, la décision s’impose aux uns et aux autres. Concrètement, au plan du droit administratif processuel encore appelé le contentieux administratif, les effets de la décision du ministre de la culture et étaient mis entre parenthèses. La conséquence corrélative en est que, puisque la Cour suprême a donné raison à la Cmc, nous devons revenir impérativement à la situation antérieure. Cela veut aussi dire que le comité ad hoc de gestion mis en place n’a plus le droit d’être. Ses activités sont momentanément suspendues. Pour qu’il n’y ait pas de vide juridique, la Cmc est rétablie dans ses droits jusqu’à ce que le juge statue sur le fond.

Et la Socam, doit-elle continuer à mener ses activités de collecte et de gestion des droits d’auteur de l’art musical?
Sauf à constater que l’administration fonctionne sur la base des humeurs et des caprices de ses dirigeants. Ce dont j’en doute fortement. A partir de l’ordonnance du 17 décembre 2008, la Socam n’a plus de raison d’être, momentanément. En attendant que le juge tranche la contestation au fond. La Cmc devrait retrouver son droit de cité et fonctionner normalement. Que la Socam poursuive ses activités ne peut engendrer que des conséquences désastreuses sur le plan pénal. Une telle attitude contribue à nier l’existence de la justice d’une part. Au plan du contentieux, cela constitue une gestion de fait. Car, son agrément est également suspendu au terme de l’ordonnance de justice. La situation de la Socam est à la lisière d’un cas d’usurpation du pouvoir. Même si on le fait avec la complicité tacite de l’autorité ministérielle. Ce sont les deniers publics qui vont en pâtir et c’est l’Etat qui devrait répondre de la couverture qu’elle octroie à la Socam.

Au Mincult, on estime que l’agrément avec lequel fonctionnait la Cmc a expiré le 15 septembre 2008. Qu’est-ce qui est prévu puisque nous sommes en mars 2009?
L’ordonnance rendue par la Cour suprême n’est pas en contradiction avec elle-même. Nous sommes confrontés à cette manie des hommes qui veulent toujours instrumentaliser le droit. Ou alors, à penser que la politique prend le pas sur le droit. Le facteur temps ici n’est pas si important que cela. Même si l’agrément de la Cmc courait encore pendant 24h, la décision rendue par la Chambre administrative voudrait qu’on revienne d’abord à la situation antérieure.

Est-ce problème d’interprétation du droit?
Je voudrais relever ici que le Cameroun connaît beaucoup de problèmes en ce qui concerne le maniement du droit. On peut être un bon juriste et être de mauvaise foi, au point de se laisser embarquer dans des considérations qui n’ont rien à voir avec la formation de juriste. Si cette situation perdure, l’Etat devrait en tirer les conséquences qui s’imposent. Il est inconcevable que l’administration, qui est censée appliquer le droit et qui est condamnée par la justice ne donne pas un sens à la décision du juge. Elle bafoue ainsi l’Etat de droit. Ce sont des attitudes incompatibles avec le discours politiques et de l’éthique juridique.

Votre opinion sur cette affaire?
Aucune opinion à donner. C’est une décision de justice. En tant que juriste, le seul conseil est d’appliquer l’ordonnance de la Chambre administrative de la Cour suprême. Que la Socam s’écarte d’elle-même et cède la place à la Cmc. En attendant que la décision de fond intervienne.

Propos recueillis par J.B.A.

Leave your vote

Start typing and press Enter to search

Non classé

Jean Calvin Aba’a Oyono : Que la Socam s’écarte d’elle-même

L’universitaire indique qu’en attendant que la Cour suprême vide le dossier, l’on devrait revenir à la gestion de la Cmc.

Que prévoit le droit après une décision comme celle que vient de prendre la Cour suprême concernant le conflit entre la Cameroon music corporation et le ministère de la Culture?
En attendant le dénouement de l’affaire au fond, il faut déjà relever que nous sommes dans un Etat de droit où le juge est le détenteur de la vérité juridique. Lorsqu’il a tranché, la décision s’impose aux uns et aux autres. Concrètement, au plan du droit administratif processuel encore appelé le contentieux administratif, les effets de la décision du ministre de la culture et étaient mis entre parenthèses. La conséquence corrélative en est que, puisque la Cour suprême a donné raison à la Cmc, nous devons revenir impérativement à la situation antérieure. Cela veut aussi dire que le comité ad hoc de gestion mis en place n’a plus le droit d’être. Ses activités sont momentanément suspendues. Pour qu’il n’y ait pas de vide juridique, la Cmc est rétablie dans ses droits jusqu’à ce que le juge statue sur le fond.

Et la Socam, doit-elle continuer à mener ses activités de collecte et de gestion des droits d’auteur de l’art musical?
Sauf à constater que l’administration fonctionne sur la base des humeurs et des caprices de ses dirigeants. Ce dont j’en doute fortement. A partir de l’ordonnance du 17 décembre 2008, la Socam n’a plus de raison d’être, momentanément. En attendant que le juge tranche la contestation au fond. La Cmc devrait retrouver son droit de cité et fonctionner normalement. Que la Socam poursuive ses activités ne peut engendrer que des conséquences désastreuses sur le plan pénal. Une telle attitude contribue à nier l’existence de la justice d’une part. Au plan du contentieux, cela constitue une gestion de fait. Car, son agrément est également suspendu au terme de l’ordonnance de justice. La situation de la Socam est à la lisière d’un cas d’usurpation du pouvoir. Même si on le fait avec la complicité tacite de l’autorité ministérielle. Ce sont les deniers publics qui vont en pâtir et c’est l’Etat qui devrait répondre de la couverture qu’elle octroie à la Socam.

Au Mincult, on estime que l’agrément avec lequel fonctionnait la Cmc a expiré le 15 septembre 2008. Qu’est-ce qui est prévu puisque nous sommes en mars 2009?
L’ordonnance rendue par la Cour suprême n’est pas en contradiction avec elle-même. Nous sommes confrontés à cette manie des hommes qui veulent toujours instrumentaliser le droit. Ou alors, à penser que la politique prend le pas sur le droit. Le facteur temps ici n’est pas si important que cela. Même si l’agrément de la Cmc courait encore pendant 24h, la décision rendue par la Chambre administrative voudrait qu’on revienne d’abord à la situation antérieure.

Est-ce problème d’interprétation du droit?
Je voudrais relever ici que le Cameroun connaît beaucoup de problèmes en ce qui concerne le maniement du droit. On peut être un bon juriste et être de mauvaise foi, au point de se laisser embarquer dans des considérations qui n’ont rien à voir avec la formation de juriste. Si cette situation perdure, l’Etat devrait en tirer les conséquences qui s’imposent. Il est inconcevable que l’administration, qui est censée appliquer le droit et qui est condamnée par la justice ne donne pas un sens à la décision du juge. Elle bafoue ainsi l’Etat de droit. Ce sont des attitudes incompatibles avec le discours politiques et de l’éthique juridique.

Votre opinion sur cette affaire?
Aucune opinion à donner. C’est une décision de justice. En tant que juriste, le seul conseil est d’appliquer l’ordonnance de la Chambre administrative de la Cour suprême. Que la Socam s’écarte d’elle-même et cède la place à la Cmc. En attendant que la décision de fond intervienne.

Propos recueillis par J.B.A.

Leave your vote

Start typing and press Enter to search

Non classé

Makossa : Le grand retour après dix ans d’éclipse

Textes forts et belles mélodies remettent en selle ce rythme qui fit jadis honneur au Cameroun.
Marion Obam –




La nouvelle de l’accident de l’artiste Eriko, Eric Kouoh dans le civil, survenu vendredi 1er août 2008 à l’entrée de Yaoundé avait plongé des millions de Camerounais, fans des titres à succès "Njomboss " et " Yondo ", dans une grosse désolation. Les opérateurs de téléphonies mobiles avouent avoir noté un pic inhabituel dans les communications ce week-end là, semblable à celui des jours de fêtes. Toute cette agitation n’avait rien de familial, sauf qu’en lui les mélomanes camerounais avaient vu, depuis la sortie de son album et sa distinction comme révélation musicale au " Canal d’or 2007 ", une digne relève du Makossa. Un rythme né peu avant l’indépendance du Cameroun avec pour désir de s’émanciper et d’aller à la modernité.

Le Makossa a longtemps porté haut l’étendard de la musique camerounaise. C’est l’époque de Ebanda Manfred, Eboa Lottin, Francis Bebey, Charles Lembe, Manu Dibango avec son indémodable Soul Makossa, encore repris en 2008 par la chanteuse américaine de Rn’b, Rihanna. Puis, il y a eu ceux qui ont perpétré la tradition en introduisant le Jazz ou la Soul comme Jean Dikoto Mandengue, Vicky Edimo et Ekambi Brillant, avec la descente de la basse et les rifs saxo. Les années 80 où Paul Biya jure d’apporter rigueur et moralisation inspire les Ngallé Jojo, Moni Bilé, Dina Bell, Guy Lobé, Douleur, " l’Equipe nationale du Makossa " ainsi que les trois célèbres choristes de l’époque : Sissi Dipoko, Grâce Decca et Charlotte Mbango. La rupture à cette époque glorieuse du Makossa intervient vers la fin des années 80.

C’est le début de nouvelles tendances du Makossa qui se veulent moins puristes. Petit Pays et Sam Fam Thomas s’illustrent, l’un avec des lignes de guitares et orchestration minimalistes pour le premier et l’invention du Makassi.pour le second. Sauf que ce nouveau Makossa, assez décaféiné n’a pas de racines solides. La preuve, ce rythme ne va pas résister à la déferlante du Ndombolo amené par les Wengé Musica, Bcbg, J.B Mpianna et le Quartier latin de Koffi Olomidé. Cette musique congolaise va complètement envahir la scène camerounaise, les espaces d’écoute comme les bars, les cabarets, les discothèques, les fêtes, etc. Les radios relaient, les télévisions meublent les tranches d’animation avec les clips où on voit les danseurs marcher comme feu Joseph Kabila. Le Makossa effectue quelques soubresauts qui vont vite disparaître en partie du fait du nombre trop important de clones de Petit Pays. Tout le monde s’interroge sur son avenir. Sans repères, parodiant des chansons célèbres, le Makossa titube avec les nouvelles tendances "Makossa love", "Mako zouk", "Makossa zingué", etc.

Sursaut d’orgueil
Il cherche des envolées, mais n’arrive plus à fédérer. Le Makossa va définitivement s’essouffler avec l’arrivée du Coupé décalé ivoirien. Le peuple, comme les artistes camerounais, est assujetti aux musiques venues d’ailleurs. La riposte s’organise au sein d’une certaine classe de chanteurs. Ceux-ci optent pour un Makossa où l’orchestration se complexifie, la batterie entre avec la grosse caisse dans la danse et la basse commence à devenir un instrument de référence. Longué Longué dans "Ayo Africa" va marquer les esprits avec son engagement mais aussi avec le retour au Makossa. Narcisse Pryze va s’illustrer en "nettoyeur du coupé décalé " avec son album "Ituéda Muna". Il va d’ailleurs avouer "que c’est un sentiment de révolte face à cette overdose des musiques venues d’ailleurs qui m’a guidé dans la composition et l’orchestration des rythmes qui ont fait le succès de mon album". On reprend du plaisir à danser non pas sur des airs de Ndombolo, mais de Makossa. Pour Aimé Sadou, consultant culturel, "malgré le spectre de la piraterie, quelques artistes ont compris que pour renverser la tendance il fallait travailler sur trois aspects : les textes, les mélodies et le rythme de sorte à proposer quelque chose de correct aux Camerounais. Car pour acheter un album, il faut que plus d’un titre soit bon".

Sur l’aspect de l’orchestration, il poursuit en précisant que " ce rythme noble enregistré comme l’une des valeurs du patrimoine musical camerounais avait également perdu de son éclat du fait de la révolution technologique qui a permis de se passer d’orchestre en studio et de programmer des basses, batteries, riffs saxo, etc. Ce qui produisait des œuvres de piètre qualité." Sergeo Polo, Nono Flavie, Eriko, Joly Priso, Jumeaux de Masso, Njohreur, Conti Bilong, même s’ils font recours à un son métallique, privilégient la musique où le texte est fort et la ligne mélodique présente. Ils se sont également investis dans le marketing promotionnel à la sortie de leurs albums, avec soirée dédicace, spectacles dans les discothèques et les cabarets. " Nous avons aussi pris en compte l’aspect coût d’achat des Camerounais avec la vie chère. C’est pour cela que les Cd de ces artistes de Makossa coûtent entre 2.500 et 3.000 Fcfa ", explique le manager de Njohreur. Cette nouvelle génération d’artistes a permis, grâce à des productions régulières qui s’éloignent de l’obscène, des copies et appels (citer les noms dans les chansons), un réveil du Makossa.

Leave your vote

Start typing and press Enter to search

close

Log In

Forgot password?

Forgot password?

Enter your account data and we will send you a link to reset your password.

Your password reset link appears to be invalid or expired.

Log in

Privacy Policy

Add to Collection

No Collections

Here you'll find all collections you've created before.