Hiphop Kamer…Coup de gueule !
HIPHOP ET REALITES « BLEDEUSES » ou L’APRES GABAO
Par Arthie pour 237HH.
Discussion chaude au Lewat Hotel. Leitmotiv : Emission MBOA, enième édition et enregistrement. Tony Nobody pour Canal 2 – chaîne de télé locale – rencontre les cerveaux de GABAO (Jules et Tony). Le premier est du Mboa (de l’Ouest Kamer), expatrié au Gabon, vivant à cheval entre LBV et Paris et mordu de HH surtout à la sauce africaine (Motif : on n’a pas à se prostituer pour faire du vrai) pour rester authentique. D’ailleurs quel africain parlera mieux de Brooklyn qu’un gars pur sang ? Man parlons des choses que nous connaissons…C’est un avis !
L’autre, prénommé Tony comme l’animateur-Mboa, est plutôt orienté culture dans sa diversité et pas foncièrement HH. Avec des racines fortes dans le théâtre puisque c’est sa véritable formation….Grande gueule, rasta…il parle bien. Les autres…des têtes et Mc’s que tout le monde a vu brailler soit dans une TV ou une radio camer…soit sur les planches d’un spectacle HH poussif, bien ou mal poussé… « Ca me dit Rap », « Kmergroove » et bien d’autres…Les noms parlent assez:, Krotal, Reezbo de Aksangrave, Lady B, Kundeyala représenté par deux de ses membres et Panie qui accompagne son poulain cité au tout début. Pourquoi eux…me diriez-vous ? La réponse est là : ILS ETAIENT REPRESENTER LE MBOA A LA DERNIERE EDITION DU GABAO. Excusez du peu mais c’est déjà ça…237HH ne saura vous dire comment…ni quelle prestation ces ambassadeurs ont fournie. Mais le bouche-à-oreille n’était pas très pessimiste sur nos émissaires du HH au Gabon.
Nous n’y étions pas…donc c’est une occase de rêve pour puiser à la source. Pour savoir ce qui coince dans notre bled natal. Quand on sait que dans une pays qui jalouse encore nos 12 Festivals Culturels Annuels, G-Unit et Missy Elliot étaient pressentis pour une spectacle effrayant avec plus de 200 artistes sur une scène…Ya de quoi se gratiner le cuir chevelu. Mais c’est sûr, nos gars ont déchiré au Gabao. Ne nous perdons pas. Des coups de fil nous sont d’ailleurs parvenu de LBV où quelqu’un expliquait que Krotal imposait aussi bien son allure « bouchée double » que son style…pendant que les « griots » du Kundeyala n’arrêtaient de scander leur éternel refrain et que d’autres maintenaient le discours panafricaniste au plus haut…. Sur quoi portera le choix de ces derniers ? Nous n’en savons que dalle…Mais c’est sûr…beaucoup auraient réussi le même chalenge et peut être en mieux. Mais en attendant c’est eux qui y étaient…Pas de polémique mes chers. Attendez votre tour !
Sans la moindre préparation, nous déboulons sur les lieux. L’hôtel est comme d’hab. Afro moderne. Nous surprenons même les vigiles. Motif : nous n’avons pas été invité, si oui un quart d’heure avant, à travers un coup de fil hasardeux lancé à l’endroit de l’animateur que nous souhaitions alors rencontrer pour d’autres délires. Dire que nous sommes le portail du HH Kamer. Convaincus par un vieux de la vieille du HH blèdeux, nous arrivons en trompe. Les dés sont jetés depuis des heures, les avis se fendent et se pourfendent…Il nous faudra du temps pour comprendre le sujet à l’ordre du jour….A force, nous nous faisons à l’idée : c’est de l’après Gabao qu’il s’agit véritablement. Tour de table, invectives, avis di-convergents, bousculades orthographiques et grammaticales en tout genre, anecdotes et autres insolites, délires et autres…nous finissons par faire des captures d’images…ou plutôt de textes puisque nous n’avons pas pu débarquer avec notre matos pour immortaliser. Souffrez de vous débrouiller avec la présente.
Man, cousu ou pas c’est de HH qu’il s’agit après tout. Si on en parle déjà autour d’une table, c’est une victoire sur le silence.
Deux camps s’affrontent verbalement.
Réfutant en bloc ou en majorité les invectives des patriotes hiphopeux pour qui tout semble plus facile au Gabon – motif : les gars ont des salles, les budgets sont plus facilement débloqués, les annonceurs s’intéressent au HH les scènes foisonnent de même que les pépinières de labels et autres artistes. Nous ne citerons pas d’exemple…nous (de 237HH) n’en savons rien pour le moment même si deux de nos gars (Fryer et ZIAM) à LBV travaillent sur un Dossier complet à ce sujet…Bec et ongles, les gars du Mboa vont bon train dans cette vision un peu lointaine d’un parrainage des cultures urbaines plus ouvert et plus médiatisé…C’est sûr les échos sont élogieux. Mais qu’en est-il exactement ?
De l’autre côté, le Gabao et ses gars défendent mordicus que rien n’est plus difficile que de faire vivre une idée…qu’on soit à LBV, à Hollywood ou à Fométongo. Une idée doit se vendre et à son meilleur prix. Et ce sont les précurseurs qui garantissent sa survie. Intéresser un Annonceur et pouvoir en tirer 17 briques pour un Evènement Hiphop n’est rien d’autre que de prouver son savoir-faire. Comme quoi tout ce qui se conçoit bien, se présente bien et blabla…vous connaissez la suite. Le Gabao, même s’il est une réussite depuis sa création, n’en est pas moins un morceau du tonnerre à mordre. On se souvient d’ailleurs à cet égard que ledit Festival a failli être annulé quelques heures avant pour avoir pondu un œuf dans les méandres du droit gabonais…Mais c’est l’ingéniosité et le savoir-faire qui ont primé sur les menaces et tout le toutim. Demandez les détails à Jules, Promoteur du Gabao…
Nous retenons simplement que même si les contextes sont différents, la volonté semble primer sur la facilité et l’amateurisme. Combien de spectacles hiphop foireux avons-nous vécus au bled ? Des rappeurs nuls à panam qu’on nous présente ici comme ceux de Mars…Motif ils viennent du 9.3 ou de je ne sais quelle force lyricale ou musicale. Des rappeurs du terroir pleins les tiroirs, sans approches pro de leur « art », incapables de défendre leur propre concept ou d’aligner trois phrases justes…Sans personnalité aucune ou mort dans l’œuf parce qu’incapable de bâtir une vision long terme de leur délire. Des labels vindicatifs et revendicateurs qui caressent le rêve de produire le 1er poulain depuis plus de 10 ans et toujours on nous annonce : « Album bientôt dans les bacs » Je ne veux pas parler d’Internet. Combien savent utiliser Internet…non je veux dire manier une souris d’ordinateur ? Combien de Labels du Mboa pensent même à se mettre sur le Net malgré nos efforts et notre volontariat dans ce domaines ? Qu’est-ce qu’ils en savent même ? Or des choses se font dessus, des labels imposent leur style, des collaborations du tonnerre naissent simplement autour d’un email, d’un échange de fichier MP3…L’exemple le plus patent c’est le dernier son de Didier awadi sur son Site Officiel : 10 000 visites en 03 jours. C’est de la folie…
A une époque, nous sommes par malheur tomber sur des dossiers de sponsoring que certains « promoteurs » de cette Culture adressaient à des Organisations sérieuses. Franchement c’est scandaleux ! C’est sûr que le destinataire -Directeur Marketing par défaut- ne se risquera pas dans une aventure aussi brinquebalante à défaut de vouloir risquer son poste.
Et on s’étonnera de voir STEAM sur les feux de la rampe avec un documentaire sur Channel O, un site Internet dédié qui bouge et créer des connexions multiples, un Festival propre à lui et une ligne de vêtements qui s’écoulent pas mal dans un réseau bien structuré, des tournées à l’hexagone pour certains de ses membres…
On s’étonnera de voir Ajajo Entertainment s’allier à des structures fortes pour produire Kmergroove…De voir Slykon attirer des sponsors sur une scène où seuls quelques virtuoses lui donneront raison…Bref, la leçon est simple, professionnalisme, persévérance, travail soigné et collaboration les gars…
De grâce, le Hiphop c’est une révolution, celle d’une jeunesse qui ose, qui n’attend pas, qui créé son propre destin…ses propres alternatives. Merci à ceux qui nous ont permis de rédiger ce délire… » Tony Nobody pour Canal2 International, Ajajo Ent…
La moisson est abondante et les ouvriers peu nombreux » disait l’autre.
Arthie pour 237Hiphop.com

