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Assises internationales de la presse francophone Yaoundé, Cameroun 17 – 22 novembre 2009

L’Union internationale de la presse francophone organise du 17 au 22 novembre 2009, à Yaoundé (Cameroun), les 41ème Assises de la presse francophone sur le thème : «Ethique et déontologie à l’heure de l’Internet : libertés et responsabilités des journalistes». 200 journalistes et représentants de la presse écrite et audiovisuelle venant d’une cinquantaine de pays y assisteront.

Aux journalistes et professionnels de la presse qui souhaitent participer à cette manifestation, il leur est recommandé de s’inscrire en allant sur le site de l’UPF à l’adresse suivante :

www.presse-francophone.org

Ils pourront y déposer une demande de participation individuelle ou contacter l’UPF par messagerie électronique : union@presse-francophone.org.

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Assises internationales de la presse francophone Yaoundé, Cameroun 17 – 22 novembre 2009

L’Union internationale de la presse francophone organise du 17 au 22 novembre 2009, à Yaoundé (Cameroun), les 41ème Assises de la presse francophone sur le thème : «Ethique et déontologie à l’heure de l’Internet : libertés et responsabilités des journalistes». 200 journalistes et représentants de la presse écrite et audiovisuelle venant d’une cinquantaine de pays y assisteront.

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Assises internationales de la presse francophone Yaoundé, Cameroun 17 – 22 novembre 2009

L’Union internationale de la presse francophone organise du 17 au 22 novembre 2009, à Yaoundé (Cameroun), les 41ème Assises de la presse francophone sur le thème : «Ethique et déontologie à l’heure de l’Internet : libertés et responsabilités des journalistes». 200 journalistes et représentants de la presse écrite et audiovisuelle venant d’une cinquantaine de pays y assisteront.

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Assises internationales de la presse francophone Yaoundé, Cameroun 17 – 22 novembre 2009

L’Union internationale de la presse francophone organise du 17 au 22 novembre 2009, à Yaoundé (Cameroun), les 41ème Assises de la presse francophone sur le thème : «Ethique et déontologie à l’heure de l’Internet : libertés et responsabilités des journalistes». 200 journalistes et représentants de la presse écrite et audiovisuelle venant d’une cinquantaine de pays y assisteront.

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Jacques Fame Ndongo : Le minimum a été fait pour équiper l’Université

Le ministre de l’Enseignement supérieur dresse le  » bilan de santé  » des établissements et acteurs de son secteur et parle des perspectives de développement.
Entretien mené par Alain B. Batongué et Jean Baptiste Ketchateng –




A quelques semaines d’une nouvelle rentrée académique, comment se porte l’université camerounaise ?
L’Université se porte bien : au plan académique, le système licence-master-doctorat est opérationnel et l’offre a été maximisée (Université de Maroua, 6 facultés et filières de médecine humaine, pharmacie et médecine vétérinaire dans 5 Universités d’Etat ; faculté de génie industriel à l’Université de Douala, démarrage de la zone franche universitaire à l’Ecole nationale supérieure polytechnique de l’Université de Yaoundé 1 le 27 octobre 2008, près de 100 Instituts privés d’enseignement supérieur ouverts…). Au plan infrastructurel, le programme d’appui à la composante professionnelle et technologique de l’enseignement supérieur financé, sur fonds IADM (Initiative d’allègement de la dette multilatérale) à hauteur de 31 milliards 45 millions de F CFA et le projet AGIR (Activités génératrices des initiatives rentables) financé à hauteur de 4 milliards 500 millions de F CFA, les BIP du ministère de l’enseignement supérieur et des Universités d’Etat permettent de construire ou de réhabiliter les amphithéâtres, salles de cours, de TP, TD, blocs informatiques, ateliers, bureaux des enseignants etc. Au plan social, des cités universitaires sont construites et les prix des loyers des logements estudiantins ont été homologués par l’Etat. Bien que tout ne soit guère pour le mieux, des efforts remarquables ont néanmoins été fournis par l’Etat, le secteur privé et la coopération bilatérale ou multilatérale pour rendre le secteur de l’enseignement supérieur camerounais plus compétitif et plus performant, au regard des normes académiques internationales.

Parlons spécifiquement de la toute dernière, l’Université de Maroua : l’école normale supérieure va-t-elle commencer là-bas dans les délais indiqués ?
Les cours vont effectivement démarrer à l’Ecole Normale supérieure de Maroua, dans deux niveaux (1er et 2è cycles) et au sein des treize départements créés par le Chef de l’Etat. Tous les pré-requis sont remplis : enseignants: (la plupart des responsables qui seront nommés sont des enseignants de l’Université et dispenseront donc des cours. En outre, nous allons recruter, dès octobre 2008, au moins 55 enseignants ; ce chiffre est susceptible d’être majoré si nous avons de bons candidats ; l’ENS aura aussi de nombreux enseignants associés, missionnaires et vacataires ; étudiants : (environ 40 000 candidats ; nous en retiendrons au moins 2 000 pour la 1ère année : cycles 1 et 2) ; programmes : (ils ont été élaborés par des experts compétents et chevronnés. Je les ai validés le 25/9/08) ; locaux (en attendant la construction, dès octobre 2008, des amphithéâtres, salles de classe, TD, TP, etc., j’ai obtenu l’accord de mes collègues pour l’utilisation du lycée classique, de l’ETA-CRA, de l’ENIEG, de l’IRAD, du centre zootechnique … Si l’on ajoute l’antenne de l’Université de Dschang, cela fait en tout 4320 places assises, non compris les laboratoires, ce qui permet de commencer avec 2000 étudiants au moins en 2008/2009, tout en réservant 2000 places pour 2009/2010) ; les bâtiments administratifs sont aussi disponibles ; finances : (une subvention directe de 120 millions de f a été accordée par le ministre des finances ; pour les mois d’octobre, novembre, décembre 2008, le ministre des finances a débloqué 579 755 230F CFA répartis ainsi qu’il suit : 100 000 000F CFA pour la subvention de fonctionnement et 479 755 230 F CFA pour la subvention d’investissement ; ces dotations sont virées dans les comptes de l’Ecole normale supérieure de Maroua d’une part et de l’Université de Maroua d’autre part, gérés respectivement par le Directeur de l’Ecole normale supérieure de Maroua et le Recteur de ladite Institution ; le budget 2009 a déjà été élaboré et transmis aux instances compétentes ; concours d’entrée : (il se déroule, sur étude de dossier, ainsi que le prévoit l’article 47 du décret organisant l’ENS / Maroua et comme cela se fait à l’Enset de Douala, 2è cycle ; le jury se réunira dès la fin des étapes préliminaires : réception des dossiers, dépouillement, classement par filière et par cycle, examen sur la base des critères objectifs, à savoir l’âge, le parcours, la mention au Bacc ou à la licence, notes obtenues au GCE/OL, au GCE/AL au probatoire, au baccalauréat ; un fichier informatique et statistique sera disponible à la fin des opérations) ; rentrée : (elle sera fixée par le Recteur de l’Université de Maroua et aura lieu au plus tard le 20 novembre 2008).

Où en est-on avec la gestion globale des effectifs de nos Universités, en rapport notamment avec l’ouverture des filières professionnalisantes ?
Les filières professionnalisantes fonctionnent, tant au 1er cycle qu’aux 2è et 3è cycles. Les enseignants viennent des Universités, mais aussi du milieu socio-professionnel. Ces filières permettent d’arrimer l’Université à la nécessaire adéquation formation-emploi (pour lutter contre le chômage des diplômés de l’enseignement supérieur) et de maximiser les recettes propres à l’Institution (activités génératrices de revenus) afin de subvenir aux besoins exponentiels et multidimensionnels des Universités, en plus des recettes émanant des subventions de l’Etat, des droits universitaires (50 000f par étudiant et par an), des dons, legs et ressources issues de la coopération. Grâce aux filières professionnelles (LMD), nous ouvrons dès cette rentrée à la faculté des sciences de l’Université de Dschang et à la faculté des sciences de l’Université de Ngaoundéré la filière médecine pharmacie, sciences bio-médicales (droits d’inscription : 50 000F pour tous les étudiants admis sur concours).

Peut-on faire aujourd’hui un bilan de la triple ambition de l’université: offrir un enseignement supérieur, participer à la recherche et appuyer le développement ?
Les trois missions sont normalement opérationnalisées : enseignement (les cours sont dispensés régulièrement, méthodiquement et avec dévouement par les 2 500 enseignants des Universités d’Etat et 1000 enseignants permanents, associés et vacataires des Institutions privées d’enseignement supérieur) ; recherche (elle se fait individuellement, dans des laboratoires ou des cercles de recherche, ou collectivement, soit au sein des Universités, soit en liaison avec les chercheurs du Minresi, ou en relation avec les Instituts de recherche et Universités internationales) ; appui au développement (c’est le maillon faible de cette chaine ; mais, depuis peu, la synergie Université – monde socio-profesionnel induit un développement visible de cette composante de la mission assignée aux Universités par la Nation. Du reste, le Chef de l’Etat a créé en 2007 un poste de Vice-Recteur chargé des relations avec le monde des entreprises, ce qui permet de donner un coup de pouce à ce secteur).

Au vu de l’offre d’enseignement, certains estiment que les institutions et les programmes se multiplient depuis 1993, mais que la qualité des contenus est inversement dégradée.
C’est une opinion spécieuse et tendancieuse. Dans l’ensemble, l’enseignement dans nos Universités est de bonne qualité, tant dans les Institutions publiques que dans les Universités. Je n’en veux pour preuve que les nombreux prix académiques remportés par nos étudiants et enseignants hors de nos frontières (y compris dans les pays du Nord), tout comme les brillantes thèses (Ph D, nouveau régime, doctorat d’Etat etc.) soutenues par nos étudiants et enseignants dans les Universités du monde entier. Cessons de sombrer dans le camerouno – pessimisme.

Vous rappelez souvent aux universités qu’elles doivent produire des ressources financières, pour subvenir à leurs besoins : pouvez-vous recenser les innovations que l’université a produites dans les laboratoires de recherche et comment elles ont pu appuyer le développement en général et particulièrement leurs propres revenus ?
Dans chacune des six Universités, j’ai eu à visiter les stands où sont exposés les résultats des activités génératrices de revenus : machines inventées dans des établissements technologiques (IUT et ENSP notamment), produits agro – industriels fabriqués dans les facultés de sciences de Buéa, Douala, Dschang, Ngaoundéré, Université de Yaoundé 1, à la FASA de l’Université de Dschang et à l’ENSAI de l’Université de Ngaoundéré, produits pharmaceutiques fabriqués dans les facultés de sciences et au sein des facultés de médecine de Buéa, Douala, Yaoundé 1 etc. Il serait fastidieux d’énumérer tous ces produits ici, tant ils sont variés et multiples. Je pense, par exemple, à l’éthanol et au biogaz produits par la faculté de sciences de l’Université de Yaoundé 1. Et, de plus en plus, des partenariats sont scellés entre l’Université et les entreprises (SONARA, SNH, Brasseries du Cameroun etc.). Je signale qu’un technipole sera bientôt opérationnel à l’ENSP de l’Université de Yaoundé 1. On y apprendra aux étudiants (toutes filières confondues) à créer et à gérer des entreprises.

Où en sommes-nous avec la gestion des principaux projets que vous avec annoncés, financés par les bailleurs de fonds à concurrence de 31 milliards ?
Le ministère de l’enseignement supérieur a été déclaré éligible au programme d’appui à la composante technologique et professionnelle de l’enseignement supérieur (PRO-ACTP) financé à hauteur de 31 milliards 45 millions f par les fonds IADM (Initiative d’allègement de la dette multilatérale). Depuis 2007, ce programme permet de financer les études et les travaux de construction concernant les établissements suivants :
– module médical : extension de la faculté de médecine et des sciences biomédicales de l’Université de Yaoundé 1, construction de la faculty of health sciences de l’Université de Buéa, de la faculté de médecine et des sciences pharmaceutiques de l’Université de Douala, de l’école de médecine vétérinaire de l’Université de Ngaoundéré,
– Module normal : construction de l’Ecole normale supérieure de Maroua, extension de l’Ecole normale supérieure de Yaoundé, extension de l’Ecole normale supérieure annexe de Bambili (près de Bamenda).
– Module technologique : construction de la faculté de génie industriel de l’Université de Douala, de l’ENSAI de Ngaoundéré, de l’IUT de Ngaoundéré, de l’IUT de Dschang, de la FASA de l’Université de Dschang.
Ce programme piloté par le ministère de l’enseignement supérieur avec des responsables choisis sur appel d’offre international par le CTS – PPTE a été décentralisé à l’échelon des Universités. Les Recteurs sont les chefs des cellules opérationnelles.

L’Université publique, à votre avis, subit-elle aujourd’hui la concurrence des établissements supérieurs privés ou s’enrichit-elle de cette émulation ?
Entre les Universités d’Etat et les Institutions privées d’enseignement supérieur, c’est la complémentarité. Toutes contribuent à résorber le flux exponentiel des candidats qui frappent chaque année aux portes de l’enseignement supérieur. Du reste, sans les IPES, le Cameroun serait profondément handicapé au plan de l’enseignement supérieur. Je dois souligner que plusieurs Universités d’Etat ont signé des accords de partenariat avec des IPES, en vue d’assurer le tutorat académique de leurs curricula (tel est le cas de l’ISS de Bagangté qui a signé une Convention de partenariat académique avec l’Université de Yaoundé 1, et plus précisément la faculté de médecine et des sciences biomédicales pour les cycles Master et Doctorat).

On a l’impression que les Universités d’Etat penchent vers le mode de fonctionnement privé : programmes sélectionnés par une catégorie d’étudiants, frais exorbitants et diplômes marqués du sceau de la professionnalisation qui garantirait l’accès à l’emploi. Qu’en dites vous ?
Les deux modules fonctionnent harmonieusement : le module fondamental qui privilégie l’épistémologie curriculaire (enseignements généraux et théoriques) et le module professionnel voire professionnalisant qui accorde une place prépondérante aux enseignements pratiques, aux stages, au travail personnel de l’étudiant et toutes ces données sont prises en compte dans l’évaluation des apprenants. C’est au demeurant, la double articulation que prescrit le système LMD appliqué au Cameroun depuis octobre 2007. Mais, nous avons anticipé, avec la création, en 2006, de la licence professionnelle dans la nomenclature des diplômes délivrés par nos Institutions Universitaires (publiques et privées). Il y a, depuis un an, au Cameroun, des masters – recherche et des masters professionnels, et il y aura, bientôt des doctorats – recherche et des doctorats professionnels. C’est une innovation cardinale.

Les Universités privées en elles mêmes semblent poser des problèmes : agrément chaotique (Université des Montagnes), formation à coût prohibitif sans garantie de qualité (une formation aux BTS à Yaoundé se déroule dans une zone marécageuse et bruyante où même des professeurs ont refusé de se rendre)…
La Commission nationale de l’enseignement supérieur privé (présidée par le Pr Joël Moulen, éminent mathématicien, ancien Directeur de l’Ecole normale supérieure de Yaoundé et Chancelier de l’Université de Yaoundé) examine méticuleusement toutes les demandes de création et d’ouverture des Institutions privées d’enseignement supérieur, avant la signature du ministre conditionnée par le visa préalable de M. le Premier ministre, chef de gouvernement. Et un contrôle permanent est effectué par la Direction du développement de l’enseignement supérieur et l’Inspection générale académique. Toutes les conditions sont donc réunies pour que les maux que vous décrivez soient éradiqués soit a priori, soit a posteriori (grâce à des contrôles inopinés). Le volet administratif et financier est ausculté en permanence par l’Inspection générale des services (dirigée par le Pr Maurice-Aurélien Sosso, ancien Doyen, ancien Vice-Recteur à l’Université de Yaoundé 1).

Fin août dernier, vous avez déclaré à Tonga, au cours d’un meeting politique que l’UDM formera jusqu’en licence et que, en partenariat avec l’Université de Yaoundé 1, il préparera ses étudiants au doctorat. Quel est le niveau d’avancement du projet?
Ce dossier est déjà bouclé. J’ai signé jeudi dernier (après visa de M. le Premier Ministre, Chef du gouvernement) un arrêté accordant l’autonomie académique à l’Institut supérieur des Sciences de la Santé de Bangangté et à l’Institut supérieur des sciences et de technologie de Bangangté pour la licence professionnelle. Les filières autorisées sont les suivantes à ISSS : Etudes médicales, études pharmaceutiques, chirurgie dentaire, soins infirmiers, études vétérinaires et à ISST : génie électrique et communication (télécommunications et réseaux, informatique et réseau) ; maintenance industrielle (maintenance du matériel biomédical, génie productique et procédés, génie des procédés, méthodes et fabrication). S’agissant des cycles menant au master et au doctorat, ils seront conduits avec le tutorat académique de l’Université de Yaoundé 1 (FMSB pour la médecine et la pharmacie) et ENSP (pour les sciences et techniques).

Dans l’un et l’autre cas, le chômage des diplômés formés dans le public comme dans le privé demeure un phénomène important. Comment expliquez-vous le nombre des anciens étudiants qui sont au chômage et comment pensez-vous en accord avec les autres départements ministériels venir à bout de ce problème ?
Avec la création par le Chef de l’Etat d’une Université à Maroua, comment le chef de département que vous êtes gérez les revendications géo-politiques de multiplication des universités, avec notamment le cas de Douala qui réclament une deuxième université pour désengorger la première ?

Le LMD nous fait obligation de privilégier les volets employabilité et professionnalisation sans préjudice de l’aspect épistémologique et fondamental. Les 1ères et 2è phases de l’Université camerounaise (1960 – 1992 et 1993 – 2005) ont mis l’accent sur la composante épistémologique et fondamentale de l’enseignement supérieur (hormis le cas des écoles professionnelles : ENSP, FASA, ENSAI, ASTI, ENS, ENSET, ESSTIC, IFORD, IUT etc.). Avec la 3èn phase qui est en cours, l’enseignement supérieur est en pleine refondation, comme l’a souligné le Chef de l’Etat dans ses messages à la jeunesse, les 10 février 2007 et 10 février 2008. D’où la priorisation du paradigme " adéquation formation – emploi ", avec un harmonieux dosage entre les enseignements fondamentaux, théoriques ou sapientiaux et les enseignements professionnels, pratiques qui créditent l’étudiant non seulement d’un savoir mais aussi et surtout d’un savoir-faire. C’est ce que l’on appelle, désormais, l’acquisition des compétences (savoir, c’est bien ; savoir faire, c’est mieux). L’étudiant sera, ainsi, utile à la société et devient un producteur de richesses (matérielles ou immatérielles) et non plus un simple consommateur de connaissances théoriques. D’où la prise en compte du travail personnel de l’étudiant et des enseignements génériques dans l’évaluation académique.

En dehors du gouvernement, des voix s’élèvent parfois pour critiquer la gestion gouvernementale du secteur de l’éducation. Le Synes, principal syndicat d’enseignants du supérieur a fortement suggéré que le LMD ne soit appliqué qu’après l’évaluation de la réforme de 1993, un audit de l’université et une définition politique de l’éducation qui tiendrait compte des besoins de la société. Que leur avez-vous répondu ?
Les revendications identitaires et géo-politiques sont normales et légitimes. La démocratie, c’est aussi cela. Le Chef de l’Etat les gère avec doigté, clairvoyance et sagacité.

Les syndicats tels que le Synes s’activent à l’université pour réclamer diverses " dettes sociales ". Aujourd’hui, où en est le dossier de l’amélioration du traitement des enseignants d’universités et du paiement des arriérés de frais dus aux enseignants ?
De nombreux audits ont eu lieu à l’interne et à l’externe. Le Pr Ambroise Kom (de réputation mondiale) a conduit avec une équipe d’experts chevronnés une réflexion fondamentale, en 2003 – 2004, sur l’enseignement supérieur, à la demande du ministre Maurice Tchuente (mon prédécesseur). J’ai aussi fait mener des audits institutionnels. Nos partenaires techniques et financiers (à l’externe) ont passé au crible de leurs analyses et critiques notre système d’enseignement supérieur. Le Synes m’a fait tenir ses observations absolument pertinentes. Et j’ai longuement échangé avec ce syndicat (mon collègue et ami, le Dr Innocent Futcha, du département de littérature négro-africaine à l’Université de Yaoundé 1 où nous cheminons ensemble depuis près de 30 ans) et avec d’autres syndicats non moins pétulants et perspicaces. La mutation de l’enseignement supérieur en cours répond en grande partie à toutes ces préoccupations, qui ont aussi été prises en compte dans l’élaboration de la stratégie sectorielle de l’éducation dont mes experts ont conçu la composante " enseignement supérieur " que nous avons ensuite présentée à la communauté universitaire pour avis et observations, avant de l’examiner en réunion de coordination au sein du ministère et de la soumettre ensuite à la hiérarchie, pour validation. C’est donc le fruit d’un travail consensuel qui est en cours d’application au sein de mon département ministériel.

Au sujet du cadre de travail qui concerne d’ailleurs les infrastructures générales de l’université (laboratoires, amphi etc.), l’on pense dans ces milieux-là que la réponse "progressive" aux besoins de l’université a trop duré et que le Cameroun est suffisamment riche pour faire le minimum nécessaire à l’université.
Le minimum a été fait dans ce domaine. L’optimum a même été envisagé. Depuis la Nouvelle Gouvernance Universitaire prescrite par le Chef de l’Etat (déconcentration financière jusqu’aux chefs d’établissement voire de département), les Recteurs, le Vice-Chancellor et les chefs d’établissement accordent (dans le cadre des budgets votés par les Conseils d’administration des six Universités qui fonctionnent à l’heure actuelle ; il en sera de même pour celle de Maroua) des dotations financières substantielles pour les départements. Ceci permet aux chefs de département d’équiper substantiellement leurs laboratoires et de faire faire des travaux pratiques idoines aux étudiants (achat des réactifs, des produits divers, des matériaux vivants, végétaux ou minéraux, des ouvrages, etc. pour les expériences " in vitro " ou " in vivo ". Par ailleurs, chaque département a la faculté de mener des activités génératrices de revenus et d’utiliser les recettes induites selon la clef de répartition établie par le chef de l’Institution universitaire, ordonnateur principal du budget de l’Université. Il a aussi la possibilité de rechercher d’autres ressources (coopération, dons, legs, etc.) tout en se conformant aux normes édictées par le Recteur ou le Vice-Chancellor.

L’administration universitaire semble jouer au chat et à la souris avec ces organes qui parfois sont méconnus : cas de l’Addec et son récent congrès où c’est à quelques minutes de la réunion que le ministre aurait remarqué qu’il avait été invité, critique contre le statut de l’étudiant qui restreint le droit syndical à la reconnaissance du chef d’établissement universitaire.
Le contrat qui lie l’étudiant et le chef de l’Institution Universitaire est d’ordre synallagmatique (obligations et droits). Le Statut de l’étudiant que je viens de signer et qui prévoit de multiples droits pour les étudiants n’exclut pas les obligations.
Toute vie en société est ainsi organisée (sur la base d’un code ou d’un " contrat social ", pour reprendre la belle formule de Jean – Jacques Rousseau). Ce paradigme ambivalent fonctionne depuis des millénaires dans toutes les communautés humaines. Le Statut que j’ai signé, après visa de M. le Premier ministre, Chef du gouvernement, consacre les droits et les devoirs de l’étudiant. Quoi de plus logique ? Désormais, l’étudiant a droit à des récompenses variées et significatives. Il peut aussi défendre ses droits légitimes en s’appuyant sur ce texte.

En somme, dans ses rapports avec les autres acteurs, l’administration universitaire peut-elle mieux s’accommoder de la démocratie ?
L’administration universitaire est fondamentalement démocratique. La preuve : on ne demande à l’étudiant ni sa carte du parti, ni sa carte de baptême, ni ses origines tribales, ni ses opinions philosophiques. S’il est compétent, il est reçu à son examen. Et les franchises universitaires sont garanties. Les opinions sont libres. Parce qu’il s’agit justement de l’Université (" universitas ", en latin). Mais l’anarchie n’est pas tolérée. Ce n’est pas " l’abbaye de Thélème " (" fais ce que voudras ") dont parle Rabelais. Sinon, un enseignant de tel parti politique sera libre de mettre la note zéro à tous les étudiants du parti adverse et 20/20 à tous ceux de sa formation politique. Or, l’Université doit valoriser l’excellence et non le népotisme ou le favoritisme à connotation politique, religieuse, tribale ou corporatiste. La démocratie authentique récuse de telles pratiques anti-académiques. Et les Recteurs y veillent avec intransigeance, pour le plein épanouissement de tous les étudiants, sans aucune discrimination politique, confessionnelle ou ethnique. Seule l’excellence prévaut. Toutes les déviances comportementales, éthiques ou philosophiques sont proscrites.

Comment envisagez-vous l’avenir de l’université prise dans le tumulte des rapports conflictuels de ses acteurs ?
L’Université s’oriente vers l’acquisition non seulement des savoirs, mais aussi des compétences, c’est-à-dire des connaissances appliquées au changement rationnel et durable. C’est une synergie de rêve (Epistémologie et praxis, connaissance et compétence, savoir et savoir-faire). La zone franche universitaire qui démarre dans deux semaines et les deux Universités numériques dont la création a déjà été approuvée par l’Union Africaine sont une illustration tangible de la nouvelle dimension de l’enseignement supérieur. Si donc "tumulte des rapports conflictuels " il y a, il ne saurait procéder que de la confrontation des pensées, car, du choc des idées jaillit la lumière.

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