Sarkozy comme Obama
Reçu vendredi à l’Elysée, le président camerounais Paul Biya, depuis 27 ans à la tête du pays, s’est vu exhorté par Nicolas Sarkozy à améliorer la gouvernance et la démocratie, comme Barack Obama l’avait fait pour l’ensemble de l’Afrique. Le président de la République a notamment rappelé à Paul Biya "que la bonne gouvernance était la condition essentielle du développement".
Lors d’un déjeuner à l’Elysée vendredi, où les deux hommes ont parlé "librement" pendant une heure, Nicolas Sarkozy a exhorté son homologue Paul Biya, au pouvoir au Cameroun depuis 27 ans, à améliorer la gouvernance et la démocratie dans son pays. Les deux chefs d’Etat ont évoqué notamment la situation intérieure du Cameroun, "y compris les questions de gouvernance, de démocratie et de droits de l’homme", a précisé l’Elysée.
Nicolas Sarkozy "a dit au président Biya que les efforts des dernières années devaient être poursuivis et approfondis", a-t-on ajouté de même source. "Il a rappelé que la bonne gouvernance était la condition essentielle du développement." Selon l’Elysée, le chef de l’Etat a également jugé "essentiel" l’organisation d’élections dans les pays africains. L’entretien entre Nicolas Sarkozy et Paul Biya s’inscrivait dans le prolongement d’une visite effectuée au Cameroun en mai par le Premier ministre français, François Fillon. La France et le Cameroun avaient alors signé un accord de partenariat dans le domaine de la défense et un accord de gestion concertée des flux migratoires. Après l’entretien, Paul Biya a qualifié d’"excellentes" les relations franco-camerounaises et fait état d’une "concordance de vues presque parfaite" sur "la plupart des sujets".
La Françafrique à nouveau dénoncée
Mais au Cameroun, la concordance des vues entre Paul Biya et les Camerounais est loin d’être parfaite. Le président camerounais a remplacé fin juin sans explication son Premier ministre Ephraim Inoni, qui était en place depuis plus de quatre ans et tentait d’obtenir du Fonds monétaire international (FMI) une aide pour amortir l’impact de la crise financière mondiale. Paul Biya a dû faire face à une vague de mécontentement en raison de la hausse du coût de la vie et le gouvernement a annoncé en juin des réductions de 25% des prix de produits de base tels que le riz, le sel ou le poisson. En 2008, un amendement constitutionnel l’autorisant à briguer un nouveau mandat en 2011 avait provoqué de violentes manifestations.
En dépit d’un PIB supérieur à celui du Ghana ou du Sénégal, le Cameroun est à la traîne dans des domaines comme la santé et l’éducation, et il est considéré comme l’un des pays les plus corrompus d’Afrique. Dans une interview accordée en mars à Reuters, le cardinal de Douala a estimé que la corruption et la mauvaise gouvernance alimentaient les frustrations et que la jeunesse du Cameroun chasserait le gouvernement actuel, en cas d’élections libres. "Nous sommes plus proches d’une dictature que d’une démocratie", avait ajouté Mgr Christian Tumi.
Le Collectif des organisations démocratiques et patriotiques de la diaspora camerounaise avait lancé un appel à manifester vendredi à Paris pour protester contre "les honneurs" accordés par la France "au dictateur Paul Biya" et estimé que la "Françafrique" reprenait "du poil de la bête sous la non-rupture de M. Sarkozy. "La démocratie, la gouvernance et les droits de l’homme sont des préoccupations constantes de la France et du président, en Afrique comme partout ailleurs", assure pour sa part l’Elysée. Selon l’Elysée, les deux chefs d’Etat ont notamment parlé vendredi du "contrat désendettement-développement", dont le Cameroun est le premier bénéficiaire de la part de la France.
Ce dispositif permet de transformer la dette bilatérale en dons à hauteur de 537 millions d’euros sur cinq ans (2006-2010), à condition que ces sommes servent à financer des projets définis par Paris et Yaoundé dans la santé, l’éducation, les infrastructures, le développement agricole et l’environnement. Selon l’Elysée, Nicolas Sarkozy a assuré Paul Biya que la France maintiendrait son niveau de coopération avec le Cameroun malgré la crise et les contraintes budgétaires liées à celle-ci.


"J’ai toujours rêvé de faire la différence en Afrique et je suis résolue à y parvenir". Sur son blog, Danielle Frankie Fochive, étudiante camerounaise installée aux Etats Unis se présente au public et se veut déterminée. Elle essaie en effet de rallier le maximum de voix à sa candidature à l’élection Miss Africa Usa 2008. Et cette jeune fille de 21 ans au sourire avenant ne manque pas d’atouts pour ravir la couronne à la nigériane Mfonobong Essiet dont le sacre a eu lieu il y a un an.