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Théâtre : Bienvenue chez les morts !

Le spectacle d’Yvan Prat sur la vie dans l’au-delà était en représentation vendredi dernier à Yaoundé. –

Tout commence dans le hall. Des jets de textes qui entraînent le public dans² l’univers des morts. Drôle le cimetière ! Des tombes, des tables et une corde qui supplante le fond de la scène. Où un morceau de tissu est accroché. Bienvenue au pays des morts! Ici, les habitants sont tantôt rustres et dignes, tantôt intelligents ou stupides. Certains ont été très méchants. D’autres presque parfaits. Mais la contingence de la vie les a réunis au pays des voix éthérées. C’est dans ce paysage fort émouvant que le metteur en scène français Yvan Prat a tiré "L’humeur des morts", adapté du texte de "La mastication des morts" de Patrick Kermann, actuellement en tournée au Cameroun et qui a été représenté vendredi dernier au Centre Culturel François Villon.
Yvan Prat, qui se met lui-même en scène, a quelque chose de pernicieux en lui. Comme Patrick Kermann, Il aime travailler sur les sujets difficiles comme les morts. "Patick à l’origine aimait les morts et pour moi c’est comme une invitation adressée au public à faire ressentir des choses différentes. " Explique-t-il. Sa mise en scène ose. Elle s’est construite comme un air de théâtre à l’italienne.

Monde des morts
Des comédiens, danseurs d’horizons artistiques différents créent un monde des morts. Ils parlent. De ce que fût leur vie. Avec des airs villageois, ils évoquent les guerres, les mutilations humaines. Construit comme une ballade de plaisir au pays des morts, la pièce mêle théâtre et musique. Le public partage certes la peine des morts, mais s’emporte parfois dans l’humour suggéré par leurs mots.
A la fin du spectacle, on retrouve plus d’une centaine d’épitaphes comportant le nom, le prénom, les années de naissance et de décès et une histoire, une anecdote, une pensée, une réflexion. Les morts dialoguent. Ils nous disent que la vie est bien. Elle peut susciter des regrets énormes quand on la perd.
La mise en scène ne se détache pas beaucoup du texte. Une sorte d’alchimie de mélancolie et de joie. Le tout dans un jeu pas très énergique alors que la force des morts peut l’imposer. La distribution est complexe. Elle associe des comédiens et danseurs (avec un Olivier Ngoundé pas très énergique même s’il fait l’affiche du spectacle), Norma Icham et Charlotte Ntamack, deux talentueuses comédiennes connues pour leur énergie à revendre qui ne se retrouvent pas beaucoup dans cet autre registre! Pourtant le spectacle propose une belle architecture, une construction où les morts cherchent à réveiller notre humeur de vivant.

Martial E.Nguea (correspondance particulière)

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