Sanctions : Nouvelle vague de suspensions à la police
Des postes frontières et d’identification dans le collimateur d’Emmanuel Edou.
Le délégué général à la sûreté nationale, Emmanuel Edou a, pour la seconde fois en moins d’un mois, frappé dans les rangs des policiers indisciplinés jeudi dernier. Au total, huit flics sont passés à la trappe du Dgsn pour des actes commis courant septembre dernier. Tous écopent d’une suspension d’une durée de trois ans, en prélude à leur traduction devant le Conseil de discipline de la sûreté nationale. Quatre policiers ont été suspendus pour racket, arnaque et extorsion de fonds à des nationaux et étrangers. Il s’agit de Ndoé André Alain, inspecteur de police de premier grade, Ngomo Essono Mathurin, gardien de la paix principal, Kossingo Ibrahim, gardien de la paix de 2e grade et Edo’o Okomono Bertrand Serge Thierry, tous en service au poste frontière de la sûreté nationale de Meyo-Biboulou, dans la région du Sud.
Emmanuel Edou a également suspendu les officiers de police 2e grade, Awong Jean André et Ngog Jean Christian en service au poste frontière de la sûreté nationale de Kyé-Ossi (toujours dans la région du Sud), pour compromission avérée dans l’exercice de ses fonctions par la délivrance irrégulière de documents de voyage en violation des consignes maintes fois réitérées. L’officier de police 2e grade, Evina Mvé Jérôme, en service au poste frontière de Meyo-Biboulou écope pour sa part de trois ans de suspension pour compromission avérée dans l’exercice de ses fonctions par la systématisation d’actes de racket, d’arnaque et d’extorsion de fonds à des nationaux et étrangers. Quant à Dani Shey, officier de police 2e grade, chef du poste d’identification au Commissariat de sécurité publique de Mundemba, dans le Sud-Ouest il est suspendu pour indélicatesse et compromission avérée dans l’exercice de ses fonctions. Pendant la durée de leurs suspensions, les huit policiers ne recevront aucune solde, ni accessoires de solde, sauf le cas échéant les indemnités pour charge de famille, précisent les décisions du Dgsn.
Expulsions
A l’analyse, les décisions du délégué général à la sûreté nationale ciblent particulièrement les postes frontières avec la Guinée Equatoriale et un poste d’indentification dans la région du Sud-Ouest. Dans le premier cas, il est sans doute question de contrôler la délivrance des documents de voyage des personnes désireuses de se rendre en Guinée Equatoriale. L’on se rappelle que ce pays a régulièrement expulsé des camerounais pour séjour irrégulier. Même si pour certains observateurs, ces expulsions cachent mal la xénophobie de cet Etat producteur de pétrole. Ces épisodes généralement douloureux pour les victimes ont toujours jeté un coup de froid dans les relations entre le Cameroun et la Guinée Equatoriale.
Dans le second cas, il semble clair que la décision de Emmanuel Edou à l’encontre de l’officier Dany Shey va dans le sens de la sécurisation de la nationalité camerounaise. Une nationalité de plus en plus bradée à des voisins contre quelques billets de banque. L’avènement de la carte nationale d’identité informatisée en 1996 n’a pas pu bouger les lignes de manière décisive. Dans l’ensemble, il est loisible de constater que depuis sa nomination à la tête de la Dgsn en juillet dernier, Emmanuel Edou se situe dans la continuité de son prédécesseur, Alain Edgar Mebe Ngo’o, qui à, à coup de sanctions, faisait perdre le sommeil aux policiers ripoux.
Georges Alain Boyomo

