Justice : Le ministère public bloque le témoignage de Lapiro
A la demande de son avocat, l’audience a été renvoyée pour la deuxième fois pour absence de la police dans la salle.
C’est en principe depuis l’audience du 28 avril dernier que l’artiste musicien Lambo Sandjo Pierre Roger devait témoigner comme son propre témoin dans cette affaire des émeutes de février 2008 dans la ville de Mbanga dont il est accusé d’être l’initiateur. Cela fait donc en tout trois audiences au cours desquelles l’accusé n’a pas pu donner sa version des faits sur cette affaire dont il a été condamné à trois ans de prison. Une fois de plus, l’audience de vendredi dernier, 15 mai, a encore fait l’objet d’un renvoi au 26 mai prochain pour présence des éléments de force de l’ordre. Comme à l’audience du mercredi 13 mai dernier, la raison évoquée par l’avocat du ministère public est "l’absence de la police dans la salle de l’audience. Conformément à l’article 303, la sécurité de la Cour doit être assurée par la police", lance l’avocate.
Or, toujours conformément à ce même article 303, "la présidence de la Cour assure la police de l’audience et la direction des débats. A cette fin, les agents de la force de maintien de l’ordre sont mis à la disposition pendant la durée de chaque audience". Cet article donne donc le droit au président de la Cour d’assurer personnellement la sécurité de la Cour sans avoir forcement besoin de la présence de la force du maintien de l’ordre. Surtout que ce n’est pas la première audience qui se tient sans la présence de la police. D’où les multiples questions que se pose le collectif d’avocats de Lapiro. Pourquoi est-ce seulement maintenant que la nécessité de la présence de la police dans la Cour se pose avec autant d’acuité pour le ministère public ? N’est ce pas là une manière de freiner l’avancement de l’audition de l’accusé dont le témoignage est déterminant pour la suite de cette affaire ? Les avocats de la défense aimeraient aussi savoir ce que cache cette manigance d’autant plus que l’avocate du ministère public reconnaît avoir reçu les ordres de ne pas faire avancer l’audience en cas d’absence de la police d’audience. D’où la nécessité pour la défense de savoir qui a donné cet ordre et pour quelle raison.
Pourtant de l’avis de la défense, ce nouveau renvoi aurait pu être évité "pour la simple et bonne raison que c’est ce même motif de renvoi qui a été évoqué à l’audience de mercredi dernier. On ne comprend pas pourquoi le président de la Cour, s’il ne voulait pas assurer la sécurité de l’audience, n’a pas pris les dispositions nécessaires pour assurer la présence de la police dans la salle. Il est clair que c’est un moyen d’empêcher l’avancement de l’affaire", s’offusque Me Levi Deffo qui n’écarte pas la possibilité d’un complot contre son client. C’est visiblement très déçu que l’artiste qui s’était à peine assis dans le box des témoins en est ressorti sans éclairer le public venu nombreux sur les faits qui lui sont reprochés.
Blaise Djouokep (Stagiaire)
Braquage
Afriland First Bank, victime de vol
Les malfrats ont opéré aux environs de 17h dans la journée de samedi dernier. Ils ont emportée un sac d’argent estimé entre 2 et 3 millions Fcfa. La nouvelle agence Afriland First Bank vient à peine d’ouvrir ses portes à Ndokoti, qu’elle reçoit en effet la visite des malfrats. Selon les témoignages, ces derniers auraient neutralisé les vigiles avant de pénétrer dans les locaux de l’agence. Un responsable de cet établissement bancaire rapporte que les cambrioleurs ont brutalisé la caissière avant de lui prendre son sac. Alertés, les éléments de la brigade de recherches de Ndogbati sont intervenus sur le tard au lieu de l’incident. Dans la foulée, un suspect a néanmoins été interpellé. Il est actuellement en garde à vue à la Légion de gendarmerie du Littoral, précisément à la cellule Anti-gang de cette unité de police. Une enquête a été ouverte pour tenter de retrouver ses complices présumés. L’agence Afriland First Bank de Ndokoti a ouvert ses portes en mars dernier et n’a même pas encore été inaugurée, apprend-on d’un responsable de la banque. Lequel précise que cette nouvelle agence est tout juste en rodage, et que les mesures de sécurité y seront plus accentuées dans les prochains jours.
M.N.M.

