Le Rdpc a-t-il peur du Rdmc?
La question, pour provocatrice qu’elle puisse paraître, n’en vaut pas moins la peine d’être posée. A l’origine, un texte diffusé via le net et qui est supposé être l’émanation, au Cameroun, de la dernière assemblée générale extraordinaire du Rdmc. Cette publication s’en prend ouvertement au leader du Rdmc, chief Pierre Mila Assouté: « C’est un usurpateur de titre, ni dans le Rcnr (Ralliement au changement pour la nouvelle République) ni dans le Rdmc (Rassemblement démocratique des modernistes camerounais), la nouvelle appellation, il n’a été président, encore moins Secrétaire national, en tant que militant il doit observer la discipline du parti. » Les propos prêtés à Joseph Raoul Makondo, « le tout fraîchement élu président du Rdmc, rencontré le 14 octobre dernier, au sortir d’une concertation avec les membres du bureau directeur du Rdmc, qui s’offusquent de ce que chief Mila Assouté, actuellement en exil en Europe, se présente comme le premier responsable du parti ».
Or, l’enquête menée par Le Messager tant à Yaoundé qu’à Paris, permet de faire quelques révélations. D’abord, dans une correspondance adressée à Joseph Raoul Makondo, par le ministre d’Etat, ministre de l’Administration territoriale et de la décentralisation, le 8 mars 2007, au sujet de « Changement de certains éléments du parti dénommé Ralliement au changement pour la nouvelle République », on peut lire: « Monsieur, suite à votre lettre citée en référence, j’ai l’honneur de vous faire connaître que l’Administration ne peut prendre acte du changement de dénomination du parti politique susvisé, sous réserve des précisions préalables sur: 1-Votre capacité à agir pour le compte dudit parti et à l’engager, votre nom, ni votre titre n’apparaissant parmi les responsables chargés de la direction de ce parti, suivant les termes de la décision n°0260/D/Minatd du 12 octobre 1995 autorisant son existence légale; 2-L’identité des responsables du parti ayant signé le procès-verbal de l’assemblée générale du Rcnr du 27 janvier, totalement différente de celle des personnes mentionnées dans la décision n°0260/D/Minatd du 12 octobre 1995 sus évoquée, comme assurant la direction « actuelle » du parti ». Le document signé Marafa Hamidou Yaya, porte le cachet officiel du ministère de l’Administration territoriale et de la décentralisation.
Manoeuvre d’intimidation
Par ailleurs, Pierre Mila Assouté se défend d’avoir déclaré sa candidature à l’élection présidentielle: « Pour l’instant, je ne suis pas candidat à l’élection présidentielle de 2010-2011. Je suis simplement habité par une forte envie de faire changer les choses dans mon pays. On peut dire que je suis candidat à la candidature. Mais c’est à mon parti, le Rdmc, de décider du choix de son candidat », répondait-il encore le 9 octobre dernier à la question posée par un des participants à la soirée qui avait lieu à l’Espace Moncassin, dans le 15e arrondissement de Paris. Enfin, vendredi dernier, 16 octobre, Jean Vespa, le président pour la région France du Rdmc, s’est vu confisquer son passeport à l’ambassade du Cameroun à Paris, alors qu’il venait chercher le visa pour voyager au Cameroun le lendemain, samedi. « C’est finalement tard dans la nuit que le passeport a été remis. Nous ne céderons pas devant des manoeuvres d’intimidation. Nous nous réservons le droit de saisir le ministre des Affaires étrangères du Cameroun, avec ampliation à l’ambassadeur du Cameroun en France, et le Quai d’Orsay », indiquent les responsables du Rdmc à Paris, qui sont par ailleurs convaincus que le Rdpc tente de diviser les modernistes camerounais pour mieux régner.
Chief Pierre Mila Assouté, qui doit aller enterrer sa mère au Cameroun dans les prochains jours, annonce qu’une veillée de recueillement se déroulera avec la famille restreinte, des proches et amis, le 23 octobre dans le 8e arrondissement de Paris et qu’une messe de requiem suivra le samedi 24 octobre, 18h30, à l’Eglise du St-Sacrement dans le même arrondissement parisien.
jean.celestin.edjangue

